Abutilon d'Avicenne (Abutilon theophrasti, )
L'abutilon d'Avicenne (Abutilon theophrasti Medik.) est une Malvaceae annuelle originaire d'Asie centrale et de Chine occidentale, aujourd'hui répandue par l'agriculture sur plusieurs continents. Chaque pied produit des milliers de graines capables de rester viables plus de cinquante ans dans le sol, ce qui en fait une adventice difficile à éliminer dans le maïs et le soja. Cultivée en Chine depuis l'Antiquité pour une fibre proche du jute, elle reste aujourd'hui surtout surveillée comme mauvaise herbe réglementée en Amérique du Nord et en Europe.
Lire la suiteAbutilon d'Avicenne, Abutilon de Théophraste, Abutilon à fleurs jaunes, Fausse guimauve jaune, Jute de Chine et Velvetleaf
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Répartition mondiale
L'aire native d'Abutilon theophrasti se situe en Asie centrale et en Chine occidentale. L'espèce a ensuite été introduite sur plusieurs continents par l'agriculture, notamment pour sa fibre textile, avant de devenir une adventice surveillée dans les grandes cultures d'Amérique du Nord et d'Europe centrale. Sa présence en France reste localisée.
- Native2
- Introduite3
- Envahissante4
- Chine
- Asie centrale
- France métropolitaine
- Nouvelle-Zélande
- Japon
- États-Unis
- Canada
- Suisse
- Europe centrale
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'abutilon d'Avicenne (Abutilon theophrasti Medik., 1787), aussi appelé abutilon de Théophraste ou jute de Chine, est une espèce acceptée du genre Abutilon, dans la famille des Malvaceae. Son nom remonte à Medikus en 1787, et son aire native se concentre en Asie centrale et dans l'ouest de la Chine. 1
L'espèce est aussi appelée abutilon de Théophraste en français. Elle est présente sur le territoire, notamment en Aquitaine et en Corse. L'épithète theophrasti rend hommage au botaniste grec Théophraste, alors que le surnom jute de Chine renvoie à son ancien usage textile. 2 3
L'espèce n'est pas une plante de jardin recommandée en Europe de l'Ouest : ses graines peuvent rester dormantes plus de cinquante ans dans le sol, ce qui en fait une adventice difficile à éradiquer une fois installée. Son intérêt encyclopédique tient surtout à son passé de plante à fibre en Chine et à son statut actuel d'adventice surveillée dans les grandes cultures. 7
Reconnaissance
L'abutilon développe une tige dressée, velue et peu ramifiée, haute généralement de 60 cm à 1,20 m, mais capable d'atteindre environ 2,40 m en conditions favorables. Ses feuilles larges et cordiformes sont couvertes d'un duvet qui donne son nom à la plante ; froissées, elles dégagent une odeur marquée, un repère utile pour confirmer l'identification. 4
Les fleurs jaune orangé, à cinq pétales, mesurent environ 1,5 à 2,5 cm de diamètre et naissent seules ou en petits groupes à l'aisselle des feuilles, de l'été au début de l'automne. 4
Le fruit est une capsule côtelée en couronne, formée de douze à quinze loges ligneuses hérissées d'aiguillons sur le bord supérieur ; elle vire du vert au brun puis au noir à maturité. Chaque loge peut livrer plusieurs graines grisâtres et réniformes. 5
Taxonomie et noms
Le repère stable reste Abutilon theophrasti Medik. Plusieurs synonymes appartiennent au même taxon, dont Abutilon avicennae Gaertn., Abutilon pubescens Moench, Malva abutilon (L.) E.H.L.Krause et Sida abutilon L., cette dernière description restant la plus ancienne du groupe. 1
Deux variétés botaniques sont parfois citées, Abutilon theophrasti var. chinense et var. nigrum, distinguées surtout par la couleur des graines ; elles ne changent rien à l'identité de terrain de l'espèce. 1
Le code ABUTH sert d'identifiant phytosanitaire à l'espèce à l'échelle européenne. 7
Habitat et répartition
L'aire native de l'abutilon se situe en Asie centrale et en Chine occidentale ; la plante s'est ensuite répandue sur plusieurs continents par l'agriculture, notamment pour sa fibre textile. 1
L'abutilon colonise les sols perturbés : terrains vagues, chantiers, bords de route, vergers, vignes et surtout champs de maïs ou de soja. En France, sa présence est signalée en Aquitaine et en Corse, sans en faire une adventice généralisée sur le territoire. 5 3
Une étude publiée en 2014 retrace la progression de l'espèce en Europe centrale, portée par les échanges agricoles, avec une dynamique proche de celle observée en Amérique du Nord. 8
L'aire native est parfois étendue jusqu'à la Mongolie. Ailleurs dans le monde, la plante reste parfois cultivée volontairement comme ornementale ou médicinale, un usage qui contraste avec son statut de mauvaise herbe en Amérique du Nord. 7
Cycle et production de graines
L'abutilon germe au printemps, puis fleurit de juillet à septembre avant de mourir au premier gel : un cycle annuel complet en une seule saison de culture. 5
