Margousier (Azadirachta indica, A.Juss. 1830)

Le margousier (Azadirachta indica A.Juss.), plus connu sous son nom hindi neem, est un arbre persistant des Meliaceae, natif du nord-est de l'Inde et de l'Indochine selon POWO. Cultivé dans presque toute la ceinture tropicale pour son ombrage, son bois et l'huile insecticide extraite de ses graines, il reste peu risqué au contact courant, mais son huile de graine concentrée est documentée comme dangereuse en ingestion.

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Nom scientifiqueAzadirachta indica
GenreAzadirachta
OrdreSapindales

Margousier, Neem, Azadirachta, Lilas des Indes, Margosa, Neem tree et Indian lilac

Identité
Toxicité
Prudence : humains, dont enfants · Non toxique : chats, chiens et animaux · À vérifier : chevaux
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
IndeMyanmar (Birmanie)BangladeshSri LankaPakistan
Habitat
Forêts et savanes tropicales sèches à semi-arides, sols pauvres et bien drainés ; largement introduit en zone tropicale et subtropicale
Saisonnalité
Floraison
Printemps
Récolte
Été
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
8/10
Temps de maturation
Floraison possible dès 4-5 ans ; production de graines exploitable vers 10-12 ans
Diamètre du houppier
1000–2000 cm
Multiplication
Semis, Marcottage aérien, Bouture de racine
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
< 20 km/h
Humidité
40–80 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol drainé, Sol pauvre, Terre franche sableuse
Sol salin
Toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Extérieur
Parc, Bord de route, Haie champêtre
Apparence
Hauteur1500–3000 cmÉtalement1000–2000 cm
Feuilles
Vert
Azadirachta indica — feuilles 1
Azadirachta indica — feuilles 2
Azadirachta indica — feuilles 3
Azadirachta indica — feuilles 4
Azadirachta indica — feuilles 5
Fleurs
BlancCrème
Azadirachta indica — fleurs 1
Azadirachta indica — fleurs 2
Azadirachta indica — fleurs 3
Azadirachta indica — fleurs 4
Azadirachta indica — fleurs 5
Fruits
VertJaune
Azadirachta indica — fruits 1
Azadirachta indica — fruits 2
Azadirachta indica — fruits 3
Azadirachta indica — fruits 4
Azadirachta indica — fruits 5
Port
Azadirachta indica — port 1
Azadirachta indica — port 2
Azadirachta indica — port 3
Azadirachta indica — port 4
Azadirachta indica — port 5
Écorce
Marron
Azadirachta indica — écorce 1
Azadirachta indica — écorce 2
Azadirachta indica — écorce 3
Azadirachta indica — écorce 4
Azadirachta indica — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native stricte d'Azadirachta indica se situe, selon POWO, entre l'Assam et l'Indochine méridionale. D'autres sources élargissent cette origine à tout le sous-continent indien et à l'Asie du Sud-Est continentale, une zone où l'arbre est cultivé depuis si longtemps que sa limite native exacte reste discutée. L'espèce est naturalisée dans une grande partie des tropiques et se montre localement envahissante, en particulier en Australie du Nord.

  • Native5
  • Introduite2
  • Envahissante1
  • Inde (nord-est, Assam)
  • Myanmar
  • Bangladesh
  • Sri Lanka
  • Pakistan
  • Afrique subsaharienne
  • Caraïbes
  • Australie (Territoire du Nord)

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

Le margousier (Azadirachta indica A.Juss., 1830), plus connu en France sous son nom hindi neem, est un arbre persistant du genre Azadirachta, dans la famille des Meliaceae, celle de l'acajou. Le genre ne compte que 2 espèces reconnues, Azadirachta indica et Azadirachta excelsa, cette dernière limitée à l'Asie du Sud-Est insulaire et rarement cultivée hors de son aire. 1 2

Le nom de genre associe le persan azad darakht, « arbre libre » ou « arbre noble », et l'épithète indica, qui renvoie à l'Inde. Le nom vernaculaire neem descend lui du sanskrit nimba, passé en hindi sous la forme nim. Margousier viendrait pour sa part du portugais amargoso, « amer », un adjectif qui décrit bien le goût des feuilles, de l'écorce et des graines. 4

