Douce-amère (Solanum dulcamara, L. 1753)

La douce-amère (Solanum dulcamara) est une liane sarmenteuse vivace de la famille des Solanaceae, commune dans les haies, les berges et les zones humides d'Europe, d'Afrique du Nord et d'Asie tempérée. Ses fleurs violettes en étoile et ses baies qui passent du vert au rouge vif en font une des plantes toxiques les plus visibles des bords de chemin, souvent confondue avec la belladone ou la morelle noire.

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Nom scientifiqueSolanum dulcamara
GenreSolanum
OrdreSolanales

Douce-amère, Morelle douce-amère, Vigne de Judée, Herbe à la fièvre, Bronde, Bittersweet et Woody nightshade

Identité
Toxicité
Toxique : humains, dont enfants, chats, chiens, chevaux et animaux
Niveau d'entretien
Faible
Type de feuilles
Caduc
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
FranceRoyaume-UniPortugalMaroc
Habitat
Haies, berges de rivières et d'étangs, zones humides et friches ; liane sarmenteuse qui s'appuie sur la végétation voisine
Saisonnalité
Floraison
PrintempsÉté
Récolte
ÉtéAutomne
Croissance
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
6/10
Temps de maturation
Floraison dès le premier été, fructification jusqu'à l'automne
Multiplication
Semis, Bouturage
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
20–40 km/h
Humidité
40–70 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Non
Sol
pH du sol
Types de sol
Argile, limon ou sable, Sol frais à humide
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Plein soleil à mi-ombre
Extérieur
Haie champêtre
Apparence
Hauteur100–400 cmÉtalement60–200 cm
Feuilles
Vert
Fleurs
VioletJauneTaille1–1.5 cm
Fruits
VertRouge
Port
Solanum dulcamara — port 1
Écorce
VertViolet

Répartition mondiale

L'aire native de Solanum dulcamara couvre l'Europe, l'Afrique du Nord-Ouest et l'Asie tempérée jusqu'en Indochine du Nord, Açores incluses. L'espèce a ensuite été largement introduite hors de cette aire, où elle est parfois classée invasive dans les milieux humides.

  • Native4
  • Introduite2
  • Envahissante2
  • France métropolitaine
  • Royaume-Uni
  • Portugal (Açores)
  • Maroc
  • Canada
  • Australie
  • États-Unis
  • Nouvelle-Zélande

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

La douce-amère (Solanum dulcamara L., 1753) est une liane sarmenteuse vivace de la famille des Solanaceae, la même que la tomate, la pomme de terre et l'aubergine. Son nom d'espèce vient du latin dulcis, doux, et amara, amer : mâchée, une jeune tige donne d'abord une pointe de sucre, puis une amertume nette qui prend le dessus en quelques secondes. 1 9

En France, la plante porte plusieurs noms vernaculaires selon les régions : morelle douce-amère, vigne de Judée, herbe à la fièvre ou bronde. En anglais, on la connaît sous bittersweet et woody nightshade, la morelle ligneuse : ce dernier nom pointe un trait réel, la base des tiges qui se lignifie avec l'âge pendant que le reste de la plante garde un port herbacé. 7

Reconnaissance

Solanum dulcamara est une plante grimpante sans vrilles, qui s'appuie sur la végétation voisine pour atteindre 1 à 4 m de long selon le support. Les jeunes tiges sont pourpres, puis deviennent vert brunâtre et partiellement ligneuses ; les feuilles alternes, en fer de flèche, portent souvent deux petits lobes à la base et dégagent une odeur désagréable au froissement. 4 6

Les fleurs, réunies en grappes retombantes, mesurent environ 1 à 1,5 cm de diamètre. Leurs cinq pétales violets, recourbés vers l'arrière, encadrent un cône d'étamines jaunes soudées, une silhouette qui rappelle immédiatement la fleur de tomate, sa proche cousine botanique. 9 2

Les fruits sont des baies ovoïdes qui passent du vert au jaune orangé puis au rouge vif et brillant à pleine maturité, en fin d'été et en automne. Ce rouge vif tranche net avec la morelle noire (Solanum nigrum), dont les baies restent noires mates, et avec la belladone (Atropa belladonna), dont les baies noires poussent isolées plutôt qu'en grappes : port grimpant sans vrilles et grappes de baies rouges suffisent à confirmer l'espèce d'un coup d'œil. 6 4

Taxonomie utile

Le nom accepté est Solanum dulcamara L., publié par Carl von Linné en 1753, au sein de la famille des Solanaceae et du très large genre Solanum, qui regroupe aussi la tomate, la pomme de terre et l'aubergine. Cette proximité de famille explique pourquoi la fleur de la douce-amère évoque tant celle de ses cousines potagères. 1

Plusieurs noms historiques ou de synonymie circulent encore dans les herbiers et la littérature ancienne :

  • Lycopersicon dulcamara (L.) Medik.
  • Dulcamara flexuosa Moench
  • Solanum scandens Neck.
  • Solanum littorale Raab
  • Solanum dulcamara var. variegatum Sweet

Le nom accepté, Solanum dulcamara, reste la référence unique en boutique comme en herbier : ces synonymes et variétés horticoles renvoient tous à la même espèce, sous des étiquettes de vente ou des noms régionaux différents. 1

Habitat et répartition

L'aire native de l'espèce couvre l'Europe, l'Afrique du Nord-Ouest et l'Asie tempérée jusqu'en Indochine du Nord, Açores comprises. Elle y colonise les haies, les berges de rivières et d'étangs, les zones humides et les friches, en évitant surtout les sols très acides, et supporte les hivers rigoureux jusqu'à la zone USDA 4, soit environ -20 °C. 1 3

