Aubépine monogyne (Crataegus monogyna, )
L'aubépine monogyne (Crataegus monogyna Jacq., 1775) est un arbuste ou petit arbre épineux de la famille des Rosaceae, indigène dans presque toute l'Europe jusqu'au Caucase et au nord du Maghreb. Elle se distingue de sa proche cousine Crataegus laevigata par des feuilles plus profondément lobées, une fleur à un seul style et un fruit, la cenelle, qui ne renferme qu'un seul noyau. Largement plantée en haie champêtre pour ses épines et sa tolérance à la taille, elle nourrit aussi plus d'une centaine d'espèces d'insectes et sert de garde-manger hivernal aux oiseaux.
Lire la suiteAubépine monogyne, Aubépine à un style, Épine blanche, Cenellier, Common hawthorn et Whitethorn
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Répartition mondiale
POWO situe l'aire native de Crataegus monogyna dans la quasi-totalité de l'Europe jusqu'à environ 60° de latitude nord, le pourtour du Caucase, le nord du Maghreb et une partie du Proche-Orient jusqu'en Irak. L'espèce est très commune en France jusqu'à 1 600 m d'altitude. Introduite pour la haie et le fourrage en Amérique du Nord, en Argentine, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande, elle s'y est naturalisée au point d'être jugée localement envahissante dans certains habitats ouverts.
- Native6
- Introduite3
- Envahissante2
- France métropolitaine
- Royaume-Uni
- Irlande
- Europe centrale et du Nord
- Caucase et Proche-Orient
- Afrique du Nord
- Amérique du Nord
- Argentine
- Afrique du Sud
- Australie
- Nouvelle-Zélande
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'aubépine monogyne (Crataegus monogyna Jacq., 1775), aussi appelée aubépine à un style ou épine blanche, est un arbuste épineux de la famille des Rosaceae. Elle pousse en haie taillée ou en petit arbre isolé, dans presque toute l'Europe. Le naturaliste Nikolaus Joseph von Jacquin la décrit sous ce nom en 1775 ; POWO retient aujourd'hui cette dénomination comme nom accepté. 1 8
Son épithète latine monogyna vient du grec monos (« un seul ») et gunê (« pistil » ou « style »). Elle nomme le trait qui sépare l'espèce de sa proche cousine Crataegus laevigata : une fleur à deux ou trois styles chez cette dernière, contre un seul style chez Crataegus monogyna. Le nom aubépine, lui, remonte au latin alba spina, « épine blanche » : il désigne l'écorce claire des jeunes rameaux et la couleur dominante de la floraison. 5
Reconnaissance
Crataegus monogyna pousse en arbuste buissonnant taillé en haie, ou grandit en petit arbre isolé jusqu'à 10 m. Sur un sujet libre, sa longévité dépasse parfois 300 à 500 ans. Les jeunes rameaux, lisses et brun-orangé, portent des épines courtes, jusqu'à 1,25 cm, qui durcissent avec l'âge. L'écorce grise, lisse sur le jeune plant, se craquelle en écailles avec le temps sur les sujets âgés. 4 2
Les feuilles, longues de 1 à 6 cm, sont profondément lobées en 3 à 7 lobes étalés à angle large, parfois découpés presque jusqu'à la nervure médiane. Ce découpage marqué distingue Crataegus monogyna de Crataegus laevigata, dont les lobes restent moins profonds et moins nombreux. La floraison, blanche et parfois rosée, s'ouvre en corymbes de 5 pétales, larges de 10 à 15 mm, avec de nombreuses étamines à anthères roses. 5 4
Le fruit, appelé cenelle, est une petite pomme rouge vif de 6 à 11 mm, mûre en fin d'été. Un seul repère suffit à distinguer l'espèce sans ambiguïté : la cenelle ne renferme qu'un seul noyau à une seule graine, quand Crataegus laevigata en porte deux à trois. 4 2
Taxonomie utile
POWO retient Crataegus monogyna Jacq. comme nom accepté dans la famille des Rosaceae, avec une aire native qui va de l'Europe au Caucase, jusqu'en Afrique du Nord et en Irak. Le genre Crataegus compte plusieurs centaines de synonymes et de formes locales, longtemps décrites comme des variétés distinctes avant d'être ramenées à cette seule espèce. Crataegus monogyna var. laciniata Ledeb. et Crataegus monogyna f. pteridifolia (Lodd. ex Loudon) Rehder en sont deux exemples courants. 1 8
Crataegus oxyacantha, un nom aujourd'hui jugé ambigu, a longtemps désigné la même plante. Les taxonomistes l'ont abandonné, mais une partie de la littérature phytothérapique ancienne cite encore Crataegus monogyna sous cette appellation historique. 4
Habitat et répartition
L'aire native de Crataegus monogyna couvre la quasi-totalité de l'Europe jusqu'à environ 60° de latitude nord, le pourtour du Caucase, le nord du Maghreb et une partie du Proche-Orient jusqu'en Irak. En France, l'espèce est commune sur presque tout le territoire, jusqu'à 1 600 m d'altitude. 1 5
L'espèce colonise haies, lisières de bois, friches et coteaux calcaires ; elle préfère un milieu perturbé ou semi-ouvert au sous-bois dense. Introduite en Amérique du Nord, en Argentine, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande pour la haie et le fourrage, Crataegus monogyna s'y est naturalisée au point d'être jugée localement envahissante dans certains habitats ouverts. 4
Cycle et reproduction
La floraison a lieu d'avril à juin selon la latitude ; les insectes en assurent la pollinisation. Les fleurs dégagent une odeur souvent jugée désagréable par l'odorat humain, ce qui attire surtout les mouches et les coléoptères nécrophages plutôt que les abeilles. Ce trait est partagé avec d'autres Rosaceae à floraison précoce. 5
