Salsepareille (Smilax aspera, L. 1753)

La salsepareille (Smilax aspera L., 1753), ou salsepareille d'Europe, est une liane arbustive et épineuse des Smilacaceae, présente sur tout le pourtour méditerranéen jusqu'en Afrique de l'Est et en Asie tempérée. Ses tiges volubiles s'accrochent aux buissons voisins par des vrilles stipulaires, portent un feuillage persistant en forme de cœur et donnent, en fin d'année, des baies rouge foncé après une floraison discrète mais très parfumée.

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Nom scientifiqueSmilax aspera
GenreSmilax
OrdreLiliales

Salsepareille, Salsepareille d'Europe, Liseron épineux, Asperge du pauvre, Rough bindweed et Common smilax

Identité
Toxicité
Non toxique documentée ; fruits mûrs non considérés comme alimentaires
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
FranceEspagnePortugalItalieGrèceTurquieMacaronésie (Canaries, Madère, Açores)ÉthiopieInde
Habitat
Garrigues, maquis et haies calcaires du littoral aux collines ; buissons et lisières de chênaies sur sol sec et ensoleillé
Saisonnalité
Floraison
ÉtéAutomne
Récolte
AutomneHiver
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
5/10
Temps de maturation
Floraison et fructification après plusieurs années sur un support favorable
Multiplication
Semis, Division, Bouturage
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
40–60 km/h
Humidité
30–60 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol calcaire, Sol drainé
Sol salin
Toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Plein soleil à mi-ombre, meilleure floraison en exposition chaude
Intérieur
Véranda
Extérieur
Haie champêtre, Massif plein soleil, Pleine terre
Pots
Terre cuite, Grand bac
Apparence
Hauteur100–400 cmÉtalement250–400 cm
Feuilles
Vert
Fleurs
CrèmeJaune
Fruits
RougeNoir
Port
Smilax aspera — port 1
Écorce
VertMarron

Répartition mondiale

L'aire native de Smilax aspera couvre le bassin méditerranéen et la Macaronésie (Canaries, Madère, Açores), s'étend en Afrique tropicale de l'Est et se prolonge en Asie tempérée jusqu'au Myanmar. En France métropolitaine, l'espèce est indigène sur le littoral et les collines méditerranéennes, absente des régions océaniques et continentales froides.

  • Native9
  • France métropolitaine (Méditerranée)
  • Espagne
  • Portugal
  • Italie
  • Grèce
  • Turquie
  • Macaronésie (Canaries, Madère, Açores)
  • Éthiopie et Kenya
  • Inde et Myanmar

En France, l'espèce est plus fréquente en Corse, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur qu'ailleurs.

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

La salsepareille (Smilax aspera L., 1753), ou salsepareille d'Europe, est une espèce acceptée du genre Smilax, dans la famille des Smilacaceae. Linné l'a décrite en 1753 dans son Species Plantarum ; POWO la classe parmi les lianes de biome tempéré, présentes du Portugal jusqu'au Myanmar. 1 2

Deux vrilles stipulaires, portées à la base de chaque pétiole, permettent à la tige de s'accrocher aux buissons voisins sans produire de racine adventive, à la différence du lierre. Armée d'aiguillons courbes sur toute sa longueur, cette tige volubile atteint couramment 1 à 3 m de haut et grimpe jusqu'à 4 m sur un support favorable, en climat méditerranéen doux. 4 3

Le nom salsepareille vient de l'espagnol zarzaparrilla, composé de zarza (« ronce ») et de parrilla, diminutif de parra (« treille »), puis transmis au français par le portugais salsaparrilha. On la connaît aussi sous le nom de liseron épineux, bien qu'elle n'ait aucun lien de parenté avec les vrais liserons du genre Convolvulus. 8

Reconnaissance

Les feuilles, alternes et persistantes, sont coriaces et luisantes, en forme de cœur ou de pique, à bord épineux. Le limbe est parcouru de 5 à 7 nervures principales pseudo-parallèles, reliées entre elles par un réseau de nervures secondaires : un agencement rare chez une monocotylédone, qui rappelle davantage une feuille de dicotylédone qu'une feuille de graminée ou de lys. 6 5

La plante est dioïque : les fleurs, minuscules et blanc jaunâtre, très parfumées, se réunissent en petites ombelles axillaires portées par des pieds mâles ou des pieds femelles séparés. Pour fructifier, Smilax aspera a donc besoin d'un pied de chaque sexe à proximité ; leur absence empêche toute formation de fruit, même après une floraison abondante. Les baies globuleuses qui suivent, rouge foncé à noirâtre et groupées comme des grappes de groseilles, mesurent 4 à 6 mm de diamètre à maturité. 4 6

Taxonomie utile

Le nom accepté reste Smilax aspera L. POWO et WCVP rattachent à cette espèce plusieurs variétés et sous-espèces décrites séparément par le passé, dont Smilax aspera var. nigra (Willd.) A.DC., Smilax aspera var. balearica Willk. ex A.DC., Smilax aspera var. mauritanica (Poir.) Gren. et le synonyme distinct Smilax picta K.Koch. 1

La flore française classe encore parfois ces mêmes taxons en sous-espèces (aspera, balearica, mauritanica, nigra), mais les bases de référence les traitent toutes comme des synonymes de l'espèce type. Sur une étiquette de pépinière ou dans un carnet d'identification, le nom complet avec son autorité, Smilax aspera L., 1753, évite donc la confusion que ces subdivisions instables pourraient introduire. 1 6

