Grande bardane (Arctium lappa, )
La grande bardane (Arctium lappa L., 1753) est une plante bisannuelle des Asteraceae, originaire d'Europe et d'Asie tempérées. Elle se reconnaît à ses grandes feuilles cordées tomenteuses au revers et à ses capitules violets réunis en corymbe, qui deviennent à maturité des bardanes à crochets. Sa racine charnue se cultive comme légume, notamment au Japon sous le nom de gobo, tandis que ses crochets ont inspiré l'invention du velcro.
Lire la suiteGrande bardane, Bardane officinale, Bardane commune, Gobo, Great burdock et Beggar's buttons
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil à mi-ombre





© photo
(c) tlit46, some rights reserved (CC BY-NC), uploaded by tlit46 · cc-by-nc
Jean-Paul Boerekamps · cc0
Carter Dorscht · cc0
Taken May 16, 2022 by yvon s (cc-by-sa)
Taken May 8, 2021 by Oosaagi (cc-by-sa)
Taken Jul 8, 2022 by Kai Best (cc-by-sa)
Taken Jun 18, 2021 by virginie boubee (cc-by-sa)
Taken Jul 20, 2021 by Plant_Anne (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native de la grande bardane couvre l'Europe et l'Asie tempérées, où elle colonise les friches, les décombres et les bords de chemins sur sols riches en azote. Elle a aussi été largement introduite en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, où son comportement varie d'une naturalisation discrète à une prolifération surveillée en bordure de cultures.
- Native4
- Introduite3
- France
- Allemagne
- Italie
- Chine
- Canada
- États-Unis
- Brésil
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
La grande bardane (Arctium lappa L., 1753), aussi appelée bardane officinale ou bardane commune, est une plante bisannuelle du genre Arctium, dans la famille des Asteraceae. Le nom de genre vient du grec arktos, « l'ours », en référence à l'aspect hirsute et échevelé de la plante ; l'épithète lappa dérive du grec lambanô, « saisir », qui décrit les crochets de ses fruits. 8 1
Le nom français bardane remonte au latin médiéval bardana, lui-même issu du bas-latin dardana, et finalement d'un mot germanique désignant un « dard » ou une « fléchette », qui souligne le caractère barbelé des fruits. 8
Sur le terrain, un seul détail suffit à la reconnaître parmi les bardanes : contrairement à sa cousine Arctium minus, dont le pétiole des feuilles basales est creux, celui de la grande bardane reste plein et sillonné sur toute sa longueur. 4
Reconnaissance
Arctium lappa atteint couramment 1,5 à 3 m de haut pour un étalement de 1 à 1,5 m, avec une racine pivotante charnue qui peut descendre jusqu'à 50 cm, brune à l'extérieur et blanche à l'intérieur. 2 8
Les feuilles basales sont larges, en cœur, souvent longues de plus de 15 cm, vert terne dessus et tomenteuses blanchâtres dessous. Leur pétiole est plein et creusé d'un sillon sur la face supérieure, un repère qui distingue Arctium lappa de son proche parent Arctium minus, dont le pétiole est creux. 4
Les capitules violets, larges de 2,5 à 4 cm, se regroupent en corymbe aplati au sommet de tiges rameuses et sillonnées, entre juillet et septembre. Après floraison, chaque capitule devient une bardane hérissée de bractées à crochets, qui enferme des akènes gris à brun de 5 à 6 mm, coiffés d'une courte aigrette jaunâtre. 4 8
Taxonomie utile
Le nom accepté par Plants of the World Online est Arctium lappa L., publié en 1753, dans la famille des Asteraceae, avec une aire d'origine décrite comme l'Eurasie tempérée. 1 6
Plusieurs noms ont circulé dans la synonymie botanique et méritent d'être connus avant tout achat de graines ou toute identification de terrain :
- Arctium lappa var. tomentosum A.Gray
- Arctium lappa var. purpurascens Fernald & Wiegand
- Arctium lappa subsp. nemorosum (Lej.) P.D.Sell
- Arctium lappa subsp. pubens (Bab.) P.D.Sell
Le genre Arctium compte plusieurs espèces proches, dont Arctium minus et Arctium tomentosum, qui partagent le même nom vernaculaire générique de « bardane » sans être la même plante : le nom scientifique reste le seul repère fiable. 1
Habitat et répartition
L'aire native de la grande bardane couvre l'Europe et l'Asie tempérées, où elle colonise les friches, les décombres, les bords de chemins et les talus sur des sols riches en azote. 1 8
En France, la grande bardane est commune sur tout le territoire, associée aux terrains perturbés et aux abords des habitations plutôt qu'aux milieux naturels préservés. 8
L'espèce a aussi été largement introduite hors de son aire d'origine, notamment au Canada, dans le nord-est ainsi qu'une partie du centre des États-Unis, et au Brésil, où elle pousse en bordure de routes et de terrains cultivés. 4
Cycle et reproduction
Le cycle de la grande bardane est bisannuel : la graine germe au printemps et forme une rosette de feuilles sans tige florale la première année, pendant que la racine pivotante grossit sous terre. 4
Après un hiver passé en rosette, la plante vernalisée développe au printemps suivant une tige rameuse qui peut dépasser 2 m, puis fleurit en corymbe entre juillet et septembre. 4 2
