Frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica, )
Le frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica Marshall, 1785), ou frêne de Pennsylvanie, est un grand arbre caduc des Oléacées, natif de l'est et du centre de l'Amérique du Nord, de la Nouvelle-Écosse jusqu'au sud-est de l'Alberta et à l'est du Colorado. Il se reconnaît à ses bourgeons brun marron et à ses folioles pétiolulées, à la différence du frêne commun européen, et compte parmi les essences les plus menacées d'Amérique du Nord depuis l'arrivée de l'agrile du frêne.
Lire la suiteFrêne rouge, Frêne de Pennsylvanie, Frêne rouge d'Amérique, Green ash, Red ash et Water ash
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Répartition mondiale
L'aire native de Fraxinus pennsylvanica s'étend de la Nouvelle-Écosse jusqu'au sud-est de l'Alberta et à l'est du Colorado, puis vers le sud jusqu'au nord de la Floride et vers le sud-ouest jusqu'en Oklahoma et à l'est du Texas. L'espèce s'est aussi naturalisée dans une grande partie de l'ouest des États-Unis, en Argentine et en Europe, de l'Espagne à la Russie ; en France, l'introduction reste localisée et ancienne, notamment en forêt rhénane d'Alsace.
- Native2
- Introduite5
- Canada
- États-Unis
- Argentine
- Espagne
- Russie
- Allemagne
- France métropolitaine
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica Marshall, 1785), aussi appelé frêne de Pennsylvanie, est une espèce acceptée du genre Fraxinus, dans la famille des Oléacées (Oleaceae). Le botaniste américain Humphry Marshall l'a décrit en 1785 à partir de sujets originaires de Pennsylvanie, d'où son second nom vernaculaire. 1 4
Les botanistes distinguaient autrefois deux formes : un frêne à rameaux glabres et folioles luisantes, nommé « green ash », et un frêne à rameaux pubescents, nommé « red ash ». Cette distinction correspondait à Fraxinus pennsylvanica var. subintegerrima, aujourd'hui rattachée en synonymie à l'espèce type. Le nom scientifique unique tranche la question : les deux appellations anglaises désignent la même plante, même si elles restent d'usage courant. 5 3
Parmi les six espèces de frênes nord-américains, Fraxinus pennsylvanica est la plus largement répandue sur le continent. Un insecte ravageur venu d'Asie, l'agrile du frêne, menace pourtant sa survie sur l'ensemble de cette aire native. 6 7
Reconnaissance
L'arbre atteint couramment 15 à 21 m de hauteur pour un étalement de 11 à 15 m. Le plus grand sujet recensé, un frêne forestier du Missouri, mesure 32 m pour un tronc de 1,34 m de diamètre, soit près de moitié plus que la hauteur maximale courante de l'espèce. Jeune, le port reste pyramidal, puis il s'arrondit et devient irrégulier avec l'âge. L'écorce grise brunâtre se crevasse tôt en un réseau de crêtes croisées formant des losanges, alors que celle du frêne commun européen reste lisse plus longtemps. 2 3
Face au frêne commun, deux traits permettent une identification fiable en toute saison : les bourgeons brun marron, jamais noirs, et les rameaux pubescents de l'année, qui ne deviennent glabres qu'avec l'âge. Les folioles, au nombre de 5 à 9, sont pétiolulées, portées par un court pétiole propre, à la différence des folioles sessiles du frêne commun ; leurs cicatrices foliaires, semi-circulaires et droites au sommet, portent le bourgeon juste au-dessus. 6
La floraison, sans pétales et verdâtre à violacée, apparaît en avril-mai avec ou juste avant les feuilles, sur des arbres séparément mâles ou femelles. Les fruits sont des samares ailées de 4 à 5 cm, vertes puis brun clair à maturité, souvent échancrées à l'extrémité de l'aile, groupées en grappes pendantes qui persistent tout l'hiver sur les pieds femelles. 3 2
Taxonomie utile
Le nom accepté retenu est Fraxinus pennsylvanica Marshall, dans la famille des Oleaceae. La synonymie regroupe plusieurs noms hérités des anciennes distinctions morphologiques, dont Fraxinus lanceolata Borkh., Fraxinus pennsylvanica var. subintegerrima (Vahl) Fernald et Fraxinus pennsylvanica f. viridis C.K.Schneid., ce dernier nom rappelant justement l'usage vernaculaire « green ash ». 1