Les cenelles mûrissent de septembre à octobre ; les grives, les jaseurs et plusieurs petits mammifères en consomment la pulpe et rejettent le noyau intact, ce qui assure la dispersion des graines. Au sol, la graine germe rarement sans ce transit par un tube digestif, ou sans une double stratification, d'abord chaude puis froide, pendant plusieurs mois. Ce blocage germinatif explique en partie la lenteur de régénération naturelle de l'espèce là où la dispersion animale fait défaut. 3
En culture, la multiplication se fait surtout par semis stratifié, ou par greffage pour fixer les cultivars ornementaux. Une haie plessée, taillée puis couchée et tressée selon la méthode du plessage, reste vivante et fonctionnelle plusieurs décennies. 3
Usages et risques
Le bois dense et clair de l'aubépine monogyne sert aux petites pièces mécaniques et au bois de chauffage ; il brûle avec une forte chaleur et peu de fumée. Ses épines et sa tolérance à une taille répétée expliquent son usage dominant en haie champêtre défensive, une pratique qui a nourri toute une tradition rurale de plessage en Europe. 4
Les cenelles, farineuses et peu sucrées crues, se transforment en gelées, sirops ou vin une fois cuites ; les jeunes feuilles et les pétales se consomment crus en salade, un usage documenté depuis le Moyen Âge anglais sous le nom de « pain et fromage ». 4
Riches en flavonoïdes et en acides triterpéniques, les extraits de feuilles et de fleurs d'aubépine comptent parmi les plus étudiés en phytothérapie cardiovasculaire. Plusieurs essais cliniques ont exploré leur usage en complément dans l'insuffisance cardiaque légère, sans remplacer un traitement prescrit. L'ASPCA classe l'aubépine comme non toxique pour les chats, les chiens et les chevaux ; seuls les noyaux, à ne pas croquer, contiennent des traces de composés cyanogènes, comme chez de nombreuses Rosaceae à pépins. 6 4
Variétés, confusions et plantes proches
Quelques cultivars horticoles se distinguent de la forme sauvage. 'Stricta' adopte un port fastigié étroit, utile en alignement contraint. 'Biflora' refleurit parfois en plein hiver et correspond à l'épine sacrée de Glastonbury, une légende anglaise liée à Joseph d'Arimathie. 'Inermis', lui, a été sélectionné pour ses rameaux presque sans épines. 2 4
La confusion la plus fréquente oppose Crataegus monogyna à Crataegus laevigata, l'aubépine à deux styles. Cette dernière porte des lobes foliaires moins profonds, 2 à 3 styles par fleur et 2 à 3 noyaux par cenelle, contre un seul chez Crataegus monogyna. Le prunellier (Prunus spinosa) partage le même rôle de haie épineuse, mais ses fruits bleu-noir couverts de pruine et ses épines plus longues et plus rigides le distinguent au premier regard. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Crataegus monogyna Jacq.
- Royal Horticultural Society, Crataegus monogyna - common hawthorn
- Plants For A Future, Crataegus monogyna database entry
- Wikipedia (EN), Crataegus monogyna
- Wikipédia (FR), Aubépine monogyne
- ASPCA, Hawthorn (Crataegus) toxicity entry
- IUCN Red List, Crataegus monogyna assessment
- Integrated Taxonomic Information System, Crataegus monogyna
Questions fréquentes
L'aubépine monogyne est-elle toxique ?
Non. L'ASPCA classe l'aubépine comme non toxique pour les chats, les chiens et les chevaux. Seuls les noyaux des cenelles, à ne pas croquer, contiennent des traces de composés cyanogènes comme chez de nombreuses Rosaceae à pépins.
Comment distinguer Crataegus monogyna de Crataegus laevigata ?
Crataegus monogyna a des feuilles plus profondément lobées, une fleur à un seul style et un fruit à un seul noyau. Crataegus laevigata porte des lobes moins marqués, deux à trois styles et deux à trois noyaux par fruit.
Peut-on manger les cenelles de l'aubépine ?
Oui, cuites en gelée, en sirop ou en vin ; crues, elles restent farineuses et peu sucrées. Les jeunes feuilles et les pétales se consomment crus en salade, un usage documenté depuis le Moyen Âge anglais sous le nom de « pain et fromage ».
Pourquoi l'aubépine est-elle si présente dans les haies champêtres ?
Ses épines et sa tolérance à une taille répétée en font une barrière naturelle contre le bétail. Cette qualité a nourri toute une tradition rurale de plessage, où la haie taillée est couchée et tressée pour rester vivante.
L'aubépine a-t-elle des usages en phytothérapie ?
Les extraits de feuilles et de fleurs, riches en flavonoïdes et en acides triterpéniques, comptent parmi les plus étudiés en phytothérapie cardiovasculaire, en complément d'un traitement prescrit et non à sa place.
Qu'est-ce que l'épine sacrée de Glastonbury ?
Une légende anglaise attribue son origine au bâton planté par Joseph d'Arimathie, avec une floraison deux fois par an. L'arbre original a été abattu au XVIIᵉ siècle, mais le cultivar 'Biflora' perpétue cette lignée par greffage.
L'aubépine monogyne est-elle envahissante ailleurs qu'en Europe ?
Oui. Introduite pour la haie et le fourrage en Amérique du Nord, en Argentine, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande, elle s'y est naturalisée et se comporte parfois en espèce envahissante dans les habitats ouverts.
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