Chalef à feuilles étroites (Elaeagnus angustifolia, )
Le chalef à feuilles étroites (Elaeagnus angustifolia), aussi appelé olivier de Bohême ou arbre d'argent, est un arbuste ou petit arbre épineux des Elaeagnaceae, originaire d'Europe orientale et d'Asie tempérée. Son feuillage argenté, ses fleurs très parfumées et ses fruits comestibles l'ont fait planter partout dans le monde, au point qu'il est aujourd'hui considéré comme envahissant dans plusieurs régions d'Amérique du Nord.
Lire la suiteChalef à feuilles étroites, Olivier de Bohême, Arbre d'argent, Arbre du paradis, Olivier de Russie et Russian olive
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Répartition mondiale
L'aire native d'Elaeagnus angustifolia couvre l'Europe orientale et l'Asie tempérée, du sud de la Russie et du Kazakhstan à la Turquie, à l'Iran et à l'ouest de la Chine. Introduit comme arbre d'ornement en Amérique du Nord au début du XXᵉ siècle, il s'y est largement naturalisé le long des cours d'eau et y est classé espèce envahissante dans plusieurs États. En France, il reste une plante cultivée, sans statut envahissant officiel.
- Native5
- Envahissante2
- Russie
- Kazakhstan
- Turquie
- Iran
- Chine
- États-Unis
- Canada
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le chalef à feuilles étroites (Elaeagnus angustifolia L., 1753), plus connu sous le nom d'olivier de Bohême, est un arbuste ou petit arbre de la famille des Elaeagnaceae. Il ne s'agit pas d'un olivier : le nom vient uniquement de la ressemblance de son fruit avec une petite olive, alors que l'olivier véritable appartient aux Oleaceae, une famille distincte. 1 6
Son autre surnom, arbre d'argent, décrit les fines écailles argentées qui recouvrent les jeunes rameaux et le revers du feuillage. Le mot chalef viendrait de l'arabe kalaf, qui désigne le saule, sans lien de parenté botanique. 8
Reconnaissance
L'espèce forme un arbuste ou un petit arbre au port échevelé, souvent multitige, mesurant 3 à 7 m de haut pour un étalement voisin. Certains sujets riverains bien alimentés en eau dépassent cette taille courante. Les jeunes rameaux et les bourgeons sont couverts d'écailles argentées à brun-roux, tandis que l'écorce des rameaux âgés vire au brun-rouge. Des épines de 0,7 à 3 cm apparaissent sur les jeunes ramifications, surtout en l'absence de taille. 2 3
Les feuilles sont alternes, simples, lancéolées à ovales, longues de 4 à 8 cm, couvertes d'écailles argentées sur les deux faces jusqu'à la chute automnale. Les fleurs, sans pétales, forment une petite clochette à quatre lobes d'environ 1 cm, blanc argenté à l'extérieur et jaune à l'intérieur ; elles s'ouvrent en fin de printemps et dégagent un parfum intense. 8 6
Le fruit ovoïde, long de 1 à 2,5 cm et proche d'une petite olive ou d'une datte, passe du jaune orangé au brun-rouge entre août et octobre, à maturité. 8
Taxonomie utile
Elaeagnus angustifolia a été décrit par Carl von Linné en 1753 dans Species Plantarum, et son nom accepté n'a pas changé depuis. Le genre Elaeagnus compte plusieurs espèces au feuillage argenté proche, ce qui entraîne des confusions récurrentes en pépinière et sur le terrain. 1
Les principales espèces à distinguer sont :
- Elaeagnus umbellata Thunb., dont les feuilles verdissent en été à mesure que les écailles argentées s'usent, contrairement à E. angustifolia qui reste argenté jusqu'à l'automne ;
- Elaeagnus commutata Bernh. ex Rydb. reste indigène d'Amérique du Nord, plus petit, et porte des jeunes rameaux brun roussâtre plutôt qu'argentés ;
- Elaeagnus x ebbingei Servett. est un hybride horticole à feuilles plus larges, fleurit en automne et se confond souvent avec lui en haie persistante.
