Séneçon du Cap (Senecio inaequidens, )
Le séneçon du Cap (Senecio inaequidens DC., 1838) est un sous-arbrisseau vivace de la famille des Asteraceae, originaire d'Afrique australe et introduit en Europe via la laine importée dès 1889. Il colonise les sols perturbés, fleurit presque toute l'année et contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques hépatotoxiques qui en font un risque documenté pour le bétail et les chevaux.
Lire la suiteSéneçon du Cap, Séneçon de Mazamet, Séneçon sud-africain, Séneçon à feuilles inégales, Narrow-leaved ragwort et South African ragwort
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Répartition mondiale
WCVP/POWO situent l'aire native de Senecio inaequidens entre le Mozambique et l'Afrique du Sud, avec le Lesotho. En Europe, l'EPPO la suit comme espèce exotique envahissante, invasive en Corse et largement introduite dans l'ouest du continent depuis la fin du XIXᵉ siècle.
Identité
Le séneçon du Cap (Senecio inaequidens DC., 1838), ou séneçon de Mazamet, est une espèce acceptée du genre Senecio, dans la famille des Asteraceae. Le nom botanique vient du latin inaequidens, « aux dents inégales », qui décrit la denticulation variable du bord des feuilles, parfois entier, parfois faiblement denté sur une même plante. 3 2
Le nom séneçon de Mazamet renvoie à l'histoire de son arrivée en France : la ville tarnaise vivait du délainage de toisons importées, et des graines accrochées à des laines sud-africaines s'y sont établies dans les années 1930. Premier signalement européen en Allemagne en 1889, la plante gagne la Belgique en 1922, l'Écosse en 1928, la France vers 1935, puis l'Italie en 1947. 3 4
Reconnaissance
Senecio inaequidens est un sous-arbrisseau vivace de 30 à 150 cm, parfois jusqu'à 200 cm en situation favorable. Les tiges sont glabres, très ramifiées dès la base et deviennent subligneuses avec l'âge, ce qui donne un port buissonnant reconnaissable même hors floraison. 5 3
Les feuilles sont linéaires, alternes, persistantes, parfois groupées en petits fascicules à leur base. Les capitules jaune vif, larges d'environ 2 cm, réunissent 12 à 14 fleurs ligulées périphériques autour de fleurs tubulées centrales, le tout organisé en corymbes irréguliers au sommet des rameaux. 5
Le fruit est un akène minuscule surmonté d'une aigrette blanche et plumeuse. Cette aigrette explique une dispersion principalement anémochore sur de longues distances, avec parfois une dispersion épizoochore accrochée aux poils d'animaux ou aux fibres de laine, comme lors de l'introduction historique en Europe. 3
Taxonomie et noms
Le repère stable reste Senecio inaequidens DC., publié en 1838. POWO et l'IPNI rattachent le nom à cette autorité et situent l'aire native entre le Mozambique et l'Afrique du Sud, avec le Lesotho. 1 2
Deux synonymes circulent dans les sources botaniques : Senecio harveianus MacOwan et Senecio vimineus Harv. Ces synonymes ne remplacent pas le nom accepté, mais expliquent certaines mentions anciennes dans la littérature. 3
L'EPPO attribue à l'espèce le code SENIQ, utilisé dans les bases phytosanitaires et les listes de plantes exotiques envahissantes ; ce code technique ne remplace pas le nom scientifique dans un texte destiné au public. 4
Habitat et répartition
L'aire native se situe en Afrique australe, du Mozambique à l'Afrique du Sud et au Lesotho. En Europe, l'espèce colonise chaque année de nouveaux territoires, en particulier en zone méditerranéenne et dans les systèmes de montagne, portée par des akènes que le vent disperse sur de longues distances. 1 4
L'EPPO la classe parmi les espèces exotiques envahissantes, invasive en Corse et largement introduite dans l'ouest de l'Europe comme adventice des terrains vagues. 4 Les habitats typiques sont les bords de route, les voies ferrées, les friches, les chantiers, les vignes et pâtures abandonnées, ainsi que les dunes et talus, des milieux ouverts et perturbés où la concurrence végétale reste faible. 5
Le point commun de ces milieux est la perturbation récente du sol : terrassement, fauche, surpâturage ou passage d'engins ouvrent une niche que la plante occupe avant la végétation environnante. Cette stratégie explique sa présence régulière le long des grands axes routiers et ferroviaires, où l'entretien des infrastructures remanie le sol et favorise son installation chaque année. 5
Cycle et floraison
La reproduction se fait par akènes. Une fois germée sur un sol nu, la plantule atteint 5 à 15 cm en deux à quatre semaines, puis sa tige se ramifie et sa base se lignifie en quelques mois. 3
