Févier d'Amérique (Gleditsia triacanthos, )
Le févier d'Amérique (Gleditsia triacanthos) est un grand arbre caduc de la famille des Fabaceae, originaire des vallées alluviales du centre et de l'est de l'Amérique du Nord. Le type sauvage porte des épines ramifiées redoutables, souvent groupées par trois sur le tronc et les branches ; les cultivars horticoles, presque tous issus de la variété sans épines var. inermis, sont aujourd'hui largement plantés en ville pour leur ombre légère et leur tolérance aux sols compactés.
Lire la suiteFévier d'Amérique, Févier à épines triples, Honey locust, Thorny locust et Sweet bean tree
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Répartition mondiale
L'aire native de Gleditsia triacanthos couvre le centre et l'est de l'Amérique du Nord, principalement les vallées alluviales du bassin du Mississippi et de l'Ohio, jusqu'au nord-est du Mexique. Largement planté comme arbre d'ornement dans le monde tempéré, il est devenu localement envahissant hors de son aire native, en particulier en Australie et en Argentine, deux régions sans les grands herbivores qui limitaient autrefois sa propagation.
- Native2
- Envahissante2
- États-Unis
- Mexique
- Argentine
- Australie
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le févier d'Amérique (Gleditsia triacanthos L., 1753), aussi appelé honey locust en anglais, est un grand arbre caduc du genre Gleditsia, dans la famille des Fabaceae. Le genre honore le botaniste allemand Johann Gottlieb Gleditsch, contemporain de Linné ; l'épithète triacanthos vient du grec tri- et akantha, « trois épines », pour les épines ramifiées souvent groupées par trois sur le tronc et les branches du type sauvage. Le nom scientifique décrit donc littéralement ce qu'on voit sur l'écorce d'un sujet sauvage. 1 2
Le nom français dérive de fève : les grandes gousses plates rappellent, en plus grand, celles de la fève commune. Le nom anglais honey locust prête souvent à confusion, car il vient de la pulpe sucrée qui entoure les graines dans la gousse mûre, comparée à celle du caroubier, et non d'une production de miel par l'arbre. 6
Reconnaissance
Gleditsia triacanthos atteint couramment 20 à 30 m de haut pour un étalement de 12 à 20 m, avec une croissance rapide, surtout durant les vingt à trente premières années. Le type sauvage porte de longues épines ramifiées, souvent groupées par trois, de 5 à 8 cm, sur le tronc et les grosses branches ; presque tous les cultivars plantés depuis les années 1950 en sont dépourvus. 2 3
Les feuilles, composées pennées ou bipennées, mesurent 10 à 20 cm de long et portent de nombreuses petites folioles elliptiques, ce qui donne au feuillage une silhouette légère et une ombre tamisée. Vert foncé et luisant dessus, le feuillage jaunit à l'automne. Les fleurs restent petites et verdâtre-jaune : parfumées et groupées en grappes au printemps et en été, elles passent presque inaperçues malgré leur nombre. 2 4
Les gousses, plates et souvent tordues, mesurent 30 à 45 cm de long ; brun rougeâtre puis noir violacé à maturité, elles persistent une bonne partie de l'hiver sur l'arbre avant de tomber. Aucun autre arbre planté couramment en ville n'affiche des gousses aussi longues : c'est ce format, plus que la couleur, qui distingue à distance un sujet du type sauvage d'un cultivar sans fruit comme Shademaster. 4 2
Taxonomie utile
Le nom accepté par POWO est Gleditsia triacanthos L., décrit par Linné en 1753. Plusieurs variétés et formes ont été proposées dans la littérature, dont certaines restent d'un intérêt surtout horticole plutôt que botanique :
- Gleditsia triacanthos var. inermis (L.) Pursh
- Gleditsia triacanthos f. elegantissima (Grosdem.) Rehder
- Gleditsia triacanthos f. pendula (Asch. & Graebn.) Rehder
- Gleditsia triacanthos var. ferox (Desf.) Asch. & Graebn.
