Palo santo (Bursera graveolens, )
Le palo santo (Bursera graveolens (Kunth) Triana & Planch., 1872) est un arbre semi-décidu de la famille des Burseraceae, natif des forêts tropicales sèches du Mexique jusqu'au nord-ouest du Venezuela et au Pérou, avec une sous-espèce endémique aux Galápagos. Son bois ne devient aromatique qu'après la mort de l'arbre et plusieurs années de séchage ; c'est cette résine développée après coup qui est distillée en huile essentielle et brûlée en encens.
Lire la suitePalo santo, Bois saint, Holy wood, Palo santo d'Équateur, Sasafras et Crispin
Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.
Plein soleil ; tolère une ombre légère en jeune sujet




© photo
(c) Glenda Pozo, some rights reserved (CC BY-NC), uploaded by Glenda Pozo · cc-by-nc
Daniel A. Monsalve Ortiz · cc-by
Susan Murphy · cc-by
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
Le WCVP donne pour Bursera graveolens une aire native allant du Mexique au nord-ouest du Venezuela et au Pérou. Une sous-espèce endémique, subsp. malacophylla, est propre aux îles Galápagos. Les introductions hors de cette aire restent anecdotiques ; l'espèce est surtout collectée dans son aire native plutôt que cultivée ailleurs à grande échelle.
- Native10
- Mexique
- Guatemala
- Honduras
- Costa Rica
- Panama
- Colombie
- Venezuela
- Équateur continental
- Îles Galápagos
- Pérou
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le palo santo (Bursera graveolens (Kunth) Triana & Planch., 1872), littéralement « bois saint » en espagnol, appartient à la famille des Burseraceae, la même famille botanique que l'encens (Boswellia) et la myrrhe (Commiphora). Plants of the World Online rattache l'espèce au genre Bursera, décrite d'abord par Kunth sous le nom Elaphrium graveolens Kunth en 1824, puis transférée par Triana et Planchon en 1872. 1 4
L'épithète graveolens signifie « à forte odeur » : elle décrit la résine aromatique que dégage l'écorce dès qu'une branche se casse. GBIF recense aussi les noms crispin et sasafrás utilisés localement, en plus de palo santo et de son équivalent anglais holy wood. 2 4
Reconnaissance
Bursera graveolens est un arbre ou arbuste de 4 à 10 m de haut, au tronc plutôt droit à légèrement tortueux et à la couronne arrondie. Son écorce grise, lisse et non exfoliante le distingue immédiatement de son proche parent Bursera simaruba, dont l'écorce cuivrée pèle en larges lambeaux. 4
Chez Bursera graveolens, les feuilles composées et imparipennées mesurent 10 à 28 cm, réparties sur un rachis ailé qui regroupe 5 à 9 folioles étroitement ovales à obovales. L'arbre reste sans feuilles la majeure partie de l'année ; dès les premières pluies, il produit rapidement un feuillage fin, bleu vert, aux bords dentés. 5
Chez Bursera graveolens, les fleurs, minuscules et regroupées en panicules de moins de 6 cm, précèdent des fruits obovoïdes à ellipsoïdes de 7 à 11 mm, à deux valves, virant au rouge à maturité sur l'arbre. 5
Taxonomie utile
Le nom accepté retenu par Plants of the World Online est Bursera graveolens (Kunth) Triana & Planch., avec pour synonyme homotypique le basionyme Elaphrium graveolens Kunth. Deux sous-espèces sont reconnues : Bursera graveolens subsp. graveolens, répandue du Mexique au Pérou, et Bursera graveolens subsp. malacophylla (B.L.Rob.) A.Weeks & Tye, endémique des Galápagos. 1 5
Le nom commercial « palo santo » prête largement à confusion : il désigne aussi Bulnesia sarmientoi, un arbre sans lien de parenté, de la famille des Zygophyllaceae, originaire du Gran Chaco sud-américain et cultivé pour un bois aromatique différent. Un acheteur attentif doit donc vérifier le nom scientifique, pas seulement le nom de vente. 2
Habitat et répartition
POWO situe l'aire native de l'espèce du Mexique jusqu'au nord-ouest du Venezuela et au Pérou. Le NPGS/GRIN américain détaille cette aire pays par pays : Mexique, Guatemala, Honduras, Salvador, Costa Rica, Panama, Colombie, Équateur, Pérou. 1 4
L'espèce occupe la forêt tropicale sèche saisonnière, souvent en peuplements ouverts sur sols rocheux ou sableux bien drainés, du niveau de la mer jusqu'en moyenne altitude. La sous-espèce endémique des Galápagos pousse dans des formations semblables, décrites par la Fondation Charles Darwin comme des « forêts de Bursera » ouvertes en zone aride. 5
L'UICN classe Bursera graveolens en préoccupation mineure à l'échelle mondiale, une évaluation qui masque des tensions locales : le Pérou a classé l'espèce en danger critique en 2006, interdisant l'abattage d'arbres vivants, avant de la retirer de sa liste officielle en 2014, tandis que l'exploitation illégale reste régulière dans le nord-ouest péruvien. 3
Cycle et récolte du bois
Contrairement à la plupart des essences aromatiques, le bois de Bursera graveolens ne développe sa résine odorante qu'après la mort de l'arbre : les troncs et branches doivent sécher 4 à 10 ans avant que l'huile essentielle, riche en limonène, puisse être distillée à la vapeur pour un rendement satisfaisant. C'est pourquoi les filières durables ne récoltent que du bois tombé ou mort naturellement, jamais des arbres vivants. 8
