Grande chélidoine (Chelidonium majus, L. 1753)

La grande chélidoine (Chelidonium majus) est une vivace herbacée des Papavéracées, native d'Europe, d'Afrique du Nord et d'Asie occidentale. Elle pousse en colonies rudérales, au pied des haies, des murs et des talus, et se reconnaît d'abord à son latex orangé qui perle dès qu'une tige est cassée.

Lire la suite
Nom scientifiqueChelidonium majus
GenreChelidonium
OrdreRanunculales

Grande chélidoine, Chélidoine, Éclaire, Herbe aux verrues et Greater celandine

Identité
Toxicité
Toxique : humains, dont enfants, chats, chiens et animaux · À vérifier : chevaux
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Vivace herbacée · Vivace fleurie
Type de feuilles
Caduc
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
FranceAllemagneRoyaume-UniRussieIranPortugal
Habitat
Décombres, talus, haies et pieds de murs, lisières forestières et bords de chemins, souvent en sol frais et à proximité de l'homme
Saisonnalité
Floraison
PrintempsÉté
Croissance
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
7/10
Temps de maturation
Floraison de mai à août, parfois jusqu'aux premières gelées
Multiplication
Semis, Division
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
20–40 km/h
Humidité
40–80 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Non
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol drainé, Sol minéral
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Installez en lumière indirecte ou dans une pièce ombragée.

Mi-ombre à ombre légère
Extérieur
Haie champêtre, Plantation ombrée
Pots
Pot drainant
Apparence
Hauteur30–100 cmÉtalement20–40 cm
Feuilles
Vert
Chelidonium majus — feuilles 1
Chelidonium majus — feuilles 2
Chelidonium majus — feuilles 3
Chelidonium majus — feuilles 4
Chelidonium majus — feuilles 5
Fleurs
JauneTaille1.5–2.5 cm
Chelidonium majus — fleurs 1
Chelidonium majus — fleurs 2
Chelidonium majus — fleurs 3
Chelidonium majus — fleurs 4
Chelidonium majus — fleurs 5
Fruits
Vert
Chelidonium majus — fruits 1
Chelidonium majus — fruits 2
Chelidonium majus — fruits 3
Chelidonium majus — fruits 4
Chelidonium majus — fruits 5
Port
Chelidonium majus — port 1
Chelidonium majus — port 2
Chelidonium majus — port 3
Chelidonium majus — port 4
Chelidonium majus — port 5
Écorce
Vert
Chelidonium majus — écorce 1
Chelidonium majus — écorce 2
Chelidonium majus — écorce 3
Chelidonium majus — écorce 4
Chelidonium majus — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native de Chelidonium majus couvre l'Europe, l'Afrique du Nord et l'Asie occidentale jusqu'en Sibérie occidentale et au nord de l'Iran, avec des populations en Macaronésie. L'espèce a été introduite largement en Amérique du Nord, où elle s'est naturalisée au point d'être classée mauvaise herbe dans plusieurs États du Midwest.

  • Native6
  • Introduite1
  • Envahissante1
  • France
  • Allemagne
  • Royaume-Uni
  • Russie
  • Iran
  • Portugal
  • Canada
  • États-Unis

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

La grande chélidoine (Chelidonium majus L., 1753), aussi appelée chélidoine ou éclaire, est une vivace herbacée de la famille des Papavéracées (Papaveraceae), seule espèce largement répandue de son genre Chelidonium en Europe. Le nom de genre vient du grec ancien khelidôn, l'hirondelle : la floraison coïncidait, selon la croyance ancienne, avec l'arrivée de cet oiseau migrateur au printemps. 6 1

Le nom français éclaire vient d'une légende plus tardive : l'hirondelle aurait utilisé le latex de la plante pour soigner les yeux de ses petits, d'où l'idée d'« éclaircir » la vue. Cette histoire ne s'applique qu'au nom ; l'usage réel documenté est ailleurs. Le nom herbe aux verrues décrit celui-ci avec précision, le latex appliqué directement sur la peau pour traiter des verrues cutanées. 8 5

Reconnaissance

Cassez une tige ou une feuille : un latex orangé à jaune vif perle aussitôt. Ce repère distingue la plante à coup sûr, y compris de la ficaire (Ficaria verna), sa principale source de confusion sur le terrain, qui n'en produit aucun. Les feuilles, pennées et bleu-vert, portent des folioles lobées à bords ondulés, réunies en rosette basale avant l'apparition des tiges florales. 6 4

Les tiges dressées, ramifiées et cassantes, légèrement velues, atteignent en général 30 à 60 cm, jusqu'à 100 à 120 cm sur sol frais et ombragé où la plante étire ses entre-nœuds pour chercher la lumière. Les fleurs, larges de 1,5 à 2,5 cm, portent 4 pétales jaunes réunis par 2 à 6 en petites ombelles terminales qui s'ouvrent de mai à août. 4 3

Après floraison, chaque fleur laisse place à une capsule fine et allongée, un fruit sec propre aux Papavéracées qui s'ouvre à maturité pour libérer des graines noires. Une plante sans latex visible, ou aux fleurs à 5 pétales, n'est pas Chelidonium majus : sa fleur en compte toujours 4. 6

Taxonomie utile

Le nom accepté reste Chelidonium majus L., publié en 1753 dans Species Plantarum. L'espèce comprend une sous-espèce reconnue distincte de la forme type, à grandes fleurs :

  • Chelidonium majus subsp. majus, la forme type, répandue de la Macaronésie à l'Iran
  • Chelidonium majus subsp. grandiflorum (DC.) Printz, de Sibérie, de Chine et de Corée, à fleurs plus grandes
  • Chelidonium majus var. laciniatum (Mill.) Arcang., forme à feuillage frangé, à l'origine du cultivar horticole Laciniatum

