Parthénium matricaire (Parthenium hysterophorus, L. 1753)

Le parthénium matricaire (Parthenium hysterophorus) est une Asteraceae annuelle originaire des régions tropicales et subtropicales d'Amérique, aujourd'hui installée sur plusieurs continents. Cette plante doit être abordée comme une espèce de reconnaissance et de prévention plutôt que d'ornement — le contact et le pollen sont allergisants, et l'espèce figure sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes.

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Nom scientifiqueParthenium hysterophorus
GenreParthenium
OrdreAsterales

Parthénium matricaire, Absinthe marron, Fausse camomille, Santa Maria feverfew, Famine weed et Congress grass

Identité
Toxicité
Toxique : humains, chevaux et animaux · Prudence : enfants · À vérifier : chats et chiens
Niveau d'entretien
Élevée
Type de plante
Herbacée annuelle · Adventice envahissante
Type de feuilles
Caduc
Durée de vie
Annuelle
Pays d'origine
MexiqueCubaArgentine
Habitat
Sols perturbés, bords de route, friches, chantiers, cultures et pâturages dégradés ; préférence pour les sols argileux fertiles en climat chaud
Saisonnalité
Floraison
ÉtéAutomne
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
9/10
Temps de maturation
Cycle complet parfois bouclé en quatre semaines en conditions de stress hydrique
Multiplication
Semis
Climat & Eau
Température tolérée
Résistance au vent
Graines et pollen dispersés par le vent et les activités humaines
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol riche, Sol calcaire, Sol perturbé
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.

Plein soleil ; tolère une mi-ombre légère
Extérieur
Bord de route, Bord de champ, Friche urbaine
Apparence
Hauteur50–200 cmÉtalement30–100 cm
Feuilles
Vert
Parthenium hysterophorus — feuilles 1
Parthenium hysterophorus — feuilles 2
Parthenium hysterophorus — feuilles 3
Parthenium hysterophorus — feuilles 4
Parthenium hysterophorus — feuilles 5
Fleurs
BlancCrèmeTaille0.3–0.5 cm
Parthenium hysterophorus — fleurs 1
Parthenium hysterophorus — fleurs 2
Parthenium hysterophorus — fleurs 3
Parthenium hysterophorus — fleurs 4
Parthenium hysterophorus — fleurs 5
Fruits
Noir
Parthenium hysterophorus — fruits 1
Parthenium hysterophorus — fruits 2
Port
Parthenium hysterophorus — port 1
Parthenium hysterophorus — port 2
Parthenium hysterophorus — port 3
Parthenium hysterophorus — port 4
Parthenium hysterophorus — port 5
Écorce
VertMarron
Parthenium hysterophorus — écorce 1
Parthenium hysterophorus — écorce 2
Parthenium hysterophorus — écorce 3
Parthenium hysterophorus — écorce 4
Parthenium hysterophorus — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native de Parthenium hysterophorus couvre les régions tropicales et subtropicales d'Amérique, du Mexique aux Caraïbes et à l'Amérique du Sud tropicale. L'espèce a ensuite été introduite accidentellement en Asie, en Afrique et en Océanie, où elle est traitée comme une adventice envahissante majeure. En France, elle est principalement présente à La Réunion et à Mayotte.

  • Native3
  • Introduite1
  • Envahissante7
  • Mexique
  • Cuba
  • Argentine
  • Israël
  • Inde
  • Australie
  • Éthiopie
  • Afrique du Sud
  • Chine
  • La Réunion
  • Mayotte

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

Le parthénium matricaire (Parthenium hysterophorus L., 1753), aussi appelé absinthe marron ou fausse camomille, est une espèce acceptée du genre Parthenium, dans la famille des Asteraceae. Linné a fixé ce nom en 1753, et le binôme latin reste la référence stable face à la profusion de noms vernaculaires qui l'entourent. Sur le terrain, une tige dressée de 0,5 à 2 m et un feuillage finement découpé la distinguent d'une camomille sauvage : la ressemblance s'arrête là, car son profil de risque cutané n'a rien de commun avec celle-ci. 1 2

