Oiseau du paradis blanc (Strelitzia nicolai, )
L'oiseau du paradis blanc (Strelitzia nicolai) est une plante vivace arborescente de la famille des Strelitziaceae, originaire de la côte d'Afrique australe. Ses tiges ligneuses forment un tronc apparent portant un feuillage en éventail, surmonté d'une fleur blanche et bleu-noir bien plus grande que celle de son cousin Strelitzia reginae.
Lire la suiteOiseau du paradis blanc, Strélitzia arborescent, Bananier sauvage, Bird-of-paradise tree, Giant white bird of paradise et Wild banana
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Taken Apr 18, 2015 by Daniel Barthelemy (cc-by-nc)
Taken May 31, 2017 by Daniel Barthelemy (cc-by-nc)
Taken Oct 14, 2021 by Trap Hers (cc-by-sa)
Taken Sep 6, 2022 by Wolfgang Klesper (cc-by-sa)
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Répartition mondiale
L'aire native de Strelitzia nicolai s'étend le long de la côte d'Afrique australe, du Cap-Oriental au KwaZulu-Natal, avec des populations également recensées au Mozambique, au Botswana et au Zimbabwe. L'espèce s'est naturalisée hors de cette aire au Mexique (Veracruz) et en Australie orientale, et reste largement cultivée sous climat doux ou en intérieur ailleurs.
- Native4
- Introduite2
- Afrique du Sud
- Mozambique
- Botswana
- Zimbabwe
- Mexique
- Australie
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'oiseau du paradis blanc (Strelitzia nicolai Regel & Körn., 1858), aussi appelé strélitzia arborescent, appartient au genre Strelitzia, dans la famille des Strelitziaceae. Regel et Körnicke la décrivent en 1858. Là où Strelitzia reginae culmine à 1-2 m sans tronc, Strelitzia nicolai forme un tronc ligneux de 6 à 9 m : c'est la différence qui saute aux yeux sur le terrain. 1 2
Le nom d'usage vient de la fleur : une bractée bleu-noir porte des sépales blancs et une « langue » bleu violacé, dont la silhouette rappelle la tête huppée d'un oiseau exotique, comme chez Strelitzia reginae. Le nom bananier sauvage décrit plutôt le feuillage en éventail, souvent confondu avec un jeune Musa avant l'apparition du tronc. 4 5
Reconnaissance
Strelitzia nicolai adopte un port arborescent en touffe, avec des tiges ligneuses dressées qui forment un tronc apparent pouvant atteindre 6 à 9 m de haut ; la touffe entière s'étale sur 2 à 3,5 m. Les feuilles gris-vert, disposées en éventail au sommet des tiges, mesurent jusqu'à 1,8 m de long et se déchirent facilement sous le vent. 5 4
L'inflorescence associe une bractée bleu-noir en forme de bec, des sépales blancs et une langue bleu violacé ; l'ensemble peut mesurer jusqu'à 18 cm de haut pour 45 cm de long. Les fleurs s'ouvrent une à une depuis la même bractée et ne durent chacune que quelques jours, sur plusieurs semaines de floraison. 5 4
Un jeune sujet sans tronc développé ressemble à un bananier ou à un Strelitzia reginae juvénile : seule la floraison, obtenue après plusieurs années de croissance, permet de trancher avec certitude. 4
Taxonomie utile
Le nom accepté par POWO/WCVP reste Strelitzia nicolai Regel & Körn. Les principaux synonymes à connaître :
- Strelitzia alba subsp. nicolai (Regel & Körn.) Maire & Weiller
- Strelitzia quensonii Lem.
