Impérate cylindrique (Imperata cylindrica, (L.) Raeusch. 1797)

L'impérate cylindrique (Imperata cylindrica) est une graminée vivace rhizomateuse des Poaceae, native d'une large frange tropicale et subtropicale de l'Ancien Monde. Reconnue pour son inflorescence argentée soyeuse et son réseau de rhizomes agressif, elle figure parmi les 100 espèces exotiques envahissantes les plus préoccupantes recensées par l'UICN.

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Nom scientifiqueImperata cylindrica
GenreImperata
OrdrePoales

Impérate cylindrique, Herbe à paillote, Paille de diss, Cogongrass, Alang-alang et Satintail

Identité
Toxicité
Non toxique pour humains et animaux
Niveau d'entretien
Élevée
Type de plante
Vivace rhizomateuse · Graminée ornementale · Adventice envahissante
Type de feuilles
Semi-persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
IndonésieKenyaBassin méditerranéenAustralieJapon
Habitat
Terrains ouverts, friches, bords de route, lisières incendiées et sols pauvres ; plein soleil, très tolérante à la sécheresse
Saisonnalité
Floraison
PrintempsÉté
Récolte
Été
Croissance
Dormance
Dormant en hiver
Vitesse de croissance
10/10
Temps de maturation
Panicule argentée dès la première saison de croissance sur colonie installée
Multiplication
Semis, Division de rhizome
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
40–60 km/h
Humidité
20–80 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol sableux, Sol drainé
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.

Extérieur
Bord de route, Chantier
Apparence
Hauteur20–150 cmÉtalement100–2000 cm
Feuilles
VertRouge
Imperata cylindrica — feuilles 1
Imperata cylindrica — feuilles 2
Imperata cylindrica — feuilles 3
Imperata cylindrica — feuilles 4
Imperata cylindrica — feuilles 5
Fleurs
Blanc
Imperata cylindrica — fleurs 1
Imperata cylindrica — fleurs 2
Imperata cylindrica — fleurs 3
Imperata cylindrica — fleurs 4
Imperata cylindrica — fleurs 5
Fruits
Imperata cylindrica — fruits 1
Imperata cylindrica — fruits 2
Imperata cylindrica — fruits 3
Imperata cylindrica — fruits 4
Port
Imperata cylindrica — port 1
Imperata cylindrica — port 2
Imperata cylindrica — port 3
Imperata cylindrica — port 4
Imperata cylindrica — port 5
Écorce
Vert
Imperata cylindrica — écorce 1
Imperata cylindrica — écorce 2

Répartition mondiale

POWO situe l'aire native accrue de Imperata cylindrica entre le bassin méditerranéen, l'Afrique et l'Afghanistan ; d'autres travaux élargissent ce tableau à l'Asie tropicale, la Micronésie, la Mélanésie, l'Australie et le sud de l'Europe. L'espèce a ensuite été introduite hors de cette aire, notamment aux États-Unis au début du XXᵉ siècle, où elle est devenue l'une des graminées envahissantes les plus documentées.

  • Native5
  • Envahissante2
  • Asie du Sud-Est
  • Afrique tropicale
  • Bassin méditerranéen
  • Australie
  • Japon
  • États-Unis (sud-est)
  • Caraïbes

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

L'impérate cylindrique (Imperata cylindrica (L.) Raeusch., 1797), aussi appelée herbe à paillote ou paille de diss, est une graminée vivace du genre Imperata, dans la famille des Poaceae. POWO retient ce nom comme accepté : c'est une combinaison bâtie sur le basionyme Lagurus cylindricus L., publié par Linné en 1759 puis reclassé par Georg Friedrich Raeusch en 1797. 1 2

Le nom de genre honore Ferrante Imperato, apothicaire et naturaliste napolitain du XVIᵉ siècle : le choix reste honorifique, sans rapport avec les usages de la plante. L'épithète cylindrica décrit un trait directement observable, la panicule dressée et cylindrique, couverte de soies argentées dès la floraison. 5

