Salicaire commune (Lythrum salicaria, )
La salicaire commune (Lythrum salicaria) est une vivace herbacée des Lythraceae, native des zones tempérées d'Eurasie, du nord-ouest de l'Afrique, d'Éthiopie et de l'est de l'Australie. Elle forme de hautes touffes couronnées d'épis rose pourpré très visibles en bordure de mares, de fossés et de rivières durant tout l'été. Introduite en Amérique du Nord au XIXᵉ siècle, elle y est devenue l'une des plantes de zone humide les plus envahissantes du continent.
Lire la suiteSalicaire commune, Salicaire pourpre, Salicaire, Purple loosestrife et Blutweiderich
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil, tolère une mi-ombre légère




© photo
Mark Connolly · cc0
Владимир Дворкин · cc0
zebedeugalinha · cc-by
(c) Douglas Goldman, some rights reserved (CC BY-SA) · cc-by-sa
(c) zebedeugalinha, some rights reserved (CC BY) · cc-by

Répartition mondiale
L'aire native de Lythrum salicaria couvre l'Eurasie tempérée, du Royaume-Uni et de la France jusqu'en Russie et en Asie occidentale, ainsi que le nord-ouest de l'Afrique, les hauts plateaux d'Éthiopie et l'est de l'Australie. Introduite en Amérique du Nord au XIXᵉ siècle, l'espèce y est aujourd'hui classée parmi les plantes de zone humide les plus envahissantes du continent.
- Native7
- Envahissante2
- France
- Royaume-Uni
- Allemagne
- Russie
- Maroc
- Éthiopie
- Australie
- États-Unis
- Canada
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
La salicaire commune (Lythrum salicaria L., 1753), aussi appelée salicaire pourpre au Canada, est une vivace herbacée du genre Lythrum, famille des Lythraceae, dont les tiges dépassent souvent 1 m de haut. Plants of the World Online retient ce nom comme accepté depuis sa publication par Linné en 1753. 1 9
Le nom de genre Lythrum vient du grec ancien lythron, « sang », une allusion probable à la couleur des fleurs ou à un ancien usage astringent contre les saignements. L'épithète salicaria dérive du latin salix, le saule, pour la ressemblance des feuilles étroites avec le feuillage de cet arbre, sans parenté botanique entre les deux genres. 9 8
Reconnaissance
Lythrum salicaria forme une touffe dense de tiges dressées, quadrangulaires et souvent ligneuses à la base, qui mesurent couramment 1 à 1,5 m, parfois jusqu'à 2 m sur un sol très riche et détrempé. 2 4
Les feuilles, opposées ou groupées par trois, sont sessiles, lancéolées et souvent duveteuses, atteignant jusqu'à 10 cm de long ; leur silhouette étroite justifie l'épithète salicaria. 5
Les fleurs, rose pourpré et larges d'environ 2 cm, se pressent en épis terminaux denses pouvant atteindre 45 cm de long, portés de juin à septembre. Chaque fleur compte six pétales froissés autour d'étamines nombreuses. 2 5
Un repère moins visible mais décisif pour un botaniste : chaque plante ne porte qu'une seule des trois formes florales tristyles de l'espèce, décrites dans la nomenclature sous les noms f. brevistyla, f. mediostyla et f. longistyla, selon la longueur du style et des étamines. 1
Taxonomie utile
Le nom accepté reste Lythrum salicaria L., publié en 1753, dans la famille des Lythraceae et l'ordre des Myrtales. Plusieurs synonymes ont circulé dans les flores nationales avant que POWO ne retienne un seul nom valide : 1
- Salicaria vulgaris Moench
- Lythrum tomentosum Mill.
- Lythrum salicaria f. longistyla Willk. & Lange
- Lythrum salicaria f. mediostyla Willk. & Lange
- Lythrum salicaria f. brevistyla Willk. & Lange
Ces trois dernières formes ne décrivent pas des variétés géographiques, mais les trois morphotypes floraux tristyles observables sur des plants différents d'une même population. 1
Habitat et répartition
L'aire native de Lythrum salicaria couvre l'Eurasie tempérée, du Royaume-Uni et de la France jusqu'en Russie et en Asie occidentale, ainsi que le nord-ouest de l'Afrique, les hauts plateaux d'Éthiopie et l'est de l'Australie. 1 En France, où l'espèce est indigène, l'INPN la recense sur la quasi-totalité du territoire métropolitain, en bordure de cours d'eau. 8
Lythrum salicaria recherche les sols gorgés d'eau en permanence : berges de rivières et de ruisseaux, fossés, marais et prairies humides. Une immersion de quelques centimètres ne la gêne pas, c'est plutôt l'assèchement prolongé du substrat qui limite sa présence sur un site donné. 5 2
Introduite en Amérique du Nord au XIXᵉ siècle, probablement via les eaux de ballast des navires et le commerce horticole, elle s'y est répandue sans les régulateurs naturels de son aire d'origine et figure aujourd'hui parmi les mauvaises herbes de zone humide les plus nuisibles du continent, présente dans la quasi-totalité des États américains et des provinces canadiennes. 7 4
Cycle et reproduction
La floraison s'étale de juin à septembre, portée par des fleurs tristyles pollinisées par les abeilles, les bourdons et les syrphes, attirés par le pollen abondant des épis. 2 5
