Chêne à dents de scie (Quercus acutissima, Carruth. 1861)

Le chêne à dents de scie (Quercus acutissima Carruth., 1861) est un grand arbre caduc des Fagaceae, originaire de Chine, de Corée, du Japon, d'Indochine et de l'Himalaya. Il se reconnaît à ses feuilles lancéolées bordées de dents fines évoquant le châtaignier, et à ses glands portés par une cupule hérissée d'écailles molles, qui mettent dix-huit mois à mûrir.

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Nom scientifiqueQuercus acutissima
GenreQuercus
OrdreFagales

Chêne à dents de scie, Chêne du Japon, Chêne châtaignier du Japon, Sawtooth oak, Kunugi et Japanische Kastanien-Eiche

Identité
Toxicité
Non toxique pour l'humain, le chat et le chien ; glands riches en tanins
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Arbre · Arbre caduc
Type de feuilles
Caduc
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
ChineCorée du SudJaponViêt NamNépal
Habitat
Forêts claires et friches de basse et moyenne montagne, souvent en peuplements purs ou mêlés à des pins ; bois de coupe traditionnels au Japon
Saisonnalité
Floraison
Printemps
Récolte
Automne
Croissance
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
8/10
Temps de maturation
Fructification abondante à partir d'une dizaine d'années ; glands mûrs en dix-huit mois
Multiplication
Semis, Greffe
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
40–60 km/h
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Argile, Terre franche, Sable
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse
Plein soleil, arbre pionnier héliophile
Extérieur
Pleine terre, Grand jardin, Parc
Apparence
Hauteur1200–3000 cmÉtalement1000–2000 cm
Feuilles
VertJauneMarron
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — feuilles 1
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — feuilles 2
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — feuilles 3
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — feuilles 4
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — feuilles 5
Fleurs
JauneVert
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — fleurs 1
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — fleurs 2
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — fleurs 3
Fruits
MarronOrangeVertTaille2–3 cm
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — fruits 1
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — fruits 2
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — fruits 3
Port
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — port 1
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — port 2
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — port 3
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — port 4
Écorce
Marron
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — écorce 1
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — écorce 2
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — écorce 3
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — écorce 4
Chêne à dents de scie (Quercus acutissima) — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native de Quercus acutissima s'étend de la Chine, de la Corée et du Japon jusqu'en Indochine et à l'Himalaya, avec une sous-espèce propre à cette dernière région. Introduite au Royaume-Uni en 1862 puis aux États-Unis à peu près à la même époque, l'espèce s'y est depuis largement naturalisée, au point d'être aujourd'hui déconseillée à la plantation dans l'est du pays. En France métropolitaine, elle reste une plante de collection ou d'ornement, sans signalement de naturalisation.

  • Native5
  • Envahissante1
  • Chine
  • Corée du Sud
  • Japon
  • Viêt Nam
  • Népal
  • États-Unis

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

Le chêne à dents de scie (Quercus acutissima Carruth., 1861), aussi appelé chêne du Japon ou chêne châtaignier du Japon, est une espèce acceptée du genre Quercus, dans la famille des Fagaceae. Il appartient à la section Cerris, comme le chêne chevelu, un groupe reconnaissable à des glands qui mettent deux saisons à mûrir plutôt qu'une. 1 2

Le nom français et le nom anglais sawtooth oak décrivent le même repère visuel : les feuilles portent 14 à 20 paires de dents triangulaires terminées par une fine soie, un feuillage qui évoque celui du châtaignier au premier regard. Au Japon, où l'espèce porte le nom de kunugi, elle occupe une place centrale dans la gestion traditionnelle des bois de coupe appelés satoyama. 7 4

Reconnaissance

Quercus acutissima est un grand arbre caduc, capable d'atteindre 25 à 30 m à l'état sauvage avec un tronc dépassant parfois 1 m de diamètre. Cultivé en isolé ou en parc, il plafonne plutôt autour de 12 à 18 m, nettement moins que les sujets sauvages, avec un port d'abord pyramidal puis un houppier large et arrondi à maturité. 7 5

L'écorce, gris-brun à noirâtre, se creuse profondément en crevasses avec l'âge, sans jamais devenir liégeuse. Les feuilles luisantes, longues de 8 à 20 cm, restent souvent en place une partie de l'hiver sous une teinte brun doré, un comportement marcescent qui aide à repérer l'arbre en saison froide. 7 4