Reconnaissance

Le margousier est un grand arbre à feuillage persistant, capable d'atteindre 15 à 30 m de haut pour une couronne large et arrondie, parfois large de 20 m sur un sujet isolé âgé. Le tronc reste court, souvent droit, avec une écorce brun-grisâtre épaisse et profondément crevassée. 4 3

Les feuilles sont composées, imparipennées, longues de 20 à 40 cm, formées de folioles en dents de scie, asymétriques à la base ; la foliole terminale manque souvent. Les fleurs, petites, blanches à crème et très parfumées, sont réunies en panicules axillaires. Le fruit est une drupe lisse et ovale, longue d'environ 2 cm, verte puis jaune à maturité, qui renferme une graine à coque et noyau huileux. 4 3

Toutes les parties de l'arbre partagent un goût amer marqué, feuilles, écorce et graines comprises. Ce trait, plus que la seule forme des feuilles, aide souvent à confirmer un neem sur le terrain, en complément du port et du fruit mûr. 4

Taxonomie utile

POWO retient Azadirachta indica A.Juss. comme nom accepté, publié en 1830. Le nom partage plusieurs synonymes historiques, dont certains ont longtemps brouillé la littérature botanique consacrée à l'espèce. 1 2

  • Melia indica (A.Juss.) Brandis, synonyme homotypique fondé sur le même type
  • Melia azadirachta L., nom linnéen antérieur, aujourd'hui rattaché à la même espèce
  • Antelaea azadirachta (L.) Adelb., combinaison jugée invalide
  • Azadirachta indica var. siamensis Valeton, variété siamoise
  • Azadirachta indica subsp. vartakii Kothari, Londhe & N.P.Singh, sous-espèce indienne restreinte

Le nom Melia azadirachta, publié par Linné dès 1753, rappelle qu'Azadirachta indica a longtemps été classé dans le genre Melia, avant d'être séparé au sein du genre Azadirachta. Cette confusion historique se prolonge aujourd'hui avec Melia azedarach, une espèce distincte à ne pas confondre avec le neem malgré des noms voisins. 4 1

Habitat et répartition

POWO situe l'aire native stricte d'Azadirachta indica entre l'Assam et l'Indochine méridionale. D'autres sources élargissent cette origine à l'ensemble du sous-continent indien et à l'Asie du Sud-Est continentale, une zone où l'espèce est cultivée depuis si longtemps que sa limite native exacte reste discutée. 1 4

L'arbre a été introduit en Afrique au XXᵉ siècle et s'est depuis établi dans plus de trente pays, notamment le long de la bordure sud du Sahara, où il fournit bois de feu et bois d'œuvre. Il est aujourd'hui planté dans presque toute la ceinture tropicale et subtropicale, des Caraïbes au Pacifique. 4

Le neem tolère des sols pauvres, pierreux ou peu profonds, et pousse aussi bien en climat semi-aride qu'en zone tropicale humide, à condition que le sol reste bien drainé : il meurt rapidement en sol détrempé. Le neem doit une bonne part de sa diffusion hors de son aire native à cette double tolérance, au manque d'eau et à la pauvreté du sol, qui favorise son installation là où des essences plus exigeantes échouent. 3 4

Cycle et culture

Un semis de graine fraîche germe en général en une semaine, sans traitement préalable, mais la graine perd vite son pouvoir germinatif, souvent en deux à six mois de stockage. Le jeune plant développe une racine pivotante profonde et peut atteindre 4 à 7 m dès la troisième année en conditions favorables. 4

La floraison démarre vers 4 à 5 ans, mais une production de graines réellement exploitable n'apparaît qu'après 10 à 12 ans. Un arbre adulte peut ensuite produire jusqu'à 50 kg de fruits par an et vivre plus de deux siècles. La multiplication végétative se fait par marcottage aérien ou bouture de racine, utile pour fixer un sujet précis plutôt qu'une descendance issue de graine. 4

L'arbre supporte bien l'étêtage et le recépage, avec une repousse rapide portée par un système racinaire déjà développé. C'est un atout en agroforesterie, où le neem est taillé régulièrement pour le bois et l'ombrage plutôt que laissé pousser en port libre. 4

