Dattier des Canaries (Phoenix canariensis, H.Wildpret 1882)

Le dattier des Canaries (Phoenix canariensis) est un palmier endémique de l'archipel des Canaries, dans la famille des Arecaceae. Son tronc massif et solitaire, coiffé d'une couronne dense de plus d'une centaine de palmes, en fait l'un des palmiers ornementaux les plus plantés au monde, du pourtour méditerranéen à la Californie, alors même que son fruit reste minuscule et peu comestible, à la différence du dattier commun auquel on le confond souvent.

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Nom scientifiquePhoenix canariensis
GenrePhoenix
OrdreArecales

Dattier des Canaries, Palmier des Canaries, Faux dattier, Phénix des Canaries, Canary Island date palm et Palmera canaria

Identité
Toxicité
Non toxique : humains, dont enfants, chats, chiens, chevaux et animaux
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
Espagne
Habitat
Zone de transition entre laurisylve ou pinède et végétation xérophile côtière ; du niveau de la mer à environ 1200 m d'altitude
Saisonnalité
Floraison
Printemps
Récolte
ÉtéAutomne
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
2/10
Temps de maturation
Stipe visible après 10 à 20 ans ; première fructification vers 20 à 30 ans
Multiplication
Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
40–60 km/h
Humidité
30–60 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol drainé et chaud, Sol léger sableux
Sol salin
Toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.

Plein soleil direct exigé à l'âge adulte
Intérieur
Véranda, Pièce lumineuse
Distance fenêtre
~ 60 cm d'une baie plein sud (jeune sujet en pot)
Extérieur
Massif ensoleillé, Jardin littoral
Pots
Grand pot drainant, Terre cuite
Apparence
Hauteur1000–2000 cmÉtalement600–1200 cm
Feuilles
Vert
Phoenix canariensis — feuilles 1
Phoenix canariensis — feuilles 2
Phoenix canariensis — feuilles 3
Phoenix canariensis — feuilles 4
Phoenix canariensis — feuilles 5
Fleurs
CrèmeJauneTaille100–200 cm
Phoenix canariensis — fleurs 1
Phoenix canariensis — fleurs 2
Phoenix canariensis — fleurs 3
Phoenix canariensis — fleurs 4
Phoenix canariensis — fleurs 5
Fruits
JauneOrange
Phoenix canariensis — fruits 1
Phoenix canariensis — fruits 2
Phoenix canariensis — fruits 3
Phoenix canariensis — fruits 4
Phoenix canariensis — fruits 5
Port
Phoenix canariensis — port 1
Phoenix canariensis — port 2
Phoenix canariensis — port 3
Phoenix canariensis — port 4
Phoenix canariensis — port 5
Écorce
Marron
Phoenix canariensis — écorce 1
Phoenix canariensis — écorce 2
Phoenix canariensis — écorce 3
Phoenix canariensis — écorce 4
Phoenix canariensis — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native de Phoenix canariensis se limite strictement à l'archipel des Canaries, où l'espèce est endémique. Largement diffusée en horticulture depuis la fin du XIXᵉ siècle, elle s'est naturalisée voire devenue envahissante dans plusieurs régions au climat méditerranéen ou subtropical, notamment en Californie et en Australie.

  • Native1
  • Introduite2
  • Envahissante3
  • Îles Canaries (Espagne)
  • Espagne continentale
  • Maroc
  • Californie (États-Unis)
  • Australie
  • Nouvelle-Zélande

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

Comparé à son cousin le dattier commun, dont l'aire native reste incertaine faute de populations sauvages clairement identifiées, le dattier des Canaries (Phoenix canariensis H.Wildpret, 1882) est un palmier strictement endémique de l'archipel des îles Canaries. Le dattier des Canaries appartient à la famille des Arecaceae, et l'épithète canariensis fixe justement cette origine géographique restreinte. 1 7

Le nom de genre Phoenix remonte au grec ancien φοῖνιξ. Théophraste l'employait déjà pour désigner les palmiers dattiers, probablement en écho aux Phéniciens qui diffusaient ces arbres autour de la Méditerranée, bien avant que Hermann Wildpret ne décrive scientifiquement l'espèce en 1882. 8

