Vesce jargeau (Vicia cracca, )
La vesce jargeau (Vicia cracca L., 1753) est une Fabaceae vivace grimpante, native d'Eurasie tempérée, de l'Europe à la Sibérie et au Japon. Ses vrilles ramifiées, ses épis bleu-violet unilatéraux et ses gousses brunes explosives en font une plante fourragère et mellifère courante des prairies et des haies, aujourd'hui aussi adventice envahissante en Amérique du Nord.
Lire la suiteVesce jargeau, Vesce craque, Jarosse, Pois à crapaud, Tufted vetch et Cow vetch
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Répartition mondiale
L'aire native de Vicia cracca couvre l'Eurasie tempérée, de l'Europe et de la Scandinavie jusqu'en Sibérie et au Japon. Introduite tôt en Amérique du Nord comme plante fourragère, l'espèce y est aujourd'hui largement naturalisée et considérée envahissante dans plusieurs régions, notamment en Alaska où elle colonise des milieux non perturbés.
- Native4
- Introduite1
- Envahissante1
- France métropolitaine
- Europe
- Sibérie et Asie tempérée
- Japon
- Canada
- États-Unis
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
La vesce jargeau (Vicia cracca L., 1753), aussi appelée vesce craque ou jarosse, est une plante herbacée vivace grimpante du genre Vicia, dans la famille des Fabaceae. Plants of the World Online retient ce nom comme accepté depuis sa publication par Linné en 1753. 1 6
Le nom Vicia vient du latin vincio, « je m'attache », qui décrit exactement le comportement grimpant de Vicia cracca par ses vrilles. L'épithète cracca est plus énigmatique : elle viendrait, via le botaniste Rivinus puis Pline, d'un ancien nom grec de plante proche de la gesse, sans qu'aucune source ne tranche définitivement la question. 3
Reconnaissance
Vicia cracca développe une tige anguleuse et grimpante, sans poils denses, qui s'accroche à la végétation voisine par des vrilles ramifiées portées en bout de feuille. Selon les conditions, elle mesure couramment 30 cm à 2 m de long. 4 3
Les feuilles pennées comptent 5 à 15 paires de folioles étroites, la dernière paire étant transformée en vrille. Le repère le plus fiable reste toutefois l'inflorescence : un épi unilatéral dense de 10 à 30 fleurs bleu-violet, longues de 8 à 13 mm, nettement plus fourni que chez les vesces à floraison clairsemée. 4 2
Les fleurs sont autoincompatibles : sans la visite d'un bourdon ou d'une autre abeille, elles ne produisent aucune graine, ce qui rend la plante entièrement dépendante des pollinisateurs pour se reproduire par semis. Les gousses qui suivent sont brunes, aplaties, longues de 2 à 2,5 cm, et libèrent 3 à 6 graines rouge-brun par un éclatement explosif à maturité. 4
Taxonomie utile
Le nom accepté par Plants of the World Online reste Vicia cracca L., publié en 1753. L'espèce a produit une longue synonymie de variétés et sous-espèces régionales, notamment Vicia cracca subsp. gerardi Gaudin et Vicia cracca var. grandiflora Lange ex Willk., sans que le nom accepté soit remis en cause. 1
L'espèce appartient à la sous-famille des Faboideae, celle des légumineuses à fleurs papilionacées et à gousse déhiscente, aux côtés d'autres Vicia cultivées comme la féverole ou la vesce commune. 1
Sur le terrain, la confusion la plus fréquente concerne Vicia sepium, dont l'épi ne compte que 2 à 6 fleurs, groupées et plus courtes que la feuille à l'aisselle de laquelle elles poussent, contre un épi long et dense chez Vicia cracca. 4
Habitat et répartition
L'aire native de Vicia cracca couvre l'Eurasie tempérée, de l'Europe et de la Scandinavie jusqu'en Sibérie et au Japon. La plante s'y installe dans les prairies, les haies, les talus et les lisières, sur sol frais à drainé. 3 1
En France, où l'espèce est native, l'INPN la recense sous le nom de vesce cracca, largement répandue sur le territoire métropolitain. 6
Introduite tôt en Amérique du Nord comme plante fourragère, Vicia cracca y est aujourd'hui envahissante dans plusieurs régions, du Canada méridional jusqu'au nord de la Caroline du Sud. En Alaska, elle colonise des milieux non perturbés et grimpe jusque dans les branches basses des arbres et des arbustes, un comportement rare chez une adventice. Dans le sol alaskien, les graines restent viables environ cinq ans, et Vicia cracca tolère aussi bien le feu que la sécheresse : cette double résistance explique pourquoi la plante regagne aussi vite le terrain après un incendie ou une coupe. 5 7
Cycle et reproduction
Vicia cracca se reproduit à la fois par graines et par un réseau racinaire traçant porteur de nodules fixateurs d'azote, qui étend la colonie indépendamment de la production de graines. 5
