Champ messicole d'été à Hamois (Belgique) : bleuets (Centaurea cyanus) bleu intense mêlés à des coquelicots écarlates dans une prairie céréalière, image emblématique du bleuet sauvage devenu fleur du souvenir français

Le bleuet (Centaurea cyanus), petite astéracée bleue des moissons européennes, accumule trente-trois siècles de symboles superposés. Cette fleur messicole du nord de l'Europe se retrouve sur deux objets sans rapport apparent : une couronne funéraire posée sur la momie de Toutânkhamon vers , et un pin de boutonnière vendu chaque devant les mairies de France. Son bleu pur a fait croire aux anciens qu'il soignait, à Charlotte de Latour qu'il chuchotait l'amour timide, aux infirmières des Invalides qu'il pouvait porter le deuil d'un pays.

Ce que la fleur dit aujourd'hui dépend du geste : épinglée à un revers, semée dans un carré de blé, dessinée à l'encre sur l'avant-bras. Le sens, lui, se construit en cinq dates et trois pays.

Que symbolise le bleuet ? Réponse en une page

Le bleuet (Centaurea cyanus, Asteraceae) porte deux mémoires superposées. La première est celle du Bleuet de France, fleur du souvenir portée chaque et depuis sa fondation aux Invalides en 1. La seconde est celle du langage des fleurs codifié à Paris en par Charlotte de Latour, qui range le bleuet à la délicatesse, à l'amour timide et à la fidélité2.

Bleuet (Centaurea cyanus) en gros plan butiné par un bourdon dans un champ près de New Holland, North Lincolnshire : capitule bleu intense aux ligules périphériques caractéristiques du bleuet messicole devenu rare en culture intensive
Capitule de bleuet (Centaurea cyanus) butiné par un bourdon, North Lincolnshire. La forme et le bleu pur du capitule sont restés inchangés depuis l'Égypte du Nouvel Empire.

Les deux strates ne se superposent pas par hasard. Le Bleuet de France a été choisi en 1925 précisément pour rappeler le bleu horizon des uniformes neufs portés par les recrues de 1915, surnommées « les bleuets ». La fleur sentimentale du XIXᵉ siècle est donc devenue, en une décennie, l'emblème d'une dette nationale.

Avant la mémoire et avant le langage, il y a la botanique. Qui est cette fleur des moissons que tout un pays porte au revers ?

Carte d'identité botanique : Centaurea cyanus, fleur messicole

Centaurea cyanus L. (le bleuet) est une plante annuelle des Asteraceae, haute de 30 à 90 cm, à capitule bleu pur. POWO (Kew) accepte aussi le synonyme Cyanus segetum Hill, retenu par Wikipédia FR et plusieurs flores récentes56. Le pigment qui donne sa couleur, la protocyanine, a été décrit dans Nature en 7.

Planche botanique de Centaurea cyanus L. (Kornblume) gravée par Johann Georg Sturm d'après Jacob Sturm vers 1796 : détail morphologique exhaustif du capitule, des feuilles linéaires-lancéolées et de la racine pivotante de la fleur messicole
Planche de Centaurea cyanus L. par Johann Georg Sturm, vers . La gravure isole les trois fleurons types et la racine pivotante de la plante annuelle.

C'est une archéophyte messicole : elle a accompagné les céréales d'hiver depuis le Néolithique, au point que ses graines sont aujourd'hui considérées comme inséparables de la culture agraire européenne8. Le bleuet a longtemps été l'un des compagnons les plus visibles du blé tendre, avec le coquelicot et la nielle des blés.

L'ironie est lourde. L'espèce qui sert à commémorer les disparus est elle-même en disparition. Bellanger et ses coauteurs documentent en son recul net dans les blés français, sous l'effet des herbicides modernes et de la simplification des assolements8. Une cousine du même genre, Centaurea montana, a pris le relais dans les jardins de rocaille en Europe centrale, comme vivace ornementale9. Mais elle ne porte pas le même code symbolique : seule la cyanus annuelle est devenue la fleur du souvenir.

