Asiminier trilobé (Asimina triloba, )
L'asiminier trilobé (Asimina triloba) est un petit arbre fruitier caduc de la famille des Annonaceae, originaire de l'est de l'Amérique du Nord. Surnommé arbre à banane du pauvre, il porte le plus gros fruit comestible indigène du continent, à la pulpe crémeuse parfumée. Ses fleurs pourpres sont pollinisées par les mouches et les coléoptères, et l'arbre forme volontiers des colonies drageonnantes en sous-bois.
Lire la suiteAsiminier trilobé, Asiminier, Arbre à banane du pauvre, Pawpaw, American pawpaw et Dog-banana




© photo
(c) Wendell Smith, some rights reserved (CC BY) · cc-by
S Brian Treelife · cc0
Carrie Seltzer · cc0
Taken May 31, 2021 by Player 3T6 (cc-by-sa)
Taken Mar 23, 2020 by Silas Silas (cc-by-sa)
Taken Sep 24, 2020 by Cynthia Perdue (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
Asimina triloba est originaire de l'est de l'Amérique du Nord, du sud-est du Canada jusqu'au centre et à l'est des États-Unis. C'est un arbre du sous-étage des forêts caducifoliées humides, présent en fond de vallée, dans les ravins frais et le long des cours d'eau. C'est l'unique espèce de sa famille, les Annonaceae, à pousser et fructifier hors du climat tropical.
- Native2
- États-Unis (est)
- Canada (Ontario)
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'asiminier trilobé (Asimina triloba (L.) Dunal, 1817), souvent appelé asiminier ou pawpaw, est un petit arbre fruitier caduc de la famille des Annonaceae, dans le genre Asimina. Il a la particularité d'être la seule espèce de sa famille à pousser et à fructifier hors du climat tropical, alors que ses parentes, les corossols et les chérimoles, sont strictement tropicales. 1 5
Originaire de l'est de l'Amérique du Nord, l'asiminier est surtout connu pour son fruit : c'est le plus gros fruit comestible indigène du continent, à la pulpe crémeuse au goût de banane et de mangue. Son surnom d'arbre à banane du pauvre rappelle cette saveur tropicale portée par un arbre rustique des régions tempérées. 5 7
Reconnaissance
Asimina triloba se reconnaît d'abord à ses grandes feuilles obovales de 15 à 30 cm de long, pendantes, regroupées au bout des rameaux et dégageant une odeur de poivron froissé. Le feuillage vire au jaune clair à l'automne, ce qui éclaire les sous-bois où l'arbre forme souvent des bosquets denses. 4 3
Au printemps, avant ou pendant la feuillaison, l'arbre porte des fleurs pourpres en forme de coupe, à trois sépales verts et six pétales pourpre-brun disposés en deux rangs. Ces fleurs dégagent une odeur fade qui leur vaut d'être pollinisées par les mouches et les coléoptères plutôt que par les abeilles. 3 6
Le fruit est une grosse baie charnue de 6 à 15 cm de long, d'abord verte, virant au jaune puis au brun à maturité, à la chair tendre et crémeuse parsemée de grosses graines brunes. Le port reste celui d'un petit arbre pyramidal de 4 à 10 m, souvent entouré de rejets issus du drageonnement. 2 4
Taxonomie utile
L'espèce a été décrite sous le nom Asimina triloba (L.) Dunal en 1817, à partir d'un basionyme linnéen, et c'est le nom retenu aujourd'hui par Plants of the World Online. L'épithète triloba renvoie aux trois sépales de la fleur. Le genre Asimina a porté plusieurs noms au fil de l'histoire botanique, dont les principaux à connaître sont :
- Annona triloba L.
- Porcelia triloba (L.) Pers.
