Micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis, )
Le micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis) est un grand arbre caducifolié des Cannabacées, natif du centre et de l'est de l'Amérique du Nord. Il se reconnaît à son écorce grise qui se couvre de verrues et de crevasses liégeuses avec l'âge, à ses feuilles asymétriques à la base et à ses petites drupes qui virent au pourpre foncé en fin d'été.
Lire la suiteMicocoulier de Virginie, Micocoulier occidental, Bois inconnu, Common hackberry, Nettletree et American hackberry






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DeKalb County Forest Preserve District · cc0
Kent P. McFarland · cc0
Taken Aug 15, 2001 by Photoflora - Jean-Luc TASSET (©)
Taken Sep 15, 2002 by Photoflora - Jean-Luc TASSET (©)
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Répartition mondiale
L'aire native de Celtis occidentalis couvre le centre et l'est de l'Amérique du Nord, du sud-est du Canada, Ontario et Québec, avec une population isolée près du lac Manitoba, jusqu'au nord de la Caroline du Nord et à l'Oklahoma. Introduit en Europe dès 1636, l'arbre y est planté comme ornemental urbain, notamment en Europe centrale et de l'Est.
Identité
Le micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis L., 1753), aussi appelé micocoulier occidental, est un grand arbre caducifolié du genre Celtis, dans la famille des Cannabaceae. Longtemps classé chez les Ulmaceae, la famille des ormes, le genre Celtis a rejoint les Cannabaceae quand la classification phylogénétique des plantes à fleurs a redistribué ses effectifs. 1 4
Le nom de genre Celtis reprend un mot latin employé par Pline l'Ancien pour un arbre méditerranéen au fruit sucré, repris par Linné pour ce genre réparti entre l'Amérique du Nord et l'Eurasie. L'épithète occidentalis, « de l'ouest », répond à australis, « du sud », celle du micocoulier de Provence (Celtis australis) : les deux noms situent chaque espèce depuis un point de vue européen. 6
Introduit en Europe dès 1636, soit environ 390 ans d'implantation continue, le micocoulier de Virginie est aujourd'hui planté surtout comme arbre d'ornement urbain, notamment en Europe centrale et de l'Est, pour un nombre de sujets resté modeste face à celui, bien plus nombreux, de son cousin méditerranéen. 2
Reconnaissance
Sur le terrain, l'écorce reste le repère le plus fiable, car elle évolue tout autrement que celle du micocoulier de Provence : gris clair et presque lisse chez le jeune sujet, elle se craquelle en plaques liégeuses dès 5 à 20 ans, puis devient franchement rugueuse et crevassée à l'âge adulte, couverte de verrues et de crêtes caractéristiques. Cette écorce n'a pas d'équivalent chez Celtis australis, dont le tronc garde une peau lisse bien plus longtemps. 3 4
Les feuilles simples et alternes sont ovales à ovales-lancéolées, longues de 5 à 12 cm, nettement asymétriques à la base et dentées sur la marge, sauf près du pétiole où le limbe reste entier. Trois nervures principales partent de la base, sur une face supérieure rugueuse au toucher. 4
L'arbre atteint couramment 12 à 25 m à l'âge adulte, un gabarit généreux pour un parc mais encombrant pour un jardin de ville, avec des sujets exceptionnels rapportés jusqu'à 40 m dans le sud de son aire ; l'étalement dépasse souvent 8 à 18 m. Le port arrondi et la cime étalée, parfois prolongée de branches retombantes chez les sujets âgés, dessinent une silhouette plus large et moins régulière que celle du micocoulier de Provence. 3 2
Taxonomie utile
Linné décrit l'espèce en 1753 sous le nom Celtis occidentalis L., resté le nom accepté depuis. Le genre a longtemps servi de fourre-tout régional : plusieurs formes autrefois rattachées à C. occidentalis, comme Celtis occidentalis var. reticulata (Torr.) Sarg. ou Celtis occidentalis subsp. tenuifolia (Nutt.) A.E.Murray, sont aujourd'hui traitées comme des espèces distinctes, respectivement Celtis reticulata et Celtis tenuifolia. 1
D'autres synonymes restent en revanche de simples variétés du même taxon : Celtis occidentalis var. canina (Raf.) Sarg., var. crassifolia (Lam.) A.Gray ou var. pumila (Pursh) A.Gray. Pour l'achat comme pour l'identification, le repère qui reste stable est le nom scientifique accepté, Celtis occidentalis. 1
Habitat et répartition
L'aire native s'étend du sud-est du Canada, Ontario et Québec, avec une population isolée près du lac Manitoba, jusqu'au nord de la Caroline du Nord et à l'Oklahoma, en couvrant une large part du centre et de l'est des États-Unis. 1 4
L'espèce pousse en priorité dans les plaines alluviales et les sols riches en calcaire, mais tolère une large gamme de conditions, de l'argile compactée aux sols rocailleux et pauvres, en plein soleil comme à mi-ombre. 4 5
L'Union internationale pour la conservation de la nature classe Celtis occidentalis en préoccupation mineure : son aire de répartition reste étendue et aucun déclin n'est documenté. En Europe, l'arbre est aussi planté comme arbre d'alignement hors de son aire native, à Sombor en Serbie et à Bratislava en Slovaquie. Plus de 10 000 sujets bordent les rues de Montréal, une ville pourtant comprise dans son aire native nord-américaine. 8 4
Cycle et reproduction