Cette fleur des moissons est attestée bien avant les calendriers floraux modernes, dans des sépultures qui n'ont rien de floriographique.

Du tombeau de Toutânkhamon au mythe de Chiron : la longue histoire du bleuet

Centaurea cyanus (le bleuet) apparaît dans les couronnes funéraires découvertes en par Howard Carter dans la tombe de Toutânkhamon, datée d'environ Le pharaon a été enseveli avec un collier végétal mêlant pétales d'olivier, fleurs de saule, baies de mandragore et fleurs de bleuet (alors classées comme Centaurea depressa, espèce proche)2. La fleur n'était pas choisie pour son sens : elle l'était pour la saison de la mort du roi, fin du printemps égyptien, quand les bleuets fleurissent dans la vallée du Nil.

Vallée des Rois : chambre funéraire de Toutânkhamon (KV62), momie portant le masque funéraire et la couronne florale autour du cou, scène dans laquelle Howard Carter identifia en 1922 des fleurs de bleuet, preuve archéologique de l'usage cérémoniel du bleuet en Égypte du Nouvel Empire vers 1323 av. J.-C.
Chambre funéraire de Toutânkhamon (KV62), Vallée des Rois. La couronne florale autour du cou contenait des bleuets identifiés par Carter en .

Mille trois cents ans plus tard, le bleuet (Centaurea cyanus) entre dans la littérature gréco-latine par un mythe médical. Pline l'Ancien, dans le livre XXV de l'Histoire naturelle publié vers , raconte que le centaure Chiron aurait soigné une blessure causée par une flèche d'Hercule en y appliquant les pétales bleus de la fleur. C'est de ce mythe que le genre tient son nom : Centaurea, du grec kentauros3.

Fresque romaine du Iᵉʳ siècle apr. J.-C. provenant de Pompéi : Apollon, le centaure Chiron et Asclépios, scène mythologique fondatrice qui donne au genre Centaurea son nom grec kentauros, en référence aux vertus médicinales que Chiron aurait découvertes dans la fleur
Fresque romaine de Pompéi (Iᵉʳ siècle apr. J.-C.) : Apollon, Chiron et Asclépios, Museo Archeologico Nazionale di Napoli. Le centaure soignant donne son nom au genre Centaurea.

Il faut lire ces récits pour ce qu'ils sont : une tradition narrative codifiée par Pline, et non une histoire scientifique vérifiée. Le mythe de Chiron sert d'étymologie à un nom de genre. Il ne prouve aucune vertu réelle de la plante. Mais il enracine, dans la culture européenne savante, l'idée que le bleuet a quelque chose à voir avec le soin et la consolation.

Ce répertoire mythologique est rouvert au XIXᵉ siècle, à Paris, dans un livre de salon qui codifie pour la première fois le sens de chaque fleur.

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1819 : le bleuet entre dans le langage des fleurs

En , Centaurea cyanus (le bleuet) entre dans le langage des fleurs sous la plume de Charlotte de Latour, pseudonyme de Louise Cortambert, qui publie à Paris Le Langage des Fleurs chez l'éditeur Audot. Le livre attribue au bleuet un triplet précis : délicatesse, amour timide, fidélité. Le triplet est repris dans toute la floriographie européenne et confirmé par Peroni et Pistoia dans leur compendium de référence publié à New York en 10.

Planche aquarellée de Centaurea cyanus L. issue de la Flora Batava de Jan Kops (volume 5, première moitié du XIXᵉ siècle), illustration botanique strictement contemporaine du Langage des Fleurs de Charlotte de Latour publié en 1819 chez Audot à Paris
Planche aquarellée de Centaurea cyanus dans la Flora Batava de Jan Kops, contemporaine de Cortambert. Le bleuet entre simultanément dans la science et dans le salon.