Usages et risques

L'huile extraite des graines contient de l'azadirachtine, une molécule qui inhibe la croissance et la reproduction de nombreux insectes sans les tuer directement ; elle sert de base à des insecticides naturels efficaces sur près de 100 espèces nuisibles. Les feuilles, l'écorce et l'huile occupent aussi une place centrale en médecine traditionnelle indienne. 3 4

Les jeunes feuilles et les fleurs, une fois cuites, sont consommées en petite quantité dans certaines régions d'Inde, et le fruit mûr est parfois mangé cru. Ces usages alimentaires restent traditionnels et limités : ils ne concernent jamais l'huile de graine, réservée à un usage externe ou insecticide. 3 4

L'ingestion d'huile de graine concentrée est en revanche documentée comme dangereuse, en particulier chez le nourrisson : plusieurs séries de cas rapportent vomissements, acidose métabolique sévère et encéphalopathie toxique après une prise unique, avec une issue parfois fatale. Ce risque concerne l'huile pure ingérée, pas le contact courant avec l'arbre ou ses feuilles. 7

Invasivité, confusions et plantes proches

Le neem n'a pas de statut invasif reconnu en France métropolitaine, où son climat tropical d'origine limite toute naturalisation en pleine terre. La situation diffère radicalement en Australie : dans le Territoire du Nord, l'espèce est classée weed de classe B depuis 2014, après avoir envahi plusieurs systèmes fluviaux, dont le bassin de la rivière Katherine. Un seul arbre adulte peut y produire jusqu'à 50 000 graines par an, dispersées par les oiseaux et les chauves-souris. 5

Sur sa Liste rouge, l'UICN classe Azadirachta indica en préoccupation mineure, un statut cohérent avec une aire native étendue et une culture massive qui protègent l'espèce d'un déclin global, même là où elle est jugée envahissante localement. 6

La confusion la plus fréquente concerne Melia azedarach, le lilas de Perse, dont les feuilles bipennées, plus découpées, et les fruits toxiques pour de nombreux animaux tranchent avec le feuillage simplement penné et le fruit du neem, jugé sans risque au contact courant. Face à ce risque, le nom scientifique complet est plus fiable que les noms vernaculaires (neem, lilas de Perse), qui se recoupent parfois d'une région à l'autre : c'est lui qu'il faut vérifier avant tout usage alimentaire, médicinal ou de traitement des cultures. 4 7

Sources principales

Questions fréquentes

Le neem est-il toxique pour les chats ou les chiens ?

L'arbre et ses feuilles sont généralement considérés comme non toxiques au contact ou en cas d'ingestion accidentelle limitée. Le risque documenté concerne l'huile de graine concentrée, ingérée pure, qui reste à tenir hors de portée des animaux comme des enfants.

Peut-on cultiver un neem en France métropolitaine ?

Seulement en grand bac sous serre chaude très lumineuse. C'est un arbre tropical qui ne tolère aucun gel prolongé et ne peut pas passer l'hiver en pleine terre hors climat tropical ou très doux.

Le neem est-il envahissant ?

Aucun statut invasif n'est reconnu en France métropolitaine, faute de climat compatible. En Australie, dans le Territoire du Nord, il est en revanche classé weed de classe B depuis 2014 après avoir envahi plusieurs systèmes fluviaux.

Quelle différence entre le neem et le lilas de Perse ?

Melia azedarach a des feuilles bipennées plus découpées et des fruits toxiques pour de nombreux animaux, alors que le neem a des feuilles simplement pennées et un fruit jugé sans risque au contact courant. Le nom scientifique reste le repère le plus fiable.

À quoi sert l'huile de neem ?

Extraite des graines, elle contient de l'azadirachtine, une molécule qui perturbe la croissance et la reproduction de nombreux insectes. Utilisée en agriculture comme insecticide naturel, elle n'est pas destinée à une ingestion humaine ou animale.

Le neem est-il comestible ?

Les jeunes feuilles et les fleurs, une fois cuites, sont consommées en petite quantité dans certaines régions d'Inde, et le fruit mûr est parfois mangé cru. Ces usages restent traditionnels et ne concernent jamais l'huile de graine concentrée.

D'où vient le nom neem ?

Il descend du sanskrit nimba, passé en hindi sous la forme nim, puis repris tel quel dans de nombreuses langues. Le nom français margousier viendrait lui du portugais amargoso, amer.

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