Bananier du Japon (Musa basjoo, Siebold ex Miq. 1867)

Le bananier du Japon (Musa basjoo) est une plante herbacée vivace des Musaceae, longtemps crue originaire des îles Ryūkyū mais aujourd'hui rattachée au Sichuan, dans le sud de la Chine subtropicale. Contrairement à la plupart des bananiers ornementaux, son rhizome souterrain résiste à des gels profonds, ce qui en fait le bananier le plus rustique cultivé en plein air en climat tempéré.

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Nom scientifiqueMusa basjoo
GenreMusa
FamilleMusaceae
OrdreZingiberales

Bananier rustique, Japanese banana, Japanese fiber banana et Hardy banana

Identité
Toxicité
Non toxiqueNon toxique : humains, dont enfants, chats et chiens · À vérifier : chevaux
Niveau d'entretien
Modéré
Type de plante
Herbacée vivace
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
Chine
Habitat
Lisières forestières et pentes boisées subtropicales ; en culture, emplacement chaud, ensoleillé et abrité du vent, en sol riche
Saisonnalité
Floraison
Été
Croissance
Cycle
Vivace
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
7/10
Temps de maturation
Floraison après 5 à 10 ans en climat tempéré froid, plus tôt en climat doux
Multiplication
Division des rejets, Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
< 20 km/h
Humidité
50–70 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Non
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol riche, Sol bien drainé
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Note lumière
Plein soleil, emplacement chaud et abrité
Intérieur
Véranda, Serre
Extérieur
Massif plein soleil, Balcon abrité
Pots
Grand bac, Pot lourd drainant
Apparence
Hauteur2–5 mÉtalement1.5–3 m
Feuilles
Vert
Fleurs
CrèmeJaune
Fruits
VertJaune
Port
Musa basjoo — port 1
Écorce
Vert

Répartition mondiale

L'aire native de Musa basjoo se limite aux lisières forestières et pentes boisées subtropicales du Sichuan, en Chine méridionale. Cultivée au Japon depuis des siècles, en particulier à Okinawa, la plante y est si profondément installée qu'elle a longtemps été prise pour une espèce indigène avant que sa véritable origine chinoise ne soit reconnue.

  • Native1
  • Introduite3
  • Chine (Sichuan)
  • Royaume-Uni
  • États-Unis (Sud-Est)
  • Sud du Canada

Hexagones: régions sourcées. Points verts: aire native. Statuts d'après POWO (Kew).

Identité

Le bananier du Japon (Musa basjoo Siebold ex Miq., 1867), aussi appelé bananier rustique, est une plante herbacée vivace de la famille des Musaceae. Longtemps considérée comme originaire des îles Ryūkyū, au sud du Japon, où elle fut décrite pour la première fois en culture, l'espèce est aujourd'hui reconnue comme native du Sichuan, dans le sud-ouest subtropical de la Chine. 1 2

Le nom scientifique reprend directement le nom japonais bashō (芭蕉), donné à la plante bien avant que son origine chinoise ne soit établie. Contrairement au bananier comestible Musa acuminata, dont le pseudo-tronc gèle et meurt sans repousse, Musa basjoo résiste jusqu'à -12 °C parce que son rhizome souterrain protège la plante du gel pendant que le feuillage aérien disparaît chaque hiver. 3 4

Reconnaissance

Le pseudo-tronc, formé de gaines foliaires étroitement enroulées, atteint généralement 2 à 4 m de hauteur pour un étalement de 1,5 à 3 m en touffe. Les grandes feuilles en palme mesurent jusqu'à 2 m de long sur 70 cm de large, d'un vert franc, et se déchirent facilement le long de leur nervure centrale sous l'effet du vent. 5 3

