Laurier du Portugal (Prunus lusitanica, L. 1753)

Le laurier du Portugal (Prunus lusitanica) est un arbuste ou petit arbre persistant de la famille des Rosaceae, originaire du sud-ouest de l'Europe, du Maroc et de la Macaronésie. Souvent confondu avec le laurier-cerise (Prunus laurocerasus), il s'en distingue par ses pétioles et jeunes rameaux rouge foncé, un repère plus fiable que la forme des feuilles.

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Nom scientifiquePrunus lusitanica
GenrePrunus
OrdreRosales

Laurier du Portugal, Portugal laurel, Azereiro, Acereiro, Loro et Lloral

Identité
Toxicité
Toxique : humains, chats, chiens, chevaux et animaux
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
PortugalEspagneFranceMaroc
Habitat
Forêts et ravins frais de moyenne montagne, reliques de la laurisylve tertiaire ; haies et jardins en climat tempéré
Saisonnalité
Floraison
Été
Récolte
ÉtéAutomne
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
5/10
Temps de maturation
Floraison dès quelques années ; port de haie dense obtenu en 5 à 10 ans selon la taille
Multiplication
Bouturage, Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
40–60 km/h
Humidité
40–70 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol drainé, Sol calcaire
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse

Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.

Plein soleil à mi-ombre
Extérieur
Haie champêtre, Massif plein soleil
Pots
Grand bac
Apparence
Hauteur300–2000 cmÉtalement300–800 cm
Feuilles
Vert
Prunus lusitanica — feuilles 1
Prunus lusitanica — feuilles 2
Prunus lusitanica — feuilles 3
Prunus lusitanica — feuilles 4
Prunus lusitanica — feuilles 5
Fleurs
BlancTaille15–28 cm
Prunus lusitanica — fleurs 1
Prunus lusitanica — fleurs 2
Prunus lusitanica — fleurs 3
Prunus lusitanica — fleurs 4
Prunus lusitanica — fleurs 5
Fruits
VertViolet
Prunus lusitanica — fruits 1
Prunus lusitanica — fruits 2
Prunus lusitanica — fruits 3
Prunus lusitanica — fruits 4
Prunus lusitanica — fruits 5
Port
Prunus lusitanica — port 1
Prunus lusitanica — port 2
Prunus lusitanica — port 3
Prunus lusitanica — port 4
Prunus lusitanica — port 5
Écorce
Rouge
Prunus lusitanica — écorce 1
Prunus lusitanica — écorce 2
Prunus lusitanica — écorce 3
Prunus lusitanica — écorce 4
Prunus lusitanica — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native de Prunus lusitanica couvre le sud-ouest de l'Europe (Portugal, Espagne, Pays basque français), le Maroc et les archipels macaronésiens des Açores, de Madère et des Canaries. Sur le continent, c'est une relique de la laurisylve tertiaire réduite à des populations rares en gorges fraîches ; en Macaronésie, l'espèce reste un élément courant de la forêt laurifère.

  • Native7
  • Introduite1
  • Portugal
  • Espagne
  • France métropolitaine
  • Maroc
  • Açores
  • Madère
  • Îles Canaries
  • Royaume-Uni

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

Le laurier du Portugal (Prunus lusitanica L., 1753) est un arbuste ou petit arbre persistant de la famille des Rosaceae, décrit par Carl von Linné dès 1753. L'épithète lusitanica renvoie à la Lusitanie, province romaine correspondant au Portugal actuel et à une partie de l'Estrémadure et de la Salamanque espagnoles. 1 6

Le nom commun met en avant le Portugal, mais l'aire native déborde largement ce seul pays : elle couvre aussi l'Espagne, le Pays basque français, le Maroc, et les archipels macaronésiens des Açores, de Madère et des Canaries. Cette répartition ibéro-macaronésienne rend le nom vernaculaire trompeur : une population des Canaries n'est pas moins indigène qu'une population portugaise. 7 1

