Lis de flamme (Gloriosa superba, L. 1753)

Le lis de flamme (Gloriosa superba) est une liane tubéreuse vivace de la famille des Colchicaceae, originaire d'Afrique subsaharienne et d'Asie tropicale jusqu'aux îles de la Sonde. Ses feuilles se terminent par une vrille qui lui permet de grimper sans les organes habituels des lianes, et ses tépales réfléchis passent du jaune à la base au rouge-orangé vif à l'extrémité, un dégradé qui évoque une flamme. Fleur nationale du Zimbabwe, l'espèce compte aussi parmi les plantes ornementales les plus toxiques cultivées au jardin, son tubercule concentrant de fortes doses de colchicine.

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Nom scientifiqueGloriosa superba
GenreGloriosa
OrdreLiliales

Lis de flamme, Griffe de tigre, Lis de Malabar, Lis grimpant, Flame lily et Glory lily

Gloriosa rothschildiana, Methonica superba, Gloriosa superba var. angustifolia et Gloriosa superba f. grandiflora

Identité
Toxicité
Extrêmement toxique pour humains et animaux (colchicine du tubercule)
Niveau d'entretien
Modéré
Type de feuilles
Caduc
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
Afrique du SudZimbabweBotswanaAngolaInde
Habitat
Lisières forestières, fourrés, savanes, bushveld et dunes côtières, du niveau de la mer jusqu'à environ 2 500 m d'altitude
Saisonnalité
Floraison
Été
Croissance
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
7/10
Temps de maturation
Floraison dès la première ou deuxième saison selon la taille du tubercule au départ
Multiplication
Division, Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
< 20 km/h
Humidité
50–70 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Non
Sol
Types de sol
Sol drainé, Terreau riche et meuble
Sol salin
Toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Plein soleil, tolère une mi-ombre légère
Intérieur
Véranda, Serre
Distance fenêtre
~ 30 cm d'une fenêtre plein sud, en serre ou véranda
Extérieur
Massif plein soleil, Bac
Pots
Pot avec tuteur, Grand bac
Apparence
Hauteur150–400 cmÉtalement30–100 cm
Feuilles
Vert
Lis de flamme (Gloriosa superba) — feuilles 1
Lis de flamme (Gloriosa superba) — feuilles 2
Lis de flamme (Gloriosa superba) — feuilles 3
Lis de flamme (Gloriosa superba) — feuilles 4
Lis de flamme (Gloriosa superba) — feuilles 5
Fleurs
JauneOrangeRougeTaille6–10 cm
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fleurs 1
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fleurs 2
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fleurs 3
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fleurs 4
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fleurs 5
Fruits
VertMarronTaille6–12 cm
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fruits 1
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fruits 2
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fruits 3
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fruits 4
Lis de flamme (Gloriosa superba) — fruits 5
Port
Lis de flamme (Gloriosa superba) — port 1
Lis de flamme (Gloriosa superba) — port 2
Lis de flamme (Gloriosa superba) — port 3
Lis de flamme (Gloriosa superba) — port 4
Lis de flamme (Gloriosa superba) — port 5
Écorce
Vert
Lis de flamme (Gloriosa superba) — écorce 1

Répartition mondiale

L'aire native de Gloriosa superba couvre une grande partie de l'Afrique subsaharienne (Afrique du Sud, Zimbabwe, Botswana, Angola), le sous-continent indien et l'Asie tropicale jusqu'aux îles de la Sonde. Diffusée par l'horticulture et par l'usage médicinal traditionnel, la plante s'est naturalisée bien au-delà de cette aire, au point d'être classée envahissante dans plusieurs territoires tropicaux.

  • Native5
  • Introduite1
  • Envahissante2
  • Afrique du Sud
  • Zimbabwe
  • Botswana
  • Angola
  • Inde
  • États-Unis (Floride, Alabama)
  • Australie orientale
  • Polynésie française

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

Le lis de flamme (Gloriosa superba L., 1753), aussi appelé griffe de tigre, est une liane tubéreuse vivace de la famille des Colchicaceae, seule espèce du genre largement diffusée en horticulture. POWO et IPNI retiennent Gloriosa superba comme nom accepté, publié par Linné dans son Species Plantarum. 1 2