La floraison s'étale de mai à août ; chaque fleur, autoincompatible, exige la visite d'un bourdon ou d'une autre abeille pour former une gousse. Les gousses mûrissent de juillet à septembre et libèrent leurs graines par un éclatement explosif, un mécanisme de dispersion à courte distance qui explique en partie pourquoi les foyers restent d'abord concentrés avant de s'étendre par le réseau racinaire. 4 2
La plante tolère aussi bien une sécheresse estivale passagère qu'un hiver rigoureux : le feuillage aérien meurt avec les premiers gels marqués, mais les racines profondes et les graines du sol survivent à la mauvaise saison. 5 2
Usages et risques
L'usage principal reste fourrager : Vicia cracca est cultivée et récoltée comme légumineuse de prairie, appréciée du bétail, et ses nodules racinaires enrichissent le sol en azote au bénéfice des graminées voisines. C'est aussi une plante mellifère régulière, visitée tout l'été par les bourdons. 3 2
Les graines cuites, bouillies ou rôties, ont été consommées en période de disette, et les jeunes feuilles servaient parfois de succédané de thé ; aucune toxicité n'est documentée pour l'humain ou les principaux animaux domestiques, même si la tolérance du cheval reste peu documentée. 3
Sur le plan agricole, l'espèce pose surtout un problème hors de son aire native : en Amérique du Nord, elle réduit les rendements fourragers en s'enroulant autour des cultures et colonise routes, lignes électriques et lisières forestières, ce qui demande plusieurs années de gestion suivie une fois l'infestation installée. 5 7
Variétés, confusions et plantes proches
Vicia cracca n'a pas de cultivar horticole reconnu : c'est une plante sauvage, jamais sélectionnée pour l'ornement, à la différence de vesces agricoles comme Vicia sativa. 3
Les confusions les plus fréquentes concernent :
- Vicia sepium, à épi court de 2 à 6 fleurs groupées, plus courtes que la feuille ;
- Vicia sylvatica, aux fleurs blanches veinées de violet plutôt que bleu-violet uniforme ;
- certaines Lathyrus à vrilles ramifiées, dont les folioles sont souvent plus larges.
Le repère décisif reste le nombre de fleurs par épi : au-delà de dix fleurs bleu-violet de 8 à 13 mm réunies en un épi unilatéral dense, seule Vicia cracca correspond, tandis qu'un groupe de 2 à 6 fleurons plus courts que la feuille voisine désigne Vicia sepium.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Vicia cracca L.
- Royal Horticultural Society, Vicia cracca - common tufted vetch
- Plants For A Future, Vicia cracca
- Botanical Society of Britain and Ireland, Vicia cracca - Tufted Vetch
- University of Alaska Fairbanks Cooperative Extension, Invasive Plant Issues - Bird Vetch
- INPN / MNHN, Vicia cracca L., 1753 - Vesce cracca
- Go Botany / Native Plant Trust, Vicia cracca - Bird vetch
- PlantaLearn, Vesce cracca (Vicia cracca)
Questions fréquentes
La vesce jargeau est-elle toxique ?
Aucune toxicité n'est documentée pour l'humain, le chat ou le chien. C'est au contraire une plante fourragère courante ; le statut pour le cheval reste peu précisé selon les sources.
Peut-on manger la vesce jargeau ?
Les graines cuites ont été consommées historiquement en période de disette, bouillies ou rôties. L'usage alimentaire reste aujourd'hui marginal et n'est pas commercialisé.
Pourquoi la vesce jargeau est-elle envahissante en Amérique du Nord ?
Introduite comme plante fourragère, elle s'y reproduit à la fois par graines et par racines traçantes, et colonise des milieux non perturbés comme les lisières forestières, ce que peu d'adventices parviennent à faire.
Comment distinguer Vicia cracca de Vicia sepium ?
Le repère le plus fiable reste le nombre de fleurs par grappe, 10 à 30 en épi unilatéral dense chez Vicia cracca, contre seulement 2 à 6 fleurs groupées et plus courtes que la feuille chez Vicia sepium.
D'où vient le nom Vicia cracca ?
Vicia vient du latin vincio, « je m'attache », qui décrit le comportement grimpant par vrilles. L'origine de cracca reste incertaine, peut-être issue via Pline d'un ancien nom grec de plante apparentée à la gesse.
La vesce jargeau est-elle utile aux pollinisateurs ?
Oui. Ses fleurs sont autoincompatibles et dépendent des bourdons et des abeilles pour la pollinisation croisée, ce qui en fait une ressource nectarifère régulière en prairie tout l'été.
Comment limiter la dissémination de la vesce jargeau ?
Faucher ou arracher avant la formation des gousses reste la mesure la plus efficace, car les gousses mûres projettent leurs graines par éclatement explosif sur une courte distance.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.