Trait distinctif du séneçon du Cap, la floraison est quasi continue, presque toute l'année dans les climats doux, avec un pic net du printemps à l'automne. Cette production ininterrompue de capitules alimente en continu la banque de graines et explique la vitesse de colonisation observée le long des infrastructures linéaires. 3 5
Toxicité et risques pour le bétail
Toutes les parties de la plante contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques hépatotoxiques. Une étude sud-africaine a identifié la sénécionine et la rétrorsine comme principaux composés toxiques, avec une concentration totale mesurée à 0,81 % sur des échantillons de terrain ayant provoqué une intoxication de bovins. 6
Chez les bovins, la dose aiguë toxique se situe autour de 3 à 5 % du poids corporel, tandis qu'une intoxication chronique peut résulter de l'ingestion de 50 à 100 g répartis sur 6 à 8 semaines. Les signes chroniques associent amaigrissement, anorexie, constipation, muqueuses ictériques, démarche titubante et décubitus, avec un lait devenu toxique ; l'atteinte aiguë ajoute ictère, tachycardie et prostration. L'autopsie révèle une cirrhose hépatique hypertrophique avec mégalocytose, et aucun traitement spécifique n'existe. 5 6
Le risque augmente une fois la plante fanée : le séchage réduit l'amertume qui dissuade normalement les animaux de la consommer fraîche, si bien que le foin ou l'ensilage contaminé est ingéré plus volontiers. Les réseaux vétérinaires équins français classent le séneçon du Cap parmi les plantes toxiques à surveiller dans le fourrage. 7 5
Confusions, gestion et réglementation
La confusion la plus documentée concerne le séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris, anciennement Senecio jacobaea), une autre Asteraceae à alcaloïdes pyrrolizidiniques et à risque équin comparable, mais bisannuelle et aux feuilles plus découpées. Le séneçon commun (Senecio vulgaris), lui, reste une petite annuelle sans base ligneuse. 3
Aucun usage horticole n'est recommandé. En pratique, la gestion consiste à intervenir avant la formation des akènes, à éliminer les foyers en bordure de pâture ou de zone de fauche, et à nettoyer le matériel pour limiter le transport de graines. L'inscription EPPO en liste A2 des plantes exotiques envahissantes encadre ce suivi à l'échelle européenne. 4 8
Une fauche isolée ne suffit pas : la base ligneuse repart depuis ses tiges subligneuses, et seule une intervention répétée avant floraison, sur plusieurs saisons, épuise la banque de graines déjà constituée dans le sol. 5
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Senecio inaequidens DC.
- International Plant Names Index, Senecio inaequidens DC.
- Wikipédia FR, Senecio inaequidens
- EPPO Global Database, Senecio inaequidens (SENIQ)
- École Nationale Vétérinaire de Toulouse, Séneçon du Cap
- Dimande et al. 2007, The toxicity of Senecio inaequidens DC, Journal of the South African Veterinary Association
- RESPE, Les séneçons toxiques pour les équidés
- USDA PLANTS Database, Senecio inaequidens (SEIN10)
Questions fréquentes
Le séneçon du Cap est-il dangereux pour les chevaux ?
Oui. Toute la plante contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques hépatotoxiques, et les réseaux vétérinaires équins français le classent parmi les plantes toxiques à surveiller, surtout dans le fourrage sec.
Pourquoi le séneçon du Cap est-il si envahissant en France ?
L'EPPO le liste comme espèce exotique envahissante. Il colonise vite les sols nus et perturbés, fleurit presque toute l'année et disperse ses akènes par le vent sur de longues distances.
Comment distinguer le séneçon du Cap d'un autre séneçon ?
La base ligneuse, les feuilles linéaires et les petits capitules groupés en corymbes le distinguent du séneçon jacobée, bisannuel et aux feuilles plus découpées, ou du séneçon commun, une petite annuelle.
Le séneçon du Cap fleurit-il vraiment toute l'année ?
Dans les climats doux, oui, avec un pic marqué du printemps à l'automne. Cette floraison quasi continue alimente en permanence sa banque de graines.
Le fourrage séché reste-t-il dangereux ?
Oui. Le séchage réduit l'amertume qui dissuade normalement les animaux de le consommer frais, ce qui augmente le risque d'ingestion dans le foin ou l'ensilage contaminé.
D'où vient le séneçon du Cap ?
Son aire native se situe en Afrique australe, du Mozambique à l'Afrique du Sud et au Lesotho. Il a gagné l'Europe via la laine importée, signalé en Allemagne dès 1889 puis en France vers 1935.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







