Jacinthe d'eau (Pontederia crassipes, Mart. 1823)

La jacinthe d'eau (Pontederia crassipes), longtemps classée sous le nom Eichhornia crassipes, est une plante aquatique flottante des Pontederiaceae, originaire du bassin amazonien et du Rio de la Plata en Amérique du Sud. Reconnaissable à ses pétioles renflés en flotteurs spongieux et à ses épis de fleurs mauves, elle double sa biomasse en quelques jours et figure parmi les 100 espèces envahissantes les plus dommageables au monde selon l'UICN.

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Nom scientifiquePontederia crassipes
GenrePontederia
OrdreCommelinales

Jacinthe d'eau, Jacinthe d'eau commune, Eichhornie, Water hyacinth, Aguapé et Jacinto de agua

Identité
Toxicité
Non classé toxique par l'ASPCA (chien, chat, cheval)
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Plante aquatique · Rosette
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
BrésilArgentineUruguay
Habitat
Eaux calmes ou à faible courant : lacs, étangs, canaux d'irrigation, rivières lentes et rizières des régions tropicales et subtropicales
Saisonnalité
Floraison
Été
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
10/10
Temps de maturation
Rosette adulte en quelques semaines, floraison possible en climat chaud et bien exposé
Multiplication
Division des rejets, Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Non
Sol
pH du sol
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Plein soleil à mi-ombre légère
Apparence
Hauteur10–100 cmÉtalement20–45 cm
Feuilles
Vert
Fleurs
VioletBleuJaune

Répartition mondiale

L'aire native de Pontederia crassipes se situe en Amérique du Sud, dans le bassin amazonien et le bassin du Rio de la Plata (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Diffusée dès la fin du XIXᵉ siècle par le commerce ornemental, l'espèce est aujourd'hui présente sur tous les continents sauf l'Antarctique et classée espèce exotique envahissante préoccupante pour l'Union européenne depuis 2016.

  • Native3
  • Introduite1
  • Envahissante5
  • Brésil
  • Argentine
  • Uruguay
  • France métropolitaine
  • États-Unis
  • Kenya
  • Chine
  • Australie
  • Inde

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

La jacinthe d'eau (Pontederia crassipes Mart., 1823) est une plante aquatique flottante de la famille des Pontederiaceae, longtemps connue sous le nom Eichhornia crassipes. La chaleur au-dessus de 25 °C stimule fortement sa multiplication : sa biomasse double en 10 à 18 jours, une vitesse qui la classe parmi les 100 espèces envahissantes les plus dommageables recensées par l'UICN. 3 Une révision phylogénétique publiée en 2018 a montré que le genre Eichhornia n'était pas un groupe naturel distinct des autres Pontederia et l'y a rattaché ; l'ancien nom reste pourtant dominant dans la littérature scientifique et les textes réglementaires. 1 2

Son épithète crassipes signifie « au pied épais » et désigne le pétiole renflé qui porte chaque feuille, une structure spongieuse remplie d'air. Ce pétiole gonflé a aussi valu à l'ancien nom de genre, Eichhornia, un hommage au ministre prussien Johann Albrecht Friedrich von Eichhorn ; le nom français, lui, vient simplement de la ressemblance de l'épi floral avec la jacinthe des jardins, sans parenté botanique réelle. 10 8

Reconnaissance

La plante forme une rosette flottante de feuilles ovales à orbiculaires, luisantes et coriaces, sans tige visible entre le feuillage et les racines. Le repère le plus fiable pour l'identifier reste le pétiole bulbeux, gonflé comme un flotteur spongieux : ni Pistia stratiotes (rosette veloutée à pétiole plat) ni Pontederia cordata (enracinée au fond) ne présentent cette structure. 6 7

Sous la rosette pendent des racines plumeuses, teintées de bleu-noir à violacé, qui peuvent atteindre 1 m de long en eau profonde ; elles servent à la fois de lest et d'organe d'absorption des nutriments dissous. 7

La floraison porte une hampe dressée, haute de 20 à 50 cm, terminée par un épi de 8 à 15 fleurs mauves à violettes, chacune marquée d'une tache jaune sur le pétale supérieur. Chaque fleur ne s'ouvre qu'une seule journée, mais l'épi entier reste attractif pendant plusieurs jours grâce à l'ouverture échelonnée des boutons. 6

Taxonomie utile

Le genre Eichhornia, aujourd'hui absorbé dans Pontederia, a longtemps dominé les classifications de cette espèce et produit une longue liste de noms redondants. Les principaux synonymes à connaître sont :

  • Eichhornia crassipes (Mart.) Solms
  • Piaropus crassipes (Mart.) Raf.
  • Oshuna crassipes (Mart.) A.Haines
  • Eichhornia crassicaulis Schltdl.
  • Eichhornia speciosa Kunth
  • Heteranthera formosa Miq.
  • Pontederia crassicaulis Schltdl.

