Cactus candélabre (Euphorbia trigona, )
Le cactus candélabre (Euphorbia trigona Mill., 1768) est une succulente arbustive des Euphorbiaceae, rattachée à l'Afrique centrale mais connue presque uniquement en culture. Ses tiges dressées à trois ou quatre angles, marquées de chevrons vert clair, portent de petites feuilles caduques entre des paires d'épines. Malgré son allure de cactus, elle n'appartient pas à cette famille et ne fleurit pratiquement jamais, une particularité qui alimente l'hypothèse d'une origine hybride.
Lire la suiteCactus candélabre, Euphorbe candélabre, Cactus cathédrale, African milk tree, Friendship cactus et Abyssinian euphorbia
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil à mi-ombre légère





© photo
no rights reserved · cc0
Wikimedia Commons · CC BY-SA or Public Domain
Wikipedia · CC BY-SA
Taken Oct 6, 2022 by poto margallo (cc-by-sa)
Taken May 27, 2020 by penny vaudour (cc-by-sa)
Taken Dec 25, 2020 by g p (cc-by-sa)
Taken Jan 15, 2021 by Alves Chiari Darci (cc-by-sa)
Taken Jul 23, 2020 by lopez estefania (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
Plants of the World Online rattache Euphorbia trigona à une aire allant du Gabon au Malawi, et plusieurs extensions horticoles citent aussi l'Angola et la République démocratique du Congo. L'espèce reste pourtant connue presque uniquement en culture. Aucune population sauvage n'a été documentée avec certitude, ce qui nourrit l'hypothèse d'une origine hybride plutôt que d'une espèce sauvage classique. Hors de cette aire attribuée, la plante s'est largement diffusée comme ornementale et haie vive, au point de devenir localement envahissante dans certaines régions tropicales.
- Native4
- Envahissante2
- Gabon
- Angola
- République démocratique du Congo
- Malawi
- Cuba
- Inde
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le cactus candélabre (Euphorbia trigona Mill., 1768), aussi appelé euphorbe candélabre ou cactus cathédrale, appartient au genre Euphorbia, dans la famille des Euphorbiaceae. Le nom a été fixé par le botaniste écossais Philip Miller en 1768, dans la huitième édition de son Gardener's Dictionary, et reste la combinaison acceptée par Plants of the World Online. 1 2
Malgré son allure épineuse et columnaire, la plante n'a rien d'un cactus botanique : elle appartient aux Euphorbiaceae, une famille reconnaissable à son latex laiteux, totalement absent chez les vraies cactées. L'épithète trigona, du latin « à trois angles », décrit les côtes principales des tiges, même si des tiges à quatre côtés apparaissent couramment sur un même sujet. 3 7
Autre différence marquante avec la plupart des euphorbes cultivées : Euphorbia trigona ne fleurit presque jamais, un comportement documenté depuis plus de deux siècles de culture qui alimente l'hypothèse d'une origine hybride plutôt que sauvage. 7
Reconnaissance
Euphorbia trigona forme un arbuste ou petit arbre succulent, aux tiges dressées et charnues, groupées en touffes serrées qui restent proches et parallèles au tronc principal. Chaque tige mesure 4 à 6 cm de diamètre et porte des chevrons vert clair en V sur un fond vert foncé, un motif propre à l'espèce. 7 5
Les côtes portent des épines courtes, d'environ 5 mm, disposées par paires et d'abord brun-rouge avant de grisonner avec l'âge. De petites feuilles en larme poussent entre chaque paire d'épines ; elles restent minuscules, éphémères et tombent selon la saison, sans que cette chute soit un signe de maladie. 3 5
En pot, le sujet dépasse rarement 1 à 2 m, mais en pleine terre chaude, il peut atteindre 4 m de haut pour 1 à 3 m d'étalement, avec une écorce qui grisonne à la base en vieillissant. Ses racines restent superficielles et peu développées : un sujet devenu lourd et haut risque de basculer, surtout en pot léger. 4 5
Taxonomie utile
Le nom accepté réunit un seul synonyme reconnu par Plants of the World Online, encore fréquent dans la littérature horticole ancienne : Euphorbia hermentiana Lem., publié en 1858. 1 7
Un nom homonyme piège les recherches en ligne : Euphorbia trigona Roxb., publié plus tard, est jugé illégitime et désigne une tout autre espèce asiatique, aujourd'hui rattachée à Euphorbia lacei. Le repère fiable reste donc le binôme complet avec son auteur, Euphorbia trigona Mill. 1
Le statut sauvage de l'espèce reste discuté chez les spécialistes des succulentes : cultivée depuis plus de deux siècles, elle n'a jamais été documentée en fleur de façon fiable, ce qui est cohérent avec une origine hybride plutôt qu'avec une espèce sauvage classique. 7 6
Habitat et répartition
Plants of the World Online rattache Euphorbia trigona à une aire de quatre pays d'Afrique centrale, du Gabon au Malawi ; les extensions horticoles y ajoutent souvent l'Angola et la République démocratique du Congo. 1 3
L'aire attribuée à Euphorbia trigona coexiste avec une réalité plus incertaine : aucune population sauvage n'a jamais été formellement documentée, et la plante est décrite comme connue presque exclusivement en culture. L'hypothèse la plus citée situe une origine probable en Angola plutôt qu'en Inde, ancienne attribution aujourd'hui écartée. 7
