Tamarinier (Tamarindus indica, )
Le tamarinier (Tamarindus indica) est un arbre fruitier des Fabaceae, originaire d'Afrique tropicale malgré son épithète indica qui évoque à tort l'Inde. Cultivé pour sa gousse à pulpe acidulée utilisée dans de nombreuses cuisines tropicales, c'est aussi l'un des arbres fruitiers les plus longévifs connus, capable de vivre plusieurs siècles. Non toxique pour les animaux domestiques ni pour l'humain, il reste un arbre strictement tropical, incompatible avec la pleine terre en climat tempéré.
Lire la suiteTamarinier, Tamarindier, Tamarin, Tamarind, Imli et Asam jawa
Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.






© photo
no rights reserved, uploaded by 葉子 · cc0
Yoav Daniel Bar-Ness · cc-by
Lynn Harper · cc-by-nc
Taken Feb 17, 2011 by Tela Botanica − Céline PIRAT (cc-by-sa)
Taken Dec 14, 2007 by Tela Botanica − Liliane Roubaudi (cc-by-sa)
Taken Dec 24, 2011 by Tela Botanica − Liliane Roubaudi (cc-by-sa)
Taken Dec 6, 2020 by Ayesha Aman (cc-by-sa)
Taken Jun 9, 2021 by Chittaranjan Padhi (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native de Tamarindus indica couvre la ceinture soudanienne d'Afrique tropicale, du Sénégal à l'Afrique de l'Est. Introduit en Inde il y a plusieurs millénaires, l'arbre y a été si largement cultivé qu'il a longtemps été considéré comme indigène du sous-continent, avant de se diffuser dans toute la ceinture pantropicale.
- Native3
- Introduite5
- Sénégal
- Soudan
- Éthiopie
- Inde
- Mexique
- Guatemala
- Hawaï
- Australie
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le tamarinier (Tamarindus indica L., 1753) est l'unique espèce du genre monotypique Tamarindus, une légumineuse des Fabaceae capable de produire pendant 50 à 60 ans et de vivre plus d'un siècle et demi, mais incompatible avec le gel. Son épithète indica trompe sur l'origine : l'arbre vient d'Afrique tropicale, de la ceinture soudanienne du Sénégal jusqu'à l'Afrique de l'Est, et n'a rejoint l'Inde que par une introduction ancienne, vieille de plusieurs millénaires. 1 2
Le nom français tamarin vient de l'arabe tamr hindi, littéralement « datte de l'Inde » : l'expression décrit l'aspect brun et collant de la pulpe séchée, pas la géographie réelle de l'arbre. Égyptiens et Grecs connaissaient déjà ce fruit au IVᵉ siècle av. J.-C., bien avant que ce nom n'installe la confusion indienne. 2 3
Reconnaissance
Tamarindus indica pousse lentement mais sans limite nette : son houppier arrondi et dense atteint couramment 12 à 20 m de hauteur, jusqu'à 30 m chez les sujets exceptionnels. L'écorce grise, rugueuse et fissurée, recouvre des branches souples qui rendent l'arbre remarquablement résistant au vent. 2 5
Les feuilles composées et pennées comptent 10 à 20 paires de petites folioles qui se replient chaque nuit, un comportement de nyctinastie partagé par de nombreuses légumineuses. Les fleurs restent discrètes : jaunes striées d'orange ou de rouge, réunies en petites grappes, avec des boutons roses avant l'ouverture. 2
Le fruit est une gousse aplatie, irrégulièrement incurvée et renflée, brun cannelle à maturité, longue de 5 à 18 cm. Sa coque cassante enferme une pulpe brune, collante et très acide, entourant des graines dures et luisantes ; une fois la gousse ouverte, cette pulpe reste, avec la forme incurvée de la gousse, le repère le plus fiable pour confirmer l'espèce. 2 3
Taxonomie utile
Le nom accepté Tamarindus indica recouvre plusieurs synonymes botaniques hérités de descriptions anciennes, aujourd'hui tous rattachés à une seule espèce :
- Tamarindus occidentalis Gaertn.
- Tamarindus officinalis Hook.
- Tamarindus somalensis Mattei
- Tamarindus umbrosa Salisb.
- Tamarindus indica var. emarginata Chiov.