Reconnaissance

Prunus lusitanica forme un arbuste dense ou un petit arbre de 3 à 8 m en conditions courantes, avec des mentions exceptionnelles jusqu'à 20 m ; en culture britannique, la Royal Horticultural Society signale des sujets dépassant 12 m de hauteur pour plus de 8 m d'envergure après 20 à 50 ans. 2 6

Pour l'identifier, la couleur des pétioles et jeunes rameaux, rouge foncé à pourpre, est un repère plus fiable que la forme des feuilles : elle reste visible toute l'année, alors que le limbe varie avec l'âge du rameau et l'exposition. Les feuilles elles-mêmes sont ovales-lancéolées, coriaces et luisantes, longues de 6 à 13 cm, à bord finement denté. 3 2

En début d'été, des grappes dressées de 15 à 28 cm portent de nombreuses petites fleurs blanches parfumées. Les fruits qui suivent sont de petites drupes ovoïdes à coniques, vertes puis rouge foncé à pourpre noir à maturité. 2 6

Taxonomie utile

Le nom accepté est Prunus lusitanica L., classé dans la sous-famille des Amygdaloideae, chez les Rosaceae. L'espèce se divise en trois sous-espèces géographiquement distinctes, un repère utile pour situer un sujet donné :

  • Prunus lusitanica subsp. lusitanica occupe le continent (Portugal, Espagne, Pays basque français, Maroc) et forme la population nominale ;
  • Prunus lusitanica subsp. azorica (Mouill.) Franco reste endémique des Açores, où elle est jugée menacée dans son habitat naturel ;
  • Prunus lusitanica subsp. hixa (Brouss. ex Willd.) Franco pousse à Madère et aux îles Canaries, plus répandue que la précédente.

Cette partition par archipel explique pourquoi une même espèce nominale peut recouvrir des statuts de conservation très différents selon la population observée : citer seulement Prunus lusitanica sans sa sous-espèce mélange une population stable (hixa) avec une population menacée (azorica). Le nom complet, sous-espèce incluse, évite cette confusion. 1

Habitat et répartition

Sur le continent, Prunus lusitanica pousse dans des forêts et ravins frais de moyenne montagne, une niche qui en fait une relique de la laurisylve tertiaire, cette forêt de lauriers autrefois bien plus étendue en Europe. Les populations sauvages y sont rares, cantonnées à des gorges humides du sud-ouest de la péninsule Ibérique. 4 8

En Macaronésie, la situation s'inverse : l'espèce reste un élément courant de la laurisylve insulaire, cette forêt nourrie par les brumes qui abrite une flore et une faune endémiques. C'est là, sur les Açores, à Madère et aux Canaries, que ses populations naturelles restent les plus abondantes. 6 1

Hors de son aire native, la plante est surtout cultivée comme ornementale de haie. Plantée depuis des décennies au Royaume-Uni, elle s'y naturalise occasionnellement, sans franchir le seuil d'espèce envahissante. 4

Cycle et reproduction

La floraison estivale attire les insectes pollinisateurs vers les grappes parfumées ; une fois fécondées, les fleurs donnent des drupes qui mûrissent du vert au rouge foncé puis pourpre noir, entre l'été et l'automne. 3 2

En culture, le bouturage semi-aoûté, prélevé en été sur du bois de l'année, donne des sujets plus rapidement et plus fidèlement que le semis. La graine demande une stratification à froid de 2 à 3 mois et peut mettre jusqu'à 18 mois à lever, ce qui la réserve surtout à la sélection variétale ou à la conservation des sous-espèces sauvages. 4

Conduit en haie, l'arbuste supporte bien une taille sévère et repart facilement de vieux bois, un atout pour maintenir une silhouette dense sur plusieurs décennies sans perdre en vigueur. 3

Usages et risques

L'usage principal est ornemental : haie taillée, écran brise-vue ou topiaire, grâce à une réponse facile à la taille et à une tolérance aux sols pauvres et calcaires. La Royal Horticultural Society lui reconnaît l'Award of Garden Merit. 2