La floraison a lieu au printemps, avec les jeunes feuilles : de minuscules fleurs verdâtres, pollinisées par le vent, portent à la fois des organes mâles et femelles sur le même arbre, parfois réunis dans une même fleur. 4 3
Les fruits, de petites drupes rondes d'environ 1 cm, virent de l'orangé-rouge au pourpre foncé à maturité entre septembre et octobre, puis restent accrochés aux branches pour nourrir les oiseaux tout l'hiver. Merles et jaseurs boréaux en consomment la fine chair sucrée et dispersent les graines loin du pied-mère. 4 3
Les premières fructifications apparaissent vers 15 à 20 ans chez la plupart des sujets, bien avant la vieillesse de l'arbre, qui peut vivre 150 à 200 ans. Le semis, après stratification froide, reste la méthode de multiplication de référence pour l'espèce type ; les cultivars sélectionnés se propagent par greffage pour conserver leurs caractères. 5 3
Usages et risques
Le bois, jaune clair, léger et de faible résistance mécanique, pourrit vite une fois exposé à l'humidité ; son usage commercial reste marginal, réservé à du mobilier bon marché, des caisses ou du bois de chauffage. Les peuples autochtones d'Amérique du Nord consommaient les fruits mûrs et employaient l'écorce en décoction contre les maux de gorge. 4 5
Les fruits mûrs, sucrés, se mangent crus ou en confiture ; aucun principe toxique n'est documenté chez l'espèce, jugée non toxique pour l'humain, le chat et le chien, un statut resté incertain seulement chez le cheval. 5
En ville, l'arbre est de plus en plus planté comme arbre d'alignement pour sa tolérance au vent, à la pollution, au sel de déneigement et à des sols compactés variés. Une fois enraciné, il résiste longtemps aux extrêmes thermiques, de -34 °C à 40 °C, et tolère, chez les sujets urbains, une hygrométrie de 30 à 70 %, un profil proche de celui du micocoulier de Provence mais avec une meilleure rusticité au froid. Chez les sujets jeunes comme âgés, un acarien associé à un champignon provoque le balai de sorcière, une touffe dense de rameaux déformés en bout de branche qui n'affaiblit pas durablement l'arbre. 4 3
Variétés, confusions et plantes proches
Face au balai de sorcière, les pépiniéristes ont sélectionné des cultivars plus réguliers. Prairie Pride affiche un port ovale compact, un feuillage épais et luisant, et développe rarement des balais de sorcière ; Chicagoland se distingue par un tronc bien droit et une cime ovale dense, réputée résistante au vent. 3
La confusion la plus fréquente concerne le micocoulier de Provence (Celtis australis L.) : son écorce reste lisse plus longtemps, ses feuilles sont lisses au toucher plutôt que rugueuses, ses fruits mûrs sont noir violacé plutôt que pourpre foncé, et il résiste moins bien que le micocoulier de Virginie aux grands froids. Deux espèces nord-américaines proches, aujourd'hui distinctes, entretiennent aussi la confusion : Celtis reticulata Torr., aux feuilles plus petites et gaufrées, présente dans l'ouest des États-Unis, et Celtis tenuifolia Nutt., un arbuste nain aux feuilles plus étroites et moins dentées. 1 2
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Celtis occidentalis L.
- Royal Horticultural Society, Celtis occidentalis
- Missouri Botanical Garden, Celtis occidentalis
- NC State Extension, Celtis occidentalis (Common Hackberry)
- Plants For A Future, Celtis occidentalis
- Tela Botanica / eFlore, Celtis occidentalis L.
- INPN / MNHN, Celtis occidentalis L., 1753 (cd_nom 160921)
- IUCN Red List of Threatened Species, Celtis occidentalis assessment
Questions fréquentes
Le micocoulier de Virginie est-il toxique ?
Non. Aucun principe toxique n'est documenté chez Celtis occidentalis, considéré non toxique pour l'humain, le chat et le chien. Le statut reste incertain chez le cheval, faute de données.
Comment distinguer le micocoulier de Virginie du micocoulier de Provence ?
L'écorce du micocoulier de Virginie devient rugueuse et crevassée dès l'âge adulte, contre une écorce lisse plus longtemps chez Celtis australis. Ses feuilles sont rugueuses au toucher plutôt que lisses, et ses fruits mûrs virent au pourpre foncé plutôt qu'au noir violacé.
Pourquoi certains micocouliers portent-ils des touffes de brindilles denses ?
C'est un balai de sorcière, causé par un acarien associé à un champignon. Le désordre déforme localement les rameaux mais ne menace pas la survie de l'arbre.
Les fruits du micocoulier de Virginie sont-ils comestibles ?
Oui. La fine chair sucrée qui entoure le noyau se mange crue ou en confiture. Les peuples autochtones d'Amérique du Nord la consommaient déjà, souvent mêlée à d'autres aliments.
Le micocoulier de Virginie est-il envahissant en France ?
Non. L'espèce reste peu plantée en France, où elle est cultivée comme arbre d'ornement introduit, sans naturalisation documentée ni statut envahissant.
D'où vient le nom occidentalis ?
L'épithète latine signifie « de l'ouest », par opposition à australis, « du sud », l'épithète du micocoulier de Provence méditerranéen. Les deux noms situent chaque espèce depuis un point de vue européen.
Quels papillons dépendent du micocoulier de Virginie ?
Plusieurs espèces nord-américaines du genre Asterocampa et Polygonia utilisent ses feuilles comme plante hôte pour leurs chenilles, sans dégât durable pour l'arbre adulte.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







