Micocoulier de Provence (Celtis australis, )
Le micocoulier de Provence (Celtis australis) est un grand arbre caducifolié des Cannabaceae, natif du pourtour méditerranéen. Il se reconnaît à son écorce lisse et grise proche de celle d'un hêtre, à ses feuilles rugueuses en forme d'ortie et à ses petits fruits noir violacé, les micocoules, très prisé aujourd'hui comme arbre d'alignement urbain.
Lire la suiteMicocoulier de Provence, Micocoulier du Midi, Micocoulier austral, Fabreguier, European nettle tree et Lote tree






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Taken Apr 30, 2015 by Tela Botanica − CONNAULTE Christian (cc-by-sa)
Taken May 22, 2022 by Gomez Jimmy (cc-by-sa)
Taken Aug 8, 2019 by Jean-Daniel BLARD (cc-by-sa)
Taken Oct 4, 2022 by Bastien (cc-by-sa)
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Répartition mondiale
L'aire native de Celtis australis couvre tout le pourtour méditerranéen, de l'Espagne et de l'Afrique du Nord jusqu'au nord de l'Iran, en passant par l'Italie, les Balkans, la Turquie et le sud de la France, où l'espèce est la seule du genre réellement indigène. Hors de cette aire, l'arbre s'est largement naturalisé dans des régions subméditerranéennes et tempérées, et il est très planté comme arbre d'alignement bien au-delà de son origine, y compris dans le nord de la France, en Europe du Nord et outre-Atlantique.
- Native7
- France
- Espagne
- Italie
- Grèce
- Turquie
- Maroc
- Iran
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le micocoulier de Provence (Celtis australis L., 1753), aussi appelé micocoulier du Midi ou micocoulier austral, est un grand arbre caducifolié du genre Celtis, dans la famille des Cannabaceae. Longtemps classé chez les Ulmaceae, la famille des ormes, il a été rattaché aux Cannabaceae, celle du chanvre et du houblon, après l'adoption d'une classification phylogénétique des plantes à fleurs. 1 6
Le nom anglais nettle tree vient du feuillage : les feuilles rugueuses au toucher rappellent celles de l'ortie, sans aucun lien de parenté botanique entre les deux plantes. En français, micocoulier dérive de micocoule, le nom provençal du petit fruit charnu de l'arbre. 6
Reconnaissance
Le tronc reste le repère le plus fiable pour l'identifier : il porte une écorce lisse et grise, presque semblable à celle d'un hêtre, qui ne se fissure que sur les sujets d'âge avancé et peut alors dépasser 1 m de diamètre. Les rameaux se terminent par des ramilles pendantes, flexibles et légèrement en zigzag. 6
Les feuilles simples et alternes sont ovales, dentées, asymétriques à la base et effilées en pointe, avec trois nervures principales saillantes sous le limbe et une longueur de 5 à 15 cm. Leur face supérieure est scabre, rugueuse au toucher, contrairement au feuillage lisse du micocoulier de Virginie : un critère de reconnaissance immédiat sur le terrain. 6 2
À l'âge adulte, l'arbre atteint couramment 12 à 25 m, parfois plus de 30 m sur les sujets les plus anciens, pour un étalement de 8 à 15 m. Le port cylindrique et régulier, avec une cime ample et érigée, explique pourquoi l'espèce est autant plantée en alignement urbain. 2 3
Taxonomie utile
Linné décrit l'espèce en 1753 sous le nom Celtis australis L., resté le nom accepté depuis. Plusieurs formes ont ensuite été publiées puis ramenées en synonymie : Celtis australis var. eriocarpa (Decne.) Hook.f., Celtis australis var. lutescens Guss., Celtis australis var. panormitana Raimondo & Venturella et Celtis australis f. variegata Schelle ex Geerinck. 1
Le genre Celtis compte une centaine d'espèces réparties sur plusieurs continents. Celtis australis reste la seule espèce du genre réellement indigène en France métropolitaine, ce qui en fait le repère de référence face aux espèces voisines introduites, comme le nord-américain Celtis occidentalis. 7 6
Habitat et répartition
L'aire native s'étend sur tout le pourtour méditerranéen, de l'Espagne et de l'Afrique du Nord jusqu'au nord de l'Iran, en passant par l'Italie, les Balkans, la Turquie et le sud de la France. Selon le référentiel européen EUNIS, l'espèce est typique des forêts thermophiles mixtes et des forêts galeries à saule blanc, sur sol drainé et en situation ensoleillée. 1 6
L'Union internationale pour la conservation de la nature classe Celtis australis en préoccupation mineure : l'espèce reste largement répandue, même si sa population décline localement en milieu urbain sous la pression de nouvelles plantations d'autres essences. 8
Hors de son aire native, l'espèce s'est largement naturalisée dans des régions subméditerranéennes et tempérées, où le réchauffement climatique favorise son acclimatation. Celtis australis est aussi très planté comme arbre d'alignement bien au-delà de son origine, notamment dans le nord de la France, en Allemagne et au Royaume-Uni. 6 2
Cycle et reproduction
La floraison a lieu au printemps : de petites fleurs verdâtres et discrètes, pollinisées par le vent, apparaissent avec les jeunes feuilles. Les fruits, les micocoules, sont des drupes charnues d'environ 1 cm de diamètre qui virent du vert au noir violacé à maturité, à l'automne. 6 4
