
- Bouturer un rosier : la réponse en bref
- Le geste, en une phrase
- La fenêtre, dictée par le bois
- Un plant sans point de greffe
- Quand bouturer un rosier : la fenêtre et la date limite
- La règle des six à huit semaines
- Le calendrier par zone climatique
- Pourquoi l'automne écrase le printemps
- Reconnaître un rameau semi-aoûté : le test en trois signes
- Quels rosiers se bouturent le mieux : grimpants, buissons, anciens et rugueux
- Les botaniques et les anciens
- Les arbustifs, les couvre-sol et les grimpants
- Le tableau d'aptitude par famille
- Où couper et à quelle longueur : la géométrie du tronçon
- La longueur qui arbitre les valeurs publiées
- Les deux coupes, au ras et au-dessus
- Ce qui va sous terre
- Hormone de bouturage ou pas : ce que disent les mesures
- Ce que l'auxine change sur un bois récalcitrant
- Les feuilles pèsent autant que la poudre
- Pourquoi ces taux ne seront pas les vôtres
- Pourquoi certaines boutures prennent et d'autres non
- La position du rameau sur le pied mère
- La blessure à la base
- Combien de boutures prélever
- Ce qui se joue une fois la bouture en terre
- Eau, pomme de terre, bouteille : ce que valent les méthodes maison
- 1. Faire raciner dans un verre d'eau
- 2. Planter le tronçon dans une pomme de terre
- 3. Couvrir d'une bouteille coupée
- Le rosier obtenu n'est pas le même que le pied mère
- Ce que le bouturage supprime
- Le prix à payer les deux premières années
- Franc de pied ou greffé, le comparatif
- Bouturer une variété protégée : ce que dit le droit
- Questions fréquentes
Sur le rosier des chiens (Rosa canina), des boutures de bois dur prélevées en novembre reprennent à 65 à 70 %, quand les mêmes boutures prélevées en février plafonnent à 2,5 %1. Les deux lots avaient pourtant été trempés dans l'auxine : c'est la date de prélèvement qui creuse l'écart, pas la poudre.
Bouturer un rosier se décide donc d'abord sur l'état du bois et sur un calendrier local, ensuite seulement sur l'intrant. Reste à caler la date sur votre commune, à couper au bon endroit et à trancher le sort du verre d'eau et de la pomme de terre. Le plant obtenu, lui, ne ressemblera pas au rosier de jardinerie : il n'aura pas de porte-greffe.
Bouturer un rosier : la réponse en bref
Bouturer un rosier consiste à prélever un tronçon de rameau semi-aoûté, à le planter dans un substrat drainant et à lui faire produire des racines adventives, sans passer par un porte-greffe3. La fenêtre se lit sur l'état du bois plus que sur le calendrier, et la plante obtenue est un rosier franc de pied.
Le geste, en une phrase
Une bouture de rosier est un tronçon de tige de l'année dont la base, mise au contact d'un substrat humide, forme des racines adventives3. Le principe est celui de tout bouturage ligneux, détaillé dans notre panorama sur comment bouturer une plante selon son type.
La fenêtre, dictée par le bois
Le bon rameau se tient entre la pousse tendre de mai et la branche entièrement durcie de janvier, à mi-lignification, et cet état arrive à des dates différentes selon la région. Le mois seul ne dit rien : c'est le couple état du bois et date de première gelée locale qui ferme la fenêtre.
Un plant sans point de greffe
Le plant issu de bouture est un rosier franc de pied, clone exact du pied mère. Il n'aura jamais le point de greffe ni les rejets d'églantier du rosier acheté en conteneur, et il fleurit en général à partir de la deuxième année. La fiche botanique du genre se trouve sur notre page rosier.
Quand bouturer un rosier : la fenêtre et la date limite
La règle de date butoir est simple : prélevez six à huit semaines avant la première gelée habituelle de votre commune, pour que le tronçon ait cicatrisé et raciné avant le froid. Dans le Nord et l'Est continental, cela tombe fin août ; sur la façade atlantique, fin septembre. Le tableau ci-dessous croise les quatre zones françaises usuelles.
La règle des six à huit semaines
Un rameau prélevé trop tard entre en hiver sans racines, et la base noircit avant le redoux. Prélevé trop tôt, il est encore herbacé et pourrit sous cloche. La marge de six à huit semaines laisse au tronçon le temps de former son cal puis ses premières racines : sur le rosier d'Hélène (Rosa helenae) 'Semiplena', le repère de bois de rosier le mieux documenté, le cal externe apparaît vers 7 jours et les premières racines entre 21 et 28 jours4.