Chaque capitule fané se transforme en bardane à crochets qui s'accroche au pelage des animaux ou aux vêtements, dispersant ainsi les akènes sur de longues distances plutôt que par le vent. Ce système d'accroche a directement inspiré à l'ingénieur suisse George de Mestral l'invention du velcro : en 1941, il observe de près les crochets pris dans le pelage de son chien après une randonnée dans les Alpes, et en tire le mécanisme du velcro, breveté quatorze ans plus tard. 8 7
Usages et risques
Récoltée à l'automne de la première année, avant la montée en fleur, la racine de la grande bardane se consomme cuite comme un légume proche du salsifis et contient environ 45 % d'inuline, un glucide de réserve non digestible. 3 8
Au Japon, la racine de la grande bardane est cultivée commercialement sous le nom de gobo et entre dans des plats comme le kinpira gobo, coupée en fins bâtonnets puis braisée à la sauce soja. 8
NC State Extension ne signale aucune toxicité par ingestion chez l'humain ou les animaux domestiques, mais décrit un risque mécanique bien réel : les crochets et les soies des capitules peuvent provoquer des irritations sévères des yeux, de la peau ou des voies respiratoires chez l'humain, le chien, le cheval et d'autres animaux d'élevage, et des bardanes emmêlées dans le plumage ont déjà tué de petits oiseaux et des chauves-souris. 4
La racine et les feuilles de la grande bardane sont aussi étudiées pour leur teneur en arctigénine, en acide chlorogénique et en flavonoïdes, des composés aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires rapportées in vitro et chez l'animal. 5
Variétés, confusions et plantes proches
La grande bardane n'a pas de cultivar ornemental répandu, mais elle compte des variétés maraîchères sélectionnées pour la longueur et la tendreté de la racine : Takinogawa, héritage japonais à racine longue de l'ère Edo, et Watanabe Early, plus précoce et à racine plus courte. 3
Deux autres bardanes du même genre peuvent tromper l'œil sur le terrain : Arctium minus, plus petite et à pétiole creux plutôt que plein, et Arctium tomentosum, dont les bractées du capitule portent un feutrage cotonneux que Arctium lappa n'a pas. Silybum marianum pousse dans les mêmes friches sans appartenir au même genre : ses feuilles marbrées de blanc et son fruit dépourvu de crochets suffisent à l'écarter d'un simple coup d'œil.
Le pétiole plein et sillonné reste ainsi un repère plus fiable que la taille ou la teinte des capitules, deux critères qui varient d'un site à l'autre selon les conditions de culture, pour confirmer Arctium lappa sur le terrain. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Arctium lappa L.
- Royal Horticultural Society, Arctium lappa - greater burdock
- Plants For A Future, Arctium lappa - Greater Burdock
- NC State Extension Gardener Plant Toolbox, Arctium lappa
- PMC, review of Arctium lappa root phytochemistry and pharmacology
- Integrated Taxonomic Information System, Arctium lappa L.
- National Inventors Hall of Fame, how a walk in the woods led to Velcro
- Reader file from Wikipedia FR, Grande bardane
Questions fréquentes
La grande bardane est-elle toxique pour les chats et les chiens ?
Aucune toxicité par ingestion n'est documentée. Le risque réel est mécanique, lié aux crochets des capitules mûrs, qui peuvent irriter la peau, les yeux ou les voies respiratoires et emmêler durablement le pelage.
Pourquoi les bardanes s'accrochent-elles autant au pelage et aux vêtements ?
Chaque capitule mûr est entouré de bractées recourbées en crochets. Ce mécanisme, observé de près en 1941 par l'ingénieur suisse George de Mestral sur le pelage de son chien, a directement inspiré l'invention du velcro.
Peut-on manger la racine de grande bardane ?
Oui. Récoltée à l'automne de la première année, avant la montée florale, la racine se prépare cuite comme le salsifis. Elle est cultivée commercialement au Japon sous le nom de gobo.
Comment reconnaître Arctium lappa parmi les autres bardanes ?
Le repère le plus fiable est le pétiole des feuilles basales, plein et sillonné chez Arctium lappa, alors qu'il est creux chez Arctium minus. La taille généralement plus haute et les capitules plus larges confirment l'identification.
Pourquoi ma bardane ne fleurit-elle pas la première année ?
Le cycle est bisannuel. La première année forme une rosette sans tige florale, pendant que la racine grossit sous terre ; la floraison n'intervient qu'après un hiver de vernalisation, la seconde année.
Comment éviter que la grande bardane envahisse le jardin ?
Couper les capitules dès le brunissement, avant l'ouverture des crochets qui dispersent les akènes sur le pelage des animaux. C'est le seul geste nécessaire pour contenir l'auto-ressemis.
La grande bardane est-elle dangereuse pour les oiseaux ?
NC State Extension rapporte que les bardanes emmêlées dans le plumage ont déjà tué de petits oiseaux et des chauves-souris, un risque mécanique distinct de toute toxicité par ingestion.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







