Laurier-cerise (Prunus laurocerasus, )
Le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) est un arbuste persistant de la famille des Rosaceae, originaire du pourtour de la mer Noire, entre les Balkans, le Caucase et le nord de l'Iran. Planté en haie dans toute l'Europe tempérée pour son feuillage brillant et dense, il libère une odeur d'amande amère quand une feuille est froissée, signe des composés cyanogènes présents dans toute la plante.
Lire la suiteLaurier-cerise, Laurier de Trébizonde, Laurier-amande, Laurier-palme, Cherry laurel et Common laurel
Offrez beaucoup de lumière ambiante, sans soleil direct sur les feuilles.
Soleil à ombre dense





© photo
(c) edgeplot, some rights reserved (CC BY-NC-SA) · cc-by-nc-sa
iNaturalist User · cc0
Codrin Bucur · cc-by
Taken Jan 13, 2022 by Taïssir Marcé (cc-by-sa)
Taken Apr 5, 2022 by Jim Knopf (cc-by-sa)
Taken Feb 3, 2022 by Tristan Jaton-Maria (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native de Prunus laurocerasus longe le pourtour de la mer Noire, de l'Albanie et la Bulgarie au sud-est de l'Europe jusqu'au nord de la Turquie, au Caucase et au nord de l'Iran en Asie du Sud-Ouest. En horticulture, l'espèce est plantée dans presque toute l'Europe tempérée et s'y est naturalisée dans plusieurs régions, où elle est jugée envahissante.
- Native5
- Envahissante3
- Turquie
- Bulgarie
- Albanie
- Géorgie
- Iran
- Royaume-Uni
- Belgique
- États-Unis (Pacifique nord-ouest)
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le laurier-cerise (Prunus laurocerasus L., 1753), parfois appelé laurier de Trébizonde ou laurier-amande, est un arbuste persistant de la famille des Rosaceae, dans le genre Prunus. Le nom associe des feuilles qui rappellent le laurier-sauce, Laurus nobilis, une plante sans lien de parenté, à des fruits en petites cerises noires. 1 2
La ressemblance entre les feuilles du laurier-cerise et celles du laurier-sauce n'est pas anodine : confondues en cuisine, elles ont provoqué par le passé des intoxications alimentaires. Un repère fiable les distingue : une feuille de laurier-cerise froissée libère une odeur d'amande amère, absente chez le laurier-sauce, qui n'a aucun lien de parenté botanique avec lui. 6 4
Comparé au cerisier et au prunier, ses cousins du même genre Prunus, seul le laurier-cerise produit la prunasine qui déclenche son odeur cyanogénique.
Reconnaissance
Prunus laurocerasus forme un arbuste dense à feuillage persistant, coriace et très luisant. Les feuilles, alternes, mesurent couramment 10 à 25 cm de long pour 4 à 10 cm de large, à bord finement denté et à odeur d'amande amère quand elles sont froissées. 9 2
Au printemps, l'arbuste porte des grappes dressées de 7 à 15 cm, chargées de 30 à 40 petites fleurs blanc crème à cinq pétales et étamines jaunâtres, parfumées. Les fruits qui suivent sont des drupes ovoïdes de 1 à 2 cm, d'abord vertes, puis rouges, et enfin noires et luisantes à pleine maturité, en fin d'été ou en automne. 9 3
Taillé en haie, l'arbuste mesure souvent entre 2 et 4 m de haut ; laissé libre, un vieux sujet peut former un petit arbre de 8 à 15 m, rarement plus. L'écorce grise et lisse, marquée de lenticelles, est typique du genre Prunus. 2 4
Taxonomie utile
L'espèce a été décrite par Linné en 1753. Elle a longtemps circulé sous le genre Cerasus ou dans la synonymie de Laurocerasus officinalis, avant que le nom accepté ne se stabilise sous Prunus laurocerasus. Les principaux noms historiques et variétaux à connaître sont :
- Cerasus laurocerasus (L.) Loisel.
- Padus laurocerasus Mill.
- Prunus laurocerasus var. latifolia L.H.Bailey
- Prunus laurocerasus var. rotundifolia L.H.Bailey
- Prunus laurocerasus var. schipkaensis Späth ex H.L.Späth
Le repère stable est le nom accepté, Prunus laurocerasus : des noms comme Rotundifolia ou Schipkaensis désignent aujourd'hui des cultivars horticoles vendus sous cette étiquette, distincts de la variété botanique historique du même nom. 1 7
Habitat et répartition
L'aire native de Prunus laurocerasus longe le pourtour de la mer Noire, de l'Albanie et de la Bulgarie au sud-est de l'Europe jusqu'au nord de la Turquie, au Caucase et au nord de l'Iran en Asie du Sud-Ouest. L'espèce y pousse en sous-bois et en lisière de forêts fraîches de moyenne montagne. 1 7
Très planté pour l'ornement en Europe tempérée, dont la France, le laurier-cerise s'est naturalisé hors de son aire native. Au Royaume-Uni, en Belgique et dans le nord-ouest du Pacifique nord-américain, les oiseaux dispersent ses noyaux en forêt, où son feuillage persistant et dense forme un sous-bois qui empêche, pour les espèces locales, toute régénération : il y est classé espèce exotique envahissante. 8 9
En France, le laurier-cerise est cultivé massivement en haie de jardin, sans statut d'espèce envahissante généralisé à ce jour, mais une vigilance locale s'impose en lisière forestière ombragée, milieu où l'espèce s'installe facilement. 7
Cycle et reproduction
La floraison a lieu au printemps, en grappes dressées mellifères visitées par de nombreux insectes butineurs. Les fruits mûrissent lentement, du vert au rouge puis au noir, entre la fin de l'été et l'automne, et sont recherchés par les oiseaux qui assurent l'essentiel de la dispersion des noyaux. 9 3