Bleuet — Délicatesse. Charlotte de Latour, Le Langage des Fleurs, Paris, Audot, .

Pourquoi cette lecture ? Parce que le capitule du bleuet se cache dans les blés mûrs. Il faut s'avancer dans le champ pour le découvrir, ce qui en fait, selon les commentateurs victoriens, une fleur qui ne s'offre qu'à qui la cherche2. Le code XIXᵉ siècle donne ainsi à la timidité une forme botanique : un bleu pur, isolé, à demi-caché. Au cœur de la même décennie, la rose code la passion, la pivoine code la honte, la marguerite code l'innocence, et le bleuet code la pudeur.

Une réserve est ici nécessaire. La langue universelle des fleurs est une construction du XIXᵉ siècle, pas un code antique. Cortambert écrit sur fond d'orientalisme romantique, de mode des selams turcs et de jardins anglais. Le bleuet n'a jamais signifié « délicatesse » à Babylone ou à Rome. Il signifie « délicatesse » depuis Paris, depuis 1819, et seulement dans la culture européenne lettrée10.

Cent six ans après Cortambert, Centaurea cyanus change de portée. Le bleuet quitte le boudoir pour entrer dans une infirmerie militaire parisienne.

1925 : naissance du Bleuet de France à l'Hôtel des Invalides

Le Bleuet de France, qui élève Centaurea cyanus au rang d'emblème mémoriel national, est fondé en , à l'Hôtel des Invalides, par Suzanne Lenhardt, infirmière major, et Charlotte Malleterre, fille du général Niox alors gouverneur des Invalides111. Les mutilés de guerre y confectionnent les premiers bleuets en tissu. La première vente publique aura lieu près d'une décennie plus tard, le 1.

Photographie de presse Agence Rol du 28 février 1929 : Mlle Suzanne Lenhardt, infirmière-major de l'Hôtel des Invalides, recevant une décoration militaire, co-fondatrice avec Charlotte Malleterre de l'œuvre du Bleuet de France à partir de 1925 pour soutenir les pensionnaires mutilés de la Grande Guerre
Suzanne Lenhardt, infirmière major aux Invalides, photographiée par l'Agence Rol en . Co-fondatrice du Bleuet de France.

Le surnom « les bleuets » ne sort pas du chapeau. Il vient des tranchées. À partir de , l'armée française dote les jeunes recrues d'un uniforme neuf de couleur bleu horizon, plus discret que le rouge garance des anciens. Les vétérans du front baptisent ces nouveaux venus « les bleuets », par dérision affectueuse pour leur couleur d'uniforme et leur jeunesse11. Quand Lenhardt et Malleterre cherchent dix ans plus tard une fleur pour porter le souvenir, le mot existe déjà. Il suffit de le faire passer du soldat à la plante.

Bleuet de France contemporain en pin de boutonnière, novembre 2013, emblème mémoriel officiel français porté chaque 11 novembre et 8 mai au profit de l'Office national des combattants et victimes de guerre, héritier direct du geste fondé en 1925 aux Invalides
Bleuet de France en pin de boutonnière, . Le tissu remplace la fleur fraîche depuis 1925.

Voici la chaîne datée. 1915 : surnom « les bleuets » donné aux conscrits aux uniformes bleu horizon. 1925 : Lenhardt et Malleterre lancent les ateliers des Invalides. 1934 : première vente nationale au public, le 11 novembre. 1991 : l'ONACVG hérite de l'œuvre par fusion administrative et pilote depuis lors la collecte au profit des anciens combattants, des veuves et des pupilles de la Nation1. 2012 : campagne de réhabilitation et relance médiatique du symbole, qui s'était érodé depuis les années 19701.

Une note historiographique s'impose. Wikipedia en anglais mentionne la date de pour la fondation. Mais bleuetdefrance.fr et Wikipédia FR convergent sur , date retenue ici comme la plus solidement sourcée111.