Le genre compte plusieurs autres frênes nord-américains, réunis dans une même clef d'identification par les forestiers : Fraxinus americana, aux folioles à marge entière et cicatrices foliaires en croissant, Fraxinus nigra, aux bourgeons brun noir et nervures rousses, et Fraxinus latifolia, aux folioles plus larges et samares arrondies. Le nom scientifique reste le seul repère fiable, car aucune de ces espèces introduites n'est décrite dans les flores françaises classiques. 6
Habitat et répartition
L'aire native s'étend de la Nouvelle-Écosse jusqu'au sud-est de l'Alberta et à l'est du Colorado, puis vers le sud jusqu'au nord de la Floride et vers le sud-ouest jusqu'en Oklahoma et à l'est du Texas, soit l'essentiel de l'est et du centre du continent nord-américain. L'espèce s'est aussi naturalisée dans une grande partie de l'ouest des États-Unis, en Argentine et en Europe, de l'Espagne à la Russie. 1
En France, l'arbre a été introduit à des fins forestières ou ornementales à la fin du XIXᵉ siècle ou au début du XXᵉ siècle, vraisemblablement pendant l'annexion allemande de l'Alsace, lorsque des forestiers testaient plusieurs essences exotiques dans les forêts rhénanes. Longtemps confondu avec le frêne américain ou le frêne oxyphylle, le frêne rouge n'a été identifié avec certitude qu'en 2003, à Schoenau puis à Daubensand, sur la base d'une souche portant plus de 90 cernes. L'arbre s'y régénère naturellement mais reste marginalisé par le frêne commun, plus compétitif pour la lumière ; les auteurs de cette découverte jugent disproportionné de le considérer comme invasif. 6 4
Sur son aire d'origine, le frêne rouge occupe presque exclusivement les bas-fonds alluviaux, les berges de cours d'eau et les zones périodiquement inondées ; il tolère l'engorgement temporaire du sol aussi bien que des périodes de sécheresse marquées une fois installé. 3
Cycle et reproduction
L'espèce est dioïque : chaque arbre porte des fleurs uniquement mâles ou uniquement femelles, apparues en petites panicules avant ou avec le débourrement des feuilles. La pollinisation se fait par le vent. Sur les pieds femelles, les samares mûrissent d'août à octobre et se dispersent tout l'hiver, portées par le vent et, en berge, par le courant. 3
La germination réclame une stratification hivernale naturelle au sol. Une fois installée en pleine lumière sur sol frais, la jeune plante grandit rapidement, avec un port d'abord pyramidal. En sous-canopée dense, faute de lumière suffisante, la croissance ralentit fortement et l'arbre prend un port oblique, marginalisé par des essences plus compétitives. 2 6
Les graines nourrissent de nombreux oiseaux et petits mammifères, l'écorce est consommée par les lapins, les porcs-épics et les castors, et le feuillage héberge les chenilles du papillon tigré du Canada (Papilio glaucus), entre autres lépidoptères. 3
Usages et risques
Le bois, dur et élastique comme celui du frêne commun, a longtemps servi pour le mobilier, les manches d'outils et les articles de sport. Le frêne rouge a surtout été planté en masse comme arbre d'alignement et d'ombrage dans les villes nord-américaines, en remplacement des ormes d'Amérique décimés par la graphiose au milieu du XXᵉ siècle. Cette seconde monoculture urbaine a reproduit l'erreur qui avait décimé les ormes une génération plus tôt : planter une seule essence en masse expose une ville entière au même insecte ou champignon. 9
Le frêne rouge n'est pas toxique par ingestion pour les animaux domestiques usuels ni pour l'être humain, à la différence de nombreuses autres essences ornementales urbaines. 3
