Angélique des bois (Angelica sylvestris, )
L'angélique des bois (Angelica sylvestris L., 1753), ou angélique sauvage, est une grande Apiaceae vivace du Nord-Ouest de l'Eurasie, fréquente des prairies humides, tourbières et berges de cours d'eau. Cousine sauvage de l'angélique officinale cultivée, elle a longtemps servi d'usage médicinal et alimentaire modeste avant de devenir, introduite au Canada, une plante envahissante des zones humides de l'Est.
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Répartition mondiale
L'aire native d'Angelica sylvestris couvre la quasi-totalité de l'Europe, la Russie jusqu'en Sibérie centrale, le Kazakhstan, la Mongolie, le Xinjiang, la Turquie, le Caucase, la Syrie et le Liban. En France, elle occupe la majeure partie du territoire, à l'exception du pourtour méditerranéen et du centre de la façade atlantique. Introduite dans l'Est du Canada au XVIIIᵉ siècle, elle y est devenue envahissante dans les zones humides depuis la fin des années 1980.
- Native4
- Envahissante1
- France métropolitaine
- Europe
- Russie et Sibérie centrale
- Turquie et Caucase
- Canada
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'angélique des bois (Angelica sylvestris L., 1753), aussi appelée angélique sauvage, est une plante herbacée vivace du genre Angelica, dans la famille des Apiaceae. Le botaniste Rembert Dodoens la décrit une première fois au XVIᵉ siècle ; Carl von Linné lui donne son nom binomial définitif en 1753. 1 2
Le nom Angélique dérive du latin angelicus, lui-même issu du grec aggelos, « messager », spécialisé en « messager de Dieu » : la plante était réputée protéger des venins et des épidémies. L'épithète sylvestris vient du latin silva, « forêt », et signifie « qui vit dans les bois, sauvage » : un repère utile face à sa cousine cultivée, Angelica archangelica. 3
Reconnaissance
Angelica sylvestris mesure couramment 50 cm à 1,5 m, parfois jusqu'à 2 m sur un sol riche et humide. Sa tige creuse, côtelée, glabre, souvent teintée de pourpre, se ramifie dans sa partie supérieure ; ce port lisse et pourpre tranche avec la tige velue et anguleuse de la berce commune (Heracleum sphondylium), la confusion la plus fréquente sur le terrain. 6 4
Les grandes feuilles basales, bi- ou tripennées, portent un limbe triangulaire pouvant atteindre 60 cm de long, aux folioles lancéolées à ovales et dentées en scie, attachées par de longs pétioles à gaines renflées. Les feuilles caulines, plus haut sur la tige, ont des folioles sessiles plus petites. 3
L'inflorescence forme une grande ombelle composée, légèrement bombée, portée par 15 à 40 rayons pubescents, avec des ombellules de 10 à 20 cm de diamètre. Les petites fleurs, blanches à rosées, ont des pétales obovales à pointe recourbée. Les fruits, ovales et aplatis, mesurent environ 4 mm et portent des ailes membraneuses plus larges que le corps du fruit. 6 3
Taxonomie utile
Plants of the World Online retient Angelica sylvestris L. comme nom accepté, avec trois sous-espèces reconnues : la sous-espèce type sylvestris, la sous-espèce villosa, du sud-ouest et du centre de la France jusqu'aux Pyrénées et au nord-ouest de l'Espagne, et la sous-espèce elatior, d'Europe centrale à la Sibérie méridionale. 1
Plusieurs synonymes anciens circulent encore dans les flores régionales :
- Athamanta sylvestris (L.) Weber
- Imperatoria sylvestris (L.) Lam.
- Selinum sylvestre Crantz
- Angelica montana Brot.