Les glands, ovoïdes et longs de 2 à 3 cm, sont enveloppés à moitié dans une cupule hémisphérique hérissée de longues écailles molles et recourbées de 4 à 8 mm, un repère qui reste identifiable au sol même pour un sujet dont les feuilles sont déjà tombées. Très amers, ils sont peu recherchés par la faune, sauf en cas de disette pour les écureuils ; geais et pigeons s'en accommodent plus facilement. 7

Taxonomie utile

POWO retient Quercus acutissima Carruth. comme nom accepté, publié en 1861, avec une aire native donnée de l'Himalaya à la Chine et l'Indochine, la Corée et le centre-sud du Japon. Deux sous-espèces sont reconnues : la sous-espèce type en Asie de l'Est, et la sous-espèce kingii, propre à l'Himalaya oriental et à l'Indochine septentrionale. 1 2

L'espèce la plus proche reste Quercus variabilis, distinguée par une écorce épaisse et liégeuse et un revers de feuille gris feutré ; Quercus chenii (Nakai) Menitsky, autrefois traitée comme variété de Quercus acutissima, s'en sépare par des feuilles glabres et des glands plus petits à écailles plus fines. 8 1

Sur le terrain, la comparaison la plus parlante reste locale : Quercus robur et Quercus petraea, deux chênes européens très communs en France, mûrissent leurs glands en une seule saison, quand ceux de Quercus acutissima demandent dix-huit mois. Cette différence de cycle explique pourquoi l'espèce reste cantonnée aux parcs et collections en France, loin de la naturalisation qu'elle a connue outre-Atlantique. 4

Habitat et répartition

L'aire native s'étend de la Chine, de la Corée et du Japon jusqu'en Indochine, avec un prolongement himalayen porté par la sous-espèce kingii. L'espèce y forme des peuplements purs ou mêlés à des pins, dans des forêts claires et des friches de basse et moyenne montagne, jusqu'à 1 000 m d'altitude en Chine occidentale. 1 6

Introduit à Kew en 1862 par le collecteur Richard Oldham, puis aux États-Unis à peu près à la même époque, le chêne à dents de scie s'est depuis largement naturalisé dans l'est américain, au point d'être aujourd'hui classé espèce à éviter dans plusieurs listes régionales de vigilance. Sa croissance pionnière rapide et sa tolérance aux sols pauvres favorisent cette concurrence directe avec la végétation native, notamment sur les sols acides de l'est américain. 4 8

En France métropolitaine, l'arbre reste cantonné aux jardins, parcs et collections de pépinière ; aucune naturalisation n'y est signalée à ce jour, contrairement à la situation observée outre-Atlantique. 4 L'IUCN évalue l'espèce en préoccupation mineure à l'échelle mondiale, sans menace notable sur ses populations natives asiatiques. 9

Cycle et reproduction

La floraison survient au printemps, sous forme de chatons discrets jaune-verdâtre, pollinisés par le vent. Les glands qui suivent ne mûrissent pas en une seule saison : il leur faut dix-huit mois, un trait partagé avec le chêne chevelu, l'autre grand représentant de la section Cerris. 4 7

Un arbre planté commence à produire une fructification abondante à partir d'une dizaine d'années, plus tôt que la plupart des chênes européens. La multiplication se fait presque exclusivement par semis de glands frais, sans dessiccation ; le pouvoir germinatif chute vite si la graine sèche, ce qui impose un semis rapide après récolte. 4 6

Au Japon, la sève qui suinte de l'écorce des sujets adultes attire scarabées rhinocéros, lucanes cerf-volants et papillons, une ressource énergétique qui explique en partie l'intérêt de l'arbre pour la faune entomologique locale, malgré des glands trop amers pour la plupart des mammifères. 7

Usages et risques

Le bois, cassant et sujet à se fendre, se prête mal aux usages exigeants et reste réservé à des emplois secondaires comme le clôturage ou le chauffage. Son intérêt économique tient surtout à un autre usage : au Japon, des rondins de Quercus acutissima inoculés au champignon du shiitake produisent des fructifications charnues et aromatiques, un savoir-faire ancien qui a longtemps organisé la gestion en taillis des forêts de kunugi. 8 7