Le nom de genre vient du latin gloriosus, « glorieux » ou « splendide » : il décrit les tépales réfléchis et flamboyants de la fleur, seul organe qui a motivé ce choix taxonomique. En Afrique australe et en Asie, la plante porte aussi les noms de lis grimpant et de lis de Malabar ; le sous-continent indien la connaît surtout par ses usages médicinaux traditionnels, malgré une toxicité extrême. 10

L'espèce est la fleur nationale du Zimbabwe. La reine Elizabeth II a reçu une broche en diamant en forme de cette fleur lors de sa visite en Rhodésie en 1947, épisode que les sources botaniques citent depuis comme preuve de ce statut national. 9

Reconnaissance

Gloriosa superba est une liane herbacée grimpante issue d'un tubercule souterrain en forme de doigt, cassant et toxique. Les tiges grêles atteignent couramment 1,5 à 2,5 m en culture, jusqu'à 4 m en climat tropical favorable, et s'accrochent à un support grâce à des vrilles situées au bout des feuilles : un mode d'ancrage rare, alors que la plupart des lianes grimpent par des vrilles axillaires ou par enroulement de la tige. 3 4

Sur la douzaine d'espèces du genre, Gloriosa superba se reconnaît d'abord à sa fleur : six tépales réfléchis, ondulés sur les bords, mesurant chacun 5 à 7,6 cm. Les tépales s'ouvrent jaunes à la base puis virent au rouge-orangé vif en vieillissant, un dégradé qui a donné à la plante son nom commun le plus utilisé aujourd'hui, plus répandu que griffe de tigre ou lis de Malabar. Six longues étamines à pollen jaune se déploient en étoile sous les tépales. 9

Après la floraison, une capsule allongée de 6 à 12 cm renferme des graines rouges à maturité. Le tubercule, lui, ressemble dangereusement à une patate douce ou à un igname : plusieurs intoxications graves documentées en Asie et en Afrique partagent cette même origine, une récolte informelle où le tubercule est pris pour un légume comestible. 9

Taxonomie utile

Chez Gloriosa superba, plusieurs noms ont circulé avant que POWO ne stabilise la synonymie autour du binôme actuel. Gloriosa rothschildiana O'Brien reste aujourd'hui le nom commercial dominant, utilisé pour les sujets aux tépales rouge vif et base jaune franche, alors que Methonica superba (L.) Crantz, plus ancien, est un simple synonyme homotypique issu d'un genre aujourd'hui abandonné. 1 2

Le genre Gloriosa compte une douzaine d'espèces acceptées, presque toutes originaires d'Afrique australe et orientale, dont Gloriosa simplex, aux tépales moins ondulés et à la répartition plus restreinte. Sur une étiquette de vente qui se limite au seul nom de genre, seul le binôme complet permet de distinguer Gloriosa superba de ses proches parentes africaines. 1

Habitat et répartition

L'aire native de Gloriosa superba couvre une grande partie de l'Afrique subsaharienne, notamment l'Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Botswana et l'Angola, ainsi que le sous-continent indien et l'Asie tropicale jusqu'aux îles de la Sonde. En Afrique australe, l'espèce pousse en lisière de forêt, dans le bushveld, les savanes et jusque sur les dunes côtières. 1 6

L'UICN classe Gloriosa superba en préoccupation mineure à l'échelle mondiale : l'espèce reste commune sur une aire très large, même si la cueillette sauvage pour l'extraction pharmaceutique de colchicine a localement appauvri certaines populations en Inde. 8

Diffusée par l'horticulture, Gloriosa superba s'est naturalisée bien au-delà de son aire native, en Floride, en Alabama et dans les Caraïbes. En Australie orientale, l'espèce est devenue une adventice classée parmi les cent plantes les plus envahissantes du sud-est du Queensland : ses tubercules y atteignent des densités de 70 à 100 par mètre carré sur les dunes de l'île Moreton et de Fraser Island, assez pour évincer la végétation native de ces cordons littoraux. 7

Cycle et floraison

Chez Gloriosa superba, la floraison a lieu en été austral en Afrique, de novembre à mars ; en culture sous climat tempéré, elle se produit plutôt de juillet à septembre, une fois la chaleur bien installée. En dehors de cette période, le tubercule reste dormant et ne doit recevoir aucune eau tant que le feuillage n'a pas redémarré : un arrosage prématuré pendant la dormance fait pourrir le tubercule avant même qu'il ne reparte. 6 3