Le semis reste la méthode de multiplication de référence : une stratification froide de deux à trois mois déclenche la levée des graines fraîches, contre un an pour des graines simplement conservées, qui restent viables environ cinq ans. La croissance, rapide durant les vingt premières années, ralentit ensuite sur un arbre âgé. 4
L'arbre peut vivre plusieurs siècles : un micocoulier poussé entre les tombes du cimetière de Terre Cabade, à Toulouse, a reçu le label national d'« arbre remarquable » en 2016, preuve concrète de cette longévité. 6
Usages et risques
Le bois, dur, souple et durable, sert traditionnellement à fabriquer des manches d'outils et des cannes ; dans le Gard, il fournit encore les fourches en bois façonnées à Sauve, et près de Perpignan, un atelier de Sorède travaille le micocoulier pour des cravaches et des fouets, un usage documenté depuis le XIIIᵉ siècle. 6
Les micocoules mûres, sucrées, sont consommées fraîches en petite quantité dans certaines régions, et leurs graines, riches en huile, peuvent être pressées. Aucun principe toxique n'est documenté chez l'espèce : elle est considérée non toxique pour l'humain, le chat et le chien. 4
En ville, l'arbre est de plus en plus planté comme arbre d'alignement pour deux raisons combinées : une croissance rapide doublée d'une bonne tolérance à la pollution atmosphérique et à la sécheresse une fois établi, et l'ombrage dense que projette sa cime. Paris en recense plus de 4000 sujets, notamment sur le boulevard de l'Hôpital et les boulevards Jourdan et Kellermann. 6
La seule chenille connue à s'attaquer spécifiquement aux feuilles du micocoulier est celle de l'Échancré (Libythea celtis), papillon dont Celtis australis est l'unique plante hôte en Europe : les défoliations restent localisées et l'arbre s'en remet sans séquelle durable. 9
Variétés, confusions et plantes proches
La confusion la plus fréquente concerne le micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis L.), espèce nord-américaine de plus en plus plantée en Europe. Trois critères permettent de trancher rapidement : l'écorce du micocoulier de Virginie devient rugueuse et fissurée dès l'âge adulte, alors que celle de C. australis reste lisse plus longtemps ; ses feuilles sont lisses dessus, non scabres ; et ses fruits mûrs sont pourpre foncé, plus rouges que le noir violacé de C. australis. Le port diffère aussi : érigé et régulier chez le micocoulier de Provence, plus large et retombant chez son cousin américain, mieux adapté à un parc qu'à une plantation de voirie. 6
Celtis caucasica Willd., une espèce distincte du Caucase et d'Asie centrale parfois rapprochée de C. australis dans d'anciennes synonymies, est aujourd'hui traitée comme une espèce à part entière par les référentiels taxonomiques actuels. Les formes horticoles comme f. variegata restent rares en culture et se distinguent surtout par une panachure du feuillage, sans autre différence notable de port ou de croissance. 1
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Celtis australis L.
- Royal Horticultural Society, Celtis australis - European nettle tree
- Missouri Botanical Garden, Celtis australis
- Plants For A Future, Celtis australis
- Tela Botanica / eFlore, Celtis australis L.
- Tela Botanica / The Conversation (Serge Muller, MNHN), Le micocoulier de Provence
- INPN / MNHN, Celtis australis L., 1753 (cd_nom 89468)
- IUCN Red List of Threatened Species, Celtis australis assessment
- Parc national des Cévennes, L'Échancré (Libythea celtis)
Questions fréquentes
Le micocoulier de Provence est-il toxique ?
Non. Aucun principe toxique n'est documenté chez Celtis australis, qui est considéré non toxique pour l'humain, le chat et le chien. Les fruits mûrs, les micocoules, sont même comestibles.
Comment distinguer le micocoulier de Provence du micocoulier de Virginie ?
L'écorce du micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis) devient rugueuse et fissurée dès l'âge adulte, contre une écorce lisse plus longtemps chez C. australis. Ses feuilles sont lisses dessus, non scabres, et ses fruits mûrs sont pourpre foncé plutôt que noir violacé.
Pourquoi le micocoulier de Provence est-il de plus en plus planté en ville ?
Sa croissance rapide, sa bonne tolérance à la pollution atmosphérique et à la sécheresse une fois établi, et l'ombrage dense de sa cime en font un arbre d'alignement recherché face au changement climatique urbain.
Le micocoulier de Provence est-il l'arbre du lotus mythologique ?
C'est l'un des candidats proposés pour le lotus des lotophages de l'Odyssée d'Homère, mais cette hypothèse reste jugée plus faible que celle du jujubier Ziziphus lotus.
Quel papillon dépend du micocoulier de Provence ?
L'Échancré (Libythea celtis) est le seul papillon d'Europe dont la chenille se nourrit exclusivement des feuilles du micocoulier de Provence, sans provoquer de dégâts durables sur l'arbre.
Le micocoulier de Provence est-il envahissant en France ?
Non. C'est au contraire la seule espèce indigène du genre Celtis en France métropolitaine, classée en préoccupation mineure par l'UICN.
Le micocoulier perd-il ses feuilles en hiver ?
Oui, c'est un arbre caducifolié. Le feuillage jaunit à l'automne avant de tomber, laissant l'arbre nu jusqu'au printemps suivant.
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