Pourghère (Jatropha curcas, L. 1753)

Le pourghère (Jatropha curcas L., 1753), ou médecinier purgatif, est un arbuste des Euphorbiaceae originaire du Mexique et d'Amérique centrale, aujourd'hui cultivé sous presque tous les tropiques. Ses graines oléagineuses ont fait sa réputation récente de plante à biocarburant, mais elles comptent aussi parmi les plus toxiques du jardin, avec un risque d'ingestion mortel documenté chez l'humain comme chez l'animal.

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Nom scientifiqueJatropha curcas
GenreJatropha
FamilleEuphorbiaceae
OrdreMalpighiales

Médecinier purgatif, Pignon d'Inde, Purghère, Barbados nut et Physic nut

Identité
Toxicité
Toxique pour humains et animauxhumains, dont enfants, chats, chiens et chevaux
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Arbuste · Petit arbre
Type de feuilles
Semi-persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
MexiqueGuatemalaCosta RicaBrésil
Habitat
Forêts tropicales sèches, fourrés et terrains rudéraux de basse altitude ; largement planté en haies vives
Saisonnalité
Floraison
Été
Récolte
Automne
Croissance
Cycle
Vivace
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
8/10
Temps de maturation
Floraison dès 1 an en climat chaud ; port arborescent après plusieurs années
Multiplication
Bouturage de tige avec nœud, Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
20–40 km/h
Humidité
30–60 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol bien drainé, Sol très drainé
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.

Note lumière
Plein soleil direct
Intérieur
Serre chaude
Distance fenêtre
~ 50 cm d'une fenêtre plein sud, en véranda ou serre
Extérieur
Haie champêtre, Massif plein soleil
Pots
Terre cuite, Plastique drainant
Apparence
Hauteur2–6 mÉtalement2–4 m
Feuilles
Vert
Fleurs
JauneVert
Fruits
VertNoir
Port
Jatropha curcas — port 1
Écorce
VertMarron

Répartition mondiale

L'aire native stricte de Jatropha curcas se concentre dans le centre du Chiapas, au Mexique, identifié par des études génétiques comme son centre d'origine probable. Les populations pré-colombiennes ont ensuite diffusé la plante dans une aire plus large, du Mexique à l'Amérique centrale et au nord de l'Amérique du Sud, en la sélectionnant pour ses usages de haie vive et de remède plutôt que pour ses graines. Après le XVIᵉ siècle, la route commerciale portugaise entre Veracruz et les îles du Cap-Vert a diffusé un nombre restreint d'individus vers l'Afrique puis l'Asie, d'où une diversité génétique nettement plus faible dans ces populations introduites.

  • Native4
  • Introduite4
  • Envahissante1
  • Mexique
  • Guatemala
  • Costa Rica
  • Brésil
  • Cap-Vert
  • Mozambique
  • Inde
  • Philippines
  • Australie

Hexagones: régions sourcées. Points verts: aire native. Statuts d'après POWO (Kew).

Identité

Le pourghère (Jatropha curcas L., 1753), aussi appelé médecinier purgatif ou pignon d'Inde, est un arbuste du genre Jatropha, dans la famille des Euphorbiaceae. 1 2

Le nom de genre vient du grec iatros (soigner) et trophê (nourriture), une référence ancienne à ses usages médicinaux traditionnels. L'épithète curcas a été fixée par le médecin et naturaliste portugais Garcia de Orta, qui décrivait déjà la plante depuis Goa au XVIᵉ siècle. 2 3

En Afrique de l'Est et dans certaines régions d'Asie, on l'appelle parfois « castor oil plant », un nom trompeur : ce n'est pas Ricinus communis, le vrai ricin, même si les deux espèces partagent la famille des Euphorbiaceae et un usage purgatif ancien. 4

