Ronce à feuilles d'orme (Rubus ulmifolius, )
La ronce à feuilles d'orme (Rubus ulmifolius Schott, 1818) est un arbrisseau sarmenteux de la famille des Rosaceae, natif d'Europe occidentale et du bassin méditerranéen. Ses tiges arquées, souvent aiguillonnées, et ses feuilles au revers blanc laineux en font l'une des ronces les plus communes des haies et des friches ; c'est aussi la seule espèce du sous-genre Rubus à se reproduire sexuellement, là où presque toutes ses cousines se clonent par apomixie.
Lire la suiteRonce à feuilles d'orme, Ronce commune méditerranéenne, Zarzamora, Elmleaf blackberry, Elm-leaved bramble et Mittelmeer-Brombeere
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil à mi-ombre ; tolère l'ombre légère





© photo
(c) Joan Simon, some rights reserved (CC BY-SA) · cc-by-sa
Mirko Ubović · cc0
iNaturalist User · cc0
Taken May 28, 2021 by Gianni Del Bufalo (cc-by-sa)
Taken Oct 10, 2021 by Nueblu (cc-by-sa)
Taken Jul 7, 2021 by Manuëlle (cc-by-sa)
Taken Jun 28, 2021 by Gianni Del Bufalo (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
Le WCVP situe l'aire native de Rubus ulmifolius du nord-ouest et du centre de l'Europe jusqu'à l'ouest et au centre du bassin méditerranéen, avec une extension rapportée au nord-ouest de l'Afrique. L'espèce a ensuite été introduite dans les Amériques et en Océanie, où elle forme parfois des peuplements très étendus. Sur l'île Robinson Crusoe, dans l'archipel chilien de Juan Fernández, elle est arrivée en 1927 et couvre aujourd'hui environ 7 % de la surface de l'île.
Identité
La ronce à feuilles d'orme (Rubus ulmifolius Schott, 1818) est un arbrisseau sarmenteux de la famille des Rosaceae, présent des haies françaises jusqu'au pourtour méditerranéen, sur des sols aussi bien calcaires qu'argileux. Son épithète ulmifolius décrit des folioles dentées qui rappellent la feuille d'orme ; elle n'indique aucune parenté botanique avec cet arbre. 1 5
Un détail génétique la distingue aussitôt de ses cousines : Rubus ulmifolius pratique une reproduction sexuée normale, quand presque toutes les autres espèces du sous-genre Rubus se clonent par apomixie et figent ainsi des centaines de micro-espèces quasi identiques à travers l'Europe. 4
Reconnaissance
Rubus ulmifolius développe des tiges arquées ou traçantes, anguleuses, souvent teintées de rouge et armées d'aiguillons robustes et recourbés. Le buisson atteint 1 à 5 m de hauteur pour 2 à 4 m d'étalement, une fourchette qui dépend surtout de l'âge du fourré et du support disponible pour grimper. 3
Les feuilles comptent 3 à 5 folioles dentées, vert foncé et brillantes sur le dessus, mais couvertes dessous d'un duvet laineux blanc bien net au toucher. Ce revers blanc tranche avec le revers vert de la plupart des ronces du complexe fruticosus : sur le terrain, c'est le repère le plus rapide à vérifier, avant même de compter les folioles. 4
Les fleurs, groupées en grappes lâches au sommet des tiges de deuxième année, portent 5 pétales roses ou blancs d'environ 2 à 3 cm de diamètre. Ces fleurs donnent une petite drupe composée, verte puis rouge, noire et luisante à pleine maturité ; ses drupéoles restent plus serrées et moins juteuses que celles de certaines ronces cultivées. 7 3
Taxonomie utile
Dans un genre notoirement instable, Rubus ulmifolius Schott, 1818, est le nom qui a fini par s'imposer. Plusieurs autres noms ont circulé pour la même espèce ou pour des formes proches : Rubus rusticanus Mercier, Rubus caldesianus Focke, Rubus cruentiflorus Sudre, et plus récemment Rubus maroccensis Huan C.Wang & H.Sun.