Reconnaissance

Imperata cylindrica est une graminée rhizomateuse dressée, mesurant en général 20 cm à 1,5 m de haut, aux feuilles rubanées et coriaces. La nervure médiane de la feuille, nettement décentrée par rapport au limbe, distingue l'espèce des graminées voisines dès le premier coup d'œil. 4 6

Les bords foliaires portent aussi de minuscules cristaux de silice qui rendent la feuille coupante au simple frottement, un second repère tactile qui complète le critère visuel de la nervure décentrée. 7

La panicule, argentée et soyeuse, se dresse au sommet de la tige et regroupe des épillets couverts de longs poils blancs. À maturité, la panicule libère des graines légères, dispersées par le vent sur de longues distances : cette voie sexuée s'ajoute à la propagation végétative par rhizome, sans la remplacer. 3

Taxonomie et noms

Plusieurs dizaines de synonymes ont accompagné l'espèce au fil des reclassements, souvent construits sur des variétés régionales aujourd'hui rattachées au même taxon :

  • Imperata cylindrica var. koenigii (Retz.) Benth. ex Pilg.
  • Imperata cylindrica var. major (Nees) C.E.Hubb.
  • Imperata cylindrica var. europaea (Andersson) Asch. & Graebn.
  • Imperata koenigii (Retz.) P.Beauv.
  • Lagurus cylindricus L.

Le repère stable reste le nom accepté par POWO et GBIF, Imperata cylindrica. Le genre Imperata regroupe plusieurs espèces distinctes ; l'appellation commerciale « cogongrass » désigne dans les faits cette seule espèce, mais recouvre selon les régions des variétés locales longtemps décrites comme des taxons séparés. 1 8

Habitat et répartition

POWO situe l'aire native accrue de l'espèce entre le bassin méditerranéen, l'Afrique et l'Afghanistan ; d'autres travaux élargissent ce tableau à l'Asie tropicale, la Micronésie, la Mélanésie, l'Australie et le sud de l'Europe. Dans son aire d'origine, la plante colonise les terrains ouverts, les friches et les sols pauvres en plein soleil. 1 4

L'introduction aux États-Unis est bien documentée : l'espèce serait arrivée en Alabama au début du XXᵉ siècle, probablement via des matériaux d'emballage importés du Japon. Depuis, elle s'est établie dans tout le sud-est du pays, où elle figure sur la liste fédérale des mauvaises herbes nuisibles et sur la liste de l'UICN des 100 espèces exotiques envahissantes les plus préoccupantes au monde. 7 3

Le pH toléré s'étend de 4,5 à 7,5. Cet intervalle large explique pourquoi la plante s'installe sur des sols dégradés, sableux ou mal drainés, là où d'autres graminées peinent à germer. 6

Cycle et reproduction

La chaleur au-dessus de 15 °C stimule la croissance, qui culmine en pleine saison chaude. Le feuillage sec en surface disparaît sous climat froid, mais les rhizomes, enfoncés à plus d'1 m de profondeur, survivent fréquemment au gel de surface. 4

La biomasse aérienne sèche de Imperata cylindrica s'enflamme facilement, ce qui classe l'espèce parmi les pyrophytes documentés : un feu de broussaille détruit rapidement le feuillage et une partie des concurrents ligneux, tandis que les rhizomes souterrains repartent en quelques semaines. Le cycle feu-repousse s'auto-entretient, si bien que les zones envahies par Imperata cylindrica brûlent plus souvent que la végétation d'origine qu'elles remplacent. 3 7

La multiplication suit deux voies complémentaires : sexuée par graines plumeuses dispersées sur de longues distances par le vent, ou végétative par fragmentation de rhizome. Un simple nœud de rhizome laissé en terre après un arrachage superficiel suffit à redonner une touffe complète, ce qui rend le désherbage mécanique isolé rarement suffisant. 4

Usages et risques

Le chaume reste l'usage traditionnel le mieux documenté : les feuilles séchées couvrent des toitures de paillotes sur plusieurs continents, avant la généralisation des toits en tôle, d'où le nom français herbe à paillote. La tige souterraine entre aussi dans la pharmacopée traditionnelle chinoise comme diurétique et hémostatique. 5 6

