Anémone du Japon (Eriocapitella hupehensis, )
L'anémone du Japon (Eriocapitella hupehensis) est une vivace herbacée de la famille des Ranunculaceae, originaire de Chine centrale et de l'Himalaya oriental, longtemps classée dans le genre Anemone. Ses tiges dressées portent, de la fin de l'été aux premières gelées, des fleurs sans pétales faites de sépales roses, pourpres ou blancs autour d'un cœur d'étamines jaune vif. Le feuillage disparaît chaque hiver au-dessus d'un rhizome traçant qui repart au printemps suivant.
Lire la suiteAnémone du Japon, Anémone de Chine, Anémone d'automne, Anémone de Hubei, Japanese anemone et Chinese anemone
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Répartition mondiale
L'aire native d'Eriocapitella hupehensis s'étend de l'Himalaya oriental (Népal, Assam) à la Chine centrale et méridionale, jusqu'à Taïwan et au Myanmar. L'espèce a ensuite été introduite en Corée, dans les pays baltes, en Équateur et en Allemagne, et elle est aujourd'hui cultivée comme plante ornementale dans la plupart des jardins tempérés du monde.
- Native5
- Introduite3
- Chine
- Taïwan
- Népal
- Inde
- Myanmar
- Corée du Sud
- Allemagne
- Équateur
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'anémone du Japon (Eriocapitella hupehensis (É.Lemoine) Christenh. & Byng, 2018), aussi appelée anémone de Chine ou anémone de Hubei, est une vivace herbacée du genre Eriocapitella, dans la famille des Ranunculaceae. Longtemps classée dans le genre Anemone, l'espèce en a été détachée en 2018 par les botanistes Maarten Christenhusz et James Byng, lors d'une refonte de la classification des Renonculacées. 1 2
Le nom de genre Eriocapitella combine le grec erion, la laine, et le latin capitellum, petite tête : une allusion aux akènes duveteux qui coiffent le centre de la fleur fanée. L'épithète hupehensis signifie « de la province du Hubei », en Chine centrale, où l'espèce fut récoltée avant sa description par le pépiniériste français Émile Lemoine en 1908. Malgré son nom d'usage, l'espèce est originaire de Chine et non du Japon : elle y fut seulement cultivée tôt, avant son introduction en Europe. 6
Reconnaissance
Eriocapitella hupehensis forme une touffe de 3 à 5 feuilles basales, trifoliées, portées par un long pétiole de 5 à 35 cm. Les tiges florales dressées atteignent couramment 30 à 100 cm, parfois jusqu'à 120 cm selon le cultivar, et portent un verticille de trois bractées à mi-hauteur. 3 5
Chaque fleur, large d'environ 4 à 6 cm, ne porte pas de vrais pétales : ce sont 5 sépales pétaloïdes, roses, pourpres ou blancs, qui entourent un cœur central jaune vif fait de nombreuses étamines et de plus de 100 pistils minuscules. Cette absence de vrais pétales distingue d'emblée le genre Eriocapitella de nombreuses autres Renonculacées ornementales, comme les renoncules, dont les pétales colorés persistent après l'épanouissement. Les cultivars horticoles à fleurs doubles ou semi-doubles peuvent afficher jusqu'à une vingtaine de sépales. Après floraison, les pistils se transforment en petits akènes ovoïdes, couverts de poils laineux qui forment une tête cotonneuse bien reconnaissable. 6 3
La floraison s'étale de la fin de l'été aux premières gelées, entre juillet et octobre selon le climat, ce qui range l'espèce parmi les « anémones d'automne », aux côtés d'Eriocapitella japonica, d'E. tomentosa, d'E. vitifolia et de leur hybride E. × hybrida. 4
Taxonomie utile
Le nom accepté aujourd'hui par POWO est Eriocapitella hupehensis, mais la plante circule encore très largement sous son ancien nom, Anemone hupehensis, qui reste la référence dans la plupart des catalogues horticoles. Le basionyme, Anemone japonica var. hupehensis É.Lemoine, publié en 1908, a été élevé au rang d'espèce dès 1910 par le même auteur. 1 2
D'autres synonymes circulent dans la littérature botanique :
- Anemone hupehensis (É.Lemoine) É.Lemoine
- Anemone hupehensis f. alba W.T.Wang
- Anemone matsudae (Yamam.) Tamura
- Eriocapitella vitifolia var. matsudae (Yamam.) Nakai
Un point de confusion fréquent concerne la variété japonica : longtemps rattachée à Anemone hupehensis var. japonica, elle est aujourd'hui reclassée par POWO comme synonyme d'Eriocapitella japonica, une espèce distincte et non une simple variété de E. hupehensis. 1
Habitat et répartition
L'aire native s'étend de l'Himalaya oriental (Népal, Assam) à la Chine centrale et méridionale, jusqu'à Taïwan et au Myanmar ; en Chine, l'espèce occupe surtout les provinces du Shaanxi, du Hubei, du Sichuan, du Yunnan et plusieurs provinces méridionales. 6 1
Dans son milieu naturel, la plante colonise les coteaux herbeux, les prairies de montagne, les lisières de forêts claires et les berges de rivières, entre 400 et 2600 m d'altitude selon les populations. POWO signale aussi des introductions en Équateur et en Allemagne, et une naturalisation en Corée et dans les pays baltes. 1 6
Cultivée depuis des siècles en Chine, probablement depuis la dynastie Tang, une forme semi-double s'est échappée des jardins et a gagné le Japon puis la Corée il y a plusieurs siècles. Ce descendant naturalisé, aujourd'hui reconnu comme l'espèce distincte Eriocapitella japonica, est lui-même un parent de l'hybride horticole E. × hybrida. La plante vivante n'a été introduite en Europe qu'en 1844, par le botaniste écossais Robert Fortune, qui l'avait observée en Chine plantée aux abords des tombes. 7