L'inflorescence pendante, longue de plus d'1 m, porte des fleurs crème à jaunâtres protégées par des bractées pourpres. Elle n'apparaît que sur un pseudo-tronc arrivé à maturité, un stade que la plante n'atteint qu'après 5 à 10 ans en climat tempéré froid. Les fruits qui suivent, verdâtres et longs de 5 à 10 cm, restent secs et bourrés de graines noires : contrairement au bananier comestible, ils ne se mangent pas. 4 5

Taxonomie utile

Le nom accepté, retenu par Plants of the World Online, reste Musa basjoo Siebold ex Miq., publié en 1867. Philipp Franz von Siebold n'a jamais validement publié ce nom lui-même ; c'est le botaniste néerlandais Friedrich Anton Wilhelm Miquel qui en a assuré la publication valide, d'où la formule « ex » dans l'autorité. 1 6

Le principal synonyme homotypique répertorié est Musa japonica Sallier, 1896, un nom illégitime. Plants of the World Online reconnaît par ailleurs trois variétés acceptées, toutes chinoises : Musa basjoo var. basjoo, Musa basjoo var. lushanensis et Musa basjoo var. luteola, ces deux dernières localisées au Sichuan. Le « bananier de Taïwan », longtemps rattaché à une variété formosana de Musa basjoo dans la littérature horticole, est désormais classé par Kew sous Musa itinerans var. formosana, une espèce distincte, un point de vigilance pour qui compare des sources anciennes. 1 6 7

Habitat et répartition

L'aire native de Musa basjoo se limite aux lisières forestières et pentes boisées subtropicales du Sichuan, en Chine méridionale, où des populations sauvages n'ont été documentées que bien après la première description botanique de l'espèce en culture japonaise. 2 1

Cultivée au Japon depuis des siècles, en particulier à Okinawa, la plante y est si profondément installée qu'elle a longtemps été prise pour une espèce indigène. Introduite en horticulture occidentale à la fin du XIXᵉ siècle, elle s'est répandue dans les régions tempérées les plus douces d'Europe, des États-Unis et du sud du Canada, portée par une rusticité inhabituelle chez les bananiers. 3 5

Au Royaume-Uni, l'espèce reste cantonnée aux régions les plus clémentes pour une culture en pleine terre sans protection ; ailleurs, elle exige un emplacement abrité et ensoleillé. Cette rusticité tient presque entièrement au rhizome : lui seul supporte le gel, le pseudo-tronc aérien n'y résiste pas. 5

Cycle et reproduction

Musa basjoo répartit le risque du gel entre deux organes qui ne réagissent pas de la même façon. Le pseudo-tronc aérien, tendre, meurt dès les premières gelées marquées ; le rhizome souterrain, lui, tolère bien paillé des froids descendant jusqu'à -12 °C, ce qui autorise une culture en pleine terre jusqu'en zone USDA 6a. La contrepartie : le feuillage ne persiste jamais d'une année sur l'autre, il repart chaque printemps depuis la souche. 4 5

Après une saison de floraison, le pseudo-tronc concerné meurt, comme chez tous les bananiers. De nouveaux rejets prennent aussitôt le relais depuis le même rhizome et forment peu à peu une touffe dense. Cette capacité de rejet, combinée à la résistance du rhizome, permet à l'espèce de traverser les hivers tempérés malgré la destruction totale du feuillage chaque année. 3

Pour obtenir un nouveau pied fidèle au pied mère, la division des rejets au printemps reprend en 3 à 6 semaines, contre 2 à 24 semaines de germination à 22 °C pour le semis, suivies de plusieurs années sous abri avant que le jeune plant n'affronte l'extérieur. 3

Usages et risques

L'usage dominant est ornemental : Musa basjoo apporte une silhouette tropicale immédiate aux jardins tempérés, sans qu'il soit nécessaire de rentrer la plante chaque hiver comme pour la plupart des autres bananiers en pot. 4