En France, l'Inventaire national du patrimoine naturel reprend les noms parthénium matricaire et absinthe marron comme noms vernaculaires de référence. En anglais, Santa Maria feverfew, whitetop weed et famine weed désignent la même plante ; en Inde, elle est surnommée congress grass, un nom lié à son introduction accidentelle dans des importations de blé américain durant les années 1950. 3 9

Parthenium hysterophorus n'a pas vocation horticole. Aucune valeur ornementale ne justifie sa présence au jardin : la plante se traite comme une adventice à repérer et à écarter avant floraison, au même titre que les espèces déjà réglementées en France et dans l'Union européenne. Le parthénium matricaire figure aussi parmi les cent espèces les plus invasives au monde recensées par l'UICN, aux côtés d'adventices dont l'impact documenté touche l'agriculture, l'élevage et la santé publique sur plusieurs continents. 7

Reconnaissance

Parthenium hysterophorus est une herbacée annuelle dressée, très ramifiée, qui atteint généralement 0,5 à 1,5 m et peut dépasser 2 m en conditions favorables. La tige est anguleuse, velue, parfois ligneuse à la base chez les sujets âgés. 5 9

Jeune, la plante forme une rosette de feuilles simples, vert foncé, plaquée au sol. Adulte, le feuillage devient très découpé, alterne, couvert de poils fins ; les feuilles inférieures mesurent 5 à 20 cm, puis diminuent en taille vers le sommet de la tige. 5

Les fleurs, blanches à crème, mesurent à peine 4 mm de diamètre et se regroupent en grappes terminales lâches. Chaque capitule donne de minuscules akènes noirs en forme de coin, longs d'environ 2 mm, terminés par deux écailles membraneuses blanches. La racine pivotante est profonde, ce qui explique la bonne tolérance de la plante à la sécheresse. 5

Taxonomie et noms

Le repère stable reste Parthenium hysterophorus L. Plants of the World Online rattache plusieurs variétés à ce même taxon, dont Parthenium hysterophorus var. lyratum A.Gray, sans en faire des espèces distinctes. 1

Le foisonnement des noms vernaculaires (parthénium matricaire, absinthe marron, fausse camomille, congress grass, famine weed) peut prêter à confusion sur le terrain, mais tous renvoient au même binôme. Parthenium hysterophorus reste donc le seul repère fiable pour un signalement ou une recherche documentaire. 2 4

L'EPPO utilise le code PTNHY pour cette espèce dans ses bases phytosanitaires ; ce code technique complète le nom scientifique sans le remplacer dans un texte destiné au public. 6

Habitat et répartition

L'aire native de Parthenium hysterophorus couvre les régions tropicales et subtropicales d'Amérique, du Mexique aux Caraïbes et à l'Amérique du Sud tropicale. 1 4

Introduite accidentellement au XXᵉ siècle, l'espèce s'est ensuite répandue en Inde, en Australie, dans une grande partie de l'Afrique de l'Est et australe, ainsi qu'en Asie, où elle progresse aujourd'hui vers l'est. En France, elle est largement naturalisée à La Réunion et à Mayotte, et présente aux Antilles françaises. 6 7

Le parthénium matricaire colonise en priorité les sols perturbés : bords de route, friches, chantiers, terres surpâturées et parcelles cultivées. En Australie, il privilégie les sols argileux fertiles et alcalins des hautes terres du Queensland, avec une préférence marquée pour les zones recevant plus de 500 mm de pluie estivale ; en deçà de ce seuil, son installation reste plus limitée. 5

Dans la zone couverte par l'EPPO, la présence reste ponctuelle, avec une seule population rapportée en Israël ; l'espèce y est classée envahissante émergente, sous surveillance en raison d'un climat méditerranéen jugé favorable à son installation. 6