Le calendrier par zone climatique
| Zone | Première gelée habituelle | Dernier prélèvement conseillé | État du bois visé |
|---|---|---|---|
| Nord et Est continental | Mi-octobre | Fin août | Semi-aoûté |
| Bassin parisien et Centre | Fin octobre | Début septembre | Semi-aoûté |
| Façade atlantique | Mi-novembre | Fin septembre | Semi-aoûté à aoûté |
| Pourtour méditerranéen | Mi-décembre, parfois aucune | Fin octobre | Aoûté |
Pourquoi l'automne écrase le printemps
Sur bois dur de rosier des chiens, les boutures de novembre atteignent 65 à 70 % de reprise et celles de février 2,5 %, alors que les deux séries avaient reçu de l'auxine1. Le rapport entre ces deux chiffres dépasse un facteur vingt-cinq, très au-delà de ce qu'une hormone déplace. Reste que ce bois de novembre ne se repère pas au calendrier, mais à la main.
Reconnaître un rameau semi-aoûté : le test en trois signes
Un rameau semi-aoûté se reconnaît à trois signes observables sur place : il plie sans rompre, son écorce vire du vert au brun sur la moitié basse, et l'ongle ne marque plus cette écorce3. Les trois signes réunis, vous prélevez ; un seul manquant, vous attendez quinze jours.

Faites les trois dans cet ordre, sur le rameau que vous comptez couper.
- La flexion : pliez le rameau à 45 degrés entre deux doigts. Il doit résister puis revenir, sans casser net comme un bois sec ni s'écraser comme une tige d'herbe.
- La couleur : regardez la moitié basse. L'aoûtement se lit à ce virage du vert franc vers le brun rougeâtre, qui progresse de la base vers la pointe au fil de l'été.
- L'ongle : appuyez l'ongle sur l'écorce à dix centimètres de la base. Sur un rameau prêt, l'ongle glisse ; s'il entaille encore, le bois est trop tendre.
Ce test tranche aussi le débat des rosiers de bouquet. Une tige coupée depuis plusieurs jours, gardée en vase, a perdu ses réserves et sa turgescence : elle échoue au premier signe et ne se bouture pas.
Quels rosiers se bouturent le mieux : grimpants, buissons, anciens et rugueux
Le rosier appartient au genre Rosa, de la famille des Rosacées, qui réunit des espèces botaniques et des milliers de cultivars horticoles5. L'aptitude au bouturage suit cette histoire de sélection, et c'est ici un constat de pratique horticole, pas un classement mesuré : plus une variété a été poussée vers la fleur et multipliée par greffage, moins elle racine seule. Les espèces botaniques gardent la réputation d'être les plus dociles, et le rosier des chiens est la seule dont la reprise soit chiffrée dans les publications.
Les botaniques et les anciens
Le rosier des chiens (Rosa canina) et le rosier rugueux (Rosa rugosa) sont les deux valeurs sûres du jardin français. Le rosier des chiens est d'ailleurs le seul du lot dont l'aptitude ait été mesurée : sur bois dur prélevé en automne, ses boutures racinent bien, là où le même bois pris en fin d'hiver ne donne presque rien1. Leur bois lignifie franchement, et ils supportent le prélèvement tardif à racines nues. Ces deux-là drageonnent d'eux-mêmes en pleine terre. Les rosiers anciens de grand-mère, souvent non greffés à l'origine, appartiennent à la même catégorie de facilité.
Les arbustifs, les couvre-sol et les grimpants
Un couvre-sol comme 'The Fairy' et un grimpant comme 'Pierre de Ronsard' se bouturent correctement en semi-aoûté de fin d'été, avec des tronçons pris sur les rameaux latéraux plutôt que sur les pousses de remplacement vigoureuses. Les grimpants demandent un délai plus long avant la première floraison, parce que la plante construit d'abord sa charpente.