L'espèce n'est pas classée toxique pour l'humain, le chat ou le chien. Comme la plupart des glands de chêne, ceux de Quercus acutissima restent riches en tanins, et une ingestion massive, notamment par le bétail, peut provoquer des troubles digestifs sans gravité habituelle. 4

Aux États-Unis, l'espèce a longtemps été plantée pour nourrir la faune sauvage malgré l'amertume de ses glands, un usage aujourd'hui déconseillé dans l'est du pays où l'arbre s'échappe des plantations et concurrence la végétation indigène en sol acide. 4 8

Variétés, confusions et plantes proches

Gobbler, sélection américaine de 1986, produit des glands plus petits et plus précoces que le type sauvage, un trait recherché par les gestionnaires de faune pour attirer dindons et cailles. Un hybride naturel avec le chêne chevelu, Quercus × acutissima-cerris, est conservé dans quelques collections botaniques dont l'Arnold Arboretum. 8

La sous-espèce kingii, himalayenne, se distingue par des dents foliaires plus longues et un revers de feuille jaunâtre tomenteux ; elle reste rare en collection européenne, avec une rusticité encore mal établie. 8 1

Les confusions fréquentes concernent Quercus variabilis, à l'écorce épaisse et liégeuse, et Quercus chenii, aux feuilles glabres et aux glands plus petits à écailles fines ; Quercus castaneifolia s'en approche aussi par le port, mais ses rameaux duveteux et ses feuilles plus grises le distinguent à l'examen. 8

Sur le terrain, l'écorce seule permet de trancher entre les trois espèces : épaisse et liégeuse, elle désigne Quercus variabilis ; crevassée mais non liégeuse, avec des glands nettement plus petits, elle désigne Quercus chenii ; crevassée et non liégeuse, avec des glands de 2 à 3 cm, elle désigne Quercus acutissima.

Sources principales

Questions fréquentes

Le chêne à dents de scie est-il envahissant ?

Aux États-Unis, oui par endroits. Introduit vers 1862, il s'est naturalisé dans plusieurs États de l'Est et n'est plus recommandé à la plantation dans ces régions. En France métropolitaine, aucune naturalisation n'est signalée à ce jour ; l'arbre y reste une plante de collection ou d'ornement.

Pourquoi les glands du chêne à dents de scie mettent-ils dix-huit mois à mûrir ?

Comme le chêne chevelu, avec lequel il partage la section Cerris, Quercus acutissima a un cycle de fructification étalé sur deux saisons de végétation. Un même rameau peut donc porter à la fois de jeunes glands verts et des glands de l'année précédente arrivés à maturité.

Comment distinguer Quercus acutissima de Quercus variabilis ?

L'écorce tranche l'identification. Quercus variabilis développe une écorce liégeuse épaisse et un revers de feuille gris feutré, alors que Quercus acutissima garde une écorce crevassée non liégeuse et un revers de feuille glabre à peine plus pâle.

Le chêne à dents de scie est-il toxique pour les animaux ?

Non, il n'est pas classé comme toxique pour l'humain, le chat ou le chien. Comme chez la plupart des chênes, les glands restent riches en tanins et une ingestion massive, notamment par le bétail, peut provoquer des troubles digestifs.

Pourquoi ce chêne est-il lié à la culture du shiitake au Japon ?

Son bois et son écorce épaisse conviennent bien à l'inoculation de rondins par le champignon du shiitake, qui produit alors des fructifications charnues et aromatiques. La coupe répétée des taillis empêchait toutefois la formation de glands, d'où un recours à des glands importés de Chine pour renouveler les plants.

Peut-on planter Quercus acutissima en France ?

Oui, plusieurs pépinières françaises le proposent comme arbre d'ornement pour grand jardin ou parc, apprécié pour son feuillage denté et sa couleur d'automne dorée. Aucune naturalisation ni statut envahissant n'est rapporté sur le territoire métropolitain.

Quelles variétés connaît-on chez Quercus acutissima ?

Gobbler est une sélection américaine aux glands petits et précoces, plantée pour la faune sauvage. Un hybride avec le chêne chevelu est conservé dans quelques collections botaniques, et la sous-espèce himalayenne kingii se distingue par des feuilles plus longuement dentées.

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