Cycle, allélopathie et reproduction

Le cycle de Parthenium hysterophorus est annuel, parfois éphémère : en conditions de stress hydrique, la plante peut boucler germination, floraison et fructification en seulement quatre semaines. Un pied adulte produit en moyenne 15 000 graines, et jusqu'à 25 000 voire 100 000 chez les individus les plus vigoureux. 7 5

Les akènes forment une banque de graines persistante dans le sol, viable plusieurs années, ce qui complique toute éradication ponctuelle. 5

La plante est aussi fortement allélopathique : elle libère de la parthénine et des composés apparentés qui inhibent la germination et la croissance racinaire des espèces voisines, et perturbent l'activité des bactéries fixatrices d'azote associées aux légumineuses. Sur les cultures de sorgho, les pertes de rendement documentées atteignent 40 à 97 % en l'absence de lutte. 9

Toxicité et santé humaine

Chez Parthenium hysterophorus, le principal risque n'est pas alimentaire mais cutané et respiratoire. Les sesquiterpènes lactones de la plante, en particulier la parthénine, provoquent chez l'humain une dermatite de contact aéroportée, qui touche préférentiellement le visage, les paupières et les plis cutanés. 10

Les formes cliniques varient : eczéma, dermatite actinique chronique, réactions photosensibles, parfois associées à de l'asthme, une rhinite allergique et un essoufflement chez les personnes les plus exposées. 10

Chez le bétail, l'ingestion de la plante fraîche ou séchée dans le fourrage provoque des ulcères buccaux, une salivation excessive et une perte d'appétit ; une ration composée de 10 à 50 % de parthénium peut être fatale aux bovins, avec un risque accru chez les jeunes animaux. 5

Réglementation, lutte et confusions

Depuis 2016, Parthenium hysterophorus figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne ; son importation, sa détention, son transport, sa vente et son introduction volontaire dans l'environnement sont interdits sur tout le territoire de l'Union, y compris en France. 8

En Australie, où l'espèce est classée parmi les vingt adventices d'importance nationale, la lutte biologique s'appuie sur une dizaine d'agents introduits, dont le charançon des graines Smicronyx lutulentus et le charançon des tiges Listronotus setosipennis. 5

En Inde, le coléoptère mexicain Zygogramma bicolorata, introduit comme défoliateur, a permis des réductions locales de densité de plus de 80 % dans certains essais récents, sans supprimer à lui seul la plante ni sa banque de graines. 9

Le feuillage très découpé et les petites fleurs blanches peuvent rappeler une camomille sauvage ou une matricaire, d'où les noms fausse camomille et absinthe marron ; seule la vérification du nom scientifique évite la confusion, en particulier avant tout contact manuel. 4 2

Sources principales

Questions fréquentes

Le parthénium matricaire est-il toxique ?

Le risque principal n'est pas alimentaire mais cutané et respiratoire. Le contact avec la plante provoque une dermatite allergisante chez l'humain, et l'ingestion peut être mortelle pour les bovins au-delà de certaines quantités.

Pourquoi ce nom de congress grass en Inde ?

La plante serait arrivée accidentellement dans des importations de blé américain durant les années 1950, sous un gouvernement dirigé par le parti du Congrès, d'où ce surnom resté dans l'usage courant.

Comment reconnaître le parthénium matricaire ?

Une herbacée annuelle dressée, au feuillage très découpé et velu, portant de petites fleurs blanches à crème de 4 mm à peine, regroupées en grappes terminales lâches.

Peut-on le confondre avec une camomille ?

Le feuillage découpé et les petites fleurs blanches peuvent y faire penser, d'où les noms fausse camomille et absinthe marron, mais le profil de risque cutané et réglementaire n'a rien à voir avec une camomille commune.

Que dit la réglementation européenne ?

Depuis 2016, Parthenium hysterophorus figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne ; son importation, sa détention et sa mise sur le marché sont interdites sur tout le territoire, y compris en France.

Comment contrôle-t-on cette adventice ?

La lutte combine des méthodes mécaniques avant floraison et des agents biologiques comme le coléoptère Zygogramma bicolorata, sans qu'aucun agent ne suffise seul à supprimer la banque de graines.

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