Dans ce module diffusé en , l'émission Karambolage d'ARTE retrace en quatre minutes la généalogie franco-allemande du symbole : pourquoi le bleuet plutôt qu'une autre fleur, comment la France l'a adopté quand le Royaume-Uni choisissait le coquelicot, et ce qu'il dit aujourd'hui aux écoliers à qui on l'épingle au revers.

Cette mémoire française dialogue avec d'autres bleuets, ailleurs en Europe, où la même fleur porte d'autres histoires.

Hors de France : Estonie, Allemagne, Royaume-Uni, un bleu européen partagé

Hors de France, Centaurea cyanus (le bleuet) est fleur nationale de l'Estonie sous le nom rukkilill (« fleur de seigle »), statut reconnu en 3. Il a été surnommé Kaiserblume (« fleur de l'empereur ») en Allemagne, en hommage à Guillaume Iᵉʳ qui en faisait sa fleur préférée2. Et au Royaume-Uni, il dialogue avec le coquelicot du souvenir adopté par la Royal British Legion en 3.

Rukkilill : bleuet (Centaurea cyanus) photographié au cœur d'un champ à Savikoja, Estonie, fleur nationale officielle de la République d'Estonie depuis 1968, symbole partagé avec la Biélorussie, l'Allemagne (Kornblume des Hohenzollern) et le Royaume-Uni
Rukkilill, le bleuet estonien, photographié à Savikoja. Fleur nationale d'Estonie depuis , confirmée à l'indépendance de .
PaysFleur emblèmeCouleur dominanteFonction symboliqueDate clé
FranceBleuet (Centaurea cyanus)Bleu cornflowerMémoire des combattants, ONACVG
EstonieRukkilill (Centaurea cyanus)BleuFleur nationale, attachement aux campagnes céréalières
AllemagneKornblume / Kaiserblume (Centaurea cyanus)Bleu prussienFleur préférée de Guillaume Iᵉʳ, héritage HohenzollernXIXᵉ siècle
Royaume-UniRemembrance poppy (Papaver rhoeas)Rouge écarlateMémoire des combattants, Royal British Legion
BelgiqueCoquelicot (Papaver rhoeas)RougeMémoire des champs des Flandres, héritage Commonwealth
JaponYagurumagiku (Centaurea cyanus, ヤグルマギク)Bleu intenseHanakotoba : délicatesse, grâce, bonheur
Le bleuet et ses pendants symboliques en Europe : pays, fleur emblème, fonction symbolique, date clé et source.

Le bleuet voyage aussi jusqu'au Japon, où il porte un nom descriptif et un code symbolique propre. Là-bas, Centaurea cyanus devient ヤグルマギク (yagurumagiku), et entre dans le hanakotoba (花言葉) avec un triplet de sens : 繊細 (sensai, « délicatesse »), 優美 (yūbi, « grâce ») et 幸福 (kōfuku, « bonheur »). La convergence sémantique avec Cortambert est frappante : la délicatesse française de 1819 et la sensai japonaise de l'ère Meiji-Taishō désignent la même petite fleur bleue avec le même registre. Le bleuet partage ainsi une signature symbolique entre l'Europe du XIXᵉ siècle et le Japon de la même période, sans circulation directe attestée3.

L'Estonie occupe ici une place à part. Le rukkilill ne commémore aucun mort. Il célèbre une campagne, des céréales, une appartenance rurale qui a tenu pendant un demi-siècle d'occupation soviétique. C'est le seul cas européen où le bleuet sert un usage politique vivant et non mémoriel, au point d'apparaître sur des objets nationaux courants. Le détail historique sur la date exacte de reconnaissance officielle gagne à être recoupé selon les sources, mais le statut de fleur nationale est consensuel3.

Pour aller plus loin sur le couple bleuet-coquelicot, voir le coquelicot, fleur de mémoire britannique. Sur le versant deuil et Toussaint, le chrysanthème porte en France une fonction commémorative parallèle, tournée vers les défunts civils plutôt que vers les soldats.

