Margose (Momordica charantia, )
La margose (Momordica charantia), aussi appelée momordique ou melon amer, est une liane grimpante annuelle de la famille des Cucurbitacées, probablement originaire des tropiques de l'Ancien Monde entre Afrique et Asie. Cultivée pour son fruit tuberculé, vert et amer à l'état immature, elle grimpe grâce à de fines vrilles et produit de petites fleurs jaunâtres unisexuées portées par le même pied. Largement utilisée en cuisine et en médecine traditionnelle asiatique, elle s'est aussi naturalisée au point de devenir envahissante dans plusieurs îles tropicales.
Lire la suiteMargose, Momordique, Melon amer, Concombre amer, Maroka et Bitter melon
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Répartition mondiale
POWO situe l'aire native de Momordica charantia dans les tropiques et subtropiques de l'Ancien Monde, jusqu'au Pacifique Sud, une amplitude si large qu'elle reflète surtout l'ancienneté de sa diffusion plutôt qu'une origine précise. Aujourd'hui largement cultivée comme légume potager, l'espèce s'est aussi naturalisée au point de devenir envahissante dans de nombreuses îles tropicales.
- Native3
- Introduite1
- Envahissante3
- Inde
- Chine méridionale
- Sénégal
- Brésil
- Réunion
- Philippines
- Hawaï
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
La margose (Momordica charantia L., 1753), aussi appelée momordique ou melon amer, est une plante herbacée grimpante annuelle de la famille des Cucurbitacées, décrite par Carl Linné dans le Species Plantarum dès 1753. 1 5
Le nom de genre Momordica vient du latin mordere, « mordre » : les graines, chagrinées et dentelées, semblent avoir été mordillées. L'épithète charantia dériverait de l'italien garanza, « garance », peut-être parce que la plante grimpe comme une liane et que ses fruits rouges à maturité rappellent la teinture tirée de cette racine. 5
Le nom vernaculaire margose vient de l'indo-portugais amargosa, « amère », qui a aussi donné momordica amarga en espagnol. Le mot désigne à la fois la plante et son fruit, souvent appelé concombre amer en français, une appellation qui prête à confusion avec la coloquinte (Citrullus colocynthis), une cucurbitacée bien distincte. 5
Reconnaissance
La margose est une liane herbacée annuelle aux tiges fines munies de vrilles simples, qui peut atteindre 5 à 6 m de long sur un tuteur ou un grillage. Les feuilles alternes, à 3, 5 ou 7 lobes, rappellent la feuille de vigne ; froissées, elles dégagent une odeur forte et un goût amer. 5 2
Les fleurs, petites et jaunâtres, mesurent 1,5 à 2,5 cm de diamètre et poussent isolément à l'aisselle des feuilles. La plante est monoïque : les fleurs mâles portent trois étamines, les fleurs femelles un stigmate à trois lobes au-dessus d'un ovaire infère déjà visible comme un minuscule fruit. 5 2
Le fruit, tuberculé et verruqueux, mesure de 8 à 20 cm selon les cultivars, avec des mentions jusqu'à 35 cm. Vert et comestible à l'état immature, le fruit de la margose vire au jaune puis à l'orange en pleine maturité, un changement de couleur qui signale une récolte trop tardive pour la cuisine. À ce stade, il s'ouvre en 2 ou 3 valves et révèle des graines enrobées d'un mucilage rouge et gélatineux, seule partie sucrée de toute la plante. 5 2
Taxonomie utile
POWO retient Momordica charantia L. comme nom accepté dans la famille des Cucurbitacées, sous-famille des Cucurbitoideae. L'espèce compte une sous-espèce type, Momordica charantia subsp. charantia, et de nombreux synonymes hérités d'une classification longtemps compliquée par la diversité des fruits cultivés. 1
Les principaux synonymes à connaître incluent Momordica charantia var. abbreviata Ser., Momordica charantia var. muricata (Willd.) Chakrav. et Momordica charantia var. longirostrata Cogn., qui décrivaient autrefois des formes de fruits jugées distinctes avant d'être rattachées à la même espèce. 1
Le genre Momordica compte une vingtaine d'espèces asiatiques et africaines récoltées ou cultivées, dont Momordica balsamina, la pomme de merveille, et Momordica cochinchinensis, le gac vietnamien. M. charantia reste la seule espèce réellement domestiquée du genre, monoïque comme M. balsamina, alors que la plupart de ses cousines sont dioïques. 5
Habitat et répartition
POWO situe l'aire native de Momordica charantia dans les tropiques et subtropiques de l'Ancien Monde, jusqu'au Pacifique Sud, une amplitude si large qu'elle reflète surtout l'ancienneté de sa diffusion plutôt qu'une origine précise. Une étude phylogénétique de 2010 propose une origine africaine suivie d'une longue migration vers l'Asie ; une autre, fondée sur la diversité génétique de cultivars indiens, situe plutôt un centre de domestication à l'est de l'Inde. 1 5
Aujourd'hui largement cultivée comme légume potager sous les tropiques et en climat tempéré chaud, la margose s'est aussi naturalisée au point de devenir envahissante dans de nombreuses îles du Pacifique (Guam, Samoa, Palaos), à la Réunion, aux Philippines, à Taïwan et dans plusieurs pays d'Amérique centrale et des Caraïbes. 4 5
Cycle et reproduction
Le semis se fait en sol chaud, entre 24 et 35 °C ; la levée prend une à deux semaines. La floraison intervient environ deux mois après le semis, et la pollinisation, assurée par les insectes, ne se produit qu'entre fleurs mâles et femelles distinctes portées par le même pied. 5 8