Chaque pied produit entre 700 et 17 000 graines viables selon les conditions. Ces graines peuvent rester dormantes et germer plus de cinquante ans plus tard, même après avoir traversé le tube digestif d'un animal, ce qui explique la difficulté à épuiser la banque de graines du sol. 4 5
Un labour profond isolé ne règle donc pas le problème : il redistribue surtout des graines dormantes vers la surface, où elles germent dès que la température leur convient. 5
Usages historiques et toxicité
En Chine, l'abutilon est cultivé depuis environ deux mille ans avant notre ère pour une fibre proche du jute, récupérée par rouissage et utilisée pour des cordes, des toiles grossières ou du papier. 4
Les jeunes feuilles et les graines ont aussi servi d'aliment, et la plante figure dans la pharmacopée traditionnelle chinoise contre la dysenterie et certains troubles oculaires. 6
Pour un usage domestique, aucune toxicité alimentaire n'est retenue chez l'humain, le chat ou le chien ; seul le statut du cheval reste incertain, faute de données. 6
Impact agricole et réglementation
Dans le maïs et le soja, l'abutilon concurrence fortement la culture pour la lumière, l'eau et l'azote, et peut réduire nettement le rendement si le désherbage n'intervient pas avant le stade quatre feuilles de la culture. Une fois détruit, il libère aussi un composé qui ralentit ou bloque la germination de certaines graines de culture voisines. 4
Plusieurs États américains, dont le Colorado, l'Iowa, l'Oregon et l'État de Washington, classent l'abutilon comme mauvaise herbe noxieuse ; dans le comté de King, dans l'État de Washington, sa vente est même interdite par la liste de quarantaine locale. 6 5
En pratique, la gestion privilégie l'arrachage ou la fauche avant la formation des capsules, jamais le labour profond seul, pour limiter à la fois la production de graines et leur remontée en surface. 5
Confusions et gestion en France
Au stade jeune, le feuillage velouté et cordiforme de l'abutilon peut rappeler certaines mauves ou hibiscus de jardin ; la capsule côtelée à plusieurs loges, absente chez ces ornementales, reste un critère plus fiable que la seule couleur des fleurs, car elle ne varie pas d'un pied à l'autre. 5
En France, la présence documentée de l'abutilon reste localisée, notamment en Aquitaine et en Corse, loin de l'ampleur observée en Suisse ou en Europe centrale, où sa progression agricole est mieux documentée. 3 8
Le repère utile reste le même partout : vérifier le nom scientifique avant tout diagnostic de terrain, car aucun nom vernaculaire n'est stable d'une région à l'autre. 2
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Abutilon theophrasti Medik.
- INPN, Abutilon theophrasti Medik., 1787
- Tela Botanica / référentiel BDTFX, Abutilon theophrasti Medik.
- University of Wisconsin Extension, Velvetleaf, Abutilon theophrasti
- King County Noxious Weeds, Velvetleaf identification and control
- Plants For A Future, Abutilon theophrasti
- EPPO Global Database, Abutilon theophrasti (ABUTH)
- Follak, Aldrian & Schwarz 2014, Spread dynamics of Abutilon theophrasti in Central Europe
Questions fréquentes
L'abutilon d'Avicenne est-il toxique ?
Aucune toxicité alimentaire n'est retenue pour l'humain, le chat ou le chien ; le statut reste seulement incertain chez le cheval faute de données. Les jeunes feuilles et les graines ont même servi d'aliment en Chine et au Cachemire.
Pourquoi cette plante pose-t-elle problème dans les champs ?
Elle concurrence fortement le maïs et le soja pour la lumière, l'eau et l'azote, et peut réduire nettement le rendement si elle n'est pas contrôlée avant le stade quatre feuilles de la culture.
Combien de temps les graines restent-elles viables ?
Elles peuvent rester dormantes plus de cinquante ans dans le sol, même après avoir traversé le tube digestif d'un animal, ce qui rend la banque de graines très difficile à épuiser.
D'où vient l'abutilon d'Avicenne ?
Son aire native se situe en Asie centrale et en Chine occidentale ; l'espèce s'est ensuite répandue par l'agriculture, notamment pour sa fibre textile proche du jute.
La trouve-t-on en France ?
Sa présence documentée reste localisée, notamment en Aquitaine et en Corse, loin de l'ampleur observée en Suisse ou en Europe centrale.
Comment la distinguer d'une mauve ou d'un hibiscus de jardin ?
Le feuillage velouté et cordiforme peut prêter à confusion au jeune âge, mais la capsule côtelée à douze ou quinze loges, absente chez ces ornementales, reste le critère le plus fiable.
A-t-elle un usage historique ?
Cultivée en Chine depuis l'Antiquité pour une fibre proche du jute, elle a aussi servi d'aliment et de remède traditionnel contre la dysenterie et certains troubles oculaires.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







