Amarante queue-de-renard (Amaranthus caudatus, )



L'amarante queue-de-renard (Amaranthus caudatus L., 1753) est une Amaranthaceae annuelle originaire des hautes vallées andines, entre l'Équateur et le nord-ouest de l'Argentine. Elle porte de longues panicules retombantes, le plus souvent pourpres, qui lui valent son nom anglais love-lies-bleeding. Domestiquée par les civilisations andines pour ses graines protéinées, elle est aujourd'hui surtout cultivée comme fleur ornementale en Europe et redécouverte comme pseudo-céréale sous le nom quechua kiwicha.
Lire la suitePasse-velours, Blé des Incas, Kiwicha, Love-lies-bleeding et Foxtail amaranth
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Répartition mondiale
L'aire native de Amaranthus caudatus se situe dans les hautes Andes, de l'Équateur au nord-ouest de l'Argentine, avec un centre de domestication au Pérou. L'espèce a été cultivée dans les Andes pendant des millénaires avant que la colonisation espagnole ne réduise fortement sa culture au profit du blé et de l'orge. Elle est aujourd'hui cultivée dans le monde entier comme fleur de jardin, et redécouverte comme céréale dans plusieurs pays, sans statut envahissant documenté.
- Native4
- Introduite4
- Pérou
- Équateur
- Bolivie
- Argentine
- Mexique
- Inde
- Chine
- Kenya
Hexagones: régions sourcées. Points verts: aire native. Statuts d'après POWO (Kew).
Identité
L'amarante queue-de-renard (Amaranthus caudatus L., 1753), aussi appelée passe-velours ou blé des Incas, est une plante annuelle des Amaranthaceae, dans le genre Amaranthus. Carl von Linné décrit Amaranthus caudatus en 1753, avec une aire native andine qui s'étend de l'Équateur au nord-ouest de l'Argentine. 1 2
Le nom anglais love-lies-bleeding, apparu à l'époque victorienne, décrit la couleur pourpre sombre des longues panicules retombantes, associée à l'image d'un sang qui coule. La graine porte un autre nom, kiwicha, terme quechua aujourd'hui repris par les filières agronomiques qui redécouvrent cette pseudo-céréale andine. 3 4
Reconnaissance
Amaranthus caudatus forme une tige dressée et ramifiée, souvent teintée de rouge, dont la taille varie fortement selon le cultivar : de 0,6 m pour les sélections les plus compactes jusqu'à 2,5 m pour les formes vivrières les plus vigoureuses. 5 6
Les feuilles sont ovales, alternes, vert franc ou nuancées de pourpre selon les sélections. L'inflorescence typique forme un long chaton retombant, souvent pourpre profond, pouvant dépasser 50 cm de longueur sur les sujets bien développés. 6 4
Les graines, minuscules et de moins d'1 mm de diamètre, se distinguent par leur couleur : pâles chez les formes cultivées pour l'alimentation, souvent plus sombres chez de nombreuses formes ornementales. Cette différence de couleur suit surtout la sélection variétale, pas une règle taxonomique stricte. Comme les autres amarantes, la plante est monoïque et autofertile, avec des fleurs minuscules dépourvues de pétales, pollinisées par le vent plutôt que par les insectes. 4 5
Taxonomie utile
Plants of the World Online accepte le nom Amaranthus caudatus L., publié en 1753, dans la famille des Amaranthaceae. 1 7
Le genre Amaranthus regroupe plusieurs dizaines d'espèces d'aspect proche. Un traitement récent reclasse même l'espèce en Amaranthus hybridus subsp. caudatus (L.) Iamonico & Galasso, un rattachement qui ne fait pas consensus face au nom accepté par Plants of the World Online. Plusieurs variétés et sous-espèces portent aussi ce nom, notamment Amaranthus caudatus subsp. mantegazzianus (Pass.) Hanelt et Amaranthus caudatus var. albiflorus Moq., distinguées surtout par la couleur florale ou le port de la plante. 1
L'espèce est diploïde, avec 32 chromosomes (2n = 32), un nombre partagé par l'ensemble du genre Amaranthus. 4
Habitat et répartition
L'aire native se situe dans les hautes vallées andines, de l'Équateur au nord-ouest de l'Argentine, avec un centre de domestication situé au Pérou. 1 4
Amaranthus caudatus est la seule espèce du genre capable de pousser à plus de 2 500 mètres d'altitude, une tolérance qui explique sa culture ancienne dans les vallées de montagne jusqu'à 3 100 mètres au Pérou. 4
Introduite depuis les Andes, l'espèce est aujourd'hui cultivée dans le monde entier comme plante de jardin, et redécouverte comme culture vivrière dans plusieurs pays, dont le Mexique, la Chine, le Népal, l'Inde et le Kenya, sans statut envahissant documenté. En France, elle reste une plante de massif et de bouquet, occasionnellement échappée des jardins. 4 2
Cycle, domestication et culture
Le semis se fait sous abri, 6 à 8 semaines avant le dernier gel en climat tempéré, ou directement en place une fois tout risque de gelée écarté ; la levée est rapide dès que le sol se réchauffe. La floraison s'étend de juillet aux premières gelées, et les graines mûrissent 4 à 6 mois après le semis. 5 6