Au Japon, la plante a longtemps servi de source de fibre textile : les pseudo-troncs, découpés en lanières puis battus, blanchis et séchés, fournissent la matière première d'un tissu tissé à la main utilisé pour les kimonos, les nattes et le papier japonais. La médecine traditionnelle chinoise attribue aussi à la tige, aux fleurs, aux feuilles et au rhizome des propriétés diurétiques. 3

Côté toxicité, l'ASPCA classe le genre Musa parmi les plantes sans risque connu pour les chats, les chiens et les chevaux : Musa basjoo ne présente aucune toxicité identifiée. Les principales menaces viennent des ravageurs, charançon du bananier, pucerons et cochenilles, ainsi que de maladies fongiques comme l'anthracnose, plutôt que d'un quelconque principe toxique. 8

Variétés, confusions et plantes proches

Les trois variétés reconnues par Plants of the World Online, basjoo, lushanensis et luteola, se distinguent surtout par des critères botaniques fins, la pigmentation et la taille des organes floraux, plutôt que par leur usage horticole : dans le commerce, l'espèce type domine très largement. 1

Les confusions les plus fréquentes concernent :

  • Musa acuminata, le bananier comestible, produit des fruits sucrés et tolère bien moins le froid ;
  • Musa itinerans var. formosana, le « bananier de Taïwan », fut longtemps confondu avec une variété de Musa basjoo dans la littérature horticole ;
  • Ensete ventricosum, le faux bananier d'Abyssinie, partage un port proche mais ne forme pas de rhizome traçant capable de produire des rejets exploitables.

En climat tempéré, un seul repère tranche entre ces espèces : après un hiver qui a détruit tout le pseudo-tronc en surface, Musa basjoo reforme à lui seul un feuillage complet dès le printemps suivant depuis son rhizome. Musa acuminata et Ensete ventricosum, dépourvus de cette résistance souterraine, ne survivent pas à un gel équivalent sans protection lourde. 5 4

Sources principales

Questions fréquentes

Le bananier du Japon est-il vraiment rustique en France ?

Le pseudo-tronc aérien gèle dès les premiers froids marqués, mais le rhizome souterrain, bien paillé, tolère des froids descendant jusqu'à -12 °C. La plante reforme alors un feuillage complet au printemps suivant, ce qui la rend cultivable en pleine terre dans la majeure partie de la France métropolitaine.

Musa basjoo est-il vraiment originaire du Japon ?

Non. L'espèce a été décrite pour la première fois en culture dans les îles Ryūkyū du Japon, d'où son nom commun, mais les données actuelles la situent native du Sichuan, dans le sud-ouest subtropical de la Chine.

Le fruit de Musa basjoo est-il comestible ?

Non. Contrairement à Musa acuminata, l'ancêtre des bananes de dessert, le fruit de Musa basjoo reste sec, peu charnu et rempli de graines noires dures. Seules les fleurs mâles sont parfois consommées en Asie.

Comment protéger le rhizome de Musa basjoo en hiver ?

Un paillis épais de 30 à 50 cm de feuilles mortes ou de paille, déposé dès les premières gelées, suffit généralement à protéger le rhizome. Le pseudo-tronc en surface, lui, peut geler et noircir sans compromettre la repousse.

Quelle est la différence entre Musa basjoo et Musa acuminata ?

Musa acuminata est le bananier comestible, sensible au gel, à l'origine de la quasi-totalité des bananes de dessert. Musa basjoo, appelé bananier du Japon, ne produit pas de fruit comestible mais tolère des froids bien plus sévères grâce à la résistance de son rhizome.

Musa basjoo est-il toxique pour les chats et les chiens ?

Non. L'ASPCA classe le genre Musa parmi les plantes sans risque connu pour les chats, les chiens et les chevaux ; Musa basjoo ne présente aucune toxicité identifiée.

Plantes similaires

Données botaniques compilées à partir de sources de référence (RHS, Kew Gardens, POWO). Le contenu de cette fiche est indicatif et ne remplace pas l'avis d'un botaniste ou d'un vétérinaire en cas de doute sur la toxicité.