Cette dimension publique laisse de côté les usages quotidiens : bouquet sec, tisane, eau florale. Là encore, la fleur a une histoire d'usage et un cadre légal.

Vertus et usages : du bouquet sec à l'eau de bleuet, et ses limites

Les pétales de bleuet (Centaurea cyanus) sont comestibles. On les retrouve dans les tisanes, en garniture culinaire sur les salades et les desserts, et dans les mélanges de fleurs séchées3. L'eau florale, longtemps vendue sous le nom de « casse-lunettes », reste autorisée comme cosmétique apaisant pour le contour des yeux. Mais l'usage en collyre ophtalmique est aujourd'hui encadré par l'ANSM, et le cadre exact reste à recouper auprès de l'agence avant tout usage thérapeutique12.

Pétales de bleuet (Centaurea cyanus) déposés sur une coupe de glace à la fraise : fleur comestible utilisée en décoration culinaire, illustration des usages contemporains du bleuet à côté de la tisane, du bain d'œil et de l'eau florale (hydrolat) encadrée par l'ANSM
Pétales de Centaurea cyanus déposés sur une coupe de glace à la fraise. Usage culinaire décoratif, le plus simple et le moins encadré des usages.

Le nom casse-lunettes renvoyait à un bain d'œil populaire que les herboristes vendaient encore dans la première moitié du XXᵉ siècle, supposé éclaircir le regard et apaiser les irritations. La pharmacopée moderne ne reconnaît plus de vertu thérapeutique vérifiée à cet usage. La distinction est utile : un cosmétique apaisant qui ne revendique aucun effet médical reste légal, un produit qui prétend soigner une affection oculaire ne l'est plus. Pour qui cherche un soin précis, l'avis d'un ophtalmologue prime sur celui d'une herboristerie.

Côté toxicité : le bleuet n'est pas signalé toxique pour les humains ni pour les animaux de compagnie selon les bases vétérinaires de référence. Les pétales secs entrent sans danger dans les tisanes et les bouquets domestiques. Une réserve simple s'applique aux fleurs ramassées en bordure de cultures conventionnelles, à cause des résidus phytosanitaires possibles6.

Aujourd'hui, la fleur circule sur trois plans très concrets, qui n'ont presque rien à voir avec sa carrière mémorielle.

Le bleuet aujourd'hui : tatouage, jardin, bouquet

Aujourd'hui, Centaurea cyanus (le bleuet) circule sur trois plans très concrets : tatouage du souvenir, semis facile au jardin et bouquet d'hommage discret. La nuance « bleu bleuet » (#6495ED) reste lexicalisée en français, et a longtemps habillé l'uniforme de la Police de Paris3.

Bleuet (Centaurea cyanus) en pied photographié à Keila (Estonie) par Ivar Leidus : exemple d'un cultivar de jardin contemporain, port dressé et capitule bleu cyan, retenu par les fleuristes pour les bouquets champêtres et par les tatoueurs pour le motif graphique du bleuet stylisé
Centaurea cyanus en pied à Keila, Estonie. Le port dressé et le capitule cyan sont les deux traits que reprennent les tatoueurs et les fleuristes.

Tatouage du bleuet : l'hommage discret

Le motif du bleuet est devenu, dans le tatouage français contemporain, un signe d'hommage à un proche disparu, souvent un grand-père ou une arrière-grand-mère liés à une guerre du XXᵉ siècle. Le dessin est presque toujours minimaliste : une seule fleur en encre bleue, parfois accompagnée d'une date au poignet. Ce code n'a pas d'institution derrière lui, mais il s'est diffusé dans les studios à partir des années 2010, en parallèle de la relance du Bleuet de France de 2012.

Semis du bleuet au jardin : facile et utile

Au jardin, Centaurea cyanus est l'une des annuelles les plus simples à semer en pleine terre, en mars-avril, sur sol léger et exposé au soleil. Sa floraison s'étale de juin à septembre, et ses graines se ressèment seules d'une année sur l'autre dans les jachères fleuries. C'est aussi une plante mellifère utile aux abeilles solitaires et aux bourdons, ce qui en fait une candidate de choix pour les bandes fleuries des potagers urbains.

