Mouron rouge (Lysimachia arvensis, )
Le mouron rouge (Lysimachia arvensis), longtemps classé dans le genre Anagallis, est une messicole annuelle de la famille des Primulaceae, commune dans les champs cultivés, jardins et bords de chemins d'Europe, d'Asie occidentale et d'Afrique du Nord. Ses petites fleurs scarlet ou bleues ne s'ouvrent que par temps clair, ce qui lui vaut le surnom de baromètre du pauvre.
Lire la suiteMouron rouge, Mouron des champs, Mouron rouge des champs, Mouron commun, Miroir-du-temps et Scarlet pimpernel
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Répartition mondiale
Le WCVP situe l'aire native de Lysimachia arvensis de l'Europe à l'Asie centrale et à l'Himalaya, ainsi qu'en Afrique du Nord jusqu'à l'Éthiopie et la péninsule Arabique. L'espèce est aujourd'hui naturalisée sur presque tous les continents.
- Native4
- Introduite4
- France métropolitaine
- Europe
- Afrique du Nord
- Asie occidentale
- États-Unis
- Australie
- Amérique du Sud
- Afrique australe
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le mouron rouge (Lysimachia arvensis (L.) U.Manns & Anderb., 2009), longtemps classé dans le genre Anagallis, est une espèce acceptée de la famille des Primulaceae. Une étude de phylogénie moléculaire a montré que l'ancien genre Anagallis était imbriqué dans Lysimachia, ce qui a justifié le transfert du nom en 2009. 1 7
En français, les noms mouron rouge, mouron des champs et mouron commun désignent la même plante ; le nom miroir-du-temps rappelle son comportement floral lié à la météo, un trait aussi à l'origine du nom anglais scarlet pimpernel. 2 3
Le mouron rouge est une messicole annuelle des champs cultivés. Deux signes suffisent à l'identifier sur le terrain : la tige carrée en section et les petits points noirs au revers des feuilles. Sa toxicité modérée pour le bétail et sa ressemblance avec le mouron des oiseaux expliquent l'essentiel des questions qu'il suscite. 3
Reconnaissance
Lysimachia arvensis est une petite herbacée étalée, aux tiges quadrangulaires (carrées en section), longues de 5 à 30 cm, parfois plus en situation favorable. Les feuilles, opposées et sessiles, sont ovales et portent au revers de petits points glanduleux noirs, un critère souvent décisif face aux plantes qui lui ressemblent. 2 4
Les fleurs sont solitaires à l'aisselle des feuilles, larges de 10 à 15 mm : la couleur scarlet à centre pourpre domine largement, les formes bleues restant l'exception sur le terrain. Elles ne s'ouvrent que par lumière suffisante, généralement en matinée, et se referment avant la pluie ou en fin de journée. 2 3
Le fruit est une capsule sphérique qui s'ouvre par un couvercle à maturité, entre août et octobre dans l'hémisphère nord, libérant de nombreuses petites graines dispersées par le vent ou la pluie lorsque la tige plie sous leur poids. 5
Taxonomie utile
Le nom accepté est Lysimachia arvensis (L.) U.Manns & Anderb., publié en 2009 après le rattachement moléculaire du genre Anagallis à Lysimachia. Le basionyme Anagallis arvensis L. 1753 reste courant dans la littérature horticole et botanique de terrain, publiée pour la plupart avant le transfert de genre de 2009. 1 8
Le WCVP rattache plusieurs taxons infraspécifiques au même nom accepté, dont :
- Lysimachia arvensis var. caerulea (L.) Turland & Bergmeier, la forme bleue historique ;
- Lysimachia arvensis subsp. parviflora (Hoffmanns. & Link) Peruzzi ;
- Lysimachia arvensis f. latifolia (L.) B.Bock.