Hors de son aire native, Imperata cylindrica est classée mauvaise herbe agricole et forestière majeure : la graminée concurrence les jeunes plants d'arbres en sylviculture et envahit les plantations tropicales. Sur les milieux ouverts qu'elle colonise, la diversité végétale recule d'autant. 3 7

Côté santé, l'espèce n'est pas toxique pour l'humain ni pour les animaux domestiques par ingestion. Le risque réel vient des bords foliaires garnis de cristaux de silice, capables de couper la peau nue au simple contact : porter des gants reste la précaution de base avant tout arrachage manuel. 7

Variétés, confusions et plantes proches

Le cultivar Rubra, commercialisé sous le nom d'herbe sanglante du Japon, porte des pointes foliaires rouge sang recherchées en aménagement paysager contrôlé. Botaniquement, il s'agit toujours de Imperata cylindrica : seule la sélection horticole diffère, et une réversion partielle vers le feuillage vert sauvage reste possible d'une saison à l'autre. 10

En pépinière, l'acheteur confond couramment Imperata cylindrica avec Miscanthus sinensis, une autre graminée ornementale à panicule argentée. La nervure médiane reste centrée chez le Miscanthus, alors qu'elle est nettement décentrée chez Imperata cylindrica, et la panicule du Miscanthus se ramifie davantage que l'épi étroit de l'impérate. 4

Trois repères suffisent en pratique pour confirmer l'espèce sur le terrain : bords coupants, nervure décentrée et rhizomes traçants profonds. Qu'il soit vert sauvage ou rougi par la sélection Rubra, le feuillage appartient dans les deux cas à Imperata cylindrica.

Sources principales

Questions fréquentes

Imperata cylindrica est-elle toxique ?

Non, ni pour l'humain ni pour les animaux domestiques. Le risque réel vient des bords foliaires garnis de cristaux de silice, qui coupent la peau au contact, plutôt que d'un principe toxique.

Pourquoi Imperata cylindrica est-elle considérée comme une mauvaise herbe mondiale ?

L'UICN la classe parmi les 100 espèces exotiques envahissantes les plus préoccupantes, car son réseau de rhizomes traçants et sa biomasse sèche très inflammable lui permettent de coloniser un terrain puis de favoriser des incendies qui éliminent ses concurrents.

Quel est le lien entre Imperata cylindrica et l'herbe sanglante du Japon ?

L'herbe sanglante du Japon est le nom commercial du cultivar Rubra, aux pointes foliaires rouge sang. Botaniquement, il s'agit de la même espèce que la graminée envahissante, seule la sélection horticole diffère.

Comment distinguer Imperata cylindrica du Miscanthus ?

La nervure médiane de la feuille est nettement décentrée chez Imperata cylindrica, alors qu'elle reste centrée chez Miscanthus sinensis. La panicule d'Imperata est aussi plus étroite et moins ramifiée que celle du Miscanthus.

Comment se débarrasser d'Imperata cylindrica dans un jardin ?

L'arrachage superficiel échoue souvent, car tout fragment de rhizome oublié en terre redonne une touffe entière. Une fauche répétée avant la formation des graines, associée à un arrachage systématique des rhizomes, reste plus efficace qu'une intervention unique.

Imperata cylindrica a-t-elle un usage traditionnel ?

Oui, ses feuilles séchées servent depuis longtemps à couvrir les toitures de paillotes, d'où son nom français d'herbe à paillote. Sa tige souterraine entre aussi dans la pharmacopée traditionnelle chinoise comme diurétique et hémostatique.

D'où vient l'introduction d'Imperata cylindrica aux États-Unis ?

L'espèce serait arrivée en Alabama au début du XXᵉ siècle par des matériaux d'emballage importés du Japon. Depuis, elle s'est établie dans le sud-est du pays, où elle figure sur la liste fédérale des mauvaises herbes nuisibles.

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