Le cultivar Quicksilver, sans épines et à feuillage plus large, est parfois présenté comme un hybride avec Elaeagnus commutata selon les catalogues : une divergence fréquente, chez ce genre, entre le nom botanique et l'étiquette horticole. 4
Habitat et répartition
L'aire native s'étend de l'Europe orientale à l'Asie tempérée, du sud de la Russie et du Kazakhstan à la Turquie, à l'Iran et à l'ouest de la Chine. L'espèce y pousse en général près de l'eau, en dessous de 2 000 à 3 000 m selon les régions, sur des sols souvent salins ou alcalins qu'elle tolère mieux que la plupart des arbustes ligneux. 2 8
Introduit comme arbre d'ornement en Amérique du Nord au début du XXᵉ siècle pour son feuillage argenté et sa résistance, il s'est largement naturalisé le long des cours d'eau de l'Ouest et du Centre des États-Unis. Colorado, Connecticut et Nouveau-Mexique le classent officiellement envahissant, et la Caroline du Sud a interdit sa vente en pépinière à partir d'octobre 2024. 5 8
En France métropolitaine, il reste une plante cultivée pour l'ornement et les haies brise-vent, sans statut envahissant officiel recensé. 6
Cycle et reproduction
Les nodosités qui se forment sur les racines abritent la bactérie Frankia, capable de fixer l'azote atmosphérique : cette association actinorhizienne permet au chalef de s'installer sur des sols pauvres sans engrais et d'y coloniser rapidement les terrains remaniés. 2 8
La floraison, en fin de printemps et en début d'été, attire fortement les abeilles : une haie fleurie peut produire environ 80 kg de miel par hectare, un rendement qui place l'espèce parmi les plantes mellifères recherchées en apiculture. 8
La graine germe lentement, parfois sur 18 mois, ce qui pousse les pépiniéristes à préférer le bouturage ou le marcottage pour les sujets sélectionnés. En nature, la multiplication se fait aussi par drageonnement : de nombreux rejets partent du pied, surtout après une taille ou un stress. 2 4
Usages et risques
Le fruit mûr se mange frais, séché ou en confiture ; en Iran, il porte le nom de senjed et figure sur la table du haft-sin, dressée pour Norouz, le nouvel an persan, où on l'associe à l'amour. 8
Au jardin, on le plante surtout en haie brise-vent ou en écran visuel là où peu d'arbustes tolèrent le sel, le vent et un sol pauvre. Il n'est répertorié ni toxique ni dangereux pour les chats, les chiens ou les chevaux ; le seul risque réel vient des épines de 0,7 à 3 cm lors de la taille ou de la cueillette. 4
Hors de son aire native, sa réussite écologique devient un problème : en colonisant les rives de cours d'eau, il concurrence les peupliers et les saules indigènes et referme des milieux ouverts comme les dunes ou les prairies humides. C'est ce déséquilibre, documenté surtout aux États-Unis, qui justifie les interdictions de vente régionales. 5
Variétés, confusions et plantes proches
Peu de cultivars stables circulent, l'espèce étant surtout multipliée par semis ou marcottage à partir de sujets sauvages. Quicksilver se distingue par l'absence d'épines et un feuillage argenté plus large ; King Red est une sélection fruitière à fruits rouge rouille, cultivée en Asie centrale pour la production plutôt que pour l'ornement. 4
Les confusions fréquentes concernent :
- Elaeagnus umbellata, dont le feuillage verdit en été et dont les fruits rouges, tachetés d'argent, tranchent avec le brun-rouge d'E. angustifolia ;
- Elaeagnus commutata reste plus petit, indigène d'Amérique du Nord, et porte des jeunes rameaux brun roussâtre plutôt qu'argentés ;
- Elaeagnus x ebbingei, hybride horticole à feuillage persistant plus large, se plante en haie et se vend parfois sous le même nom commun d'olivier de Bohême.
Contrairement à Elaeagnus umbellata, qui verdit en été, et à Elaeagnus commutata, aux jeunes rameaux brun roussâtre, Elaeagnus angustifolia garde ses écailles argentées sur les deux faces des feuilles jusqu'à l'automne : ce repère reste plus fiable que la couleur du fruit ou la taille de l'arbuste pour l'identifier parmi ses proches parents cultivés. 8
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Elaeagnus angustifolia L.
- Plants For A Future, Elaeagnus angustifolia
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Elaeagnus angustifolia
- NC State Extension, Elaeagnus angustifolia
- National Invasive Species Information Center, Russian olive
- Tela Botanica / eFlore BDTFX, Elaeagnus angustifolia
- INPN, Elaeagnus angustifolia L., 1753
- Wikipédia FR, Elaeagnus angustifolia
Questions fréquentes
Elaeagnus angustifolia est-il envahissant en France ?
Il n'a pas de statut envahissant officiel en France métropolitaine, où il reste une plante cultivée. Le problème est documenté surtout en Amérique du Nord, où l'espèce colonise les berges de rivières et concurrence les peupliers et les saules indigènes.
Le fruit d'Elaeagnus angustifolia est-il comestible ?
Oui. Le fruit mûr, sec et sucré mais un peu farineux, se consomme frais, séché ou en confiture. En Iran, il porte le nom de senjed et figure sur la table du nouvel an persan.
Pourquoi cette plante n'a-t-elle pas besoin d'engrais ?
Elle porte des nodosités racinaires abritant la bactérie Frankia, qui fixe l'azote atmosphérique. Cette association actinorhizienne lui permet de s'installer sur des sols pauvres sans apport extérieur.
Comment distinguer Elaeagnus angustifolia des autres chalefs ?
Ses feuilles restent argentées sur les deux faces jusqu'à la chute automnale, contrairement à Elaeagnus umbellata qui verdit en été. Elaeagnus commutata, plus petit et indigène d'Amérique du Nord, a des jeunes rameaux brun roussâtre plutôt qu'argentés.
Elaeagnus angustifolia est-il toxique pour les animaux ?
Non. L'espèce n'est pas répertoriée comme toxique pour les chats, les chiens ou les chevaux. Ses épines représentent en revanche un risque mécanique lors de la taille ou de la cueillette des fruits.
Pourquoi ce chalef produit-il autant de drageons ?
C'est une réaction naturelle au stress, à la taille ou à un sol remué. Les rejets doivent être sectionnés sous le collet dès leur apparition pour éviter la formation d'un fourré.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.