Le tableau d'aptitude par famille
| Famille | Exemples | Bois à viser | Aptitude |
|---|---|---|---|
| Botaniques et anciens | Rosier des chiens (Rosa canina), rosier rugueux (Rosa rugosa) | Aoûté, automne | Élevée |
| Arbustifs et couvre-sol | 'The Fairy' | Semi-aoûté, fin d'été | Élevée |
| Grimpants et lianes | 'Pierre de Ronsard' | Semi-aoûté, fin d'été | Moyenne |
| Hybrides de thé modernes | 'Queen Elizabeth' | Semi-aoûté, fin d'été | Faible |
| Miniatures et rosiers de potée | Variétés de pot fleuries | Herbacé à semi-aoûté | Moyenne |
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Où couper et à quelle longueur : la géométrie du tronçon
Retenez un tronçon de quinze à vingt centimètres portant deux à trois nœuds, coupé au ras du nœud inférieur et à un centimètre au-dessus du nœud supérieur, enfoui aux deux tiers. Cette géométrie découle de la position des réserves : sur le rosier, les racines partent des tissus voisins du nœud, et leur nombre dépend de l'étage du rameau prélevé4.

La longueur qui arbitre les valeurs publiées
Les longueurs conseillées varient de dix à vingt centimètres selon les sources horticoles, et cet écart n'a rien d'arbitraire : ce qui compte, c'est le nombre de nœuds embarqués, pas les centimètres. Un tronçon de quinze à vingt centimètres garantit deux à trois nœuds sur presque tous les rosiers de jardin, y compris les variétés à entre-nœuds longs.
Les deux coupes, au ras et au-dessus
La coupe basse se fait au ras du nœud inférieur, sécateur désinfecté, lame franche. La coupe haute passe à un centimètre au-dessus du dernier nœud, en biseau, pour que l'eau de pluie ne stagne pas sur la plaie. Les feuilles basses partent, les feuilles hautes restent.
Ce qui va sous terre
Enfouissez les deux tiers du tronçon, en laissant un nœud dehors. La profondeur importe moins que le contact : le substrat doit être tassé au doigt contre le bois, sans poche d'air. Un mélange à parts égales de terreau, de sable et de perlite draine assez pour éviter l'asphyxie tout en gardant l'humidité constante que réclame la cicatrisation.
Le contenant compte moins que le drainage : un godet profond, une caissette percée ou une tranchée de pleine terre adossée à un mur au nord font également l'affaire, tant que l'eau traverse. Installez le tout à l'abri du soleil direct et gardez le substrat frais sans être détrempé : une base encore dépourvue de racines s'asphyxie dans un mélange gorgé d'eau bien avant de pourrir de sécheresse. Ce sont des repères de pratique, pas des valeurs mesurées.
Un prélèvement de fin d'été passe son premier hiver sur place, sans être dérangé. Un paillage de feuilles mortes au pied, et un voile d'hivernage dans les régions à gel franc, coûtent moins cher à la bouture qu'un rempotage en décembre sur des racines à peine formées. Attendez le printemps suivant et le départ net des nouvelles pousses pour repiquer en godet individuel, puis une saison complète de croissance avant la mise en place définitive.
Hormone de bouturage ou pas : ce que disent les mesures
Sur le porte-greffe 'Pfänder' du rosier des chiens, les boutures témoins racinent à moins de 20 % et les boutures traitées à l'acide indolbutyrique atteignent près de 90 %2. Ce chiffre porte sur un porte-greffe de pépinière réputé difficile, cultivé en conditions contrôlées ; il ne prédit pas le comportement de votre rosier de massif. Surtout, il ne renverse pas le calendrier : sur ce même rosier des chiens, un bois prélevé en février plafonne à 2,5 % de reprise malgré l'auxine, quand le bois de novembre atteint 65 à 70 % avec la même poudre1.
Ce que l'auxine change sur un bois récalcitrant
L'hormone de bouturage concentre à la base du tronçon la molécule que la plante y redistribue naturellement. Sur un porte-greffe difficile, l'écart entre témoin et traité se compte en dizaines de points2. Sur un cultivar facile comme 'Tan09283', les témoins racinent déjà à 92 à 96 %2, et l'hormone n'a plus grand-chose à apporter.
Les feuilles pèsent autant que la poudre
Le geste se décide au moment de l'effeuillage, avant même de tremper la base. Sur la rose de Damas (Rosa damascena) traitée à 1000 ppm d'acide indolbutyrique, les boutures gardant leurs feuilles racinent à 90 % environ, contre 48 % pour les boutures effeuillées6. Les feuilles restantes fabriquent les sucres et l'auxine endogène dont la base a besoin.