Les civilisations andines, dont les Incas, ont cultivé cette plante pendant des millénaires pour ses graines protéinées avant que la colonisation espagnole, au XVIᵉ siècle, ne réduise fortement sa culture au profit du blé et de l'orge. Le regain d'intérêt agronomique récent, porté par le nom kiwicha, relance sa culture hors des Andes, en particulier en Asie et en Afrique de l'Est. 4
Au champ, deux maladies dominent en sol trop humide : la fonte des semis, causée par Pythium et Fusarium sur graines ou jeunes plantules, et la pourriture de tige, due à Sclerotinia et Alternaria. Sur le feuillage le plus jeune, les larves de chrysomèles (Diabrotica spp.) et de noctuelles (Agrotis spp.) causent l'essentiel des dégâts d'insectes. 4
Usages ornementaux, alimentaires et risques
L'usage ornemental domine en Europe : les longues panicules retombantes se cultivent en massif ensoleillé et abrité, en bouquet frais ou séché. Certains cultivars, comme 'Fat Spike', portent des épis dressés plutôt que retombants ; d'autres, comme 'Viridis', affichent des panicules vert pâle en alternative au pourpre typique. 8 9
Les jeunes feuilles se consomment cuites, à la manière des épinards. Les graines, riches en 13 à 18 % de protéines de bonne qualité et en lysine, un acide aminé rare dans les protéines végétales, se cuisent, se soufflent comme du pop-corn ou se moulent en farine sans gluten. Leur profil nutritionnel complète bien celui des céréales classiques comme le maïs ou le riz, pauvres en cet acide aminé précis. 5 4
Aucune toxicité n'est documentée pour l'humain, ni pour les chats ou les chiens ; le statut reste incertain chez le cheval faute de données spécifiques. Cultivée en sol trop riche en azote, la plante peut néanmoins concentrer des nitrates dans ses feuilles, un point de vigilance surtout pour les cultures destinées à être mangées. 5
Variétés, confusions et plantes proches
Deux cultivars stables illustrent cette variation de port et de couleur : 'Viridis', aux panicules vert pâle, et 'Fat Spike', aux épis dressés plutôt que retombants. Des sélections plus compactes, réservées aux petits massifs, complètent l'offre horticole. 9
Les confusions les plus fréquentes concernent d'autres amarantes-grains, notamment Amaranthus hypochondriacus et Amaranthus cruentus, aux panicules également denses et colorées. Face à ces deux espèces proches, la forme retombante et pourpre profond de la panicule typique reste le repère le plus simple pour reconnaître Amaranthus caudatus sur le terrain, même si certains cultivars ornementaux s'en écartent volontairement. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Amaranthus caudatus L.
- International Plant Names Index, Amaranthus caudatus
- INPN / MNHN, Amaranthus caudatus L., 1753
- Wikipedia EN, Amaranthus caudatus
- Plants For A Future, Amaranthus caudatus
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Amaranthus caudatus
- Royal Horticultural Society, Amaranthus caudatus
- Royal Horticultural Society, Amaranthus caudatus 'Viridis'
- Encyclopaedia Britannica, love-lies-bleeding
Questions fréquentes
L'amarante queue-de-renard est-elle toxique ?
Non. Elle est considérée comme non toxique pour l'humain, les chats et les chiens ; son statut reste incertain chez le cheval. Un sol trop riche en azote peut concentrer des nitrates dans les feuilles, à surveiller surtout pour les plantes destinées à être mangées.
Peut-on manger l'amarante queue-de-renard ?
Oui. Les jeunes feuilles se consomment cuites comme des épinards, et les graines, riches en lysine, se cuisent, se soufflent comme du pop-corn ou se moulent en farine sans gluten sous le nom de kiwicha.
D'où vient le nom kiwicha ?
Kiwicha est le nom quechua donné à la graine dans les programmes actuels de redécouverte agronomique, qui relancent la culture de cette pseudo-céréale andine longtemps délaissée après la colonisation espagnole.
Pourquoi certains plants ont-ils des panicules dressées plutôt que retombantes ?
Des cultivars comme 'Fat Spike' ont été sélectionnés pour un port dressé en épi, à l'inverse de la forme type retombante en long chaton. D'autres, comme 'Viridis', offrent des panicules vert pâle plutôt que pourpres.
Peut-on confondre l'amarante queue-de-renard avec d'autres amarantes ?
Oui, surtout avec Amaranthus hypochondriacus et Amaranthus cruentus, deux autres amarantes-grains d'aspect proche. La forme retombante et pourpre typique de la panicule reste le repère le plus simple sur le terrain.
Faut-il tuteurer cette plante ?
C'est recommandé pour les cultivars les plus hauts, dont les longues panicules alourdissent la tige et favorisent la verse en cas de vent.
À quelle altitude pousse-t-elle à l'état natif ?
Amaranthus caudatus est la seule espèce du genre capable de pousser à plus de 2 500 mètres d'altitude, avec une culture attestée jusqu'à 3 100 mètres au Pérou.
Plantes similaires
Données botaniques compilées à partir de sources de référence (RHS, Kew Gardens, POWO). Le contenu de cette fiche est indicatif et ne remplace pas l'avis d'un botaniste ou d'un vétérinaire en cas de doute sur la toxicité.




