Pâturin annuel (Poa annua, )
Le pâturin annuel (Poa annua) est une graminée annuelle ou vivace de courte durée de la famille des Poaceae, issue d'une hybridation ancienne entre Poa infirma et Poa supina. Devenue cosmopolite, elle colonise pelouses, trottoirs et golfs sur presque tous les continents, jusqu'en Antarctique où elle est la seule plante à fleurs invasive installée.
Lire la suitePâturin annuel, Annual bluegrass, Annual meadow-grass, Straatgras et Einjähriges Rispengras
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil à mi-ombre légère




© photo
(c) Татьяна Ильина, some rights reserved (CC BY-NC), uploaded by Татьяна Ильина · cc-by-nc
Robert H. Wardell · cc0
葉子 · cc0
(c) Eric Lamb, some rights reserved (CC BY) · cc-by
(c) zebedeugalinha, some rights reserved (CC BY) · cc-by

Répartition mondiale
L'aire native de Poa annua couvre l'Eurasie tempérée et le pourtour méditerranéen, issue de la rencontre entre deux espèces parentes aux aires bien plus restreintes. L'espèce est aujourd'hui cosmopolite, présente sur tous les continents y compris l'Antarctique, où elle reste la seule plante à fleurs invasive durablement installée.
- Native4
- Introduite3
- Envahissante1
- France
- Espagne
- Royaume-Uni
- Allemagne
- États-Unis
- Australie
- Nouvelle-Zélande
- Antarctique
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le pâturin annuel (Poa annua L., 1753) est une espèce acceptée du genre Poa, dans la famille des Poaceae. Linné l'a décrite dès 1753. Le binôme latin reste la référence stable, alors que les noms vernaculaires se multiplient selon les langues et les usages locaux. 1
En anglais, le pâturin annuel porte les noms annual bluegrass et annual meadow-grass ; en néerlandais, straatgras, littéralement « herbe des rues », décrit son aptitude à germer dans les fissures de trottoirs et les bordures pavées. 2
Poa annua n'a aucune vocation ornementale : c'est une graminée de reconnaissance, tolérée comme composante spontanée du gazon ou combattue comme adventice selon le contexte, du jardin particulier au green de golf. 3
Reconnaissance
Poa annua forme une touffe basse et dense, vert clair à vert franc, haute de 5 à 30 cm. Ses tiges, d'abord couchées au sol, se redressent ensuite vers l'inflorescence, un port qui explique sa tolérance à la tonte rase : même écrasée, la base productive de la touffe reste hors d'atteinte de la lame. 3 4
Les feuilles, longues de 2 à 12 cm pour 1 à 3,5 mm de large, sont pliées en gouttière et se terminent par une pointe arrondie en « proue de bateau ». Une ligule membraneuse bien visible marque la jonction entre gaine et limbe. Ces deux traits combinés suffisent, dans la plupart des cas, à distinguer Poa annua des autres pâturins de pelouse à l'œil nu, sans loupe ni clé de détermination. 3
L'inflorescence est une panicule pyramidale lâche de 3 à 10 cm, aux rameaux étalés à l'horizontale, portant des épillets ovales groupés par 3 à 5. Le système racinaire reste superficiel, sur moins de 5 cm : cette faible profondeur explique à elle seule la mauvaise résistance de la plante à la sécheresse, malgré son omniprésence. 3
Origine génétique et taxonomie
Le nom de genre Poa vient du grec ancien póa, « herbe » ; l'épithète annua renvoie au latin annuus, « annuel ». Cette étymologie résume mal l'espèce : la génétique moderne raconte une histoire bien plus originale qu'un simple cycle court. 5
Poa annua est un allotétraploïde, né de l'hybridation entre deux espèces diploïdes aux aires très restreintes : Poa infirma, des climats méditerranéens arides, et Poa supina Schrad., des étages alpins d'Europe centrale. L'hybridation daterait de moins de 50 000 ans, un temps très court à l'échelle évolutive pour expliquer une expansion aussi large. 7
Plants of the World Online range plusieurs formes en synonymie de l'espèce acceptée, dont Poa annua f. reptans T.Koyama et Poa annua subsp. supina (Schrad.) Link, sans en faire des taxons distincts. 1
Habitat et répartition
Originaire d'Eurasie tempérée et du pourtour méditerranéen, Poa annua est aujourd'hui cosmopolite : elle pousse sur les sept continents, des terrains vagues aux fissures de trottoirs, en passant par les pelouses tondues et les cultures. 7 5
En Antarctique, Poa annua est la seule plante à fleurs invasive durablement installée. Introduite près des bases scientifiques depuis les années 1950, elle est aujourd'hui signalée sur au moins huit sites entre les îles Signy et Galíndez, où elle concurrence directement les deux seules espèces vasculaires indigènes du continent. 8