Sur le plan sanitaire, la vigilance s'impose. Comme d'autres membres du genre Prunus, les feuilles, les graines et surtout les tiges flétries contiennent des glycosides cyanogènes. L'ASPCA classe les cerisiers du genre parmi les plantes toxiques pour les chats, les chiens et les chevaux, avec des symptômes typiques : muqueuses rouge brique, pupilles dilatées et difficulté respiratoire en cas d'ingestion. 5 3

La plante est aussi surveillée comme hôte à risque élevé pour Xylella fastidiosa, une bactérie de quarantaine réglementée en Europe : tout dessèchement brutal de rameaux mérite un signalement aux services phytosanitaires plutôt qu'une simple taille de nettoyage. 2

Variétés, confusions et plantes proches

Au jardin, les sélections courantes incluent Variegata, aux feuilles marginées de blanc crème, et la forme Myrtifolia, à petites feuilles étroites rappelant le myrte. Variegata et Myrtifolia restent des noms horticoles : ils ne remplacent pas le repère taxonomique, et seule la sous-espèce précise (azorica, hixa ou lusitanica) fait foi en cas de doute sur l'origine géographique d'un sujet sauvage. 2

Trois plantes prêtent à confusion plus souvent que les autres persistants de haie :

  • Prunus laurocerasus, le laurier-cerise, porte des feuilles plus grandes et plus larges, et surtout des pétioles verts plutôt que rouge foncé ;
  • Laurus nobilis, le laurier-sauce, partage le nom vernaculaire de « laurier » mais appartient à une tout autre famille, les Lauracées ;
  • d'autres Prunus à feuillage persistant se vendent en pépinière sous des noms de haie proches, sans porter les pétioles rouges caractéristiques.

Vérifier la couleur du pétiole prend moins de temps que comparer la taille des feuilles, et fonctionne même sur un sujet taillé en haie dont le feuillage n'a pas atteint sa taille adulte.

Sources principales

Questions fréquentes

Le laurier du Portugal est-il toxique pour les chats et les chiens ?

Oui. Comme d'autres Prunus, ses feuilles, ses graines et ses tiges flétries contiennent des glycosides cyanogènes. L'ASPCA classe les cerisiers du genre Prunus parmi les végétaux toxiques pour les chats, les chiens et les chevaux, avec des muqueuses rouge brique et des difficultés respiratoires en cas d'ingestion.

Comment distinguer le laurier du Portugal du laurier-cerise ?

Le repère le plus fiable est la couleur des pétioles et des jeunes rameaux, rouge foncé à pourpre chez Prunus lusitanica, verts chez Prunus laurocerasus. Les feuilles du laurier-cerise sont aussi généralement plus grandes et plus larges.

Quelle exposition et quel sol lui conviennent ?

Un sol bien drainé, calcaire à neutre, en plein soleil à mi-ombre, donne la meilleure floraison. L'espèce tolère aussi des sols pauvres et peu profonds, ce qui en fait une haie peu exigeante une fois installée.

Le laurier du Portugal est-il envahissant ?

Aucune invasion documentée n'est signalée en France métropolitaine, où l'espèce est indigène en populations rares. Au Royaume-Uni, où elle est introduite et très plantée, une naturalisation occasionnelle est mentionnée sans statut envahissant marqué.

Pourquoi le nom lusitanica alors que l'espèce pousse ailleurs qu'au Portugal ?

L'épithète renvoie à la Lusitanie romaine, ancien nom du territoire portugais choisi par Linné en 1753. L'aire réelle de l'espèce s'étend pourtant à l'Espagne, au Pays basque français, au Maroc et à plusieurs archipels macaronésiens.

Le laurier du Portugal peut-il remplacer le buis en haie ?

C'est un usage courant. Sa tolérance aux sols pauvres et calcaires et sa réponse facile à une taille sévère en font une alternative résistante, alors que le buis traditionnel souffre largement de la pyrale et du dépérissement.

Toutes les sous-espèces sont-elles menacées ?

Non. La sous-espèce endémique des Açores, subsp. azorica, est jugée menacée dans son habitat naturel, tandis que la sous-espèce de Madère et des Canaries, subsp. hixa, reste plus répandue dans son aire.

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