Le genre Tamarindus est monotypique : une seule espèce en porte le nom, ce qui simplifie l'identification par rapport à des genres plus étoffés. Le repère fiable reste donc le nom scientifique accepté, sans confusion possible avec une autre variété du genre. 1 9
Habitat et répartition
L'aire native occupe la ceinture soudanienne d'Afrique tropicale, des savanes boisées du Sénégal jusqu'à l'Afrique de l'Est, sur des sols variés, du limon alluvial à la roche calcaire poreuse. L'arbre tolère aussi les embruns salés et pousse à proximité immédiate du littoral. 1 2
Introduit en Inde il y a plusieurs milliers d'années, le tamarinier y a été si largement cultivé qu'il a longtemps été considéré comme une espèce indigène du sous-continent. Il s'est ensuite diffusé dans toute la ceinture tropicale : Asie du Sud-Est, îles du Pacifique dès 1797 à Hawaï, Antilles, Mexique et Amérique centrale. 2 5
Évalué par l'UICN, le tamarinier est classé en préoccupation mineure : sa large répartition et sa culture pantropicale le mettent à l'abri d'un risque global d'extinction. 6 7
Cycle et reproduction
Les graines restent viables plusieurs mois et germent en une semaine environ après semis. Un jeune plant atteint environ 60 cm la première année, puis 120 cm la deuxième avec un arrosage régulier. 2
L'entrée en fructification varie ensuite fortement selon le climat : dès 4 ans à Madagascar, vers 5 ans au Mexique, mais parfois 10 à 14 ans en Inde. Après la floraison estivale, la gousse met environ 245 jours à mûrir depuis la nouaison, perdant progressivement la moitié de son humidité. 2
Une saison sèche marquée pendant cette maturation favorise la fructification ; des pluies trop fréquentes à ce stade peuvent au contraire l'empêcher complètement. Un arbre adulte produit ensuite abondamment pendant 50 à 60 ans, avant que sa productivité ne décline. 2
Il peut néanmoins continuer à vivre près d'un siècle et demi après ce déclin : c'est l'un des arbres fruitiers les plus longévifs jamais cultivés par l'homme. 2
Usages et risques
Composant classique de la sauce Worcestershire, la pulpe acidulée du tamarinier entre aussi dans de nombreuses cuisines tropicales : sauces, chutneys, boissons et confiseries. Les jeunes feuilles et les fleurs se consomment aussi cuites en légume dans certaines régions d'Inde et d'Afrique australe. 2 3
Le bois de cœur, dur, dense et brun violacé, est recherché pour le mobilier et les manches d'outils ; il sert aussi à fabriquer des mortiers traditionnels. Les graines fournissent en plus une gomme industrielle utilisée comme apprêt textile. 2
Le tamarinier n'est pas toxique pour les chats, les chiens ni pour l'humain d'après l'ASPCA ; le statut reste non déterminé chez le cheval. 4
Une croyance répandue veut que peu de plantes survivent sous un tamarinier adulte, un effet attribué à l'acidité des feuilles tombées plutôt qu'à une réelle toxicité de l'espèce. Dans certaines traditions africaines et birmanes, l'arbre est aussi considéré comme sacré ou habité par un esprit protecteur. 2
Variétés, confusions et plantes proches
Les sélections horticoles portent surtout sur la douceur de la pulpe : Makham Waan, en Thaïlande, et Manila Sweet, diffusée par les services agricoles américains en Floride, donnent une pulpe nettement plus sucrée que le type sauvage. Certaines populations à pulpe rouge sont aussi jugées supérieures dans plusieurs régions productrices, sans constituer une variété botanique distincte. 2
Le nom « tamarin » prête à confusion avec deux espèces qui n'appartiennent pas au genre Tamarindus :
- le tamarin de Manille est Pithecellobium dulce, une légumineuse américaine à gousse sucrée sans lien botanique direct avec le véritable tamarinier ;
- les tamarins indigènes australiens du genre Diploglottis appartiennent à une tout autre famille botanique.
Le nom scientifique accepté, Tamarindus indica, reste l'unique repère fiable pour l'identification : aucune de ces deux confusions ne partage sa gousse longue de 5 à 18 cm, sa pulpe acide ou son genre à une seule espèce. 1
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Tamarindus indica L.
- Purdue University NewCrop / Julia Morton, Tamarind (Tamarindus indica), Fruits of Warm Climates 1987
- Useful Tropical Plants Database (Ken Fern), Tamarindus indica
- ASPCA, Tamarindus indica toxicity entry
- USDA NRCS PLANTS Database, Tamarindus indica L. (TAIN2)
- IUCN Red List, Tamarindus indica assessment 2017
- INPN / MNHN, Tamarindus indica L.
- University of Florida IFAS, Tamarindus indica tree fact sheet
- International Plant Names Index, Tamarindus indica L.
Questions fréquentes
Le tamarinier est-il toxique ?
Non. L'ASPCA classe Tamarindus indica comme non toxique pour les chats, les chiens et l'humain. Le statut reste non déterminé chez le cheval, mais la pulpe est un aliment courant partout où l'arbre pousse.
D'où vient réellement le tamarinier ?
L'espèce est native d'Afrique tropicale, de la ceinture soudanienne du Sénégal à l'Afrique de l'Est. L'épithète indica vient d'une introduction si ancienne en Inde que l'arbre y a longtemps été cru indigène.
Le tamarinier tolère-t-il le froid ?
Très mal en jeune âge, où le gel est mortel. Les sujets adultes bien installés en climat subtropical résistent à de brefs froids légers, mais l'espèce reste strictement tropicale sur le fond.
Combien de temps vit un tamarinier ?
L'arbre produit abondamment pendant 50 à 60 ans, puis sa productivité décline, mais il peut continuer à vivre encore près d'un siècle et demi, ce qui en fait un des arbres fruitiers les plus longévifs cultivés.
Pourquoi mon tamarinier ne fructifie-t-il pas ?
L'entrée en fructification varie de 4 à 14 ans selon le climat, et une saison sèche marquée pendant la maturation du fruit est nécessaire. Des pluies trop fréquentes à ce moment empêchent souvent la fructification.
Quelles plantes confond-on avec le tamarinier ?
Le nom tamarin de Manille désigne en réalité Pithecellobium dulce, sans lien botanique. Les tamarins indigènes australiens du genre Diploglottis appartiennent aussi à une famille différente.
Le fruit du tamarinier est-il comestible cru ?
Oui, la pulpe mûre se consomme fraîche, mais elle entre surtout dans des sauces, chutneys, boissons et confiseries à travers toutes les cuisines tropicales où l'arbre est cultivé.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