Eichhornia crassipes reste, encore aujourd'hui, plus employé que Pontederia crassipes elle-même : le règlement européen 1143/2014, qui interdit l'espèce depuis 2016, la désigne toujours sous son ancien nom, tout comme la majorité des publications antérieures à 2018. Le nom scientifique accepté demeure cependant Pontederia crassipes Mart. 1 4

Habitat et répartition

L'aire native se situe en Amérique du Sud, dans le bassin amazonien et le bassin du Rio de la Plata, entre le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. 3 Introduite comme plante ornementale dès la fin du XIXᵉ siècle, notamment lors d'une exposition à La Nouvelle-Orléans en 1884, elle s'est ensuite répandue par le commerce des bassins et de l'aquariophilie vers la quasi-totalité des régions tropicales et subtropicales du globe. 10

L'espèce est aujourd'hui présente sur tous les continents sauf l'Antarctique et considérée comme l'une des 100 pires espèces envahissantes recensées par l'UICN. 3 Ses populations les plus documentées se trouvent sur le lac Victoria en Afrique de l'Est, dans le delta du Nil et dans de nombreux réseaux d'irrigation d'Asie du Sud. En France métropolitaine, elle n'est pas indigène et reste surveillée comme espèce introduite à risque. 9 Depuis 2016, elle figure sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union, en application du règlement 1143/2014 : ce texte interdit son importation, sa détention, sa culture et sa vente dans l'ensemble de l'UE, et protège ainsi les milieux aquatiques encore indemnes. 4

Cycle et reproduction

La colonisation d'un nouveau plan d'eau repose presque toujours sur la multiplication végétative : des stolons horizontaux partent de la base des rosettes et forment de nouvelles plantes filles à leur extrémité, un mécanisme qui permet à la biomasse de doubler en seulement 10 à 18 jours dans une eau chaude et riche en nutriments. 3 9

La reproduction sexuée existe aussi : une seule plante peut produire plusieurs milliers de graines par an, capables de rester viables plus de 28 ans enfouies dans la vase. Ce réservoir de graines dormantes explique pourquoi une population arrachée peut réapparaître des années plus tard. 10

Entre 25 et 30 °C, la chaleur favorise cette croissance optimale ; sous 5 °C, le gel détruit la rosette, qui se comporte alors en climat tempéré comme une annuelle de bassin, réintroduite chaque printemps là où sa détention reste autorisée. 6

Usages et risques

La plante n'est pas classée toxique par l'ASPCA pour les chiens, les chats ou les chevaux : le risque qu'elle pose est avant tout écologique et économique, pas alimentaire. 5

Un tapis dense de jacinthes d'eau prive la colonne d'eau de lumière et d'oxygène dissous, réduit fortement la biodiversité aquatique, entrave la navigation et la pêche, et fournit un site de ponte apprécié des moustiques vecteurs de maladies. 3 À l'inverse, l'espèce est étudiée comme hyperaccumulatrice de métaux lourds et de nutriments dissous, un atout exploité en phytoremédiation de certaines eaux usées, ainsi que pour la production de biogaz, de compost ou d'artisanat en fibres. 7

La lutte biologique s'appuie surtout sur deux charançons du genre Neochetina et un papillon défoliateur, Niphograpta albiguttalis, introduits dans plusieurs pays pour freiner la prolifération sans recourir massivement aux herbicides. 9

Variétés, confusions et plantes proches

L'espèce ne compte pas de cultivars botaniquement stables : les noms horticoles rencontrés, comme une forme dite Major aux rosettes plus grandes, désignent des variations de taille sans statut taxonomique séparé de Pontederia crassipes.

Les confusions fréquentes concernent d'autres flottantes des eaux calmes :

  • la laitue d'eau (Pistia stratiotes), rosette veloutée sans pétiole renflé ni fleur voyante ;
  • la lentille d'eau (Lemna minor), minuscule, sans rosette individualisée visible à l'œil nu ;
  • Pontederia cordata, enracinée au fond, à feuilles en fer de lance et sans pétiole bulbeux flottant.

Face à Pistia stratiotes, Lemna minor ou Pontederia cordata, le repère le plus fiable reste le pétiole gonflé en flotteur porté par une rosette libre, associé à l'épi de fleurs mauves à tache jaune quand la plante fleurit. 6

Sources principales

Questions fréquentes

La jacinthe d'eau est-elle toxique ?

Non. L'ASPCA classe Pontederia crassipes comme non toxique pour les chiens, les chats et les chevaux. Le risque documenté est surtout écologique, pas sanitaire.

Pourquoi la jacinthe d'eau est-elle interdite dans l'Union européenne ?

Depuis 2016, elle figure sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union, en application du règlement 1143/2014, ce qui interdit son importation, sa détention, sa culture et sa vente dans l'ensemble de l'UE.

Comment se reproduit la jacinthe d'eau ?

La multiplication végétative par stolons domine largement la reproduction par graines. Chaque rosette produit des rosettes filles capables de doubler la biomasse totale en 10 à 18 jours en eau chaude et riche en nutriments.

Quelle est l'origine de Pontederia crassipes ?

L'espèce est native du bassin amazonien et du bassin du Rio de la Plata, en Amérique du Sud. Elle s'est répandue dans le monde entier depuis la fin du XIXᵉ siècle par le commerce des plantes ornementales.

Comment distinguer la jacinthe d'eau de la laitue d'eau ?

La jacinthe d'eau porte des pétioles renflés en flotteurs et une hampe de fleurs mauves voyantes. La laitue d'eau (Pistia stratiotes) reste basse, à feuilles veloutées sans pétiole gonflé, et sa floraison est minuscule et cachée.

Pourquoi le nom scientifique a-t-il changé d'Eichhornia à Pontederia ?

Une révision phylogénétique publiée en 2018 a montré que le genre Eichhornia n'était pas un groupe naturel distinct et l'a rattaché au genre Pontederia. Le nom Eichhornia crassipes reste toutefois très utilisé dans la littérature et la réglementation existantes.

La jacinthe d'eau est-elle utile pour l'environnement ?

Elle absorbe efficacement l'azote, le phosphore et certains métaux lourds dissous, un atout en phytoremédiation. Mais en tapis dense, elle prive la colonne d'eau de lumière et d'oxygène, ce qui en fait l'une des pires mauvaises herbes aquatiques recensées par l'UICN.

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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.