Vergerette du Canada (Erigeron canadensis, L. 1753)

La vergerette du Canada (Erigeron canadensis L., 1753) est une Asteraceae annuelle native d'Amérique du Nord, aujourd'hui naturalisée sur la plupart des continents. Sa tige velue et dressée porte des feuilles étroites nombreuses et une vaste panicule de minuscules capitules blancs à jaunes. L'espèce est surtout connue des agronomes pour avoir développé, dès 2000, la première résistance documentée au glyphosate chez une adventice annuelle à larges feuilles.

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Nom scientifiqueErigeron canadensis
GenreErigeron
OrdreAsterales

Vergerette du Canada, Vergerette annuelle, Conyze du Canada, Érigéron du Canada, Horseweed, Canadian fleabane et Marestail

Identité
Toxicité
Irritant documenté chez le cheval ; toxicité mal connue chez les autres animaux
Niveau d'entretien
Élevée
Type de plante
Herbacée annuelle · Adventice envahissante
Type de feuilles
Caduc
Durée de vie
Annuelle
Pays d'origine
États-UnisCanadaMexique
Habitat
Sols perturbés, friches, bords de champs et de routes, chantiers, cultures en semis direct
Saisonnalité
Floraison
Été
Croissance
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
8/10
Temps de maturation
Floraison estivale, dispersion des akènes de la fin de l'été à l'automne
Multiplication
Semis
Climat & Eau
Température tolérée
Résistance au vent
Graines aigrettées disséminées efficacement par le vent
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
Types de sol
Sol perturbé, Sol de bord de route, Sol de culture, Sol drainé
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.

Plein soleil ; tolère la mi-ombre ouverte
Extérieur
Bord de route, Bord de champ, Chantier, Berge de rivière
Apparence
Hauteur20–150 cmÉtalement10–40 cm
Feuilles
Vert
Erigeron canadensis — feuilles 1
Erigeron canadensis — feuilles 2
Erigeron canadensis — feuilles 3
Erigeron canadensis — feuilles 4
Erigeron canadensis — feuilles 5
Fleurs
BlancJaune
Erigeron canadensis — fleurs 1
Erigeron canadensis — fleurs 2
Erigeron canadensis — fleurs 3
Erigeron canadensis — fleurs 4
Erigeron canadensis — fleurs 5
Fruits
Marron
Erigeron canadensis — fruits 1
Erigeron canadensis — fruits 2
Erigeron canadensis — fruits 3
Erigeron canadensis — fruits 4
Erigeron canadensis — fruits 5
Port
Erigeron canadensis — port 1
Erigeron canadensis — port 2
Erigeron canadensis — port 3
Erigeron canadensis — port 4
Erigeron canadensis — port 5
Écorce
Vert
Erigeron canadensis — écorce 1
Erigeron canadensis — écorce 2
Erigeron canadensis — écorce 3
Erigeron canadensis — écorce 4
Erigeron canadensis — écorce 5

Répartition mondiale

Le WCVP situe l'aire native de Erigeron canadensis dans le Nouveau Monde tempéré, du Canada au Mexique en passant par l'ensemble des États-Unis. Introduite depuis l'Amérique du Nord, l'espèce est aujourd'hui naturalisée sur la plupart des continents, notamment en Europe, en Asie et en Océanie.

  • Native3
  • Introduite5
  • États-Unis
  • Canada
  • Mexique
  • France métropolitaine
  • Europe
  • Chine
  • Japon
  • Australie

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

La vergerette du Canada (Erigeron canadensis L., 1753), aussi appelée conyze du Canada ou érigéron du Canada, est une plante annuelle chez les Asteraceae, dans le genre Erigeron. Plants of the World Online désigne ce nom comme accepté depuis 1753, pour une aire native qui s'étend du Nouveau Monde tempéré, du Canada au Mexique. 1 3

Le nom anglais horseweed et son équivalent marestail rappellent un trait pratique plutôt qu'ornemental : les feuilles et les fleurs de la plante irritent la peau et les naseaux du cheval, un repère qui a longtemps guidé son identification sur le terrain. 7

Dans l'usage courant, cette adventice se rencontre presque toujours sous son ancien nom, Conyza canadensis (L.) Cronquist, encore largement utilisé dans les bases agronomiques et les flores régionales malgré le transfert accepté vers le genre Erigeron. 2 5

Reconnaissance

Erigeron canadensis forme une tige dressée, solitaire, non ramifiée à la base et hérissée de poils raides ; elle mesure couramment 20 à 150 cm, avec des sujets extrêmes rapportés jusqu'à 3 m quand les conditions sont optimales. 7 6

Les feuilles sont alternes, nombreuses, sessiles à courtement pétiolées, étroites, de forme oblancéolée à linéaire. Les feuilles basales, plus larges, tombent souvent tôt, tandis que celles du sommet se réduisent progressivement. Le feuillage froissé dégage une odeur résineuse marquée. 7

Les capitules, à peine larges de 5 mm, se regroupent par centaines en une vaste panicule terminale ouverte. Chaque capitule associe des fleurs ligulées blanches à rose pâle, au nombre de 20 à 40, et des fleurs tubulées jaunes, au nombre de 8 à 30, réunies en son centre. 7

Taxonomie utile

Plants of the World Online accepte le nom Erigeron canadensis L., publié en 1753, et rattache à ce même taxon un long cortège de noms plus anciens portés par le genre Conyza ; parmi ces synonymes, celui que les bases agronomiques nord-américaines citent le plus reste Conyza canadensis (L.) Cronquist, publié en 1943. 1 2

D'autres synonymes ou rangs infra-spécifiques circulent selon les flores régionales, notamment Erigeron canadensis var. glabratus A.Gray et Conyza canadensis var. pusilla (Nutt.) Cronquist, distingués surtout par la pilosité du feuillage. 1