Cycle et reproduction
Le cycle de Poa annua tient de ses deux parents : annuel comme Poa infirma, vivace comme Poa supina, l'espèce exprime les deux comportements à la fois, selon le climat et la pression de tonte. En climat tempéré, elle peut fleurir et grener presque toute l'année, y compris en plein hiver doux. 5 4
Chaque pied produit plusieurs centaines de graines par saison, capables de germer même après une tonte très rase, un trait qui la distingue des gazons semés classiques. La plante se reproduit aussi par cléistogamie : une autofécondation sans ouverture complète de la fleur, qui garantit sa reproduction même en conditions défavorables, sans pollinisateur ni vent porteur de pollen. 4 6
Usages, gestion et golf
Poa annua n'a pas d'usage alimentaire ni médicinal recensé, mais elle nourrit les chenilles de plusieurs papillons et reste une ressource pour la faune des milieux ouverts. 4
Sur les terrains de golf, Poa annua cumule deux rôles opposés : la mauvaise herbe la plus étudiée au monde sur les greens, et une graminée tolérée, parfois valorisée, pour sa résistance à la tonte extrême et au piétinement, là où l'agrostide stolonifère, le gazon de référence, peine à s'installer. Chaque pied produit 1 000 à 2 250 graines en une saison, ce qui explique la difficulté à l'éliminer durablement. 6
Dans une pelouse ordinaire, la gestion passe par trois leviers concrets : tondre avant la montée en graines, aérer le sol compacté, et sursemer des graminées pérennes plus compétitives. 3
Confusions et espèces proches
La confusion la plus fréquente concerne Poa supina Schrad., l'un des parents génétiques de l'espèce. Cette dernière est strictement vivace et stolonifère, à ligule courte, alors que Poa annua forme une touffe non stolonifère, aux stolons absents ou très réduits. 7
Sur les gazons et les greens, deux formes se distinguent aussi : la forme dressée, dite Poa annua var. annua, strictement annuelle et la plus répandue, et la forme stolonifère Poa annua var. reptans, plus pérenne, parfois tolérée intentionnellement sur certains greens. 1
D'autres graminées de pelouse, comme Poa pratensis ou Lolium perenne, se reconnaissent à leur système racinaire plus profond et à leur meilleure tenue en été. Poa annua, lui, décline sous la chaleur et la sécheresse, faute de racines profondes pour aller chercher l'eau. 3
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Poa annua L.
- Encyclopaedia Britannica, Annual bluegrass
- NC State Extension, Poa annua plant profile
- Plants For A Future, Poa annua
- Tela Botanica / eFlore BDTFX, Poa annua
- USGA Green Section Record, Understanding Poa annua
- BMC Genomics, Homoeologous evolution of the allotetraploid genome of Poa annua
- Biodiversity and Conservation, Establishment and eradication of Poa annua at Signy Island
Questions fréquentes
Le pâturin annuel est-il une mauvaise herbe ou un gazon ?
Les deux selon le contexte. Dans un gazon semé, il est traité comme une adventice à limiter ; sur certains greens de golf, sa tolérance à la tonte extrême en fait une composante acceptée, parfois même recherchée.
Comment reconnaître le pâturin annuel dans une pelouse ?
Une touffe basse vert clair, des feuilles en pointe arrondie et une ligule membraneuse bien visible à la jonction gaine-limbe suffisent généralement à le distinguer des autres graminées de gazon.
Le pâturin annuel est-il toxique pour les chiens et les chats ?
Non, il n'est pas toxique par ingestion. Les épillets secs peuvent en revanche causer une irritation mécanique de la gueule ou du pelage, comme la plupart des graminées à épis pointus.
Pourquoi les golfeurs parlent-ils autant du pâturin annuel ?
Parce qu'il est à la fois la mauvaise herbe la plus étudiée sur les greens et une graminée tolérante à la tonte extrême, ce qui complique tout choix simple entre l'éliminer et le laisser s'installer.
D'où vient génétiquement le pâturin annuel ?
D'une hybridation ancienne, il y a moins de 50 000 ans, entre Poa infirma, une espèce méditerranéenne, et Poa supina, une espèce alpine d'Europe centrale. Le pâturin annuel est donc un allotétraploïde issu de deux parents aux aires très restreintes.
Comment limiter son installation dans une pelouse ?
Tondre régulièrement avant la montée en graines, aérer un sol compacté et sursemer des graminées pérennes plus compétitives réduisent progressivement sa présence, sans jamais l'éliminer d'un coup.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.