Quatre conditions publiées ; la valeur de novembre est la borne basse d'une fourchette de 65 à 70 %
Pourquoi ces taux ne seront pas les vôtres
Pourquoi certaines boutures prennent et d'autres non
Deux facteurs se jouent au moment de la coupe et expliquent l'essentiel de la variabilité : l'étage du rameau sur le pied mère et la blessure faite à la base. Un troisième se règle après, une fois le godet en place, et c'est la lumière. Les boutures prélevées haut sur la tige forment plus de racines, et plus longues, que celles prélevées bas, à trente jours d'évaluation4. D'où la seule parade qui vaille : prélevez en surnombre.

La position du rameau sur le pied mère
Sur les cultivars 'Natal Briar' et 'Rosa progress', les tronçons issus des nœuds supérieurs produisent davantage de racines que ceux des nœuds inférieurs, et ce déficit des étages bas se rattrape par un trempage d'acide indolbutyrique à 0,4 %4. En pratique, cela revient à privilégier la moitié haute d'un rameau vigoureux plutôt que sa base épaisse.
La blessure à la base
Une entaille superficielle sur les deux derniers centimètres accélère le départ des racines. Sur boutures de rosier en conditions contrôlées, les premières racines apparaissent 14 jours après plantation, et 8 jours seulement quand la base a été blessée puis traitée à l'auxine2.
L'ordre des événements ne change jamais : cal externe d'abord, vers 7 jours, racines ensuite. Seul le délai bouge, et il bouge avec le protocole, pas avec les sources. Comptez 8 à 14 jours en conditions contrôlées, et 21 à 28 jours sur le bois du rosier d'Hélène (Rosa helenae) 'Semiplena', le repère de référence pour un bois de rosier conduit ordinairement4. Un godet muet à 14 jours n'est donc pas un échec.
Combien de boutures prélever
Ce qui se joue une fois la bouture en terre
La lumière reçue après la plantation n'est pas neutre : sa qualité pèse sur la formation des racines adventives, et c'est le seul facteur de cette liste qui reste réglable une fois le tronçon en place, contrairement à l'étage du rameau et à la blessure, qui se décident au sécateur7. En pratique, posez le godet en lumière vive mais indirecte, ni dans l'ombre profonde d'une haie, ni en plein soleil derrière une cloche qui monterait en température.
Reste à lire le résultat. Une bouture reprise repart en bourgeons et résiste à une traction douce sur le tronçon, preuve que des racines tiennent le substrat ; des feuilles simplement restées vertes ne prouvent rien, elles vivent encore sur les réserves du bois. Une base noircie et molle est perdue, il n'y a rien à en tirer. Une moisissure blanche en surface sous la cloche, en revanche, se rattrape en aérant chaque jour et en espaçant les arrosages. Pour la lecture complète des symptômes et le tableau de dépannage qui va avec, notre guide général traite le sujet à part, dans sa section pourquoi une bouture pourrit ou ne racine pas.
Eau, pomme de terre, bouteille : ce que valent les méthodes maison
Des trois méthodes de cuisine qui circulent, une seule s'appuie sur une donnée publiée pour le genre Rosa : la mise sous cloche, qui reproduit l'hygrométrie saturée des essais. L'auxine, elle, a été mesurée sur rose de Damas6, alors qu'aucune étude publiée sur le rosier ne documente le tubercule de pomme de terre.

1. Faire raciner dans un verre d'eau
L'eau donne des racines blanches et cassantes, adaptées à un milieu liquide, qui souffrent au repiquage en terre. Sur un rosier, dont le bois racine lentement, le tronçon passe des semaines immergé et fermente avant d'émettre quoi que ce soit. L'eau finit trouble. Le milieu aquatique reste réservé aux tiges tendres, comme le détaille notre guide du bouturage dans l'eau.
2. Planter le tronçon dans une pomme de terre
Le tubercule est censé maintenir l'humidité et nourrir la bouture. Il maintient surtout un milieu sucré et anaérobie, propice aux bactéries, contre la base d'un bois qui demande de l'oxygène. Faute de mesure publiée sur le rosier, la méthode se juge sur sa physiologie : elle ajoute un risque de pourriture sans apporter l'auxine, seul levier documenté ici.
3. Couvrir d'une bouteille coupée
La bouteille plastique retournée sur le godet crée la chambre humide que les essais reproduisent en serre de multiplication. Elle limite l'évaporation des feuilles conservées, ces feuilles qui font passer la rose de Damas de 48 à 90 % de reprise6. Aérez-la chaque jour quelques minutes, sous peine de moisissure, alors que les plantes à tige tendre comme l'anthurium s'en passent volontiers.