Le cas alba subsp. nicolai illustre le piège : ce rang abaissé apparaît encore dans certaines bases de données, mais il ne remplace pas le nom accepté. Il ne faut pas non plus confondre l'espèce avec Strelitzia alba, une espèce distincte et pleinement acceptée qui partage le même surnom de grand strélitzia à fleurs blanches. 1 3
Strelitzia nicolai, Strelitzia alba et Strelitzia caudata forment les trois grandes Strelitzia arborescentes du genre. Leur port ligneux commun les rend fréquemment confondues en pépinière. 5
Habitat et répartition
L'aire native s'étend de la région de la Great Fish River, dans le Cap-Oriental, jusqu'à Richards Bay au KwaZulu-Natal, avec des populations également recensées au Mozambique, au Botswana et au Zimbabwe. L'espèce colonise la forêt côtière persistante et les fourrés littoraux d'Afrique australe. 6 4
Hors de son aire native, la plante s'est naturalisée dans l'État mexicain de Veracruz et dans l'est de l'Australie, entre le nord de la Nouvelle-Galles du Sud et le sud du Queensland. Elle est aussi cultivée en Floride, en Californie côtière et dans le bassin méditerranéen : une fois enracinée, elle tolère un sol pauvre et l'air marin salé du littoral. 5 4
Cycle et reproduction
La floraison démarre au printemps sous climat cultivé, et de juin à septembre dans l'aire native d'Afrique australe. Qu'elle parte d'un semis ou d'une division, la jeune plante met 5 à 10 ans à former un tronc avant sa première fleur. 6 4
Dans son milieu naturel, les souimangas et d'autres oiseaux nectarivores pollinisent la fleur en se posant sur la bractée. Des singes se nourrissent aussi des fleurs et des graines, et grenouilles et canards trouvent un abri dans le feuillage dense. Une fois pollinisée, la fleur laisse place à une capsule triangulaire brune, qui libère des graines noires coiffées d'un arille orange. 4
En culture, la division des rejets basaux produit un sujet florifère plus vite qu'un semis, qui exige un trempage préalable des graines et plusieurs années de patience avant la première floraison. 5 4
Usages et risques
L'usage principal reste ornemental et architectural : la silhouette en éventail structure un massif ensoleillé, un patio ou une piscine sous climat doux. En intérieur, la plante reste un grand sujet pour un atrium ou une pièce très lumineuse, et ses tiges séchées sont utilisées localement pour fabriquer des cordes. 4
La sève provoque une irritation cutanée au contact. L'ingestion des fruits, des graines ou des feuilles déclenche nausées, vomissements et somnolence chez les chats, les chiens et les chevaux, avec crampes abdominales et diarrhées possibles chez l'humain. 4
Strelitzia nicolai compte parmi les rares plantes chez lesquelles la présence de bilirubine, un pigment habituellement associé à la dégradation de l'hémoglobine chez les animaux, a été confirmée par analyse chimique. 8 5
Variétés, confusions et plantes proches
L'espèce ne compte pas de cultivar largement diffusé et stabilisé ; les variations rencontrées en pépinière concernent surtout la vigueur et la rapidité de formation du tronc selon le climat de culture. 4
Les confusions fréquentes concernent :
- Strelitzia alba, autre grande Strelitzia arborescente à fleurs blanches, distincte mais souvent vendue sous le même nom commercial ;
- Strelitzia caudata, troisième grande espèce arborescente du genre, aux populations plus restreintes ;
- Ravenala madagascariensis, dont le feuillage en éventail est presque identique, bien que les deux genres appartiennent à des familles distinctes ;
- les jeunes bananiers du genre Musa, dont le feuillage juvénile ressemble à celui d'un Strelitzia nicolai sans tronc encore formé ;
- Strelitzia reginae, bien plus petite, herbacée et sans tronc, aux fleurs orange et bleu.
Faute de fleur ou de tronc bien formé, ces plantes restent difficiles à distinguer avec certitude sur le seul feuillage.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Strelitzia nicolai Regel & Körn.
- International Plant Names Index, Strelitzia nicolai Regel & Körn.
- GBIF Backbone Taxonomy, Strelitzia nicolai
- NC State Extension Gardener Plant Toolbox, Strelitzia nicolai
- Wikipédia (en), Strelitzia nicolai
- Wikipédia (fr), Strelitzia nicolai
- INPN / MNHN, Strelitzia nicolai — Oiseau du paradis blanc
- PubMed / NCBI, bilirubin pigment identified in Strelitzia nicolai (PMID 19206232)
Questions fréquentes
Le Strelitzia nicolai est-il un bananier ?
Non. Strelitzia nicolai appartient à la famille des Strelitziaceae, distincte de celle des bananiers (Musaceae), même si son feuillage juvénile en éventail rappelle beaucoup un jeune Musa.
Quelle est la différence entre Strelitzia nicolai et Strelitzia reginae ?
Strelitzia nicolai est une plante arborescente bien plus grande, au tronc ligneux et aux fleurs blanches et bleu-noir. Strelitzia reginae reste une touffe herbacée basse, sans tronc, aux fleurs orange et bleu caractéristiques.
Le Strelitzia nicolai est-il toxique pour les chats et les chiens ?
Oui, mais légèrement. Les fruits, les graines et la sève peuvent provoquer nausées, vomissements et somnolence chez les chats, les chiens et les chevaux, ainsi qu'une irritation cutanée au contact.
Pourquoi mon Strelitzia nicolai ne fleurit-il jamais ?
La plante met plusieurs années à développer un tronc avant sa première floraison, et exige un plein soleil direct pour y parvenir. Un sujet trop jeune, trop ombragé ou récemment rempoté peut retarder longtemps cette étape.
Quelle différence entre Strelitzia nicolai, Strelitzia alba et Strelitzia caudata ?
Les trois espèces sont les grandes Strelitzia arborescentes du genre et partagent un port ligneux proche. Elles sont fréquemment confondues en pépinière ; seule une observation botanique précise de la fleur permet de les distinguer avec certitude.
Le Strelitzia nicolai supporte-t-il le gel ?
Il tolère un gel léger et bref jusqu'à -2 °C environ, mais un froid plus marqué ou prolongé endommage sévèrement le feuillage et peut détruire la souche.
Est-il vrai que cette plante contient de la bilirubine ?
Oui. Strelitzia nicolai fait partie des rares plantes chez lesquelles la présence de bilirubine, un pigment habituellement associé aux animaux, a été confirmée par analyse chimique.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