La germination naturelle des graines de Bursera graveolens reste faible dans les forêts sèches d'Équateur et du Pérou, ce qui freine la régénération spontanée après une coupe. Morgan et Jose ont mis au point, en 2013, des traitements de scarification qui améliorent ce taux en pépinière, pour soutenir des programmes de reboisement en Équateur. 8
Usages et risques
L'écorce et les tiges de Bursera graveolens contiennent des triterpènes tétracycliques, dont l'acide bêta-élémonique, isolés et testés pour leur activité anti-inflammatoire, jusqu'à 71 % d'inhibition contre 81 % pour l'indométacine de référence, et pour leur activité antimicrobienne contre Bacillus subtilis et Staphylococcus aureus. 6
Les tiges renferment aussi des lignanes, dont la burseranine, isolée pour la première fois en 2005 et testée pour son activité cytotoxique sur des cellules de fibrosarcome humain en laboratoire. 7
En usage traditionnel équatorien et péruvien, les praticiens brûlent le bois de Bursera graveolens en fumigation rituelle pour chasser la « mauvaise énergie », et emploient son huile ou une décoction en médecine populaire contre les maux d'estomac et les douleurs rhumatismales. Aucune fiche de toxicité spécifique n'existe pour l'espèce dans les bases vétérinaires consultées, mais l'ASPCA rappelle que les huiles essentielles concentrées restent risquées pour les chats en cas d'ingestion ou d'usage en espace non ventilé. 9
Variétés, confusions et plantes proches
Bursera graveolens n'a pas de cultivar horticole reconnu : contrairement aux essences ornementales sélectionnées sur plusieurs générations, les spécimens vendus restent des jeunes plants issus de semis, du bois brut ou de l'huile essentielle distillée à partir de bois mort séché plusieurs années. 1
La confusion la plus fréquente concerne Bursera simaruba, le gumbo-limbo, à l'écorce rougeâtre qui pèle en fines lamelles, à l'inverse de l'écorce grise et lisse du palo santo. Une seconde confusion, purement commerciale, oppose le palo santo à Bulnesia sarmientoi : deux bois sans parenté botanique vendus sous le même nom d'usage. 4
Le genre Bursera compte lui-même une centaine d'espèces mexicaines et centraméricaines, souvent appelées « copal » localement ; seule l'analyse du bois, de l'écorce et de l'aire d'origine permet de séparer Bursera graveolens de ces espèces voisines vendues sous des noms commerciaux similaires. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Bursera graveolens (Kunth) Triana & Planch.
- GBIF Backbone Taxonomy, Bursera graveolens
- IUCN Red List, Bursera graveolens assessment
- USDA ARS GRIN Taxonomy, Bursera graveolens
- Charles Darwin Foundation DataZone, Bursera graveolens in Galápagos
- Robles et al., 2005, Triterpenos aislados de corteza de Bursera graveolens, Revista Brasileira de Farmacognosia
- Nakanishi et al., 2005, cytotoxic aryltetralin lignans from stems of Bursera graveolens, Chemical and Pharmaceutical Bulletin
- Morgan & Jose, 2013, Increasing Seed Germination of Bursera graveolens, Tree Planters' Notes
- ASPCA, The essentials of essential oils around pets
Questions fréquentes
Le palo santo est-il le même arbre partout où on le vend ?
Non. Le nom commercial palo santo désigne aussi Bulnesia sarmientoi, un arbre sans lien de parenté botanique originaire du Gran Chaco. Seul le nom scientifique Bursera graveolens garantit l'espèce décrite ici.
Pourquoi le bois de palo santo doit-il sécher avant d'être utilisé ?
La résine aromatique ne se développe pleinement qu'après la mort de l'arbre, au fil de 4 à 10 ans de séchage. Un tronc fraîchement coupé n'a presque pas d'odeur.
Le palo santo est-il une espèce menacée ?
L'UICN le classe en préoccupation mineure à l'échelle mondiale, mais l'exploitation illégale d'arbres vivants reste documentée dans le nord-ouest du Pérou, ce qui justifie une récolte limitée au bois mort.
Le palo santo est-il toxique pour les chats et les chiens ?
Aucune fiche de toxicité spécifique n'existe dans les bases vétérinaires consultées. L'huile essentielle, riche en limonène, reste toutefois à tenir hors de portée des chats par prudence générale.
Comment distinguer Bursera graveolens de Bursera simaruba ?
L'écorce tranche nettement entre les deux espèces. Celle du palo santo est grise, lisse et non exfoliante, tandis que celle du gumbo-limbo pèle en larges lamelles cuivrées.
Peut-on cultiver le palo santo en France ?
Seulement en pot, sous serre ou véranda très lumineuse. L'espèce ne supporte ni le gel ni un climat tempéré humide toute l'année.
D'où vient le nom scientifique graveolens ?
L'épithète latine signifie à forte odeur, en référence à la résine aromatique que dégage l'écorce dès qu'une branche est cassée.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