- Gleditsia triacanthos f. nana (Loudon) Rehder
Contrairement à elegantissima, pendula, ferox ou nana, cantonnées à des collections botaniques ou des formes rares, var. inermis a une portée commerciale directe : ce nom, dont le statut botanique exact reste discuté selon les référentiels, sert de repère horticole pour toute la lignée sans épines dont dérivent des cultivars vendus en pépinière comme Shademaster ou Skyline. Le nom scientifique accepté demeure Gleditsia triacanthos, épines ou non. 1 3
Habitat et répartition
L'aire native s'étend sur le centre et l'est de l'Amérique du Nord, principalement les vallées alluviales du bassin du Mississippi et de l'Ohio, de la Pennsylvanie au Nebraska, vers le sud jusqu'au Texas, à la Géorgie et au nord-est du Mexique. L'espèce y colonise surtout les sols riches et humides de plaine, en bordure de rivière. 1 2
L'Union internationale pour la conservation de la nature classe Gleditsia triacanthos en préoccupation mineure, une aire native large et une population globalement abondante justifiant ce statut. 8
Largement introduit comme arbre d'ornement dans le monde tempéré, le févier d'Amérique est devenu localement envahissant hors de son aire native, en particulier en Australie, où il forme des fourrés denses le long des cours d'eau, et en Argentine, où il colonise prairies et forêts subtropicales. Ces deux pays partagent un point commun : aucun grand herbivore n'y limite la levée des semis comme le faisaient jadis les mastodontes en Amérique du Nord. En France, il reste surtout un arbre planté, sans statut envahissant reconnu. 10
Cycle et reproduction
La floraison a lieu de mai à juillet selon le climat, sur des grappes de petites fleurs verdâtre-jaune, souvent mêlant fleurs mâles, femelles et hermaphrodites sur un même sujet. Après pollinisation, les gousses se forment lentement et mûrissent en fin d'été, virant du vert au brun rougeâtre puis au noir violacé. 4 2
Les épines ramifiées et les grandes gousses sucrées sont interprétées comme des adaptations héritées d'une époque où de grands herbivores du Pléistocène, mastodontes et autres mégafaunes aujourd'hui disparues, broutaient l'arbre et dispersaient ses graines en avalant la pulpe. Faute de tels disperseurs, les graines tombées près de l'arbre germent moins bien sans l'aide d'animaux plus petits comme le cerf ou l'écureuil. 9
Malgré son appartenance à la famille des Fabaceae, Gleditsia triacanthos ne fixe pas l'azote de façon fiable comme la plupart des légumineuses : aucune nodulation racinaire symbiotique n'a été démontrée avec certitude chez l'espèce, contrairement à des genres proches comme Robinia. En horticulture, le semis après scarification reproduit l'espèce type, mais seul le greffage garantit l'absence d'épines et de gousses d'un cultivar donné. 3
Usages et risques
Le févier d'Amérique est aujourd'hui surtout un arbre d'ornement et d'alignement urbain, apprécié pour son ombre légère qui laisse pousser le gazon en dessous, et pour sa tolérance au sol compacté, à la sécheresse, au sel et à la pollution. Les cultivars sans épines ni gousses ont largement remplacé le type sauvage en ville depuis le milieu du XXᵉ siècle, pour éviter les blessures et le nettoyage des gousses tombées. 4 3
Le bois, dur et résistant à la pourriture, sert surtout aux poteaux et clôtures. Trop rare en volume pour un usage industriel de masse, il alimente plutôt un marché de niche en menuiserie. La pulpe sucrée des gousses a été consommée historiquement par les populations amérindiennes et reste appétée par le bétail et la faune sauvage. 2
L'ASPCA classe Gleditsia triacanthos comme non toxique pour les chats, les chiens et les chevaux. Le danger n'est pas chimique mais mécanique : les longues épines rigides du type sauvage percent la peau, un cultivar sans épines comme Imperial ou Skyline supprimant ce risque à la source. 5
