Silphie perfoliée (Silphium perfoliatum, L. 1759)

La silphie perfoliée (Silphium perfoliatum L.) est une grande vivace des Asteraceae originaire de l'est et du centre de l'Amérique du Nord. Ses feuilles opposées se soudent autour de la tige carrée et forment une petite coupe qui retient l'eau de pluie, un repère d'identification presque unique dans le genre. Cultivée en Europe comme plante mellifère puis comme culture énergétique de substitution au maïs, elle reste aussi surveillée pour son potentiel de dissémination hors des parcelles.

Lire la suite
Nom scientifiqueSilphium perfoliatum
GenreSilphium
OrdreAsterales

Silphie perfoliée, Silphium perfolié, Silphe perfolié, Cup plant, Cup rosin weed et Indian cup

Identité
Toxicité
Non toxique : humains, dont enfants, chats et chiens · À vérifier : chevaux
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Type de feuilles
Caduc
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
CanadaÉtats-Unis
Habitat
Plaines alluviales, berges de cours d'eau, prairies humides, lisières de bois clairs et fossés
Saisonnalité
Floraison
ÉtéAutomne
Récolte
Automne
Croissance
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
8/10
Temps de maturation
Floraison généralement à partir de la deuxième saison après semis
Multiplication
Semis, Division
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
20–40 km/h
Humidité
40–75 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol riche, Sol frais à humide, Argile, limon ou sable
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Plein soleil, tolère la mi-ombre
Extérieur
Massif plein soleil, Pleine terre
Apparence
Hauteur120–250 cmÉtalement50–100 cm
Feuilles
Vert
Silphium perfoliatum — feuilles 1
Silphium perfoliatum — feuilles 2
Silphium perfoliatum — feuilles 3
Silphium perfoliatum — feuilles 4
Silphium perfoliatum — feuilles 5
Fleurs
JauneTaille7–10 cm
Silphium perfoliatum — fleurs 1
Silphium perfoliatum — fleurs 2
Silphium perfoliatum — fleurs 3
Silphium perfoliatum — fleurs 4
Silphium perfoliatum — fleurs 5
Fruits
Silphium perfoliatum — fruits 1
Silphium perfoliatum — fruits 2
Silphium perfoliatum — fruits 3
Silphium perfoliatum — fruits 4
Silphium perfoliatum — fruits 5
Port
Silphium perfoliatum — port 1
Silphium perfoliatum — port 2
Silphium perfoliatum — port 3
Silphium perfoliatum — port 4
Silphium perfoliatum — port 5
Écorce
Vert
Silphium perfoliatum — écorce 1
Silphium perfoliatum — écorce 2
Silphium perfoliatum — écorce 3
Silphium perfoliatum — écorce 4
Silphium perfoliatum — écorce 5

Répartition mondiale

POWO/WCVP situe l'aire native du sud-est du Canada (Ontario, Québec) au centre et à l'est des États-Unis. La plante est largement cultivée en Europe, notamment en Allemagne comme culture énergétique de substitution au maïs. En France, elle reste localement naturalisée dans deux départements sans figurer sur la liste des plantes exotiques envahissantes de l'EPPO, mais des études documentent un potentiel de dissémination à surveiller.

  • Native2
  • Introduite2
  • Canada (Ontario, Québec)
  • États-Unis (centre et est)
  • France métropolitaine
  • Suisse

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

La silphie perfoliée est Silphium perfoliatum L., une vivace des Asteraceae décrite par Linné et acceptée sous ce nom par POWO/WCVP. Le genre Silphium réunit une vingtaine d'espèces nord-américaines, dont celle-ci reste la plus cultivée en dehors de son aire native. 1 3

Le nom de genre remonte à Linné, qui reprend en 1753 le mot grec silphion : il désigne alors le silphium antique de Cyrénaïque, une plante à résine aujourd'hui éteinte et célébrée sur les monnaies grecques anciennes. Les deux plantes n'ont pas de parenté botanique réelle : seule la ressemblance d'une gomme résineuse a motivé le rapprochement. 7

L'épithète perfoliatum décrit un trait de feuillage précis : des feuilles opposées dont les bases se soudent autour de la tige, comme traversées par elle. Pour reconnaître l'espèce sur le terrain, ce détail de feuillage compte plus que la couleur des fleurs. 7 3

