Busserole (Arctostaphylos uva-ursi, )
La busserole (Arctostaphylos uva-ursi), ou raisin d'ours, est un sous-arbrisseau rampant de la famille des Ericaceae, réparti tout autour de l'hémisphère nord, de l'Islande à la Sibérie et jusque dans les Rocheuses et les Appalaches. Elle forme un tapis évergreen dense aux feuilles coriaces, couvert de petites fleurs en grelot blanches à roses au printemps et de fruits rouge vif à l'automne, traditionnellement récoltés pour leurs feuilles médicinales.
Lire la suiteBusserole, Raisin d'ours, Raisin d'ours commun, Arbousier traînant, Kinnikinnick et Bearberry
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Taken May 26, 2021 by NordicPlant (cc-by-sa)
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Taken May 27, 2021 by Alain Bigou (cc-by-sa)
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Répartition mondiale
L'aire native d'Arctostaphylos uva-ursi est circumboréale et couvre le nord de l'Europe, de la Sibérie, de l'Amérique du Nord et du Groenland, avec des extensions vers le sud limitées aux étages alpin et subalpin des massifs montagneux (Alpes, Pyrénées, Caucase, Himalaya, Rocheuses, Appalaches). C'est la seule espèce du genre Arctostaphylos présente hors d'Amérique du Nord.
- Native8
- France
- Norvège
- Russie
- Espagne
- Canada
- États-Unis
- Groenland
- Guatemala
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
La busserole (Arctostaphylos uva-ursi (L.) Spreng., 1825), ou raisin d'ours, est un sous-arbrisseau rampant de la famille des Ericaceae, dans la sous-famille des Arbutoideae. C'est l'espèce type du genre Arctostaphylos, décrite d'abord par Linné sous le nom d'Arbutus uva-ursi en 1753, puis reclassée en 1825 par le botaniste Kurt Sprengel. 1 6
Son nom illustre une redondance frappante : Arctostaphylos vient du grec arktos (« ours ») et staphyle (« grappe »), tandis que l'épithète uva-ursi dit exactement la même chose en latin, « baie de l'ours ». Grec et latin racontent donc le même fait : les ours mangent volontiers ces fruits. 6 4
Le nom français « busserole » vient, lui, de la ressemblance de ses feuilles coriaces et persistantes avec celles du buis, d'où le surnom occasionnel de « faux buis ». 6
Reconnaissance
Arctostaphylos uva-ursi est un sous-arbrisseau prostré dont les tiges rampantes ou pendantes mesurent 50 cm à 2 m de long et s'enracinent à chaque contact prolongé avec le sol. La plante forme des coussins denses de 5 à 30 cm de haut, à l'écorce fine qui s'exfolie et passe du vert pâle à un brun-rouge lisse avec l'âge. 6 4
Les feuilles, persistantes, épaisses et coriaces, mesurent 1 à 3 cm de long sur un bord entier légèrement recourbé, vert foncé luisant dessus et plus pâle dessous. En hiver, ce feuillage vire au bronze avant de reverdir au printemps, une variation saisonnière normale et non un signe de maladie. 6
Les fleurs, groupées en grappes penchées de 5 à 12 fleurs, apparaissent au printemps : une corolle en grelot blanche ou rose, à cinq lobes courts, entoure dix étamines internes. Les fruits qui suivent sont des drupes globuleuses de 6 à 13 mm, rouge vif à maturité, comestibles mais farineuses et peu savoureuses malgré leur aspect décoratif. 6 3
Ce port entièrement couché et radicant reste un repère plus fiable que la forme des feuilles ou des fleurs, trop variable d'un site à l'autre : une busserole en bonne santé forme un tapis continu, haut de 30 cm au maximum, jamais une tige dressée qui ne touche le sol qu'à sa base. 6
Taxonomie utile
POWO ne retient qu'un seul taxon accepté pour cette espèce, Arctostaphylos uva-ursi (L.) Spreng., avec pour basionyme Arbutus uva-ursi L. Plusieurs autres synonymes homotypiques circulent, dont Mairrania uva-ursi (L.) Desv. et Uva-Ursi uva-ursi (L.) Britt. 1 2