Les formes horticoles Laciniatum et Flore Pleno circulent surtout sous ces noms de vente, sans statut de variété botanique distincte pour la seconde. 1 2

Habitat et répartition

L'aire native couvre l'Europe, l'Afrique du Nord et l'Asie occidentale jusqu'en Sibérie occidentale et au nord de l'Iran, avec des populations relictuelles en Macaronésie. En France, où l'espèce est native sur l'ensemble du territoire métropolitain, elle reste une plante commune et non préoccupante. 1 2

La plante recherche les sols remués et frais à proximité de l'homme, en mi-ombre : décombres, talus, haies, pieds de murs et bords de chemins. Introduite en Amérique du Nord, elle y trouve les mêmes sols perturbés et s'est naturalisée au point d'être classée mauvaise herbe dans plusieurs États du Midwest, dont le Wisconsin et le Michigan. 5 4

Cycle et reproduction

La floraison s'étale de mai à août, parfois jusqu'aux premières gelées en climat doux, et attire une large gamme d'insectes généralistes venus chercher le pollen. Chaque fleur produit ensuite une capsule fine contenant des graines noires d'environ 2 mm, chacune porteuse d'un élaiosome blanc et charnu. 3 7

Les fourmis récoltent ces graines pour leur élaiosome, les transportent jusqu'au nid, consomment l'appendice puis rejettent la graine intacte à proximité : ce mécanisme de dispersion, la myrmécochorie, explique la colonisation en tache que forme souvent la plante le long des haies. 7

L'auto-ensemencement reste abondant en sol remué, ce qui suffit largement à la multiplication spontanée. La division des touffes au printemps reste possible mais provoque un saignement de latex important à la coupe. 5

Usages et risques

Le latex orangé a longtemps servi en médecine populaire pour traiter les verrues cutanées, un usage externe encore documenté aujourd'hui, ainsi que pour des affections oculaires aujourd'hui déconseillées. Des préparations à base de chélidoine entrent aussi dans certaines formulations phytothérapeutiques modernes contre les troubles digestifs. 5 6

La plante entière contient de nombreux alcaloïdes isoquinoléiques, dont la coptisine, la chélidonine et la sanguinarine, concentrés surtout dans le latex et le rhizome. Le contact cutané ou oculaire avec la sève provoque des irritations et parfois des réactions allergiques ; l'ingestion, à dose modérée déjà, expose à des troubles digestifs et à une toxicité hépatique documentée dans plusieurs cas cliniques liés à des préparations à base de chélidoine. 6 4

Chez les chats et les chiens, l'ingestion accidentelle du latex ou du feuillage provoque les mêmes troubles digestifs que chez l'humain. Par prudence, la plante fraîche doit rester hors de portée des enfants et des animaux domestiques ; son usage interne non contrôlé est déconseillé. 4

Variétés, confusions et plantes proches

Les cultivars Laciniatum, au feuillage profondément frangé, et Flore Pleno, aux fleurs doubles jaune d'or, sont plantés en massif ombragé pour prolonger une floraison estivale rare sur sol pauvre. Aucun des deux ne change la toxicité ni l'écologie de l'espèce type. 1 2

La confusion la plus fréquente et la plus trompeuse oppose Chelidonium majus à Ficaria verna, la ficaire, souvent appelée « petite chélidoine » en anglais alors qu'elle appartient à une famille botanique entièrement différente, les Renonculacées. Les deux plantes n'ont ni le même feuillage pénné, ni le même latex orangé, ni la même toxicité, malgré le nom vernaculaire partagé. 6

En Amérique du Nord, une seconde confusion oppose la grande chélidoine à Stylophorum diphyllum, la chélidoine des bois, une Papavéracée indigène au feuillage et au latex jaune superficiellement proches, mais aux fleurs plus grandes et à la capsule velue. Le nom vernaculaire seul ne suffit pas à trancher entre ces trois plantes ; le nom scientifique complet, lui, les distingue sans ambiguïté. 4

Sources principales

Questions fréquentes

Le latex de la grande chélidoine est-il dangereux ?

Oui, au contact et par ingestion. Le latex orangé irrite la peau et les yeux, et l'ensemble de la plante contient des alcaloïdes isoquinoléiques toxiques en cas d'ingestion, avec un risque documenté d'atteinte hépatique.

Pourquoi appelle-t-on cette plante grande éclaire ?

Le nom vient d'une croyance populaire selon laquelle l'hirondelle utilisait le latex de la plante pour soigner les yeux de ses petits. L'usage oculaire traditionnel n'est plus recommandé aujourd'hui.

Peut-on confondre Chelidonium majus avec la ficaire ?

Le nom anglais celandine désigne à la fois Chelidonium majus et Ficaria verna, la ficaire, deux plantes sans lien de parenté qui appartiennent à des familles botaniques différentes, Papaveraceae contre Ranunculaceae.

Comment se dispersent les graines de la grande chélidoine ?

Chaque graine noire porte un élaiosome blanc et charnu que les fourmis emportent jusqu'à leur nid. Elles consomment cet appendice puis rejettent la graine intacte à proximité, ce qui favorise la colonisation en tache.

La grande chélidoine est-elle envahissante ?

En France, où elle est native, elle reste une plante rudérale commune sans statut envahissant. Introduite en Amérique du Nord, elle s'est en revanche naturalisée au point d'être classée mauvaise herbe dans plusieurs États du Midwest.

Existe-t-il des variétés horticoles de Chelidonium majus ?

Oui, Laciniatum au feuillage profondément frangé et Flore Pleno aux fleurs doubles sont cultivées en massif ombragé. Aucune des deux ne constitue une espèce distincte de la forme sauvage.

Plantes similaires

En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.