Cycle et reproduction
La touffe repose sur un rhizome traçant qui s'étend d'année en année. Les parties aériennes disparaissent complètement en hiver et repartent au printemps suivant depuis les mêmes réserves souterraines. Faute d'installation suffisante, une jeune touffe fleurit peu la première année : il faut compter 2 à 3 ans avant une floraison pleine. 4
La multiplication se fait surtout par division de touffe, au printemps ou en fin d'automne, ou par bouture de racine prélevée à la même période : un simple fragment de rhizome suffit à régénérer une plante entière, ce qui explique pourquoi l'espèce peut devenir envahissante si elle n'est pas contenue en sol riche. Le semis reste possible mais rare en culture, car la germination y est lente et irrégulière. 3
Usages et risques
L'usage principal reste ornemental, entre bordures fraîches, jardins de cottage, lisières ombragées et fleurs coupées. La RHS recommande même l'espèce pour les coins du jardin à vocation faunistique, car sa floraison tardive, de la fin de l'été aux premières gelées, procure du nectar et du pollen aux pollinisateurs quand peu d'autres vivaces fleurissent encore. 3 4
Comme la plupart des Renonculacées, Eriocapitella hupehensis contient de la protoanémonine, un composé irritant libéré par la sève fraîche lorsque les tissus sont blessés. L'ingestion provoque une irritation buccale et un trouble digestif léger, et le contact avec la sève peut causer une dermite, aussi bien chez l'humain que chez les animaux domestiques. Le Missouri Botanical Garden classe la plante entière comme toxique en cas d'ingestion. 6 5
Variétés, confusions et plantes proches
Plusieurs cultivars ont gagné une reconnaissance horticole durable. 'Hadspen Abundance' et 'Bowles's Pink' ont reçu l'Award of Garden Merit de la RHS. 'Praecox', à floraison précoce dès la fin juillet, et 'Superba', aux fleurs semi-doubles rose lavande, complètent les cultivars les plus documentés, issus des essais du Chicago Botanic Garden. 8 7 9
Les confusions les plus fréquentes concernent Eriocapitella japonica, une espèce distincte par son aspect proche, et l'hybride horticole Eriocapitella × hybrida, souvent vendu sous l'appellation générique « anémone du Japon » sans distinction d'espèce. Une étiquette limitée à ce nom d'usage ne dit pas laquelle des trois plantes est réellement en pot : seul le nom scientifique complet, avec son autorité, tranche entre E. hupehensis, E. japonica et E. × hybrida. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Eriocapitella hupehensis (É.Lemoine) Christenh. & Byng
- International Plant Names Index, Eriocapitella hupehensis
- Royal Horticultural Society, Anemone hupehensis
- Royal Horticultural Society, Japanese anemones
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Anemone hupehensis
- NC State Extension, Eriocapitella hupehensis (Chinese anemone)
- Chicago Botanic Garden, Rudy (2004), Fall-blooming Anemones, Plant Evaluation Notes 25
- Royal Horticultural Society, Ornamentals AGM Plants (March 2020)
- Royal Horticultural Society, Anemone hupehensis 'Hadspen Abundance'
Questions fréquentes
L'anémone du Japon est-elle originaire du Japon ?
Non. Malgré son nom d'usage, Eriocapitella hupehensis est originaire de Chine centrale et de l'Himalaya oriental. Elle fut seulement cultivée très tôt au Japon avant d'être introduite en Europe par Robert Fortune en 1844.
L'anémone du Japon est-elle toxique ?
Oui, comme la plupart des Renonculacées. La sève fraîche contient de la protoanémonine, irritante pour la bouche et le système digestif en cas d'ingestion, et pouvant causer une dermite au contact chez l'humain comme chez les animaux domestiques.
Pourquoi mon anémone du Japon ne fleurit-elle pas ?
La floraison n'apparaît souvent qu'à partir de la deuxième ou troisième année, une fois la touffe bien installée. Un emplacement trop ombragé ou un sol trop sec en été retardent aussi la floraison.
Comment diviser une touffe d'Eriocapitella hupehensis ?
Prélevez un fragment de rhizome au printemps ou en fin d'automne, puis replantez-le aussitôt dans un sol frais et riche. Un simple morceau de racine suffit à donner naissance à une nouvelle plante.
Quelle est la différence entre Eriocapitella hupehensis et Eriocapitella × hybrida ?
Eriocapitella × hybrida est un hybride horticole issu d'un croisement impliquant E. hupehensis et E. vitifolia, tandis que E. hupehensis reste une espèce sauvage à part entière, native de Chine et de l'Himalaya.
L'anémone du Japon est-elle envahissante ?
Elle peut le devenir en sol riche et frais, car son rhizome traçant s'étend rapidement d'année en année. Un simple fragment laissé en terre après division suffit à régénérer une nouvelle touffe.
Où planter l'anémone du Japon au jardin ?
En bordure fraîche, en lisière ombragée ou en jardin de cottage, à mi-ombre légère et en sol riche. Sa floraison tardive, de l'été aux premières gelées, comble un vide dans le jardin d'automne.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







