Arbre à pain (Artocarpus altilis, (Parkinson) Fosberg 1941)

L'arbre à pain (Artocarpus altilis (Parkinson) Fosberg), ou fruit à pain, est un grand arbre de la famille des Moraceae, originaire de Nouvelle-Guinée et de l'archipel indo-malais, diffusé dans tout le Pacifique par les navigateurs austronésiens puis introduit aux Antilles à la fin du XVIIIᵉ siècle. Son fruit volumineux, à la texture de pain une fois cuit, se mange vert comme légume féculent ou mûr comme fruit sucré, et nourrit des populations entières dans de nombreuses régions tropicales.

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Nom scientifiqueArtocarpus altilis
GenreArtocarpus
OrdreRosales

Arbre à pain, Fruit à pain, Arbre à fruit à pain, Breadfruit, Ulu et Rima

Identité
Toxicité
Non toxique, comestible cuit ; latex irritant au contact
Niveau d'entretien
Modéré
Type de plante
Arbre · Arbre fruitier
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
Nouvelle-GuinéeIndonésiePhilippines
Habitat
Forêts tropicales humides de plaine, berges de cours d'eau et lisières marécageuses d'eau douce, en dessous de 650 m (jusqu'à 1 550 m en culture)
Saisonnalité
Floraison
Été
Récolte
ÉtéAutomne
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
8/10
Temps de maturation
Entrée en production vers 3 à 6 ans, arbre productif pendant plusieurs décennies
Multiplication
Bouture de racine, Marcottage aérien, Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
40–60 km/h
Humidité
70–85 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Non
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol profond, Sol riche, Sol drainé
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Plein soleil à l'âge adulte, mi-ombre utile en jeunesse
Intérieur
Serre chaude, Véranda humide
Extérieur
Verger, Jardin fruitier, Pleine terre
Pots
Grand bac, Pot lourd drainant
Apparence
Hauteur1000–3000 cmÉtalement800–1500 cm
Feuilles
Vert
Artocarpus altilis — feuilles 1
Artocarpus altilis — feuilles 2
Artocarpus altilis — feuilles 3
Artocarpus altilis — feuilles 4
Artocarpus altilis — feuilles 5
Fleurs
JauneVertTaille6–30 cm
Artocarpus altilis — fleurs 1
Artocarpus altilis — fleurs 2
Artocarpus altilis — fleurs 3
Artocarpus altilis — fleurs 4
Artocarpus altilis — fleurs 5
Fruits
VertJauneMarron
Artocarpus altilis — fruits 1
Artocarpus altilis — fruits 2
Artocarpus altilis — fruits 3
Artocarpus altilis — fruits 4
Artocarpus altilis — fruits 5
Port
Artocarpus altilis — port 1
Artocarpus altilis — port 2
Artocarpus altilis — port 3
Artocarpus altilis — port 4
Artocarpus altilis — port 5
Écorce
Marron
Artocarpus altilis — écorce 1
Artocarpus altilis — écorce 2
Artocarpus altilis — écorce 3
Artocarpus altilis — écorce 4
Artocarpus altilis — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native d'Artocarpus altilis s'étend de la Nouvelle-Guinée à l'archipel indo-malais jusqu'à l'ouest de la Micronésie. Sa diffusion dans tout le Pacifique remonte aux migrations austronésiennes, bien avant les contacts européens ; l'introduction aux Antilles est plus tardive et beaucoup mieux documentée.

  • Native3
  • Introduite6
  • Nouvelle-Guinée
  • Indonésie
  • Philippines
  • Polynésie française
  • Hawaï
  • Jamaïque
  • Sainte-Lucie
  • Trinité-et-Tobago
  • Afrique de l'Ouest

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

L'arbre à pain (Artocarpus altilis (Parkinson) Fosberg, 1941), ou fruit à pain, appartient à la famille des Moraceae, le même genre que le jacquier (Artocarpus heterophyllus). Son nom associe deux racines grecques, artos (pain) et karpos (fruit) : une référence directe à la texture du fruit une fois cuit, pas à son aspect extérieur. 1 4