Historiquement, jusqu'à quatorze sous-espèces ont été décrites en Amérique du Nord, notamment plusieurs formes naines endémiques de Californie. La taxonomie actuelle de POWO ne les rattache plus toutes à Arctostaphylos uva-ursi : plusieurs, dont la population isolée du Guatemala autrefois nommée subsp. cratericola, sont désormais associées à des espèces distinctes du genre plutôt qu'à de simples variétés de la busserole. 1 7
Cette instabilité taxonomique explique pourquoi un nom d'achat ancien, notamment sur une étiquette nord-américaine, mérite d'être vérifié : le binôme Arctostaphylos uva-ursi reste le seul repère stable pour identifier la forme typique, circumboréale, de l'espèce. 7
Habitat et répartition
La busserole occupe une aire circumboréale, de l'Islande et du nord de la Norvège jusqu'en Sibérie, au Caucase et à l'Himalaya, avec des populations descendant plus au sud uniquement dans les étages alpin et subalpin des massifs montagneux. C'est la seule espèce du genre Arctostaphylos présente hors d'Amérique du Nord ; le genre y réunit surtout des espèces californiennes de répartition restreinte. 7 1
En Amérique du Nord, l'aire s'étend de l'Alaska et du Groenland jusqu'au Nouveau-Mexique dans les Rocheuses et jusqu'en Virginie dans les Appalaches, avec de rares populations disjointes en Géorgie. En France, l'espèce est présente dans la plupart des massifs (Jura, Alpes, Massif central, Pyrénées) et abondante dans les Alpes du Sud entre 1 000 et 1 800 m, dans les pinèdes de pin sylvestre ; sa station la plus méridionale, quelques pieds seulement, se trouve à la montagne Sainte-Victoire, vers 850 m. 6 5
L'espèce recherche un climat froid et ensoleillé sur sol xérophyte, siliceux, sec à frais, acide ou neutre ; elle est sensible à l'humidité stagnante. Sa rusticité, qui descend jusqu'à -40 °C en sol drainé, explique en grande partie sa présence jusqu'en Islande et dans l'Arctique canadien, là où peu d'Ericaceae couvre-sol subsistent. En France comme en Europe, son statut de conservation reste classé « préoccupation mineure », même si elle devient rare ou menacée dans certains États du Midwest américain. 6 5
Cycle et reproduction
La busserole se régénère surtout par multiplication végétative. Après la deuxième année, ses tiges rampantes produisent aux nœuds des racines adventives qui s'enfoncent dans l'humus ; après 7 à 8 ans, des bourgeons dormants apparaissent le long des tiges enfouies, souvent en réponse à des dommages physiques ou à des incendies. Cette réserve souterraine protège la touffe et lui permet de rejeter en quelques semaines après le passage du feu, quand la partie aérienne a brûlé. Sur des tiges de plus de dix ans, jusqu'à une centaine de ces bourgeons peuvent entourer un tubercule ligneux souterrain. 6
La reproduction par graines reste secondaire. Les drupes persistent sur la plante tout l'hiver avant d'être dispersées par les animaux ou la gravité ; les graines, à tégument dur, exigent scarification et stratification pour lever leur dormance, ce qui explique une croissance des semis lente les trois premières années. 6 7
Les abeilles assurent l'essentiel de la pollinisation, mais des thrips spécialisés (Ceratothrips ericae, Haplothrips setiger) y participent aussi, de même qu'occasionnellement des colibris venus prélever le nectar ; la plante peut également s'autopolliniser. 6
Usages et risques
Les feuilles séchées de busserole, ou uvae ursi folium, sont une drogue végétale traditionnelle inscrite à la Pharmacopée européenne et dans les monographies de la Commission E allemande, utilisée pour les troubles modérés des voies urinaires (cystite, urétrite). Leur composé principal, l'arbutine (5 à 17 % selon les sources), se transforme en hydroquinone dans une urine alcaline ; c'est ce dérivé qui explique son action antiseptique documentée contre Escherichia coli. 6 7
Cet usage traditionnel appelle des précautions : il est déconseillé en cas d'insuffisance rénale, pendant la grossesse, et sur une durée supérieure à deux ou trois semaines, car l'ingestion de fortes doses d'hydroquinone peut provoquer nausées, acouphènes ou convulsions. Aucune donnée clinique solide ne confirme pourtant l'efficacité de cet usage traditionnel. 8 6