Une récolte régulière des fruits verts immatures prolonge la fructification jusqu'à six mois. Laissé sur la plante, un fruit non récolté mûrit, jaunit, puis s'ouvre spontanément pour disperser ses graines, un mode de dissémination qui explique la vigueur envahissante de l'espèce hors de son aire native. 5
En climat tempéré, la margose se conduit en annuelle stricte : le gel détruit la plante entière, et la culture repart chaque année d'un nouveau semis. Une conduite sur deux tiges principales, plutôt qu'une seule, augmente le rendement et avance la précocité de récolte selon une étude roumaine citée par la littérature horticole. 5
Usages et risques
Le fruit immature, à la chair amère due aux triterpénoïdes de cucurbitane appelés momordicines, se cuisine dans de nombreuses traditions asiatiques : sauté en Chine, farci en Inde, en curry aux Philippines, ou en tempura et mariné au Japon sous le nom de goya. Feuilles, tiges et graines entrent aussi dans la médecine traditionnelle, notamment contre le diabète. L'efficacité clinique chez l'humain ne fait cependant pas consensus au-delà des études animales. 2 5
Selon la NC State Extension, le fruit mûr, son enveloppe et les graines sont toxiques en grande quantité : maux de tête, salivation, rougeur du visage, dilatation des pupilles, douleurs digestives et faiblesse musculaire. La consommation est en outre déconseillée pendant la grossesse : la margose est utilisée comme abortif en médecine traditionnelle, et une étude sur l'embryon de poisson zèbre a montré une tératogénicité et une toxicité cardiaque des extraits de graines et de fruit. 2 7
Variétés, confusions et plantes proches
Les sélections commerciales se répartissent surtout en deux types : les cultivars dits chinois, à fruit long, clair et peu tuberculé, moins amers, et les cultivars dits indiens, à fruit court, très tuberculé et vert foncé, plus amers. Des cultivars nains, sélectionnés pour la culture en pot ou sous tunnel, existent aussi en jardinerie. 2
Les confusions fréquentes concernent d'abord Momordica balsamina, la pomme de merveille : son fruit ovoïde et moins tuberculé reste nettement plus petit que celui de la margose, qui dépasse souvent 8 cm et peut atteindre 35 cm, et s'ouvre en trois valves symétriques plutôt qu'irrégulières. Les autres cucurbitacées grimpantes du potager, comme Luffa aegyptiaca ou Cucumis sativus, peuvent aussi tromper au stade jeune, avant que les vrilles et les premières fleurs ne tranchent. Le nom concombre amer, enfin, ne doit pas être confondu avec la coloquinte, Citrullus colocynthis, une espèce non comestible et nettement plus toxique. 5
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Momordica charantia L.
- NC State Extension, Momordica charantia (bitter melon) plant profile
- USDA GRIN Taxonomy, Momordica charantia L.
- PIER (Pacific Island Ecosystems at Risk), Momordica charantia
- Wikipédia (FR), Momordica charantia
- Wikipedia (EN), Momordica charantia
- Khan et al. 2019, BMC Complementary and Alternative Medicine, developmental toxicity in zebrafish
- PROTA (Plant Resources of Tropical Africa), Momordica charantia
Questions fréquentes
La margose est-elle toxique ?
Le fruit vert immature se consomme couramment en cuisine asiatique, mais le fruit mûr, son enveloppe et les graines sont toxiques en grande quantité selon la NC State Extension, provoquant maux de tête et troubles digestifs. La consommation reste en outre déconseillée pendant la grossesse.
Peut-on manger le fruit orange bien mûr de la margose ?
Seul le mucilage rouge qui entoure les graines est considéré comme la partie douce de la plante. La chair du fruit mûr devient amère à l'excès et présente un risque toxique plus élevé que le fruit vert récolté jeune.
La margose soigne-t-elle le diabète ?
Elle est utilisée en médecine traditionnelle contre le diabète et des études animales rapportent un effet hypoglycémiant, mais l'efficacité clinique chez l'humain ne fait pas consensus. Elle ne remplace donc pas un traitement prescrit.
D'où vient la margose ?
Son origine reste discutée entre l'Afrique, selon une étude phylogénétique de 2010, et l'Inde, selon une analyse de la diversité génétique de cultivars locaux. POWO situe simplement son aire native dans les tropiques et subtropiques de l'Ancien Monde jusqu'au Pacifique Sud.
Pourquoi le fruit de la margose est-il amer ?
L'amertume provient de neuf triterpénoïdes de cucurbitane, appelés momordicines, présents dans la chair et accentués par une récolte tardive. Les cultivars dits chinois, à fruit long et clair, sont réputés moins amers que les cultivars indiens à fruit court et tuberculé.
La margose est-elle une plante envahissante ?
Oui, dans de nombreuses îles tropicales, elle est classée envahissante à la Réunion, aux Philippines, à Taïwan, à Hawaï et dans plusieurs îles du Pacifique comme Guam, où sa liane menace les écosystèmes locaux. En France métropolitaine, le climat tempéré limite sa naturalisation.
Comment distinguer une fleur mâle d'une fleur femelle de margose ?
La fleur mâle porte trois étamines sans ovaire visible, tandis que la fleur femelle présente un stigmate à trois lobes au-dessus d'un ovaire infère déjà renflé, visible comme un minuscule fruit à la base du pétale.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