Reconnaissance

Phoenix canariensis se reconnaît d'abord à son stipe massif et solitaire : un repère fiable pour l'identifier même sans fleurs ni fruits, capable de dépasser 60 cm de diamètre et d'atteindre 10 à 20 m de hauteur, avec des records rapportés jusqu'à 36 m chez les plus vieux sujets. Le dattier des Canaries ne produit jamais de rejets basaux en culture tempérée, à la différence du dattier commun : un sujet isolé le reste toute sa vie. 2

Pour distinguer les deux palmiers sur le terrain, mieux vaut compter les palmes de la couronne que chercher des fleurs ou des fruits : le dattier des Canaries en aligne couramment 75 à 125, parfois plus de 400 sur un sujet remarquable de la Côte d'Azur, contre seulement 30 à 40 chez Phoenix dactylifera. Chaque palme, longue de 4 à 6 m, porte 80 à 100 folioles vert franc de chaque côté du rachis, dont les plus basses durcissent en épines rigides et acérées. 3

Le fruit, ovale et jaune à orange à maturité, ne mesure qu'environ 2 cm de long pour 1 cm de diamètre, une taille bien inférieure à celle de la datte du commerce. Sa chair fine reste comestible mais peu sucrée : c'est justement ce qui explique pourquoi elle n'est presque jamais récoltée à grande échelle. 4

Taxonomie utile

L'espèce a longtemps été confondue avec son parent cultivé. Le nom Phoenix jubae, publié en 1885 par Webb ex Christ, dérive d'ailleurs d'une variété initialement décrite en 1847 comme Phoenix dactylifera var. jubae : le dattier des Canaries a donc d'abord été considéré comme une simple forme du dattier commun, avant d'être reconnu comme une espèce distincte. Les principaux synonymes à connaître sont :

  • Phoenix jubae (Webb & Berthel.) Webb ex Christ
  • Phoenix cycadifolia Regel
  • Phoenix erecta Sauv.
  • Phoenix tenuis B.S.Williams
  • Phoenix senegalensis Lesch. ex André
  • Phoenix canariensis var. porphyrococca Vasc. & Franco

Comparé à ces synonymes historiques, tels que Phoenix jubae ou Phoenix cycadifolia, le nom scientifique accepté, Phoenix canariensis H.Wildpret, reste le repère le plus fiable pour identifier l'espèce dans un référentiel taxonomique, malgré une paternité parfois attribuée à tort à Chabaud dans le commerce horticole. 1 7

Habitat et répartition

Dans son aire native, l'espèce occupe une zone de transition entre la laurisylve ou la pinède d'altitude et la végétation xérophile côtière, du niveau de la mer jusqu'à environ 1200 m, une position intermédiaire qui explique pourquoi le dattier des Canaries tolère aussi bien un air humide qu'un substrat sec et minéral. 4

Diffusé massivement en horticulture depuis la fin du XIXᵉ siècle, soit plus de 130 ans, Phoenix canariensis s'est naturalisé, et par endroits devenu envahissant, dans plusieurs régions au climat méditerranéen ou subtropical. En Californie côtière, l'espèce concurrence la végétation indigène : elle a été documentée en train de déplacer des arbres locaux et de modifier le régime hydrologique de certains cours d'eau, un déséquilibre également signalé en Australie et en Nouvelle-Zélande. 6

En France métropolitaine en revanche, le dattier des Canaries reste une plante ornementale largement plantée sur le pourtour méditerranéen, sans naturalisation documentée à large échelle comparée à celle observée en Californie. 2

Cycle et reproduction

Phoenix canariensis est dioïque : chaque pied porte soit des fleurs mâles, soit des fleurs femelles, jamais les deux. L'inflorescence, enveloppée d'abord d'une spathe ligneuse de 60 à 100 cm, développe ensuite, chez les sujets adultes, un pédoncule qui s'allonge jusqu'à 1,6 à 2 m à maturité. 3

Chez les sujets cultivés en pleine terre, la croissance reste particulièrement lente en jeunesse : il faut environ quinze ans pour à peine dépasser 3 m de stipe visible, le temps que la plante concentre son énergie sur les racines et la touffe foliaire basale. 2

En culture, la reproduction se fait presque exclusivement par semis : les graines lèvent en 1 à 2 mois sous chaleur soutenue, et c'est la seule méthode qui produit des sujets vigoureux, faute de rejets basaux exploitables comme chez le dattier commun. 4