Habitat et répartition

L'aire native s'étend du bassin méditerranéen et de la Macaronésie (Canaries, Madère, Açores) jusqu'en Afrique tropicale de l'Est (Éthiopie, Kenya, Tanzanie) et en Asie tempérée, de la Turquie à l'Inde et au Myanmar. En France métropolitaine, l'espèce reste indigène sur tout le littoral et les collines méditerranéennes, absente des régions océaniques et continentales plus froides. 1

Sur sol calcaire et bien drainé, en garrigue, maquis littoral ou lisière de chênaie, le plein soleil favorise la floraison de Smilax aspera autant que la mi-ombre. Ses tiges ligneuses, trop solides pour être rompues à la main, se mêlent à d'autres arbustes épineux et rendent certaines garrigues méditerranéennes difficiles à traverser. Rustique jusqu'à -10 °C sans protection contre le gel, la salsepareille déserte en revanche les secteurs soumis à des froids plus rudes et prolongés. 5 6 4

Cycle et reproduction

La floraison, très parfumée, s'étale de la fin de l'été au début de l'automne selon le climat local. Les insectes attirés par ce parfum assurent la pollinisation entre pieds mâles et pieds femelles, dispersés dans le même buisson hôte ou dans des buissons voisins. 3 4

Une fois fécondées, les fleurs femelles donnent des baies qui mûrissent lentement et restent visibles sur la plante jusqu'en hiver. Les oiseaux qui les consomment dispersent ensuite les graines vers de nouveaux buissons hôtes, où la germination reste lente et irrégulière au sol de la garrigue. 4

En culture, trois méthodes de multiplication fonctionnent : le semis, après plusieurs semaines de stratification au froid ; la division de la souche rhizomateuse au printemps ; ou la bouture de tige semi-aoûtée prélevée en été, selon le calendrier retenu. Privée d'un support solide dès la plantation, la jeune tige grimpante reste courte et met plusieurs années avant de fleurir. 3

Usages et risques

Les jeunes pousses, appelées turions, se consomment cuites comme des asperges. Un léger blanchiment réduit leur amertume naturelle avant qu'on les serve bouillies, à l'huile d'olive et au citron, ou en omelette, selon des usages rapportés en Italie et en Turquie. 3

Historiquement, seules les racines entraient dans les préparations médicinales : employées selon la tradition comme diurétique et diaphorétique contre les rhumatismes, la goutte ou certaines affections cutanées. PFAF ne recense aucun danger connu pour cette espèce, et plusieurs congénères nord-américains du genre Smilax figurent parmi les plantes non toxiques de la base ASPCA pour chiens, chats et chevaux. 3 7

Les fruits mûrs, eux, ne sont pas un aliment courant : ils restent amers à l'état frais, et seule une préparation en confiture, rapportée en Sicile, en fait un usage ponctuel et local. Faute de documentation fiable sur un pied inconnu, mieux vaut réserver leur consommation aux préparations traditionnelles bien identifiées. 6

Variétés, confusions et plantes proches

Aucun cultivar horticole reconnu n'est répertorié pour Smilax aspera : c'est une plante sauvage, occasionnellement cultivée en parc ou jardin méditerranéen, jamais sélectionnée commercialement. 4

La confusion la plus utile à trancher sur le terrain oppose la salsepareille au tamier commun (Dioscorea communis), une autre liane grimpante du même habitat. Sur une tige lisse, totalement dépourvue d'aiguillons et de vrilles, le tamier s'enroule directement autour du support ; la salsepareille, elle, grimpe par des vrilles stipulaires plantées sur une tige épineuse. Toucher la tige à main nue tranche donc la question en quelques secondes, aiguillons contre surface lisse. 6 5

Le nom salsepareille désigne aussi, hors d'Europe, des espèces sans rapport direct avec Smilax aspera : au Québec, il renvoie à Aralia nudicaulis, une Araliacée de sous-bois, et certains usages populaires l'appliquent même au houblon (Humulus lupulus). Avant tout usage culinaire ou médicinal, vérifier le nom scientifique complet évite de confondre ces plantes homonymes. 8

Sources principales

Questions fréquentes

La salsepareille est-elle toxique ?

Non toxique documentée. Plants For A Future ne recense aucun danger connu pour Smilax aspera, et plusieurs espèces nord-américaines du même genre figurent sur la liste des plantes non toxiques de l'ASPCA.

Peut-on manger la salsepareille ?

Les jeunes pousses, ou turions, se consomment cuites comme des asperges après un léger blanchiment. Les fruits mûrs sont rarement considérés comme comestibles, hormis en confiture selon certains usages régionaux.

Comment distinguer la salsepareille du tamier commun ?

La salsepareille grimpe par des vrilles stipulaires sur une tige épineuse. Le tamier commun (Dioscorea communis) s'enroule directement autour du support, sur une tige lisse, sans aucune épine ni vrille.

Où pousse la salsepareille en France ?

Sur le littoral et les collines méditerranéennes, dans les garrigues, les maquis et les haies calcaires du sud du pays. Elle est absente des régions océaniques et continentales plus froides.

La salsepareille possède-t-elle des cultivars horticoles ?

Non. Aucun cultivar reconnu n'est répertorié ; c'est une plante sauvage occasionnellement plantée en jardin méditerranéen, jamais sélectionnée commercialement.

Pourquoi la garrigue à salsepareille est-elle difficile à traverser ?

Ses tiges ligneuses, aiguillonnées sur toute leur longueur et trop solides pour être rompues à la main, forment avec d'autres arbustes des fourrés denses typiques de la garrigue méditerranéenne.

Faut-il un pied mâle et un pied femelle pour avoir des fruits ?

Oui. Smilax aspera est une espèce dioïque ; un sujet isolé, mâle ou femelle, ne produit jamais de fruit sans la présence d'un pied de l'autre sexe à proximité.

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