Reconnaissance

La silphie perfoliée forme une grande vivace dressée, à tige carrée et lisse, haute de 1,2 à 2,5 m selon les conditions de culture. NC State et le Royal Horticultural Society situent la hauteur habituelle dans cette fourchette, avec des sujets qui approchent 3 m en sol très fertile. 3 2

Par rapport à la hauteur, qui varie selon la fertilité du sol, la coupe foliaire reste un repère stable : les feuilles opposées, larges et rêches, se soudent à la base autour de la tige et forment un petit réservoir qui retient l'eau de pluie. La coupe attire les oiseaux venus y boire, et parfois de petits insectes qui s'y noient accidentellement. 7 2

Les capitules jaune doré, larges de 7 à 10 cm, portent 20 à 30 ligules autour d'un disque central plus sombre. Les capitules s'ouvrent en branches ramifiées de la mi-été au début de l'automne et nourrissent abeilles, bourdons et papillons pendant plusieurs semaines. 2 3

Taxonomie utile

POWO et WCVP traitent Silphium perfoliatum L. comme le nom accepté, dans la famille des Asteraceae et la tribu des Heliantheae. Trois taxons infraspécifiques sont recensés : la forme typique, la variété connatum et une forme historique aujourd'hui synonyme. Pour le jardinier, cette synonymie limitée ne crée pas de confusion pratique. 1

Les principales variétés reconnues sont :

  • Silphium perfoliatum var. perfoliatum, la forme typique, largement répandue ;
  • Silphium perfoliatum var. connatum (L.) Cronquist, aux tiges plus velues, restreinte à quelques États du Mid-Atlantic autour de la New River Valley ;
  • Silphium perfoliatum f. hornemannii (Schrad. ex DC.) Voss, une forme historique aujourd'hui traitée en synonyme.

Le repère stable reste donc le nom accepté, Silphium perfoliatum, la variété connatum ne concernant qu'une population géographiquement limitée. 1

Habitat et répartition

L'aire native s'étend du sud-est du Canada, en Ontario et au Québec, jusqu'au centre et à l'est des États-Unis, de l'Iowa et du Kansas à la Géorgie. NC State décrit un habitat de plaines alluviales, berges de cours d'eau, prairies humides et lisières de bois clairs. 1 3

En Europe, la plante a d'abord circulé comme vivace mellifère de jardin avant de devenir une culture énergétique reconnue. L'Allemagne la cultive aujourd'hui sur environ 10 000 hectares comme alternative pérenne au maïs d'ensilage, une culture qui reste en place plusieurs années, contre un semis annuel pour le maïs classique. 8

En France, la silphie perfoliée est signalée naturalisée dans deux départements, l'Aube et la Haute-Saône, sans figurer sur la liste des plantes exotiques envahissantes de l'EPPO. Une étude récente sur la dispersion de ses graines par le vent, l'eau et les rongeurs invite néanmoins à surveiller son comportement près des cours d'eau, où sa forte production de biomasse pourrait faciliter une expansion locale. 6 9

Cycle et reproduction

La silphie perfoliée germe lentement et de façon irrégulière, avec un taux naturel d'environ 15 à 20 %. Les semis démarrent en pépinière ou après une stratification au froid ; sans floraison la première saison, la jeune plante consacre son énergie à l'enracinement en profondeur. 3

Une fois installée, la plante développe une racine pivotante profonde doublée de rhizomes courts. Des touffes de jardin botanique ont été documentées sur plusieurs décennies, ce qui explique pourquoi la division réussit surtout sur de jeunes sujets et devient risquée passé les deux premières années. 4

La floraison, de la mi-été au début de l'automne, dépend entièrement des insectes pollinisateurs : abeilles, bourdons et papillons assurent la fécondation des capitules. Les graines, des akènes plats et ailés, se dispersent ensuite par le vent, l'eau et, dans une moindre mesure, par des rongeurs qui les transportent. 4 9

Usages et risques

L'usage ornemental place la silphie perfoliée au fond d'un massif naturaliste ou d'une prairie fleurie, où sa floraison longue et sa coupe foliaire profitent aux pollinisateurs et aux oiseaux. Le Royal Horticultural Society lui a attribué son Award of Garden Merit pour sa tenue en climat britannique. 2