Le genre Angelica, dans la sous-famille des Apioideae, compte des dizaines d'espèces eurasiatiques et nord-américaines, dont la plus connue en horticulture reste Angelica archangelica, cultivée pour ses tiges confites. 1 5
Habitat et répartition
L'aire native d'Angelica sylvestris couvre la quasi-totalité de l'Europe, la Russie jusqu'en Sibérie centrale, le Kazakhstan, la Mongolie, le Xinjiang, la Turquie, le Caucase, la Syrie et le Liban. En France, l'INPN la recense sur la majeure partie du territoire, à l'exception du pourtour méditerranéen et du centre de la façade atlantique. 1 2
L'espèce occupe une large gamme d'habitats humides et fertiles : prairies humides, tourbières, lisières forestières et berges de cours d'eau, avec une préférence pour les sites périodiquement perturbés, qui favorisent l'installation de grandes populations. Elle tolère les sols de pH supérieur à 4 et pousse plus rarement en forêt, sur terrils ou en bord de route. 6
Introduite dans l'Est du Canada au XVIIIᵉ siècle, probablement pour ses vertus médicinales, Angelica sylvestris s'établit d'abord en Nouvelle-Écosse avant de gagner le Nouveau-Brunswick, l'Ontario et le Québec. Depuis la fin des années 1980, elle y est devenue envahissante au point d'étouffer localement des espèces indigènes des zones humides. 6
Cycle et reproduction
Chez Angelica sylvestris, la floraison s'étale de juillet à septembre ; les étamines mûrissent avant les pistils sur une même fleur, une protandrie qui réduit l'autofécondation. Les fruits, des akènes ailés, se dispersent surtout par hydrochorie : le courant des cours d'eau les emporte loin du pied mère. 6
Bien que classée comme vivace, Angelica sylvestris se comporte souvent de façon partiellement monocarpique : les observations montrent que plus de la moitié des pieds meurent après leur unique floraison. La croissance initiale est rapide grâce aux réserves de la racine pivotante, et la régénération repose entièrement sur les graines, sans multiplication végétative. 6
Usages et risques
Toutes les parties d'Angelica sylvestris, tige, pétioles, feuilles, fleurs, fruits et racine, sont comestibles. Les jeunes pousses et feuilles se consomment bouillies comme légume, les tiges se confisent, et la racine comme les graines servent d'épices ; le goût reste toutefois plus sauvage et moins aromatique que celui d'Angelica archangelica. 4
La sève contient des furanocoumarines photosensibilisantes : au contact de la peau puis du soleil, elle peut provoquer des brûlures et une dermatite. Porter des gants pour la récolte réduit ce risque, surtout par temps ensoleillé. 4
Historiquement, la racine et les graines d'Angelica sylvestris étaient utilisées comme antispasmodiques, carminatives et expectorantes contre la toux et les troubles digestifs. En Turquie, la racine entre dans la composition du mesir, une pâte médicinale traditionnelle de la ville de Manisa. 4
Variétés, confusions et plantes proches
Angelica sylvestris n'a pas de cultivar horticole reconnu : contrairement à Angelica archangelica, elle reste une plante spontanée, rarement sélectionnée pour le jardin. 1
La confusion la plus risquée concerne Conium maculatum, la grande ciguë, mortelle par ingestion : sa tige porte des taches pourpres irrégulières et dégage une odeur désagréable, alors que celle de l'angélique des bois reste glabre et uniformément pourpre. Une deuxième confusion, moins dangereuse, oppose l'angélique à la berce commune, Heracleum sphondylium, reconnaissable à sa tige et ses feuilles velues et à sa floraison plus précoce, dès mai. 6
Avec sa cousine cultivée Angelica archangelica, la distinction se fait d'abord sur la couleur des fleurs : vert pâle chez l'espèce domestique, contre blanches à rosées chez l'angélique des bois. L'usage diverge aussi : tiges confites recherchées pour l'une, plante restée spontanée pour l'autre.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Angelica sylvestris L.
- INPN / MNHN, Angelica sylvestris L., 1753 - Angélique des bois
- Tela Botanica / eFlore bdtfx, Angelica sylvestris L.
- Plants For A Future, Angelica sylvestris
- Integrated Taxonomic Information System, Angelica sylvestris L.
- First Nature, Wild Angelica - Angelica sylvestris
- International Plant Names Index, Angelica sylvestris L.
- Global Biodiversity Information Facility, Angelica sylvestris L.
Questions fréquentes
Angelica sylvestris est-elle toxique ?
Elle n'est pas documentée comme toxique par ingestion pour les chats, les chiens ou les chevaux. Sa sève contient en revanche des furanocoumarines photosensibilisantes qui peuvent provoquer des brûlures cutanées après exposition au soleil.
Comment distinguer Angelica sylvestris de la grande ciguë ?
La grande ciguë porte des taches pourpres irrégulières sur une tige dégageant une odeur désagréable, alors que la tige de l'angélique des bois reste glabre, côtelée et souvent uniformément pourpre. En cas de doute, mieux vaut renoncer à la cueillette.
Angelica sylvestris est-elle envahissante ?
En Europe, où elle est native, elle reste une plante commune des zones humides. Introduite dans l'Est du Canada au XVIIIᵉ siècle, elle y est devenue envahissante depuis la fin des années 1980, au point de menacer certaines zones humides de l'Ontario.
Peut-on manger Angelica sylvestris ?
Toutes les parties sont comestibles — jeunes pousses, feuilles, tiges confites, racine et graines — mais son goût est jugé plus sauvage et moins aromatique que celui de sa cousine cultivée, Angelica archangelica.
Quelle est la différence avec Angelica archangelica ?
Angelica archangelica est cultivée pour ses tiges confites et sa racine aromatique, avec des fleurs plutôt vert pâle. Angelica sylvestris est une plante spontanée aux fleurs blanches à rosées, à la saveur plus discrète et moins recherchée en confiserie.
D'où vient le nom Angélique ?
Le nom dérive du latin angelicus, issu du grec aggelos, « messager », spécialisé en « messager de Dieu » en raison des vertus protectrices autrefois attribuées à la plante contre les venins et les épidémies.
Où pousse Angelica sylvestris ?
L'espèce native occupe les prairies humides, tourbières, lisières forestières et berges de cours d'eau du Nord-Ouest de l'Eurasie, du Royaume-Uni jusqu'en Sibérie centrale et en Turquie.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