Une touffe adulte de Lythrum salicaria peut produire de deux à trois millions de graines par an, minuscules et disséminées par l'eau et le vent, capables de rester viables plusieurs années dans le sol. 7 Lythrum salicaria se multiplie aussi par voie végétative : sa souche ligneuse forme chaque année de nouvelles tiges depuis sa base. 6
En Amérique du Nord, deux espèces de chrysomèles du genre Galerucella, spécifiques à Lythrum salicaria, ont été introduites comme agents de lutte biologique ; leurs larves défolient les tiges sans menacer les espèces voisines. 7
Usages et risques
Toute la partie aérienne, riche en tanins (12 à 14 % selon les analyses), est l'astringent traditionnel utilisé contre les diarrhées, y compris chez le nourrisson allaité, et contre les saignements légers. Les jeunes feuilles cuites, riches en calcium, se consomment aussi en légume vert. 6
Au jardin, l'usage principal reste ornemental, souvent via des cultivars compacts comme Robert, distingué par la RHS d'un Award of Garden Merit et signalé comme favorable aux pollinisateurs. 3 Le risque tient à l'idée reçue de « cultivar stérile » : des formes longtemps vendues comme telles, dont Morden Pink, restent fécondables par du pollen sauvage et produisent des graines viables, ce qui a conduit plusieurs États américains et provinces canadiennes à interdire la vente de l'espèce et de tous ses cultivars. 7 4
Sur le terrain, la gestion associe l'arrachage manuel avant la formation des capsules et la lutte biologique par chrysomèles Galerucella. Le respect strict de la réglementation locale complète ces deux leviers plutôt que de s'y substituer. 7
Variétés, confusions et plantes proches
Les cultivars horticoles se distinguent surtout par la teinte et le gabarit. Robert reste compact, 40 à 80 cm, quand la forme sauvage dépasse souvent 1 m. Feuerkerze porte des épis presque rouges, plus soutenus que la teinte sauvage ; Blush, plus rare, offre un rose très pâle. Aucun n'échappe à la réglementation là où l'espèce est classée nuisible. 3
Les confusions les plus fréquentes concernent :
- Epilobium hirsutum, la grande épilobe, aux fleurs roses également groupées en épis de berge, mais aux feuilles alternes et velues ;
- les espèces du genre Lysimachia, appelées elles aussi loosestrife en anglais, bien qu'appartenant à une famille botanique différente, les Primulaceae.
Deux traits suffisent à trancher sur le terrain : les tiges quadrangulaires et les feuilles opposées ou verticillées de Lythrum salicaria, absentes chez Epilobium hirsutum et chez les Lysimachia, dont les feuilles restent alternes. 5 9
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Lythrum salicaria L.
- Royal Horticultural Society, Lythrum salicaria - purple loosestrife
- Royal Horticultural Society, Lythrum salicaria 'Robert'
- NC State Extension, Lythrum salicaria
- Missouri Botanical Garden, PlantFinder Lythrum salicaria
- Plants For a Future, Lythrum salicaria
- King County (Washington), Purple loosestrife identification and control
- INPN / MNHN, Lythrum salicaria L., 1753 - Salicaire commune
- Wikidata, Lythrum salicaria (Q157513)
Questions fréquentes
La salicaire commune est-elle toxique ?
Aucune toxicité n'est documentée pour l'humain ou les animaux. Plants For a Future ne signale aucun risque connu et décrit même les jeunes feuilles comme comestibles une fois cuites.
Pourquoi Lythrum salicaria est-il envahissant en Amérique du Nord mais pas en Europe ?
L'espèce est native en Eurasie, où des insectes spécialisés et d'autres facteurs écologiques limitent sa progression. Introduite en Amérique du Nord sans ces régulateurs naturels, elle s'y est répandue au point de devenir une mauvaise herbe nuisible réglementée.
Les cultivars horticoles de salicaire sont-ils sans risque ?
Non. Des cultivars longtemps vendus comme stériles, dont Morden Pink, restent fécondables par du pollen sauvage et produisent des graines viables. Leur vente est interdite dans plusieurs États américains et provinces canadiennes.
Comment lutte-t-on contre la salicaire commune en Amérique du Nord ?
Deux espèces de chrysomèles du genre Galerucella, spécifiques à la plante, ont été introduites comme agents de lutte biologique. Leur efficacité varie selon les sites et s'ajoute à l'arrachage manuel et à la réglementation de la vente.
Combien de graines produit une salicaire commune ?
Une touffe adulte peut produire de deux à trois millions de graines par an, minuscules et disséminées par l'eau et le vent, ce qui explique la rapidité de sa colonisation des zones humides.
Où planter Lythrum salicaria au jardin ?
En bordure de bassin, de mare ou de fossé, en plein soleil, uniquement là où l'espèce n'est pas réglementée. Vérifier la législation locale reste indispensable avant tout achat.
Quelle différence entre la salicaire et les Lysimachia appelées aussi loosestrife ?
Malgré un nom anglais commun, les deux groupes appartiennent à des familles botaniques différentes, Lythraceae pour la salicaire et Primulaceae pour les Lysimachia, sans lien de parenté directe.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