La croissance est rapide en climat doux et sol frais : une haie plantée à 60-80 cm d'écartement forme un écran dense en trois à cinq ans. Laissé sans taille, l'arbuste continue de grossir sur plusieurs décennies jusqu'à prendre un port de petit arbre. 2 3
En culture, la multiplication se fait surtout par bouturage semi-aoûté en fin d'été, qui reproduit fidèlement les cultivars. Le semis des noyaux stratifiés au froid fonctionne aussi pour l'espèce type, mais donne des sujets plus variables, peu utilisés pour les cultivars sélectionnés. 4 2
Usages et risques
L'usage dominant est la haie persistante : taillé, le laurier-cerise forme un écran opaque toute l'année, apprécié pour sa croissance rapide et sa tolérance à l'ombre portée par des arbres voisins, un atout rare parmi les arbustes de haie. Une taille en mars et fin d'été, au sécateur plutôt qu'au taille-haie électrique, empêche le bas de la haie de se dégarnir, surtout si l'arbuste pousse à mi-ombre. 2 3
La plante entière contient des glycosides cyanogènes, dont la prunasine, concentrés surtout dans les feuilles et les noyaux. Broyés ou mâchés, ces tissus libèrent du cyanure d'hydrogène, reconnaissable à son odeur d'amande amère. L'ingestion de feuilles ou de noyaux provoque des troubles digestifs, et dans les cas sévères des troubles respiratoires, chez l'humain, le chien, le chat et le cheval, ce dernier réputé particulièrement sensible aux glycosides cyanogènes. La pulpe des fruits mûrs contient des teneurs bien plus faibles en cyanure : elle est parfois consommée en Turquie une fois le noyau retiré. 6 5
Variétés, confusions et plantes proches
Les cultivars ne sont pas des espèces distinctes. Otto Luyken et Zabeliana offrent un port bas et étalé, adapté aux haies basses ou aux couvre-sols ; Rotundifolia et Schipkaensis, plus vigoureux et plus rustiques, conviennent aux grandes haies. Aureovariegata porte un feuillage marginé de jaune. 2
Les confusions les plus fréquentes concernent :
- le laurier-sauce (Laurus nobilis), une Lauracée sans lien de parenté : ses feuilles ne dégagent pas d'odeur d'amande et ne contiennent aucun composé cyanogène ;
- le laurier-tin (Viburnum tinus), qui porte des feuilles plus petites et des fruits bleu-noir, quand ceux du laurier-cerise virent au noir luisant ;
- le laurier du Portugal (Prunus lusitanica), reconnaissable à ses feuilles plus petites portées sur un pétiole rougeâtre.
L'odeur d'amande au froissement des feuilles et les grappes dressées de fruits noirs forment les deux repères fiables pour confirmer qu'un arbuste de haie est bien Prunus laurocerasus. 9 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Prunus laurocerasus L.
- Royal Horticultural Society, Prunus laurocerasus - cherry laurel
- Missouri Botanical Garden, Prunus laurocerasus
- Plants For A Future, Prunus laurocerasus
- ASPCA, Cherry Laurel toxicity entry
- Veterinary Poisons Information Service, Cherry laurel and other cyanide containing plants
- INPN / MNHN, Prunus laurocerasus L., 1753 (cd_nom 116089)
- Invasive Alien Species in Belgium, Prunus laurocerasus
- Wikipedia (EN), Prunus laurocerasus
Questions fréquentes
Le laurier-cerise est-il toxique ?
Oui. Feuilles, fleurs, fruits et surtout noyaux contiennent des glycosides cyanogènes qui libèrent du cyanure d'hydrogène quand les tissus sont broyés ou mâchés. L'ingestion de feuilles ou de noyaux provoque des troubles digestifs, parfois respiratoires, chez l'humain, le chien, le chat et le cheval.
Peut-on manger les fruits du laurier-cerise ?
La pulpe bien mûre, noire et sucrée, est parfois consommée en Turquie, mais le noyau reste toxique et doit être écarté. Un fruit encore vert ou au goût amer signale une teneur en cyanure plus élevée, à éviter.
Le laurier-cerise est-il un vrai laurier ?
Non. C'est un Prunus de la famille des Rosaceae, sans lien de parenté avec le laurier-sauce Laurus nobilis utilisé en cuisine, une Lauracée. La ressemblance des feuilles a causé par le passé des confusions alimentaires dangereuses.
Pourquoi les feuilles de laurier-cerise sentent-elles l'amande ?
Le feuillage contient des composés cyanogènes, dont la prunasine, qui libèrent une odeur d'amande amère et du cyanure d'hydrogène dès qu'une feuille est froissée ou coupée. C'est un repère d'identification utile, mais aussi un signal de toxicité.
Le laurier-cerise est-il envahissant ?
Dans son aire native du pourtour de la mer Noire, il fait partie de la flore forestière. Introduit ailleurs, notamment au Royaume-Uni, en Belgique et dans le nord-ouest du Pacifique nord-américain, il se ressème par les oiseaux et forme un sous-bois dense qui empêche la régénération des espèces locales.
Quelle taille atteint un laurier-cerise ?
En haie taillée, il reste généralement entre 2 et 4 m de haut. Libre et âgé, il peut former un arbuste large ou un petit arbre atteignant 8 à 15 m, rarement davantage.
Quel cultivar choisir pour une petite haie basse ?
Otto Luyken et Zabeliana sont des cultivars compacts et étalés, adaptés aux haies basses ou aux couvre-sols. Rotundifolia et Schipkaensis conviennent mieux aux haies hautes et aux climats plus froids.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