Variétés, confusions et plantes proches
Les cultivars sans épines ni gousses dominent le commerce horticole actuel. Shademaster et Skyline offrent chacun un port régulier, en vase ou pyramidal, pour l'alignement urbain ; Sunburst se distingue par un feuillage doré au débourrement, verdissant en été ; Imperial reste plus compact pour les jardins de taille modeste. Tous dérivent de la lignée sans épines dite var. inermis. 3
Deux arbres prêtent à confusion. Le faux-acacia (Robinia pseudoacacia), autre Fabacée épineuse tolérante à la sécheresse, porte des épines simples et appariées à la base de chaque feuille, jamais ramifiées ni groupées par trois comme chez le févier. Gleditsia japonica, proche cousin asiatique, se distingue quant à lui par des gousses plus étroites et souvent tordues en spirale plutôt que simplement plates. Entre ces trois espèces, le nombre et la disposition des épines tranchent plus vite que la forme des feuilles, presque identique d'un genre à l'autre.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Gleditsia triacanthos L.
- NC State Extension, Gleditsia triacanthos (Honeylocust)
- NC State Extension, Gleditsia triacanthos var. inermis (Thornless Honeylocust)
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Gleditsia triacanthos
- ASPCA, Honey Locust toxicity entry
- Tela Botanica, Gleditsia triacanthos L.
- INPN / MNHN, Gleditsia triacanthos L., 1753 (cd_nom 100330)
- IUCN Red List, Gleditsia triacanthos assessment
- Arnoldia / Harvard University Arboretum, anachronistic fruits and the ghosts who haunt them
- Australian Government, Gleditsia triacanthos weed profile
Questions fréquentes
Le févier d'Amérique est-il toxique pour les chiens et les chats ?
Non. L'ASPCA classe Gleditsia triacanthos comme non toxique pour les chats, les chiens et les chevaux. Le vrai risque vient des épines du type sauvage, capables de blesser sérieusement, et non d'une substance chimique de la plante.
Pourquoi certains féviers n'ont-ils pas d'épines ?
La plupart des cultivars plantés depuis le milieu du XXᵉ siècle dérivent de var. inermis, une variété naturellement sans épines. Le type sauvage, lui, porte des épines ramifiées souvent groupées par trois.
Le févier d'Amérique fixe-t-il l'azote comme les autres légumineuses ?
C'est discuté. Contrairement à la plupart des Fabaceae, aucune nodulation racinaire fiable avec des bactéries fixatrices d'azote n'a été démontrée chez Gleditsia triacanthos, malgré son appartenance à la famille des légumineuses.
D'où vient le nom anglais honey locust ?
Le nom vient de la pulpe sucrée qui entoure les graines à l'intérieur de la gousse mûre, comparée à celle du caroubier. L'arbre n'est pas une source importante de miel malgré ce nom.
Le févier d'Amérique est-il envahissant ?
Hors de son aire native, oui, en particulier en Australie et en Argentine, où il forme des fourrés denses le long des cours d'eau. En France, il reste surtout planté comme arbre d'ornement, sans statut envahissant reconnu.
Quelle est la différence avec le faux-acacia Robinia pseudoacacia ?
Les deux sont des Fabaceae épineuses tolérantes à la sécheresse, mais de genres différents. Les épines du févier sont ramifiées et groupées par trois, tandis que celles du faux-acacia sont simples, appariées à la base de chaque feuille.
Peut-on manger les gousses du févier d'Amérique ?
La pulpe sucrée entourant les graines a été consommée historiquement, mais elle ne constitue pas un aliment courant aujourd'hui. Les graines elles-mêmes, au tégument très dur, ne se mangent pas telles quelles.
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