Corète potagère (Corchorus olitorius, )
La corète potagère (Corchorus olitorius) est une plante herbacée annuelle des Malvaceae, cultivée dans presque toutes les régions tropicales et subtropicales pour ses feuilles mucilagineuses et sa fibre de jute. Ses tiges rougeâtres portent des feuilles dentées à deux longs filaments basaux, puis des capsules cylindriques côtelées chargées de graines grises. Les jeunes pousses se récoltent en quelques semaines ; les graines mûres, elles, concentrent des glycosides cardiotoniques toxiques.
Lire la suiteCorète potagère, Mauve des Juifs, Jute potager, Craincrain, Krinkrin et Nalta jute
Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.
Plein soleil, chaleur indispensable à la levée et à la croissance




© photo
(c) Mike Ross, some rights reserved (CC BY-NC), uploaded by Mike Ross · cc-by-nc
Wikimedia Commons · CC BY-SA or Public Domain
Wikipedia · CC BY-SA
Taken Jul 16, 2019 by S M (cc-by-sa)
Taken Oct 28, 2014 by Tela Botanica − S. Paulin KOURA (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'origine géographique précise de Corchorus olitorius reste débattue ; les données de diversité génétique désignent l'Afrique subsaharienne comme centre principal, avec un centre secondaire dans la région indo-birmane. L'espèce est aujourd'hui cultivée dans presque toutes les régions tropicales et subtropicales du globe.
- Native3
- Introduite1
- Envahissante1
- Afrique subsaharienne
- Inde, Bangladesh et Asie du Sud
- Asie du Sud-Est
- Brésil, Antilles et La Réunion
- Australie
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
La corète potagère (Corchorus olitorius L., 1753), aussi appelée mauve des Juifs ou jute potager, est une plante herbacée annuelle du genre Corchorus, dans la famille des Malvaceae. Plants of the World Online retient ce nom comme accepté depuis sa publication par Linné en 1753. 1 2
Le nom de genre vient du grec korkhoros, qui désignait déjà une plante potagère proche ; l'épithète olitorius signifie en latin « relatif aux légumes ». Le mot français jute, lui, est emprunté à l'anglais au XIXᵉ siècle et remonte, via le bengali jhōto, au sanskrit jūta. 5
Reconnaissance
Corchorus olitorius forme une tige dressée, souvent teintée de rouge à la base, peu ramifiée sauf vers le sommet. En végétation libre sous climat tropical, elle atteint couramment 1 à 3 m, avec des mentions jusqu'à 4 m ; conduite en légume-feuille et récoltée régulièrement, elle reste plutôt entre 60 cm et 1,50 m. 4 5
Les feuilles alternes, ovales-lancéolées et dentées, mesurent 7 à 10 cm de long ; deux longs filaments basaux prolongent la nervure médiane à la base du limbe, un repère utile pour confirmer l'espèce. Les fleurs jaunes, petites et discrètes, poussent solitaires ou groupées par deux à trois à l'aisselle des feuilles. Une fois cuites, ces mêmes feuilles développent une texture mucilagineuse nette qui distingue Corchorus olitorius, à table, de la plupart des légumes-feuilles tropicaux voisins et confirme l'identification aussi sûrement que la forme du limbe. 4 6
La tige, glabre et souvent cassante, ne développe aucun organe de réserve souterrain comparable à un rhizome ou à un bulbe : c'est une racine pivotante simple, adaptée à une croissance rapide sur une seule saison plutôt qu'à une survie hivernale. 5
Taxonomie utile
Le nom accepté par Plants of the World Online reste Corchorus olitorius L., publié en 1753, dans la famille des Malvaceae au sens large, sous-famille des Grewioideae. Plusieurs variétés ont été décrites dans la littérature botanique, dont Corchorus olitorius var. incisifolius Asch. & Schweinf. et Corchorus olitorius var. malchairii (De Wild.) R.Wilczek, sans remettre en cause le nom accepté. 1
L'espèce cousine Corchorus capsularis, la jute blanche, partage le même usage textile mais se distingue par ses capsules globuleuses, alors que celles de Corchorus olitorius sont cylindriques et côtelées. 5
Habitat et répartition
L'origine géographique précise reste discutée : les données de diversité génétique désignent l'Afrique subsaharienne comme centre principal, avec un centre secondaire dans la région indo-birmane. Plants of the World Online situe son aire native dans les régions tropicales et subtropicales de l'Ancien Monde. 5 1
Cultivée depuis des siècles en Asie et en Afrique, l'espèce est aujourd'hui répandue dans presque toutes les régions tropicales et subtropicales du globe, jusqu'au Brésil, aux Antilles et à La Réunion. En Australie, en Égypte et dans plusieurs pays d'Afrique de l'Est, elle se comporte aussi en adventice des cultures. 4
En France métropolitaine, la corète potagère n'est pas indigène : elle se cultive uniquement en annuelle, dans les jardins ou sous abri, après les dernières gelées. 2 8
Cycle et reproduction
Les graines germent en 2 à 5 jours dans un sol réchauffé à 25 à 32 °C, la température optimale décrite pour la culture. Un trempage de 24 heures avant semis accélère nettement la levée. 5 3