Reconnaissance

Jatropha curcas est un arbuste ou un petit arbre semi-persistant, haut de 2 à 6 m selon le climat et la conduite. Sur chaque tige, les feuilles alternes, à 3-5 lobes peu profonds, atteignent 15 cm de large et tombent en saison sèche ou après un coup de froid. 5 6

La plante est monoïque : fleurs mâles et femelles séparées sur une même inflorescence, dans une proportion d'environ 10 à 20 fleurs mâles pour une fleur femelle, toutes petites et jaune-vert. Ce déséquilibre favorise la fécondation croisée entre plants voisins. 2

Le fruit est une capsule ovoïde qui vire du vert au noirâtre à maturité, renfermant deux à trois graines noires d'environ 2 cm, à chair blanche et huileuse. Cette huile représente 30 à 40 % du poids de la graine, un chiffre qui explique à lui seul l'intérêt agro-industriel porté à l'espèce. 5 6

Taxonomie utile

Le nom accepté Jatropha curcas réunit une douzaine de synonymes, utiles pour reconnaître d'anciennes étiquettes de collection ou de littérature botanique ancienne :

  • Curcas curcas (L.) Britton & Millsp.
  • Manihot curcas (L.) Crantz
  • Castiglionia lobata Ruiz & Pav.
  • Curcas purgans Medik.
  • Curcas indica A.Rich.
  • Jatropha edulis Sessé

La classification place l'espèce dans la sous-famille des Crotonoideae, tribu des Jatropheae, aux côtés d'autres Jatropha à latex et à graines huileuses. Le repère fiable reste le nom accepté : plusieurs synonymes ont circulé dans le commerce ou la littérature ancienne sans jamais désigner une autre espèce. Le nom n'a d'ailleurs pas bougé depuis sa description par Linné en 1753. 1 2

Habitat et répartition

Les études génétiques situent le centre d'origine de Jatropha curcas dans le centre du Chiapas, au Mexique, où la diversité des populations sauvages reste la plus élevée. 3

L'aire native déclarée s'étend plus largement du Mexique à l'Amérique centrale et au nord de l'Amérique du Sud, mais cette extension doit beaucoup à une sélection humaine pré-colombienne : les populations locales privilégiaient la plante comme haie vive et remède, pas comme culture vivrière. 2 3

Après le XVIᵉ siècle, une route commerciale portugaise reliant le port de Veracruz aux îles du Cap-Vert a transporté un nombre restreint d'individus vers l'Afrique, puis l'Asie ; cette fondation étroite réduit la diversité génétique des populations africaines et asiatiques par rapport à celles du Chiapas. 3 6

Aujourd'hui pantropicale, l'espèce s'est naturalisée dans de nombreuses régions et se comporte comme une plante envahissante dans certaines zones d'Australie. 2

Cycle et reproduction

En climat chaud et humide, la floraison peut se produire presque toute l'année, dès la première année de culture ; en climat plus marqué, elle se concentre pendant la saison des pluies. 2

La multiplication se fait le plus souvent par bouturage de tige : les boutures de bois semi-aoûté s'enracinent si facilement que la plante sert couramment de poteau vivant pour constituer une haie. Le semis fonctionne aussi, mais la levée reste plus lente. 6

La croissance est rapide en climat favorable, un atout agronomique qui a justifié l'essor des programmes de plantation à grande échelle dans les années 2000, avant que les rendements réels ne rattrapent les projections initiales. Comptez 6 à 18 mois pour passer du semis à un arbrisseau ramifié d'1 à 3 m, puis 2 à 4 ans de plus jusqu'au port arborescent adulte de 2 à 6 m. 6

Usages et risques

Les graines contiennent de la curcine, une toxalbumine proche de la ricine qui bloque la synthèse des protéines, et des esters de phorbol à effet purgatif violent. Les estimations de dose dangereuse varient selon les sources, de quelques graines à une vingtaine, mais convergent toutes vers un risque sérieux chez l'enfant. Deux ou trois graines croquées suffisent parfois à déclencher les premiers symptômes. 5 6