- Uvaria triloba (L.) Torr. & A.Gray
- Asimina triloba var. typica
Le cas du basionyme Annona triloba est instructif : longtemps rangé dans le genre Annona, l'asiminier a finalement été transféré dans le genre Asimina, propre à l'Amérique du Nord. Le repère stable reste le nom scientifique accepté, car les noms de variétés cultivées comme Sunflower ou Overleese désignent des sélections horticoles et non des espèces botaniques distinctes. 1 5
Habitat et répartition
Asimina triloba est originaire de l'est de l'Amérique du Nord, du sud-est du Canada jusqu'au centre et à l'est des États-Unis. C'est un arbre du sous-étage forestier, qui pousse dans les forêts caducifoliées humides, en fond de vallée, dans les ravins frais et le long des cours d'eau, sur des sols profonds, frais et bien drainés. 3 4
Dans son aire native, l'asiminier forme volontiers des colonies issues d'un même pied par drageonnement, ce qui en fait un arbre grégaire des fonds de bois. Sa rusticité, de l'ordre des zones USDA 5 à 9, lui permet de supporter des hivers froids, à la différence du reste de sa famille tropicale. 4 6
Hors de cette aire, l'asiminier est planté comme arbre fruitier de curiosité dans plusieurs régions tempérées, notamment en Europe et au Japon, où des amateurs cultivent les meilleures variétés sélectionnées. Ces sujets cultivés restent à distinguer des populations sauvages nord-américaines. 2 7
Cycle et reproduction
L'asiminier fleurit au printemps, ses fleurs pourpres s'ouvrant souvent avant la sortie complète des feuilles. L'espèce est le plus souvent auto-incompatible et protogyne : un seul arbre noue rarement des fruits, et il faut un second sujet d'origine génétique différente pour assurer la pollinisation croisée par les mouches et les coléoptères. 3 6
Après fécondation, les fleurs donnent les gros fruits charnus, qui mûrissent de la fin de l'été au début de l'automne et tombent souvent au sol à pleine maturité. Les graines, grosses et brunes, germent après une période de froid ; la levée est lente et irrégulière, et l'arbre obtenu ne reproduit pas fidèlement la variété mère. 2 7
En culture, la multiplication passe donc par le semis de graines fraîches stratifiées, par le greffage d'une variété nommée sur un jeune porte-greffe, ou par prélèvement des drageons qui entourent le pied. Du semis à la première fructification, il faut compter de cinq à huit ans selon les conditions. 6 4
Usages et risques
L'usage de l'asiminier est avant tout fruitier. La pulpe mûre se mange crue à la cuillère, ou entre dans des glaces, des purées et des desserts ; sa saveur de banane et de mangue en fait un fruit recherché des amateurs. Très fragile et de courte conservation, il n'a jamais percé en culture commerciale de masse. 5 7
Tout n'est cependant pas comestible. Les graines et la peau du fruit renferment des acétogénines propres aux Annonaceae, composés neurotoxiques et émétiques ; ingérées, graines et peau provoquent des troubles digestifs, et certaines personnes développent une réaction cutanée en manipulant les fruits. Les feuilles et l'écorce contiennent aussi des acétogénines aux propriétés insecticides. Il est donc prudent de ne consommer que la pulpe mûre, d'écarter graines et peau, et de tenir le fruit hors de portée des chats, des chiens et des chevaux. 6 4
Variétés, confusions et plantes proches
Les variétés cultivées ne sont pas des espèces séparées, mais des sélections issues du travail des amateurs et de programmes universitaires. Sunflower et Overleese comptent parmi les plus réputées ; Susquehanna et Shenandoah ont été sélectionnées pour leurs gros fruits charnus à faible proportion de graines. Avant l'achat, mieux vaut prévoir un second sujet pollinisateur compatible.
Les confusions les plus fréquentes concernent d'autres Annonaceae et un faux ami :
- Asimina parviflora, l'asiminier nain du sud-est des États-Unis, aux fruits plus petits ;
- Asimina incarna, une espèce voisine des sols sableux du Sud-Est ;
- Carica papaya, le papayer tropical, sans lien botanique, dont le nom anglais pawpaw recoupe celui de l'asiminier.
Le feuillage obovale à odeur de poivron, les fleurs pourpres printanières et le gros fruit à pulpe crémeuse restent les repères les plus fiables pour confirmer qu'un arbre est bien l'asiminier Asimina triloba. 4 1
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Asimina triloba (L.) Dunal
- Royal Horticultural Society, Asimina triloba - pawpaw
- Missouri Botanical Garden, Asimina triloba
- NC State Extension, Asimina triloba (Pawpaw)
- Encyclopaedia Britannica, pawpaw (Asimina)
- Plants For A Future, Asimina triloba
- Kentucky State University, Pawpaw description and nutritional information
Questions fréquentes
Le fruit de l'asiminier est-il comestible ?
Oui. La pulpe mûre est comestible et appréciée, à la saveur crémeuse de banane et de mangue. En revanche, les graines et la peau contiennent des acétogénines et peuvent provoquer des troubles digestifs ; mieux vaut ne consommer que la pulpe et écarter graines et peau.
Pourquoi mon asiminier ne donne-t-il pas de fruits ?
L'espèce est le plus souvent auto-incompatible — un seul arbre noue rarement des fruits. Il faut planter un second asiminier d'origine génétique différente à proximité pour assurer la pollinisation croisée par les insectes.
Comment l'asiminier est-il pollinisé ?
Ses fleurs pourpres dégagent une odeur fade qui attire les mouches et les coléoptères, ses pollinisateurs naturels. La pollinisation reste souvent irrégulière, ce qui explique les récoltes parfois faibles sans pollinisateur voisin.
Quel sol et quelle exposition pour un asiminier ?
Il lui faut un sol profond, frais, riche et bien drainé, plutôt acide à neutre. Jeune, il préfère la mi-ombre ; adulte, il fructifie mieux au plein soleil. Il redoute les sols gorgés d'eau et la sécheresse prolongée.
L'asiminier est-il envahissant au jardin ?
Il n'est pas classé envahissant, mais il drageonne abondamment et forme des colonies autour du pied mère. Il suffit de supprimer régulièrement les rejets en surnombre pour le contenir.
Quelle taille atteint un asiminier ?
C'est un petit arbre de 4 à 10 m de hauteur, souvent autour de 5 à 6 m en culture, pour une envergure de 3 à 8 m. Son port reste pyramidal et il forme volontiers un bosquet par drageonnement.
Quelles plantes confond-on avec l'asiminier ?
La confusion vise surtout d'autres espèces du genre Asimina du sud-est des États-Unis, et le papayer tropical, sans lien botanique, dont le nom anglais pawpaw recoupe celui de l'asiminier.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