La récolte des jeunes pousses commence dès 20 à 30 cm de hauteur et se répète toutes les deux à trois semaines pendant toute la belle saison. Non récoltée, la plante fleurit en été puis développe ses capsules cylindriques côtelées, longues de 5 à 10 cm, chargées de nombreuses graines grises anguleuses de 1 à 3 mm. 4 5
Dès que la température descend sous 10 °C, la croissance ralentit puis s'arrête ; le moindre gel détruit ensuite la plante entière. Faute d'organe souterrain de réserve (rhizome, bulbe ou racine tubérisée), Corchorus olitorius ne repart pas au printemps suivant hors climat tropical ou subtropical, ce qui la range parmi les cultures strictement annuelles en France. 3
Usages et risques
Les feuilles cuites, riches en protéines et en vitamine C, forment la base de la mloukhiya, un plat mucilagineux comparable à l'okra, servi en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Afrique de l'Ouest. Certaines analyses rapportent jusqu'à 258 mg de vitamine C pour 100 g de feuilles fraîches, aux côtés d'un taux de protéines pouvant dépasser 25 % du poids sec, un niveau rare chez un légume-feuille. 6
Les tiges fournissent aussi la fibre de jute, employée pour les sacs et la toile de jute, un usage textile majeur en Inde et au Bangladesh. 4
Les graines, en revanche, concentrent des glycosides cardiotoniques (corchorosides A et B) à dose potentiellement toxique. Un cas suspecté d'intoxication de bovins après ingestion de graines de jute a été documenté dans une revue vétérinaire australienne ; les feuilles et les jeunes fruits, eux, ne présentent pas ce risque une fois cuits. 7 6
Variétés, confusions et plantes proches
Corchorus olitorius n'a pas de cultivar ornemental reconnu : les sélections existantes distinguent surtout un groupe orienté vers la feuille comestible et un groupe orienté vers la fibre textile. 3
La confusion la plus fréquente concerne Corchorus capsularis, l'autre source majeure de fibre de jute, dont les capsules globuleuses tranchent avec les capsules cylindriques côtelées de Corchorus olitorius. D'autres légumes-feuilles mucilagineux, comme le gombo (Abelmoschus esculentus) ou la baselle (Basella alba), partagent une texture proche en cuisine, sans lien botanique étroit. 5
La forme et la taille de la capsule restent le repère le plus fiable pour les distinguer sur le terrain, plus net que la couleur de la fibre une fois récoltée : cylindrique, côtelée et longue de 5 à 10 cm chez Corchorus olitorius, globuleuse et nettement plus courte chez sa cousine textile.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Corchorus olitorius L.
- INPN / MNHN, Corchorus olitorius L., 1753 — Jute
- Plants For A Future, Corchorus olitorius
- Purdue University NewCROP / Duke's Handbook, Corchorus olitorius
- Pl@ntUse / PROTA, Corchorus olitorius
- PMC / Foods journal, Corchorus species — nutrition and pharmacology review
- Australian Veterinary Journal via PubMed, suspected jute seed poisoning of cattle
- Tela Botanica / eFlore APD, Corchorus olitorius L.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la corète potagère ?
C'est le nom français de Corchorus olitorius, une plante herbacée annuelle des Malvaceae cultivée pour ses feuilles mucilagineuses et sa fibre de jute. Elle est aussi appelée mauve des Juifs ou jute potager.
La corète potagère est-elle toxique ?
Les feuilles cuites ne présentent pas de risque connu. Les graines, en revanche, concentrent des glycosides cardiotoniques (corchorosides A et B) et un cas d'intoxication de bovins après ingestion de graines a été documenté dans une revue vétérinaire.
Peut-on manger les feuilles crues ?
Les feuilles se consomment surtout cuites, en sauce mucilagineuse comparable à l'okra. C'est la cuisson qui développe leur texture caractéristique et qui reste l'usage documenté dans les cuisines d'Afrique et du Moyen-Orient.
D'où vient la corète potagère ?
Les données de diversité génétique situent son origine en Afrique subsaharienne, avec un centre secondaire dans la région indo-birmane. L'espèce est cultivée depuis des siècles en Asie et en Afrique, puis largement diffusée sous les tropiques.
Comment distinguer Corchorus olitorius de Corchorus capsularis ?
Le repère le plus fiable reste la capsule, cylindrique et côtelée chez Corchorus olitorius, globuleuse chez Corchorus capsularis. Les deux espèces fournissent de la fibre de jute, mais seule la première est couramment cultivée comme légume-feuille.
La corète potagère pousse-t-elle en France ?
Elle n'y est pas indigène. Elle se cultive en annuelle, semée après les dernières gelées, en plein soleil, dans un jardin potager ou un grand bac, et meurt au premier gel venu.
Le jute textile et la corète potagère sont-ils la même plante ?
Oui pour une bonne part de la fibre commerciale. Corchorus olitorius fournit la fibre de jute aux côtés de Corchorus capsularis ; la même plante peut donc être cultivée pour sa feuille ou pour sa tige selon la sélection utilisée.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.