Bouquet de bleuets : sobriété et message

En bouquet, le bleuet entre dans deux registres distincts. Mêlé à des graminées et à des coquelicots, il compose le bouquet champêtre estival, sans message particulier. Offert seul, ou attaché à un livre, il garde son code XIXᵉ siècle de fidélité timide. C'est un bouquet de discrétion : la rose rouge dit l'inverse.

FAQ : questions fréquentes sur la signification du bleuet

Que signifie le bleuet ?

Le bleuet (Centaurea cyanus) symbolise la délicatesse, l'amour timide et la fidélité dans le langage des fleurs codifié par Charlotte de Latour à Paris en . Depuis , il est aussi le symbole mémoriel français porté chaque et en hommage aux soldats tombés pour la France21.

Que signifie le bleuet à la boutonnière ?

Porter un bleuet à la boutonnière en France signale un hommage aux anciens combattants. Le geste relève de la collecte nationale du Bleuet de France, pilotée par l'ONACVG depuis , lors des cérémonies du 8 mai et du 11 novembre devant les monuments aux morts et l'Hôtel des Invalides1.

Que signifie le Bleuet de France ?

Le Bleuet de France est le symbole mémoriel français créé en par Suzanne Lenhardt et Charlotte Malleterre dans les ateliers de l'Hôtel des Invalides, où des bleuets en tissu étaient confectionnés par des mutilés de guerre. Il est aujourd'hui géré par l'ONACVG, qui organise la collecte nationale chaque 8 mai et 11 novembre11.

Que signifie le bleuet du 11 novembre ?

Le bleuet du 11 novembre rend hommage aux soldats français morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale et de tous les conflits depuis. Choisi en pour rappeler le bleu horizon des recrues de 1915, surnommées « les bleuets », il est l'équivalent français du coquelicot anglo-saxon adopté en par la Royal British Legion1.

Quelle est la signification du bleuet ?

Le bleuet (Centaurea cyanus) porte trois strates de sens : floriographique (délicatesse, amour timide, fidélité, codifiée par Cortambert en ), mémorielle (Bleuet de France depuis , hommage aux anciens combattants), et chromatique (la nuance « bleu bleuet », lexicalisée à partir de la couleur des pétales)2.

Bleuet et coquelicot : quelle différence ?

Le bleuet (Centaurea cyanus) est le symbole français du souvenir, fondé en . Le coquelicot (Papaver rhoeas) est porté par le Royaume-Uni et le Commonwealth depuis sous la forme du remembrance poppy. Deux fleurs distinctes, deux institutions séparées (ONACVG, Royal British Legion), une même fonction commémorative1.

Le bleuet est-il toxique pour le chat ou le chien ?

Non. Centaurea cyanus ne figure pas dans la liste des plantes toxiques pour chiens, chats ou chevaux selon les bases vétérinaires de référence. Ses pétales sont même comestibles pour l'humain, en garniture culinaire et en infusions. Éviter une ingestion massive par un animal en culture conventionnelle, à cause des résidus phytosanitaires possibles6.

Peut-on encore utiliser l'eau de bleuet en collyre ?

L'eau florale de bleuet (INCI Centaurea cyanus flower water) reste autorisée comme cosmétique apaisant pour le contour des yeux. Son usage en collyre ophtalmique est encadré par l'ANSM et ne peut plus revendiquer d'allégation médicale type « décongestionnant oculaire ». Cadre réglementaire à vérifier auprès de l'ANSM avant tout usage thérapeutique12.

Pour replacer le bleuet dans la grande grille du code symbolique des fleurs, ou comparer son sort à celui d'autres fleurs codifiées la même année 1819, voir la rose, codifiée la même année chez Cortambert.