Ce reclassement entre Conyza et Erigeron n'est pas qu'une curiosité d'herbier : les bases agronomiques nord-américaines continuent d'employer Conyza canadensis dans leurs fiches de désherbage, si bien que chaque nom désigne aujourd'hui la même plante, pour l'agronome comme pour le botaniste. 5 6

Habitat et répartition

Le WCVP situe l'aire native de l'espèce dans le Nouveau Monde tempéré, du Canada au Mexique en passant par l'ensemble des États-Unis. 1

Introduite depuis l'Amérique du Nord, la vergerette du Canada est aujourd'hui naturalisée sur la plupart des continents, en Europe, en Asie et en Océanie ; l'INPN la recense comme largement répandue sur le territoire français. 3

L'espèce colonise en priorité les sols perturbés, sur les terrains vagues, les chantiers, les bords de champs et de routes, ainsi que dans les cultures conduites en semis direct ou sans labour, où le sol nu resté exposé plus longtemps entre deux récoltes stimule sa germination. 5 6

Cycle, résistance et dispersion

La graine germe soit à l'automne, soit au printemps ; la plante se comporte donc à la fois comme une annuelle d'été et comme une bisannuelle hivernante, selon le climat et la date de levée. Une rosette apparue en automne passe l'hiver avant de monter en tige au printemps suivant, avec un taux de survie hivernale rapporté entre 59 et 91 %. 5

Chaque pied produit entre 50 000 et 250 000 graines, minuscules et coiffées d'une aigrette qui entraîne une dispersion éolienne sur de longues distances, à plusieurs centaines de mètres du pied mère. 6 5

C'est cette espèce qui a inauguré, en 2000, la première résistance confirmée au glyphosate chez une adventice annuelle à larges feuilles : un biotype résistant a été validé dans un champ de soja du Delaware après trois saisons de désherbage qui reposait sur ce seul herbicide, une pratique qui déclenche justement la sélection de populations résistantes. Depuis ce premier cas, des populations résistantes ont été signalées dans des dizaines d'États américains et une douzaine de pays. 9

Usages et risques

La vergerette du Canada n'a pas de valeur horticole ; son intérêt encyclopédique tient surtout à sa reconnaissance et à sa gestion. PFAF rapporte des usages traditionnels amérindiens : plante entière employée comme astringente et diurétique, huile essentielle historiquement distillée pour la parfumerie, jeunes pousses techniquement comestibles mais résineuses et jugées de faible valeur alimentaire. 4

Le risque documenté concerne surtout le cheval : la plante, riche en lactones sesquiterpéniques dans les feuilles comme dans les fleurs, provoque une irritation de la peau et des naseaux chez l'animal, et une étude de cas publiée dans Acta Veterinaria Hungarica décrit une urticaire sévère après ingestion accidentelle. La toxicité chez les autres animaux d'élevage reste mal établie, avec des avis contradictoires d'une extension agricole à l'autre. 7 8

Variétés, confusions et plantes proches

Erigeron canadensis n'a pas de cultivar horticole reconnu ; la variabilité observée sur le terrain tient surtout à la pilosité du feuillage et à la taille, deux traits qui séparent des variétés botaniques plutôt que des formes de jardin. 1

Les confusions les plus fréquentes concernent d'autres espèces du genre Erigeron, notamment Erigeron annuus et Erigeron strigosus, dont les capitules restent nettement plus larges. Comparé à ces deux espèces, dont les capitules mesurent nettement plus que les siens, le repère le plus fiable reste la petite taille des capitules d'Erigeron canadensis, à peine 5 mm, associée à la tige velue non ramifiée à la base. 7

En bordure des mêmes friches poussent souvent l'ambroisie à feuilles d'armoise et l'armoise commune, deux autres adventices d'origine ou de comportement voisin. Le feuillage étroit et entier de la vergerette du Canada, nettement différent des feuilles découpées de ces deux espèces, suffit à les distinguer d'un simple coup d'œil.

Sources principales

Questions fréquentes

La vergerette du Canada est-elle toxique ?

Le risque documenté concerne surtout le cheval, chez qui le feuillage et les fleurs provoquent une irritation cutanée et nasale, parfois une urticaire sévère après ingestion. La toxicité chez les autres animaux reste mal établie.

Pourquoi est-elle si difficile à éliminer ?

Depuis 2000, des populations résistantes au glyphosate sont recensées dans des dizaines d'États américains et une douzaine de pays. La gestion doit alterner les modes d'action plutôt que de dépendre d'un seul herbicide.

Comment reconnaître la rosette avant la floraison ?

La rosette porte des feuilles basales oblancéolées et velues, souvent installée dès l'automne. C'est le stade le plus facile à traiter avant la montée en tige du printemps suivant.

D'où vient le nom vergerette du Canada ?

Le suffixe diminutif rappelle d'autres petites Asteraceae proches des asters, associé à l'origine nord-américaine de la plante, longtemps résumée au Canada dans les flores européennes.

La vergerette du Canada est-elle comestible ?

Les jeunes pousses sont techniquement comestibles mais résineuses et de faible valeur alimentaire ; aucun usage culinaire courant n'est recommandé.

Peut-on la confondre avec d'autres Erigeron ?

Oui, notamment avec Erigeron annuus et Erigeron strigosus, dont les capitules restent nettement plus larges. La petite taille des capitules, à peine 5 mm, reste le repère le plus fiable.

Où pousse-t-elle le plus souvent ?

Sur les sols perturbés, terrains vagues, chantiers, bords de champs et de routes, ainsi que dans les cultures conduites en semis direct où le sol nu reste exposé plus longtemps.

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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.