Au Royaume-Uni et en Irlande, la plante est commune presque partout, sauf dans l'extrême nord : elle pousse aussi bien en sol argileux, limoneux ou sableux qu'en exposition mi-ombragée, ce qui explique cette large répartition. 9 8

Introduite hors de son aire d'origine, notamment en Amérique du Nord, la douce-amère s'est naturalisée dans les zones humides et figure sur les listes d'espèces invasives de plusieurs États américains. Elle est aussi signalée comme naturalisée ou envahissante en Australie et en Nouvelle-Zélande. 4

Cycle et reproduction

La floraison s'étale de juin à septembre dans les climats tempérés. Les fleurs à cône d'étamines jaunes sont pollinisées par les bourdons, qui font vibrer les anthères pour en libérer le pollen, une technique appelée pollinisation buzz, partagée avec les autres Solanaceae à anthères poricides. 9 2

Les baies mûrissent lentement du vert au rouge et sont ensuite consommées par plusieurs oiseaux, qui assurent la dispersion des graines le long des haies et des cours d'eau. La plante tolère aussi bien les inondations temporaires que la sécheresse grâce à sa base ligneuse persistante, capable de rejeter après une coupe ou un épisode de gel. 6 4

En dehors du semis naturel, une tige coupée peut aussi s'enraciner directement en sol humide, ce qui explique la présence fréquente de la plante en colonies denses le long d'une même berge. 3

Usages et risques

Historiquement, la tige séchée, récoltée en automne, entrait dans des préparations traditionnelles contre les affections cutanées, les rhumatismes et les troubles bronchiques. Cet usage ancien reste documenté par les herboristeries mais n'est plus recommandé sans encadrement médical, la marge entre dose active et dose toxique étant étroite. 3

Sur le plan sanitaire, toute la plante est toxique : tiges, feuilles et baies contiennent de la solanine et des alcaloïdes stéroïdiens apparentés, en concentration maximale dans les baies encore vertes. L'ingestion provoque nausées, vomissements et diarrhée, avec des cas graves, plus rares, chez les jeunes enfants qui goûtent les baies colorées. 6 3

L'ASPCA classe Solanum dulcamara parmi les plantes toxiques pour les chats, les chiens et les chevaux : mêmes symptômes digestifs, parfois accompagnés de somnolence ou d'une baisse de tension. Pour les jardiniers potagers, elle est aussi un hôte réservoir documenté de maladies de la pomme de terre et de la tomate : mieux vaut l'éloigner du potager plutôt que de la laisser grimper en lisière proche. 5 4

Variétés, confusions et plantes proches

Peu de formes horticoles stables existent. La var. variegatum, à feuillage panaché, a connu un usage ponctuel comme curiosité de jardin à l'époque victorienne ; la f. albiflorum, à fleurs blanches plutôt que violettes, reste surtout une mention de synonymie botanique. Aucune de ces formes ne réduit la toxicité de la plante. 1

Deux confusions dominent sur le terrain :

  • Solanum nigrum, la morelle noire, herbacée annuelle dressée et non grimpante, à baies noires mates plutôt que rouges ;
  • Atropa belladonna, la belladone, arbuste dressé aux baies noires isolées, beaucoup plus toxique, sans port grimpant ni fleurs en étoile violette.

Trois traits combinés tranchent la confusion : port sarmenteux sans vrilles, fleurs violettes en étoile à cône d'étamines jaunes, baies groupées en grappes plutôt qu'isolées. Se fier à la seule couleur des baies suffit rarement, puisqu'elles restent vertes ou jaune orangé une bonne partie de l'été avant de rougir. 4 9

Sources principales

Questions fréquentes

La douce-amère est-elle toxique ?

Oui. Toute la plante contient de la solanine, avec une concentration maximale dans les baies encore vertes. L'ASPCA classe Solanum dulcamara comme toxique pour les chats, les chiens et les chevaux, avec nausées, vomissements et diarrhée en cas d'ingestion.

Peut-on confondre la douce-amère avec la belladone ?

Les deux sont des Solanaceae toxiques, mais la belladone (Atropa belladonna) est un arbuste dressé non grimpant, à baies noires uniques dans un calice en coupe, alors que la douce-amère grimpe sans vrilles et porte des grappes de baies rouges.

Les baies rouges de la douce-amère sont-elles dangereuses pour les chats et les chiens ?

Oui, elles contiennent de la solanine comme le reste de la plante. L'ASPCA recommande de contacter un vétérinaire en cas d'ingestion, même si les intoxications mortelles restent rares chez les animaux adultes.

D'où vient le nom douce-amère ?

Le nom décrit le goût perçu en mâchant une jeune tige, d'abord légèrement sucré puis franchement amer, une caractéristique déjà notée dans l'épithète latine dulcamara, de dulcis et amara.

Où pousse la douce-amère en France ?

Elle est commune dans les haies champêtres, les berges de rivières et d'étangs, ainsi que les friches humides, sur presque tout le territoire métropolitain, en évitant surtout les sols très acides.

La douce-amère est-elle une espèce envahissante ?

En Europe, où elle est native, elle reste une plante commune sans statut envahissant. Introduite en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, elle colonise les zones humides et y figure parfois sur des listes d'espèces invasives.

Comment distinguer la douce-amère de la morelle noire ?

Solanum nigrum est une plante herbacée annuelle, dressée et non grimpante, à baies noires mates, tandis que la douce-amère est une liane sarmenteuse vivace à baies rouges brillantes et à base partiellement ligneuse.

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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.