L'espèce la plus proche, Lysimachia foemina (l'ancien mouron bleu ou Anagallis foemina), a longtemps été traitée comme une simple forme colorée du mouron rouge. Les analyses moléculaires la traitent aujourd'hui comme une espèce distincte, plus proche de Lysimachia monelli que de Lysimachia arvensis. 7 6
Habitat et répartition
Le WCVP situe l'aire native de Lysimachia arvensis de l'Europe à l'Asie centrale et à l'Himalaya, avec un prolongement en Afrique du Nord jusqu'à l'Éthiopie et la péninsule Arabique. 1
Le mouron rouge pousse dans les champs cultivés, les jachères, les bords de chemins et les sols perturbés, avec une préférence marquée pour les substrats légers et sableux ; on le trouve aussi sur dunes et terrains littoraux. 3 2
L'espèce s'est naturalisée sur presque tous les continents, portée par les activités agricoles humaines. L'Atlas of Florida Plants la classe comme non native mais bien établie aux États-Unis, et le GBIF rassemble des observations sur les cinq continents. 4 6
Cycle et reproduction
Le WCVP décrit Lysimachia arvensis comme annuelle ou bisannuelle selon les conditions locales. La floraison s'étale du printemps à l'automne, avec une intensité maximale en été sur sol ensoleillé. 1 2
Les fleurs s'ouvrent quand la lumière est suffisante, en général entre 8 h et 15 h, et se referment avant la pluie ou à la tombée du jour. Cette dépendance à la lumière plutôt qu'à l'horloge vaut à la plante son surnom de baromètre du pauvre. 3
La multiplication se fait uniquement par graine. Après fécondation, la capsule mûrit puis s'ouvre par un couvercle ; les graines tombent au sol ou sont dispersées par le vent, constituant une banque de semences qui explique la réapparition régulière de la plante sur un même terrain remanié. 5
Usages et risques
Historiquement, la plante a été employée en usage externe sur les plaies à cicatrisation lente et comme expectorant, et à l'occasion en usage interne contre le prurit ou les rhumatismes. La présence de saponines empêche de recommander aujourd'hui l'usage interne contre ces mêmes troubles. 3
La toxicité tient surtout à des saponines. À forte dose, l'ingestion provoque des troubles digestifs chez le bétail, et les graines présentent une toxicité légère pour certains mammifères et oiseaux. Le contact avec le feuillage peut aussi causer une dermite chez les personnes sensibles. 3
Aucun usage alimentaire n'est retenu aujourd'hui pour cette espèce : la fiche PFAF ne recense aucune préparation culinaire fiable. Mieux vaut donc écarter les jeunes enfants et les animaux domestiques d'un jardin où la plante pousse en abondance. 3
Variétés, confusions et plantes proches
Les formes colorées documentées comprennent surtout la forme scarlet typique et une forme bleue plus rare, rattachée par le WCVP à Lysimachia arvensis var. caerulea. Cette forme bleue ne doit pas être confondue avec l'espèce voisine Lysimachia foemina, aujourd'hui reconnue séparément. 8 7
La confusion la plus fréquente sur le terrain concerne le mouron des oiseaux, Stellaria media, qui partage l'habitat rudéral et une partie du nom commun. Sa tige ronde et velue sur une seule ligne, ainsi que ses fleurs blanches en étoile, la distinguent nettement de la tige carrée et des fleurs scarlet ou bleues du mouron rouge. 4
Dans la même famille des Primulaceae, le genre Lysimachia regroupe aussi des espèces horticoles bien différentes par le port, comme la lysimaque rampante cultivée en couvre-sol ou les primevères de jardin, avec lesquelles le mouron rouge ne partage que la parenté botanique. 1
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Lysimachia arvensis (L.) U.Manns & Anderb.
- Royal Horticultural Society, Anagallis arvensis - scarlet pimpernel
- Plants For A Future, Anagallis arvensis - scarlet pimpernel
- Atlas of Florida Plants, Lysimachia arvensis - scarlet pimpernel
- USDA PLANTS Database, plant profile ANAR - scarlet pimpernel
- GBIF, species page, Lysimachia arvensis (L.) U.Manns & Anderb.
- Manns & Anderberg 2007, phylogeny and generic limits in the tribe Lysimachieae, Molecular Phylogenetics and Evolution
- Tropicos / Missouri Botanical Garden, name record, Lysimachia arvensis
Questions fréquentes
Le mouron rouge est-il toxique ?
Il contient des saponines. Ingéré en quantité, il provoque des troubles digestifs chez le bétail ; le contact avec le feuillage peut aussi irriter la peau des personnes sensibles.
Pourquoi les fleurs du mouron rouge se referment-elles ?
Elles répondent à la lumière et à l'humidité. Elles s'ouvrent surtout en matinée par temps clair et se referment avant la pluie ou en fin de journée, d'où le surnom de baromètre du pauvre.
Quelle différence avec le mouron des oiseaux ?
Stellaria media a une tige ronde et velue sur une seule ligne, avec des fleurs blanches en étoile. Lysimachia arvensis a une tige carrée et des fleurs scarlet ou bleues, solitaires à l'aisselle des feuilles.
Le mouron rouge est-il le même que le mouron bleu ?
Non, plus systématiquement. Les études moléculaires récentes traitent le mouron bleu comme une espèce distincte, Lysimachia foemina, plutôt que comme une simple forme colorée de Lysimachia arvensis.
Pourquoi ce nom a-t-il changé d'Anagallis à Lysimachia ?
Une étude phylogénétique moléculaire a montré que le genre Anagallis était imbriqué dans Lysimachia. Le nom accepté est devenu Lysimachia arvensis (L.) U.Manns & Anderb. en 2009.
Le mouron rouge est-il envahissant en France ?
Non. C'est une espèce native, considérée comme une messicole commune des champs cultivés, pas comme une plante exotique envahissante.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