La menace réelle est sanitaire. L'agrile du frêne (Agrilus planipennis), coléoptère asiatique introduit accidentellement en Amérique du Nord à la fin des années 1990, tue l'arbre en trois à cinq ans après infestation, avec une mortalité proche de 100 % et presque aucune régénération naturelle derrière lui. L'UICN a classé le frêne rouge en danger critique d'extinction dès 2017, aux côtés de quatre autres frênes nord-américains sur six évalués, avec un déclin attendu d'au moins 80 % en un siècle sur une population proche de neuf milliards d'arbres. La plantation de nouveaux frênes rouges n'est plus recommandée dans les zones concernées. 7 8 2
Variétés, confusions et plantes proches
Avant la crise de l'agrile, les pépinières nord-américaines proposaient des cultivars sélectionnés pour l'usage urbain : 'Marshall's Seedless', sans fruits pour limiter les semis spontanés, 'Summit', au port pyramidal régulier, 'Patmore', à couronne dense sur pieds mâles, et 'Cimmaron', apprécié pour sa coloration automnale orangée à pourpre. Ces sélections ne changent rien à l'identité botanique de l'espèce mère et sont aujourd'hui rarement recommandées pour de nouvelles plantations. 2
En Europe, la confusion la plus fréquente oppose le frêne rouge au frêne commun (Fraxinus excelsior), reconnaissable à ses bourgeons franchement noirs et à ses folioles sessiles, et au frêne oxyphylle (Fraxinus angustifolia subsp. oxycarpa), aux petits bourgeons bruns et folioles étroites très dentées. En Amérique du Nord, le frêne blanc (Fraxinus americana) reste le plus proche, distingué par ses folioles à marge entière et ses cicatrices foliaires en croissant, entourant le bourgeon plutôt que le surmontant. 6
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Fraxinus pennsylvanica Marshall
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Fraxinus pennsylvanica
- NC State Extension Gardener Plant Toolbox, Fraxinus pennsylvanica
- INPN / MNHN, Fraxinus pennsylvanica Marshall, 1785
- Tela Botanica / eFlore BDTFX, Fraxinus pennsylvanica
- Boeuf R., 2003, Un frêne exotique méconnu en Alsace, Bulletin SBCO 34
- IUCN Red List, Fraxinus pennsylvanica assessment 2017
- IUCN, Once-abundant ash tree and antelope species face extinction
- University of Missouri Extension, Green Horizons, ash as elm replacement
Questions fréquentes
Le frêne rouge est-il toxique pour les chiens et les chats ?
Non, aucune toxicité par ingestion n'est documentée pour les animaux domestiques usuels ni pour l'être humain. Le statut reste non documenté pour le cheval.
Comment distinguer le frêne rouge du frêne commun européen ?
Le frêne rouge a des bourgeons brun marron, des rameaux pubescents et des folioles pétiolulées, tandis que le frêne commun a des bourgeons franchement noirs, des rameaux glabres et des folioles sessiles.
Pourquoi ne plante-t-on plus de frêne rouge aujourd'hui ?
L'agrile du frêne, un coléoptère asiatique, tue l'arbre en trois à cinq ans après infestation. L'UICN classe l'espèce en danger critique d'extinction depuis 2017, ce qui rend sa plantation déconseillée dans les zones touchées.
Le frêne rouge pousse-t-il en France ?
Oui, mais de façon localisée. L'espèce a été introduite en Alsace à la fin du XIXᵉ ou au début du XXᵉ siècle et identifiée avec certitude en forêt rhénane en 2003, sans devenir invasive.
Quelle est la différence entre frêne rouge et green ash ?
Aucune au sens botanique actuel. Les botanistes distinguaient autrefois une forme glabre, « green ash », d'une forme pubescente, « red ash », mais les deux relèvent de la même espèce, Fraxinus pennsylvanica.
Le frêne rouge est-il menacé d'extinction ?
Oui. L'UICN l'a classé en danger critique d'extinction en 2017, aux côtés de quatre autres frênes nord-américains, avec un déclin attendu d'au moins 80 % en un siècle à cause de l'agrile du frêne.
Où pousse naturellement le frêne rouge en Amérique du Nord ?
Son aire native va de la Nouvelle-Écosse au sud-est de l'Alberta, puis vers le sud jusqu'en Floride et vers le sud-ouest jusqu'en Oklahoma et à l'est du Texas, presque toujours en berge ou en plaine alluviale.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.