L'usage agricole change d'échelle en Europe centrale, porté par la filière bioénergie allemande. Une étude de l'université de Bayreuth montre qu'après cinq années de culture, la silphie perfoliée égale ou dépasse le maïs d'ensilage en biomasse racinaire, tout en améliorant le stockage du carbone, l'activité microbienne et celle des vers de terre du sol. 8

Sur le plan sanitaire, aucune toxicité n'est documentée pour les chats, les chiens ou les humains ; le statut reste seulement incertain chez le cheval, faute de données spécifiques. Historiquement, certaines nations amérindiennes, dont les Chippewa, utilisaient la racine comme tonique, diaphorétique et diurétique pour des troubles respiratoires ou articulaires, un usage aujourd'hui documenté plutôt que pratiqué couramment. 7 4

Le principal point de vigilance reste la dissémination des graines. Comme la silphie perfoliée produit beaucoup de biomasse et disperse ses akènes par plusieurs voies, mieux vaut couper les capitules fanés avant leur maturité complète, près d'un cours d'eau ou d'une zone naturelle sensible. 9

Variétés, confusions et plantes proches

Le commerce horticole ne propose pas de véritables cultivars sélectionnés pour la silphie perfoliée : les graines vendues correspondent presque toujours à l'espèce type, parfois à la variété connatum pour les collections spécialisées. La diversité vient surtout des populations sauvages et des lots de semences régionales. 3

Les confusions les plus fréquentes concernent d'autres Silphium :

  • Silphium laciniatum, la compass plant, aux feuilles profondément découpées qui ne soudent jamais autour de la tige ;
  • Silphium terebinthinaceum, le prairie dock, à grandes feuilles basales et tige presque sans feuilles caulinaires ;
  • Silphium integrifolium, aux feuilles sessiles mais non perfoliées.

Dans les quatre cas, la coupe formée par la fusion des feuilles reste le repère le plus fiable : elle n'existe que chez Silphium perfoliatum parmi les espèces couramment rencontrées en jardin ou en bord de prairie. 7 3

Sources principales

Questions fréquentes

Pourquoi appelle-t-on Silphium perfoliatum cup plant ?

Ses feuilles opposées se soudent à la base autour de la tige carrée et forment une petite coupe qui retient l'eau de pluie. Cette coupe sert de point d'eau pour les oiseaux et parfois pour de petits insectes.

La silphie perfoliée est-elle toxique pour les chats et les chiens ?

Aucune toxicité n'est documentée pour les chats, les chiens ou les humains. Le statut reste incertain chez le cheval faute de données spécifiques, mais aucun signalement de trouble n'est rapporté.

Pourquoi cultive-t-on la silphie perfoliée comme culture énergétique en Allemagne ?

Une étude de l'université de Bayreuth montre qu'elle égale ou dépasse le maïs d'ensilage en biomasse racinaire tout en améliorant la rétention des nitrates et la santé des sols. Elle est aujourd'hui cultivée sur environ 10 000 hectares en Allemagne.

La silphie perfoliée est-elle envahissante en France ?

Elle n'est pas classée envahissante par l'EPPO et reste naturalisée dans seulement deux départements français. Des études sur la dispersion de ses graines par le vent, l'eau et les rongeurs invitent toutefois à la prudence près des cours d'eau.

Comment distinguer Silphium perfoliatum d'autres Silphium ?

Le repère le plus fiable est la coupe formée par les feuilles soudées autour de la tige. Silphium laciniatum et Silphium terebinthinaceum, souvent confondus avec elle, n'ont pas cette fusion foliaire.

Pourquoi mes graines de silphie perfoliée lèvent-elles mal ?

Le taux de germination naturel tourne autour de 15 à 20 %, même dans de bonnes conditions. Une stratification au froid ou un semis en pépinière améliore nettement la levée avant la mise en pleine terre.

La silphie perfoliée a-t-elle des usages traditionnels ?

Certaines nations amérindiennes, dont les Chippewa, utilisaient la racine comme tonique, diaphorétique et diurétique pour des troubles respiratoires ou articulaires, un usage aujourd'hui historique plutôt que médical courant.

Plantes similaires

En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.