Gympie-gympie (Dendrocnide moroides, )
Le gympie-gympie (Dendrocnide moroides) est un arbuste ou petit arbre pionnier de la famille des Urticaceae, natif des forêts tropicales du nord-est de l'Australie, des Moluques, des petites îles de la Sonde et du Vanuatu. Toute la plante, tiges, feuilles et fruits, est couverte de poils urticants chargés de neurotoxines, responsables d'une des piqûres végétales les plus douloureuses et les plus durables connues. Savoir la reconnaître et éviter tout contact importe bien plus, pour un randonneur en forêt tropicale, qu'un quelconque conseil de culture.
Lire la suiteGympie-gympie, Reine des orties, Stinging tree et Stinging bush





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Répartition mondiale
L'aire native de Dendrocnide moroides couvre le nord-est de l'Australie, du Cap York jusqu'à l'extrême nord de la Nouvelle-Galles du Sud, ainsi que les Moluques, les petites îles de la Sonde et le Vanuatu. L'espèce reste commune au Queensland mais devient rare vers la limite sud de son aire.
- Native3
- Australie (Queensland, nord de la Nouvelle-Galles du Sud)
- Indonésie (Moluques, petites îles de la Sonde)
- Vanuatu
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le gympie-gympie (Dendrocnide moroides (Wedd.) Chew, 1965), aussi appelé reine des orties, est un arbuste ou petit arbre du genre Dendrocnide, dans la famille des Urticaceae. Toute la plante, tiges, feuilles et fruits, porte des poils urticants qui injectent des gympiétides, une famille de peptides neurotoxiques identifiée en 2020, responsable d'une des piqûres les plus douloureuses connues chez les plantes. 1 3
Le nom gympie-gympie vient de la langue du peuple aborigène Gubbi Gubbi, dans le sud-est du Queensland. Le nom français reine des orties rattache la plante à la famille des Urticaceae, celle des orties européennes, tout en signalant une piqûre sans commune mesure avec celle d'Urtica dioica. 7
Dendrocnide moroides ne pousse nulle part en France : c'est une espèce strictement sauvage et tropicale, absente de toute culture. Pour un lecteur francophone en voyage en Australie, en Indonésie ou au Vanuatu, l'enjeu pratique est simple : reconnaître la plante et l'éviter. 4
Reconnaissance
Dendrocnide moroides est un arbuste buissonnant qui fleurit souvent dès moins de 3 m de hauteur, mais qui peut atteindre 10 m dans une trouée forestière bien éclairée. Ses grandes feuilles en cœur, dentées et alternes, mesurent couramment 12 à 22 cm de long sur 11 à 18 cm de large. 1
Le revêtement de poils est un repère plus fiable que la seule forme des feuilles, souvent proche d'autres Urticaceae : fins, blanchâtres à argentés, denses et brillants, ces poils couvrent les tiges, les deux faces des feuilles et même les fruits. Une plante sans le moindre poil visible n'est presque jamais Dendrocnide moroides, un critère d'exclusion utile sur le terrain. 3
Les fruits, globuleux, rose à violet clair à maturité, ressemblent à une mûre, d'où l'épithète moroides, et restent eux aussi couverts de poils urticants. Toute cueillette à mains nues est exclue, contrairement à d'autres fruits sauvages d'apparence proche. 1
Taxonomie et noms
Le nom accepté par POWO/WCVP est Dendrocnide moroides (Wedd.) Chew, une combinaison établie en 1965 à partir d'un basionyme plus ancien. Plusieurs noms ont désigné la même plante avant cette combinaison :
- Laportea moroides Wedd., 1856, le basionyme
- Urtica moroides A.Cunn. ex Wedd.
- Urticastrum moroides (Wedd.) Kuntze
Le genre Dendrocnide associe le grec déndron, l'arbre, et knídos, l'aiguille urticante. Le nom anglais stinging tree est partagé par plusieurs espèces du même genre, dont Dendrocnide excelsa et Dendrocnide cordata, d'où l'intérêt de toujours préciser le nom scientifique complet avant d'affirmer quoi que ce soit sur la dangerosité d'une plante rencontrée. 1 2
Habitat et répartition
L'aire native s'étend du Cap York jusqu'à l'extrême nord de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, et couvre aussi les Moluques, les petites îles de la Sonde en Indonésie et le Vanuatu. La plante colonise les trouées de forêt tropicale humide, en particulier après la chute d'un arbre, et gagne aussi les lisières, les bords de sentiers et les berges de cours d'eau. 1 8
Les graines germent en pleine lumière, sur un sol remanié par la perturbation. Faute de canopée ouverte, la germination reste rare, ce qui explique une présence concentrée sur les sentiers de randonnée, les abords de routes forestières et les clairières récentes. Certains itinéraires de randonnée du Queensland, notamment dans le parc national de Lamington, sont réputés pour leur forte densité de la plante. 7
L'espèce reste commune au Queensland, mais elle devient rare en approchant de la limite sud de son aire, en Nouvelle-Galles du Sud, où elle est surveillée localement malgré un statut de préoccupation mineure à l'échelle nationale australienne. 8
Cycle et écologie
Une fois une trouée forestière ouverte, Dendrocnide moroides pousse vite en pleine lumière et peut fleurir avant même d'atteindre 3 m. Avec le temps, certains sujets dépassent 10 m, mais l'espèce reste une pionnière de courte durée : elle décline lorsque la canopée se referme et que la lumière disponible diminue. 1
Malgré ses poils urticants, la plante nourrit une faune spécialisée : elle héberge les chenilles d'un papillon nymphalidé et plusieurs insectes qui s'en nourrissent sans dommage apparent. Le pademelon à pattes rouges figure parmi les rares mammifères capables de brouter son feuillage, une tolérance inhabituelle chez les herbivores de la région. 7