L'ingestion provoque, en une demi-heure à quelques heures, des douleurs abdominales, des vomissements et une diarrhée pouvant devenir hémorragique ; les cas sévères évoluent vers une déshydratation, une chute de tension et des atteintes rénales ou cardiaques documentées chez l'animal. 5 7

L'huile des graines, riche en acides gras, a motivé de nombreux programmes de biocarburant depuis les années 2000. Des essais menés au Nicaragua dans les années 1990 n'ont toutefois obtenu qu'environ 200 litres d'huile par hectare, loin des 2 000 litres parfois annoncés, un écart qui a nourri la controverse autour de la rentabilité réelle de la culture. 6

Variétés et confusions

Les écotypes ne se distinguent pas par la couleur du feuillage mais par leur teneur en toxines : certaines populations mexicaines, dites piñón manso, sont dépourvues d'esters de phorbol et fournissent des graines traditionnellement grillées puis consommées. Les populations introduites en Afrique et en Asie restent, elles, toxiques. 6

La confusion la plus fréquente reste nominale : le surnom « castor oil plant » entretient une ambiguïté avec Ricinus communis, une espèce différente de la même famille, aux graines elles aussi toxiques mais à la silhouette bien distincte, plus herbacée et aux feuilles palmées profondément découpées. 4

Sans fleur ni fruit, la silhouette buissonnante et la sève laiteuse se retrouvent chez plusieurs Euphorbiaceae arbustives du même port. Seule la feuille à 3-5 lobes peu profonds, associée à l'origine américaine de la plante, permet de trancher avec certitude : les Euphorbia arbustives voisines portent des feuilles entières ou absentes, jamais lobées de cette façon.

Sources principales

Questions fréquentes

Le Jatropha curcas est-il vraiment dangereux ?

Oui. Les graines contiennent de la curcine, une toxalbumine proche de la ricine, et des esters de phorbol purgatifs. Plusieurs monographies toxicologiques rapportent des cas graves, parfois mortels, après ingestion de quelques graines seulement.

Le Jatropha curcas est-il la même plante que le ricin ?

Non. Le vrai ricin est Ricinus communis, une autre espèce d'Euphorbiaceae. Le nom local « castor oil plant », employé en Afrique et en Asie pour Jatropha curcas, entretient une confusion qui n'a rien de taxonomique.

D'où vient le Jatropha curcas ?

Son centre d'origine se situe dans le Chiapas, au Mexique. Il s'est d'abord répandu dans une aire plus large en Amérique centrale et au nord de l'Amérique du Sud, avant d'être transporté vers l'Afrique et l'Asie par la route commerciale portugaise passant par le Cap-Vert.

Le pourghère tient-il ses promesses de biocarburant ?

Les rendements réels sont restés très inférieurs aux projections initiales. Des essais menés au Nicaragua dans les années 1990 n'ont obtenu qu'environ 200 litres d'huile par hectare, contre 2 000 litres parfois annoncés.

Peut-on manger les graines de Jatropha curcas ?

Seuls certains écotypes mexicains non toxiques, dépourvus d'esters de phorbol, sont traditionnellement consommés après torréfaction. Les écotypes toxiques, cultivés dans le reste du monde, ne doivent jamais être ingérés.

Comment multiplier le Jatropha curcas ?

Par bouturage de tige, une méthode si simple qu'elle sert à créer des poteaux vivants pour haies. Le semis fonctionne aussi, avec une levée plus lente et moins fiable.

Quelle température minimale supporte cette plante ?

Les tissus commencent à souffrir en dessous de 5 °C et noircissent de façon irréversible en cas de gel. La plante est adaptée aux zones USDA 9b à 11, sans réelle tolérance au froid prolongé.

Plantes similaires

Données botaniques compilées à partir de sources de référence (RHS, Kew Gardens, POWO). Le contenu de cette fiche est indicatif et ne remplace pas l'avis d'un botaniste ou d'un vétérinaire en cas de doute sur la toxicité.