Le pollinisateur de Gloriosa superba reste incomplètement identifié : la forme des tépales réfléchis suggère un visiteur volant puissant, doté d'un long bec ou d'une longue trompe, souvent rapproché des sunbirds et de certains papillons. 6

La multiplication horticole de l'espèce se fait surtout par division de tubercule en fin d'hiver : chaque fragment portant un bourgeon ne donne qu'une seule nouvelle plante par an, ce qui rend la propagation commerciale bien plus lente qu'un semis mené en masse. Le semis reste possible, avec une germination accélérée par scarification chimique des graines. 4

Usages et risques

Gloriosa superba est extrêmement toxique dans toutes ses parties, en particulier le tubercule, qui concentre de fortes doses de colchicine et de gloriocine. L'ingestion provoque nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhées sanglantes, pouvant évoluer vers des convulsions, un coma et une polyneuropathie ascendante. L'ASPCA classe la plante comme toxique pour les chats, les chiens et les chevaux. 5 9

Malgré cette toxicité, la médecine traditionnelle indienne et africaine emploie le tubercule contre la goutte, les morsures de serpent ou pour faciliter l'accouchement, et le genre reste une source commerciale de colchicine pharmaceutique utilisée sous contrôle médical strict. Ces usages traditionnels ne changent rien à la règle de sécurité de base : port de gants obligatoire, plante hors de portée des enfants et des animaux. 4 9

Au jardin, Gloriosa superba se cultive uniquement en ornementale, sur treillage ou obélisque, ou en pot sous serre en climat frais : elle ne tolère aucun gel, et un tubercule laissé en pleine terre au-delà de la première gelée ne repart pas au printemps suivant. 3

Variétés, confusions et plantes proches

Entre les deux formes horticoles courantes de Gloriosa superba, Rothschildiana reste la référence commerciale : héritée de l'ancien nom Gloriosa rothschildiana, elle se distingue par des tépales plus larges, rouge vif à base jaune franche, à la différence de Citrina, qui produit des fleurs presque entièrement jaunes, dépourvues du dégradé rouge typique de l'espèce type. 1

Le risque de confusion le plus documenté autour de Gloriosa superba concerne son tubercule : lors de récoltes informelles, il est bien plus souvent pris pour une patate douce ou un igname comestible que pour une autre plante ornementale, une erreur à l'origine de plusieurs intoxications mortelles documentées en Asie et en Afrique. 9

Par la silhouette de ses tépales réfléchis et ondulés, Gloriosa superba rappelle aussi certains lys à fleurs turban comme Lilium martagon ; leur toxicité et leur mode de grimpe diffèrent pourtant totalement, puisque le lis martagon ne grimpe pas et n'utilise aucune vrille foliaire. 10

Sources principales

Questions fréquentes

Le lis de flamme est-il dangereux ?

Oui. Toutes les parties de la plante, et surtout le tubercule, contiennent de fortes doses de colchicine. L'ingestion peut être mortelle chez l'humain comme chez l'animal ; le port de gants est recommandé pour toute manipulation.

Le tubercule peut-il être confondu avec un légume ?

Oui, avec une patate douce ou un igname. Cette confusion est à l'origine de plusieurs intoxications graves documentées en Asie et en Afrique lors de récoltes informelles.

Pourquoi les fleurs changent-elles de couleur ?

Les tépales s'ouvrent jaunes à la base puis virent au rouge-orangé vif en vieillissant. Ce dégradé, qui évoque une flamme, a donné son nom commun le plus répandu à la plante.

Gloriosa superba est-elle la fleur nationale du Zimbabwe ?

Oui. La reine Elizabeth II a reçu une broche en diamant en forme de cette fleur lors de sa visite en Rhodésie en 1947, un hommage resté associé à ce statut national.

Comment planter le tubercule sans le casser ?

Le tubercule est cassant et sa sève irritante ; il se plante avec des gants, presque à l'horizontale, à 7-10 cm de profondeur, une fois les risques de gel écartés au printemps.

La plante est-elle envahissante ?

Oui, en Australie orientale et en Polynésie française, où elle forme des monocultures denses sur les dunes côtières et concurrence fortement la végétation locale.

Peut-on cultiver Gloriosa superba en pleine terre en France métropolitaine ?

Pas durablement. La plante ne tolère aucun gel et se cultive surtout en pot sous serre ou véranda, ou avec un tubercule remonté chaque hiver hors gel.

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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.