Les fruits mûrs, riches et sucrés sous leur enveloppe urticante, sont consommés par les oiseaux, qui assurent ensuite la dispersion des graines vers de nouvelles trouées. Ce relais assuré par les oiseaux explique la rapidité avec laquelle la plante recolonise une clairière fraîchement ouverte. 1
Piqûre et premiers secours
Chaque poil est une aiguille creuse, rigide et cassante, munie d'une ligne de fracture prédéterminée près de la pointe. Au contact, le poil se brise et injecte son contenu toxique dans la peau. Les gympiétides, une famille de peptides identifiée en 2020, stabilisent une structure en nœud de cystine proche de celle des toxines de cônes marins et d'araignées, et retardent l'inactivation des canaux sodiques des neurones sensoriels. 3
Le blocage prolongé des canaux sodiques explique une douleur intense qui s'installe en vingt à trente minutes et peut durer plusieurs jours. Des cas cliniques documentent des piqûres suffisamment sévères pour nécessiter une hospitalisation en soins intensifs, avec des symptômes parfois réactivés pendant des mois par l'eau chaude, le froid ou un simple frottement. 5 6
En cas de contact, la cire dépilatoire ou une bande adhésive permet de retirer une partie des poils fichés dans la peau, sans jamais frotter ni gratter la zone, ce qui casserait davantage de poils et aggraverait l'exposition. Une consultation médicale reste recommandée, et un appel d'urgence s'impose devant des signes d'anaphylaxie comme un gonflement de la gorge ou une gêne respiratoire. 4
Les chevaux et les chiens ne sont pas épargnés : des cas documentés rapportent des animaux si affectés par un contact en sous-bois qu'une euthanasie a parfois été nécessaire. Les randonneurs voyageant avec un animal doivent redoubler de vigilance dans les zones connues pour abriter la plante. 7
Confusions et plantes proches
Le genre Dendrocnide compte plusieurs espèces urticantes régulièrement confondues entre elles, dont Dendrocnide excelsa (Wedd.) Chew, un arbre bien plus grand connu sous le nom de giant stinging tree, et Dendrocnide cordata, associé au seul décès humain documenté avec certitude lié à ce groupe de plantes, survenu en Nouvelle-Guinée en 1922. 1
Sur le terrain, la confusion la plus fréquente reste avec d'autres Urticaceae au feuillage en cœur denté, y compris des jeunes plants d'aspect banal avant floraison. Le test décisif n'est jamais tactile : il consiste à observer à distance la densité et l'éclat des poils sur les tiges, les feuilles et les fruits, un repère bien plus fiable que la seule forme du limbe. 3
Aucune utilisation alimentaire ou médicinale sûre n'est documentée pour cette espèce. Face à un feuillage suspect en forêt tropicale australienne, indonésienne ou vanuataise, la prudence recommande d'éviter tout contact tant que l'identification n'est pas certaine. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Dendrocnide moroides (Wedd.) Chew
- International Plant Names Index, Dendrocnide moroides (Wedd.) Chew
- Gilding et al., 2020, Science Advances, neurotoxic peptides from the venom of the giant Australian stinging tree
- Healthdirect Australia, Stinging plants first aid guidance
- Maor & Little, 2017, Contact Dermatitis, skin contact with a stinging tree requiring intensive care unit admission
- Schmitt et al., 2013, Wilderness & Environmental Medicine, painful sting after exposure to Dendrocnide species
- State Library of Queensland, Queensland's gympie-gympie, the world's most painful plant
- GBIF, Dendrocnide moroides (Wedd.) Chew occurrence data
Questions fréquentes
Le gympie-gympie est-il présent en France ?
Non. Son aire native se limite au nord-est de l'Australie, aux Moluques, aux petites îles de la Sonde et au Vanuatu. Le risque concerne surtout les voyageurs et randonneurs en forêt tropicale dans ces régions.
Pourquoi la piqûre du gympie-gympie est-elle si douloureuse ?
Les poils injectent des gympiétides, une famille de peptides neurotoxiques découverte en 2020, qui retardent l'inactivation des canaux sodiques des neurones sensoriels. Leur structure ressemble aux toxines d'araignées et de cônes marins.
Combien de temps dure la douleur après une piqûre ?
Les études de cas rapportent une douleur intense pendant plusieurs jours, parfois avec des symptômes qui reviennent pendant des mois, voire des années, tant que des poils restent fichés dans la peau.
Que faire immédiatement en cas de piqûre ?
Retirer les poils avec de la cire dépilatoire ou une bande adhésive, sans frotter ni gratter. Consulter un médecin, et appeler les urgences en cas de signes d'anaphylaxie comme un gonflement de la gorge.
Le gympie-gympie est-il dangereux pour les chevaux et les chiens ?
Oui. Des cas documentés rapportent des chevaux si affectés qu'ils ont dû être euthanasiés, et des chiens en détresse après un contact accidentel en sous-bois.
Comment distinguer le gympie-gympie d'une autre Urticaceae sans le toucher ?
Observer à distance la densité et l'éclat des poils sur les tiges, les feuilles et les fruits, ainsi que la forme en cœur denté du feuillage. Le doute doit toujours conduire à éviter le contact.
Le gympie-gympie est-il une espèce menacée ?
Il est classé en préoccupation mineure à l'échelle de l'Australie, mais reste rare et surveillé en Nouvelle-Galles du Sud, en limite sud de son aire.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