Le naturaliste Sydney Parkinson décrit l'espèce dès 1773 sous le nom Sitodium altile, à partir d'un spécimen récolté lors du premier voyage de James Cook dans le Pacifique. Francis Raymond Fosberg la reclasse dans le genre Artocarpus en 1941 : ce reclassement tardif explique l'auteur composé qui figure dans son nom scientifique accepté aujourd'hui. 5 4

Reconnaissance

Artocarpus altilis est un arbre à feuillage persistant ou semi-caduc selon le climat, capable d'atteindre 25 à 30 m de hauteur en milieu naturel. Le tronc, parfois contreforté, dépasse 1 m de diamètre à l'état sauvage ; en culture, les sujets dépassent rarement 15 m, soit à peine la moitié de la taille maximale observée en forêt. 6 7

Les feuilles alternes, coriaces et brillantes, mesurent couramment 40 à 90 cm de long pour 20 à 50 cm de large, entières à la base puis profondément découpées en 5 à 11 lobes pointus. Les nervures jaunes, bien marquées sur le dessus du limbe, tranchent avec une face inférieure plus mate et légèrement velue. 2

La floraison monoïque associe un épi mâle cylindrique et pendant, de 12 à 30 cm de long, à une inflorescence femelle ovoïde bien plus courte, d'environ 6 cm. Toutes les parties de l'arbre, y compris les jeunes pousses et le pédoncule du fruit, exsudent un latex laiteux et gommeux dès qu'elles sont blessées. 2

Taxonomie utile

Les noms de vente et les synonymes se recoupent facilement pour cette espèce. Les principaux à connaître sont :

  • Sitodium altile Parkinson (basionyme)
  • Artocarpus incisus (Thunb.) L.f.
  • Artocarpus communis J.R.Forst. & G.Forst.
  • Artocarpus incisus var. seminifer (Stokes) Duss

Artocarpus communis désigne, pour l'acheteur comme pour le botaniste, exactement la même espèce que le nom scientifique accepté, Artocarpus altilis : un pépiniériste qui vend l'un vend l'autre. La confusion la plus risquée reste avec Artocarpus camansi, le châtaignier du Pacifique, une espèce proche mais distincte qui produit toujours des graines nombreuses, jamais les fruits pratiquement sans graines des cultivars aujourd'hui diffusés dans le Pacifique. 1 4

Habitat et répartition

L'aire native s'étend de la Nouvelle-Guinée à l'archipel indo-malais jusqu'à l'ouest de la Micronésie, où l'arbre pousse en forêt humide de plaine, le long des cours d'eau et en lisière de marécages d'eau douce, en dessous de 650 m d'altitude, contre 1 550 m en culture. 3 2

Sa diffusion dans tout le Pacifique remonte aux migrations austronésiennes, bien avant les contacts européens. Les premiers navigateurs européens l'observent aux Marquises dès 1595, puis à Tahiti en 1606. 2

Comparée aux siècles de diffusion orale à travers le Pacifique, l'introduction aux Antilles est l'épisode le mieux documenté, grâce aux journaux de bord conservés de l'expédition. En 1787, le capitaine William Bligh embarque plus de 1 000 plants à bord du HMS Bounty ; tous sont perdus lors de la mutinerie. Sa seconde expédition livre finalement plus de 2 100 plants à la Jamaïque en 1793. 2

Cycle et reproduction

En climat favorable, l'arbre entre en production entre 3 et 6 ans après plantation et reste productif pendant plusieurs décennies, avec 50 à 200 fruits par an selon la variété et le climat ; la récolte se concentre en été et en automne selon les régions. 6 2

La multiplication commerciale privilégie la bouture de racine : un fragment de 2,5 à 6 cm de diamètre, dont le latex est coagulé au permanganate de potassium avant plantation, s'enracine en 2 à 5 mois. Les rejets naturels et le marcottage aérien sont aussi employés ; le semis reste réservé aux variétés à graines, qui perdent vite leur viabilité. 2 3