Le cas marocain illustre bien le piège du genre Rubus : décrite comme nouvelle espèce en 2013, cette population a fini par rejoindre la synonymie de Rubus ulmifolius un siècle après la première description de celle-ci. Plants of the World Online retient aujourd'hui Rubus ulmifolius comme nom accepté. 1 2
Habitat et répartition
Le WCVP situe l'aire native de l'espèce du nord-ouest et du centre de l'Europe jusqu'à l'ouest et au centre du bassin méditerranéen, avec une extension au nord-ouest de l'Afrique. En France, elle est considérée comme native sur l'essentiel du territoire, sans statut envahissant reconnu. 1 5 6
Hors de son aire d'origine, la plante pose un problème documenté. En Australie, Rubus ulmifolius appartient au complexe Rubus fruticosus, classé espèce exotique envahissante prioritaire : il infeste environ 9 millions d'hectares et y forme des fourrés impénétrables. 7
Sur l'île Robinson Crusoe, dans l'archipel chilien de Juan Fernández, Rubus ulmifolius est arrivée en 1927. Elle y couvre aujourd'hui environ 7 % de la surface, un territoire qui abrite l'une des flores les plus endémiques au monde. 9
Cycle et reproduction
Contrairement à la quasi-totalité des ronces du sous-genre Rubus, qui produisent des graines identiques à la plante mère par apomixie, Rubus ulmifolius pratique une pollinisation et une fécondation classiques. Cette particularité génétique en fait un cas d'étude pour comprendre comment l'apomixie s'est généralisée ailleurs dans le genre. 4
Les tiges, appelées turions, vivent seulement deux ans. La première année, le turion pousse sans fleurir ; la deuxième, il se ramifie, fleurit puis fructifie avant de mourir. Quand son extrémité touche le sol, le turion s'y enracine spontanément, et ce seul pied peut alors coloniser plusieurs mètres carrés sans aucune intervention humaine. 3
La dispersion des graines dépend largement des oiseaux frugivores, merles et grives en tête, qui avalent les mûres puis rejettent les graines intactes après digestion, souvent loin du pied d'origine. Marcottage local d'un côté, dissémination aviaire à distance de l'autre : cette double stratégie explique la rapidité de colonisation observée partout où l'espèce est introduite. 9
Usages et risques
Le principal usage documenté est alimentaire : le fruit mûr se consomme cru, en confiture ou en sirop, comme celui des autres ronces du genre Rubus. Aucune toxicité n'est documentée pour le fruit ni pour le feuillage ; le seul risque pratique tient aux aiguillons robustes des tiges, source fréquente d'égratignures lors de la cueillette. 3
Le risque réel associé à cette espèce est écologique, pas sanitaire. Introduite hors d'Europe sans ses prédateurs et maladies naturelles, Rubus ulmifolius forme des fourrés qui excluent la végétation native, modifient les régimes de feu et limitent l'accès humain aux terrains touchés. 7
En Australie, la lutte contre les populations envahissantes s'appuie parfois sur des champignons pathogènes comme Phragmidium violaceum, agent de la rouille orangée du framboisier et de la ronce, utilisé comme moyen de contrôle biologique. Sur Rubus ulmifolius, cette maladie affaiblit le feuillage sans éliminer le pied. 7
Variétés, confusions et plantes proches
Rubus ulmifolius appartient au vaste complexe Rubus fruticosus, qui regroupe des centaines de micro-espèces reconnues seulement par des spécialistes du genre, les batologues. Pour un jardinier ou un promeneur, distinguer chaque micro-espèce avec certitude est peu réaliste ; le repère qui fonctionne reste le revers blanc laineux des feuilles, qui écarte déjà de nombreuses ronces à revers vert. 4
Les confusions les plus fréquentes touchent trois ronces voisines. Rubus fruticosus, au sens large du complexe, porte des feuilles souvent moins laineuses dessous. Rubus caesius, la ronce bleue, arme ses tiges de peu d'aiguillons et couvre son fruit d'une pruine bleutée caractéristique. Rubus idaeus, le framboisier, détache son fruit entier du réceptacle à la récolte, alors que la mûre de Rubus ulmifolius garde le sien.
Le nom de genre Rubus seul ne suffit donc jamais à identifier une ronce sur le terrain. La texture du revers foliaire, laineuse et blanche ou lisse et verte, reste le repère le plus accessible pour reconnaître Rubus ulmifolius parmi ses proches.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Rubus ulmifolius Schott
- International Plant Names Index, Rubus ulmifolius
- Plants For A Future, Rubus ulmifolius
- Wikipedia EN, Rubus ulmifolius (elmleaf blackberry)
- Tela Botanica / référentiel BDTFX, Rubus ulmifolius
- INPN / MNHN, Rubus ulmifolius Schott, 1818
- Weeds Australia, European blackberry (Rubus fruticosus aggregate)
- InfoFlora Suisse, Rubus ulmifolius
- PMC / NCBI, Human Impacts on the Vegetation of the Juan Fernández (Robinson Crusoe) Archipelago
Questions fréquentes
Rubus ulmifolius est-il toxique ?
Non, aucune toxicité n'est reconnue pour le fruit ni pour le feuillage. Seuls les aiguillons des tiges présentent un risque d'égratignure lors de la cueillette.
Peut-on manger les mûres de Rubus ulmifolius ?
Oui. Le fruit, noir à pleine maturité, se consomme cru, en confiture ou en sirop, comme celui des autres ronces du genre Rubus.
Pourquoi cette ronce est-elle envahissante hors d'Europe ?
Introduite au Chili, en Australie ou en Nouvelle-Zélande sans ses prédateurs et maladies naturelles, la plante colonise rapidement les milieux ouverts grâce à ses graines dispersées par les oiseaux et à ses tiges qui s'enracinent d'elles-mêmes.
Comment distinguer Rubus ulmifolius des autres ronces ?
Le revers blanc et laineux des feuilles reste le repère le plus accessible, à comparer avec le revers vert de nombreuses autres espèces du complexe Rubus fruticosus.
Pourquoi cette ronce se reproduit-elle différemment des autres ?
Rubus ulmifolius pratique une reproduction sexuée normale, alors que la plupart des ronces du sous-genre Rubus se clonent par apomixie, ce qui explique la profusion de micro-espèces très proches chez ses cousines.
Où pousse le plus souvent Rubus ulmifolius ?
Dans les haies champêtres, les lisières forestières, les friches et les bords de chemins, sur des sols calcaires comme argileux, en plein soleil comme à mi-ombre légère.
Cette ronce est-elle native de France ?
Oui. Rubus ulmifolius est considérée comme native sur une grande partie du territoire métropolitain, où elle ne présente aucun statut envahissant reconnu.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.