Cultivée comme haie vive et parfois comme plante rituelle au Gabon, Euphorbia trigona s'est largement diffusée sous les tropiques. Dans certaines régions comme Cuba ou l'Inde, elle s'est naturalisée au point de former des peuplements denses, où elle est aujourd'hui classée envahissante. 3
Cycle et reproduction
La croissance ralentit nettement en dessous de 15 °C et s'arrête presque tout l'hiver ; elle reprend au printemps avec le retour de la chaleur et de la lumière. Un sujet mature demande généralement 10 à 20 ans pour développer sa pleine silhouette arborescente. 4
La floraison, quand elle survient, reste exceptionnelle : de minuscules cyathes verdâtres à jaunes apparaissent en été sur les sujets les plus âgés, sans commune mesure avec la floraison régulière d'autres euphorbes cultivées. 5
En l'absence de graines fiables, la multiplication se fait presque toujours par bouturage de tige : on sectionne un tronçon, on le laisse sécher 3 à 7 jours pour former un cal et arrêter l'écoulement de latex, puis on le plante dans un substrat drainant à peine humide. Le marcottage aérien reste une alternative pour de grands sujets. 3
Usages et risques
L'usage dominant est ornemental et défensif. En climat chaud, Euphorbia trigona sert de haie vive impénétrable ou de sujet architectural en rocaille sèche ; en intérieur, la silhouette graphique de ses tiges en candélabre en fait une plante de pot recherchée. 3
Le latex blanc laiteux, riche en esters diterpéniques, constitue le principal danger de la plante : au contact, il irrite fortement la peau et les yeux, avec un risque de brûlure et de cécité temporaire en cas de projection. Ingéré, le latex provoque une gastro-entérite et des vomissements ; les cas sévères ajoutent des convulsions. 3
Gants et lunettes de protection s'imposent dès qu'on taille, bouture ou rempote la plante. La toxicité concerne autant les enfants que les chats et les chiens qui mâchonnent les tiges par curiosité. 3
Variétés, confusions et plantes proches
'Rubra', la forme la plus vendue en jardinerie, développe des tiges et de jeunes feuilles teintées de pourpre à rouge sous l'effet du plein soleil ; 'Royal Red' pousse cette coloration vers un rouge-bordeaux plus soutenu, recherché par les collectionneurs. 7
La confusion la plus fréquente concerne Euphorbia lactea, dont les tiges partagent la même allure anguleuse : ses branches s'écartent nettement du tronc principal pour donner un port plus ouvert et arborescent, alors que celles d'Euphorbia trigona restent parallèles et compactes. 7
Une deuxième confusion oppose Euphorbia trigona à Euphorbia acrurensis : le repère principal reste le nombre de côtes des tiges principales, trois chez trigona contre quatre chez acrurensis, même si les deux espèces peuvent présenter des tiges intermédiaires selon l'âge du sujet. 7
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Euphorbia trigona Mill.
- International Plant Names Index, Euphorbia trigona Mill.
- NC State Extension, Euphorbia trigona (African Milk Tree)
- Royal Horticultural Society, Euphorbia trigona
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Euphorbia trigona
- Integrated Taxonomic Information System, Euphorbia trigona Mill.
- LLIFLE Encyclopedia of Succulents, Euphorbia trigona
Questions fréquentes
Euphorbia trigona est-il un vrai cactus ?
Non. Malgré ses tiges succulentes et épineuses, il appartient à la famille des Euphorbiaceae, pas à celle des cactées. La confusion vient de sa silhouette et de son latex laiteux, absent chez les vrais cactus.
Pourquoi mon Euphorbia trigona ne fleurit-il jamais ?
C'est un comportement normal de l'espèce. Elle n'a quasiment jamais été observée en fleur, même sur des sujets âgés cultivés depuis plus de deux siècles, ce qui alimente l'hypothèse d'une origine hybride, pas une absence d'entretien.
Le cactus candélabre est-il toxique ?
Oui. Son latex, riche en esters diterpéniques, irrite fortement la peau et les yeux au contact, et provoque une gastro-entérite en cas d'ingestion par un enfant ou un animal domestique.
Comment multiplier Euphorbia trigona ?
Par bouturage de tige. On sectionne un tronçon, on laisse la plaie sécher 3 à 7 jours pour former un cal et arrêter l'écoulement de latex, puis on plante la bouture dans un substrat drainant à peine humide.
Comment distinguer Euphorbia trigona d'Euphorbia lactea ?
Les branches d'Euphorbia trigona restent proches et parallèles à la tige principale, quand celles d'Euphorbia lactea s'écartent nettement pour donner un port plus ouvert et arborescent.
Pourquoi mon Euphorbia trigona perd-il ses petites feuilles ?
C'est normal. Les feuilles, petites et éphémères, poussent entre les épines et tombent selon la saison sans nuire à la plante, car les tiges vertes assurent l'essentiel de la photosynthèse.
Quelle température minimale supporte cette plante ?
Elle peut survivre brièvement à -3 °C, mais souffre déjà en dessous de 7 °C. Mieux vaut la rentrer avant l'automne dans les régions à hivers frais, hors zones USDA 9 à 11.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.