Usages et risques

L'usage principal reste ornemental : le dattier des Canaries est planté en alignement urbain ou en jardin méditerranéen, et en pot durant les premières années, partout où le climat le permet. En 1897, la ville californienne de Healdsburg a planté l'espèce sur sa place centrale dans le seul but de se donner une image tropicale, un choix qui a largement contribué à sa diffusion sur la côte ouest américaine. 2

Selon l'ASPCA, les palmiers du genre Phoenix, dont le dattier des Canaries, figurent parmi les plantes non toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Les folioles basales transformées en épines rigides restent malgré tout un risque de blessure mécanique bien documenté, notamment lors de la taille. 5

Deux menaces dominent la culture de l'espèce. Arrivé en Europe au début des années 2000, le charançon rouge du palmier détruit le bourgeon terminal et peut tuer un sujet adulte en quelques années, surtout chez les palmiers non surveillés. La fusariose vasculaire et le jaunissement mortel complètent la liste des maladies les plus redoutées, sans solution curative fiable une fois la couronne atteinte. 3

Variétés, confusions et plantes proches

L'espèce ne compte pas de cultivars horticoles largement diffusés : la var. porphyrococca, rapportée du Cap-Vert avec des fruits plus foncés, et le nom Phoenix atlantica, parfois utilisé pour ces mêmes populations, restent des cas taxonomiques débattus plutôt que des sélections de jardin. 1

Les confusions fréquentes concernent quatre plantes. Phoenix dactylifera, le vrai dattier, a un stipe plus fin, produit des rejets basaux, et donne la datte du commerce. Phoenix sylvestris, le dattier sauvage d'Inde, est exploité surtout pour sa sève sucrée. Phoenix roebelenii, le dattier nain, ne dépasse pas 3 m de haut, contre 10 à 20 m chez le dattier des Canaries, et se vend comme plante d'intérieur. Enfin, les Washingtonia portent un stipe comparable, mais leurs palmes en éventail, palmées et non pennées, trahissent immédiatement une autre lignée de palmiers.

Sources principales

Questions fréquentes

Le Phoenix canariensis est-il toxique pour les chiens et les chats ?

Non. L'ASPCA classe les palmiers du genre Phoenix, dont le dattier des Canaries, parmi les plantes non toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Les folioles basales transformées en épines rigides restent malgré tout un risque de blessure mécanique.

Peut-on manger les fruits du dattier des Canaries ?

Techniquement oui, la pulpe orangée est comestible, mais elle reste fine et peu sucrée comparée à une vraie datte. Le fruit n'est pratiquement jamais commercialisé ; seule la sève, transformée en miel de palme sur l'île de La Gomera, constitue un usage alimentaire réel de l'espèce.

Comment distinguer Phoenix canariensis de Phoenix dactylifera, le vrai dattier ?

Le dattier des Canaries a un stipe plus massif et strictement solitaire, sans rejets basaux, et une couronne beaucoup plus dense (75 à 125 palmes contre 30 à 40). Son fruit reste minuscule et peu comestible, alors que celui du dattier commun est la datte du commerce.

Pourquoi le dattier des Canaries pousse-t-il si lentement ?

Le stipe reste invisible pendant 10 à 15 ans, période durant laquelle la plante concentre son énergie sur les racines et la touffe foliaire basale. Un sujet en pleine terre peut mettre 15 à 30 ans pour atteindre sa taille adulte, ce qui explique la valeur commerciale élevée des grands spécimens transplantés.

Le dattier des Canaries est-il envahissant ?

Oui, dans plusieurs régions à climat méditerranéen ou subtropical, notamment en Californie côtière et en Australie, où l'espèce se naturalise le long des cours d'eau et concurrence la végétation indigène. En France métropolitaine, il reste pour l'instant une plante cultivée sans naturalisation documentée à large échelle.

Quelles sont les principales menaces du dattier des Canaries ?

Le charançon rouge du palmier, arrivé en Europe au début des années 2000, détruit le bourgeon terminal et peut tuer un sujet adulte en quelques années. La fusariose vasculaire et le jaunissement mortel complètent la liste des maladies les plus redoutées, sans traitement curatif fiable une fois la couronne atteinte.

D'où vient le nom Phoenix canariensis ?

L'épithète canariensis indique l'origine géographique, les îles Canaries. Le nom de genre Phoenix remonte au grec ancien et désignait déjà les palmiers dattiers chez Théophraste, plusieurs siècles avant la description botanique de l'espèce par Hermann Wildpret en 1882.

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