Chez les animaux domestiques, le profil retenu pour l'espèce ne signale aucune toxicité pour les chats et les chiens. Les feuilles séchées ont aussi alimenté les mélanges à fumer amérindiens appelés kinnikinnick, et les rameaux ont longtemps servi, dans les pays nordiques, à tanner les peaux. 4 6
Variétés, confusions et plantes proches
Plusieurs cultivars stables sont sélectionnés pour l'ornement : Vancouver Jade, au feuillage vert franc et compact, Massachusetts, réputé pour sa bonne résistance à la rouille foliaire, ou Big Bear, aux feuilles plus larges et aux fruits plus gros. Ces sélections couvrent surtout le sol en rocaille, sur talus ou en jardin littoral, un usage que leur tolérance au sel et à la sécheresse rend possible. 4 3
La confusion la plus fréquente concerne Vaccinium vitis-idaea, une autre Ericaceae de sous-bois acide au port bas : cette dernière porte des feuilles finement dentées sur des tiges dressées, alors que la busserole reste entièrement rampante, avec des feuilles entières et un tapis qui ne dépasse pas 30 cm de haut. Plusieurs formes naines californiennes, autrefois traitées comme sous-espèces de la busserole, sont aujourd'hui reclassées comme espèces distinctes du même genre, ce qui ajoute une source de confusion supplémentaire pour les jardins de rocaille nord-américains. 7
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Arctostaphylos uva-ursi (L.) Spreng.
- International Plant Names Index, Arctostaphylos uva-ursi (L.) Spreng.
- Royal Horticultural Society, Arctostaphylos uva-ursi - bearberry
- NC State Extension, Arctostaphylos uva-ursi - Bearberry
- INPN, Busserole raisin-d'ours, Arctostaphylos uva-ursi
- Wikipédia (FR), Arctostaphylos uva-ursi
- Wikipedia (EN), Arctostaphylos uva-ursi
- De Arriba et al., 2013, Risk assessment of free hydroquinone from Arctostaphylos uva-ursi folium, International Journal of Toxicology
Questions fréquentes
La busserole est-elle toxique pour les chats et les chiens ?
Non. Le profil retenu pour Arctostaphylos uva-ursi ne signale aucune toxicité pour les chats, les chiens ou les autres animaux de compagnie ; le statut chez le cheval reste simplement non documenté.
Peut-on consommer de la busserole sans risque ?
Les feuilles servent traditionnellement à préparer une tisane pour les voies urinaires, mais un usage prolongé au-delà de deux à trois semaines est déconseillé, tout comme la prise pendant la grossesse, en raison de l'hydroquinone libérée par l'arbutine.
Quelle différence entre la busserole et l'airelle rouge ?
Les deux sont des Ericaceae de sous-bois acide au port bas, mais la busserole a des feuilles entières sans dents et un port entièrement rampant, tandis que Vaccinium vitis-idaea porte des feuilles finement dentées sur des tiges plus dressées.
Comment multiplier la busserole au jardin ?
Le bouturage de tiges rampantes déjà racinées aux nœuds et le marcottage au sol donnent les reprises les plus fiables. Le semis fonctionne aussi, mais demande une scarification préalable et reste plus lent.
La busserole pousse-t-elle à l'état sauvage en France ?
Oui, dans la plupart des massifs montagneux (Jura, Alpes, Massif central, Pyrénées), avec une population isolée et méridionale à la montagne Sainte-Victoire, dans les Bouches-du-Rhône.
Pourquoi les feuilles brunissent-elles en hiver ?
C'est une coloration bronze naturelle liée au froid, propre au feuillage persistant de la busserole, et non un signe de maladie ; le vert revient avec les beaux jours.
La busserole protège-t-elle vraiment contre les incendies ?
Son tapis dense limite la progression du feu et ses bourgeons dormants, enfouis le long des tiges âgées, lui permettent de rejeter rapidement après un incendie, un comportement documenté surtout en Amérique du Nord et en Écosse.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.