Beaucoup de cultivars du Pacifique, aujourd'hui majoritaires en culture, sont sans graines : leur fruit ne contient qu'un noyau central avorté, et leur seule multiplication possible passe par le rejet ou la bouture, jamais par semis. 2

Usages et risques

Le fruit se consomme cuit à tous les stades : bouilli, rôti ou passé au four lorsqu'il est encore vert, il fournit un féculent proche de la pomme de terre ; mûr, sa chair sucrée se prépare en dessert ou en confiture. Les graines des variétés à graines se mangent bouillies ou grillées. 3 2

Sans être toxique, le fruit cru de la plupart des variétés a un effet purgatif ; certains cultivars demandent une double cuisson à l'eau pour neutraliser l'effet purgatif du fruit cru. Le latex laiteux, présent dans toutes les parties de l'arbre, irrite la peau au contact direct et calfate traditionnellement les pirogues du Pacifique. 2

Le bois clair, léger et résistant aux termites entre dans la charpente et la construction de pirogues à travers le Pacifique ; les feuilles, très appétées, nourrissent le bétail, mais l'écorce des jeunes arbres doit rester hors de portée des chevaux, qui la rongent volontiers. 2

Variétés, confusions et plantes proches

Le Pacifique compte plusieurs centaines de cultivars nommés. Le cultivar Ma'afala, originaire des Samoa et des Tonga et sans graines, domine aujourd'hui les programmes de plantation du Pacifique et des Caraïbes, devant Buco Ni Viti, variété fidjienne oblongue, et le groupe Tahitian White, recherchés l'un et l'autre pour leur texture plutôt que pour leur diffusion. 2

La confusion la plus fréquente reste avec Artocarpus camansi, dont le fruit hérissé de pointes souples contient toujours de nombreuses graines, et avec Artocarpus heterophyllus, le jacquier, aux fruits bien plus lourds et à l'odeur beaucoup plus prononcée. Le feuillage moins découpé et l'absence quasi systématique de graines chez les cultivars du Pacifique restent les meilleurs repères de terrain. 4 5

Sources principales

Questions fréquentes

L'arbre à pain donne-t-il un fruit ou un légume ?

Botaniquement, c'est un fruit. Cuisiné, il se comporte surtout comme un légume féculent lorsqu'il est récolté vert, et comme un fruit sucré une fois pleinement mûr.

L'arbre à pain est-il toxique pour les chats et les chiens ?

Non. Le fruit cuit n'est pas toxique pour les animaux domestiques ni pour l'humain. Seul le latex laiteux, présent dans toutes les parties de l'arbre, irrite la peau au contact direct.

Pourquoi certains arbres à pain n'ont-ils pas de graines ?

La plupart des cultivars diffusés dans le Pacifique et aux Caraïbes, comme Ma'afala, sont sélectionnés sans graines. Leur fruit ne contient qu'un noyau central avorté, et leur seule multiplication possible passe par la bouture ou le rejet.

Quelle est la différence entre l'arbre à pain et le jacquier ?

Artocarpus altilis et Artocarpus heterophyllus, le jacquier, appartiennent au même genre mais restent des espèces distinctes. Le jacquier produit un fruit beaucoup plus lourd, à l'odeur nettement plus prononcée, souvent porté directement sur le tronc.

D'où vient le nom arbre à pain ?

Le nom traduit l'anglais breadfruit, donné par les premiers navigateurs européens à cause de la texture du fruit moyennement mûr une fois cuit, comparée à celle d'un pain frais.

Peut-on cultiver l'arbre à pain en France métropolitaine ?

Seulement en serre chaude ou en collection botanique protégée. L'espèce ne tolère aucune température sous 5 °C, ce qui exclut toute culture en pleine terre hors des zones tropicales et subtropicales.

Que sont devenus les plants embarqués par le capitaine Bligh ?

Sa première expédition à bord du HMS Bounty, en 1787, a été perdue lors de la mutinerie. Sa seconde tentative a finalement livré plus de 2 100 plants à la Jamaïque en 1793, à l'origine d'une bonne partie de la culture antillaise actuelle.

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