Le rosier obtenu n'est pas le même que le pied mère
Un rosier de jardinerie est presque toujours greffé sur un porte-greffe d'églantier, le rosier des chiens (Rosa canina), soudé à la variété par un point de greffe visible au collet3. Le porte-greffe d'églantier et la variété greffée sont deux taxons distincts du même genre Rosa, ce qui rend la soudure possible sans les rendre interchangeables5. Une bouture supprime cet étage : vous obtenez un franc de pied, clone de la variété sur ses propres racines, qui fleurit généralement à partir de la deuxième année.

Ce que le bouturage supprime
Sur un pied greffé, les rejets partis sous le point de greffe appartiennent au porte-greffe et non à la variété. Ces gourmands d'églantier prennent le dessus si personne ne les supprime au ras de la souche chaque printemps. Un franc de pied n'en produit aucun, puisque toutes ses racines portent la même génétique que ses fleurs.
Le prix à payer les deux premières années
L'avantage se paie en vigueur de départ. Le porte-greffe d'églantier a été retenu par les pépiniéristes pour son enracinement puissant et sa tolérance aux sols ingrats, deux qualités que le franc de pied doit construire seul. Comptez deux saisons de croissance plus lente, et un arrosage suivi la première année, éventuellement complété d'un apport azoté dilué comme le purin d'ortie.
Franc de pied ou greffé, le comparatif
| Critère | Franc de pied (bouture) | Greffé sur églantier |
|---|---|---|
| Gourmands de porte-greffe | Aucun | À supprimer chaque printemps |
| Vigueur les deux premières années | Lente, racines à construire | Rapide, enracinement hérité |
| Sols ingrats et calcaires | Tolérance variable selon la variété | Tolérance apportée par le porte-greffe |
| Reprise après un gel sévère | Repart de la souche, variété conservée | Repart en églantier si la greffe a gelé |
Bouturer une variété protégée : ce que dit le droit
Multiplier chez soi un rosier sous obtention, 'Pierre de Ronsard' par exemple, relève de l'usage privé et reste licite. Donner ou vendre le plant obtenu ne l'est plus : la loi n° 2011-1843 réserve au titulaire du certificat d'obtention végétale la production et la cession de matériel de multiplication8.
Le Label Rouge rosier, reconnu par le ministère de l'Agriculture, se place sur un autre terrain : il porte sur la qualité du plant vendu et sur son cahier des charges de production, pas sur le droit de le multiplier9. Les deux statuts sont indépendants : un rosier labellisé peut être libre de droits, et une variété sous obtention peut n'avoir aucun label. La mention de l'obtenteur figure sur l'étiquette du conteneur, à côté du nom de la variété : c'est là que se lit le statut avant de sortir le sécateur.
Questions fréquentes
Quand et comment faire des boutures de rosiers ?
Prélevez six à huit semaines avant la première gelée de votre commune, sur rameau semi-aoûté : fin août dans l'Est continental, fin septembre sur la façade atlantique. Coupez un tronçon de quinze à vingt centimètres portant deux à trois nœuds, au ras du nœud bas, et enfouissez-le aux deux tiers dans un mélange drainant. Sur bois dur, novembre donne 65 à 70 % de reprise contre 2,5 % en février1.
Comment faire prendre racine à une branche de rosier ?
Coupez au ras d'un nœud, entaillez superficiellement les deux derniers centimètres, trempez la base dans une hormone à base d'acide indolbutyrique, puis maintenez le godet sous cloche en lumière indirecte. Les premières racines apparaissent vers 14 jours après plantation, et vers 8 jours quand la base a été blessée et traitée à l'auxine2.
Comment faire une bouture de rosier à partir d'une tige ?
Choisissez une tige de l'année qui plie sans casser, dont l'écorce a viré au brun sur sa moitié basse. Sectionnez un tronçon de deux à trois nœuds, retirez les feuilles basses et gardez les hautes : sur rose de Damas, les boutures feuillées racinent à 90 % environ contre 48 % pour les effeuillées6. Prélevez trois tronçons pour espérer deux plants.
Est-il possible de bouturer un rosier dans de l'eau ?
Physiquement oui, mais le rendement est mauvais sur rosier. Le bois racine lentement et le tronçon fermente souvent avant d'émettre la moindre radicule ; les racines d'eau obtenues sont blanches, cassantes et souffrent au repiquage. Le substrat drainant sous cloche reste le milieu documenté sur le genre Rosa, où la conservation des feuilles fait passer la reprise de 48 à 90 %6.


