
- Que signifie la marguerite ?
- Bellis perennis ou Leucanthemum vulgare : deux fleurs sous le même nom
- Comment les distinguer en main
- Quelle est « la marguerite du langage des fleurs » ?
- Une marguerite n'est pas une fleur : capitule et fleurons
- Étymologie : margarita, perle, et Sainte Marguerite d'Antioche
- Mythologie : Belides, Vertumne et la déesse Flora
- Couleurs de la marguerite : blanc, rose, jaune, rouge
- Le blanc canonique et le rose horticole
- Rouge et jaune : faux amis et hybrides
- Pourquoi effeuille-t-on la marguerite : Goethe, Faust et le jeu
- La marguerite au Japon : hanakotoba 雛菊 et l'innocence universelle
- Toxicité chat et chien : ce qu'il faut savoir avant d'offrir
- Quand offrir une marguerite : occasions et symbolique du geste
- Questions fréquentes sur la signification de la marguerite
Quand un enfant arrache une à une les ligules d'une marguerite en récitant « il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément », il rejoue à son insu la scène du jardin de Marthe dans Faust I de Goethe, publié en 1. Ce qu'il tient dans la main n'est même pas une fleur au sens botanique : c'est un capitule, des dizaines de petites fleurs serrées qu'il prend pour des pétales. Et le mot « marguerite » lui-même recouvre deux espèces botaniques distinctes, Leucanthemum vulgare et Bellis perennis, validées comme telles par Plants of the World Online de Kew2.
L'innocence canonique de la marguerite vient ensuite : codée à Paris par Charlotte de la Tour en dans Le langage des fleurs3, relayée à Londres par Kate Greenaway en 4. Cette épaisseur fait la profondeur d'une fleur que le promeneur croit pourtant connaître par cœur. L'article démonte les couches de la marguerite dans l'ordre, en partant de la surface (innocence, La Tour) pour finir au geste qui compte (offrir, occasions, sécurité animale).
Que signifie la marguerite ?
Dans le langage des fleurs européen, la marguerite code l'innocence, la candeur et la fidélité simple, sens fixé à Paris par Charlotte de la Tour dans Le langage des fleurs en 3 et relayé côté anglo-saxon par Kate Greenaway dans Language of Flowers en 4. La floriographie classe la marguerite parmi les fleurs « pures », au même titre que le lys blanc et le muguet.
Offrir une marguerite n'a rien d'anodin pour autant. Le geste signe une affection candide, sans charge érotique ni promesse maritale, ce qui en fait la fleur du premier émoi adolescent, du bouquet d'enfant et du tatouage minimaliste. La simple beauté de la prairie, formule de La Tour, l'oppose à la rose passionnée. Là où la rose parle désir et où la pivoine parle prospérité matrimoniale, la marguerite parle innocence, et c'est sa seule corde.
Cette lecture canonique cache pourtant une chaîne d'ambiguïtés. Le mot « marguerite » désigne en français au moins six taxons distincts, le rituel d'effeuillage a une date littéraire précise, et l'étymologie fait un détour par la Méditerranée orientale et une martyre du IVe siècle. Reste à décoller les couches une par une, en commençant par la première : laquelle des deux marguerites parle-t-on, au juste, dans un bouquet ?
Bellis perennis ou Leucanthemum vulgare : deux fleurs sous le même nom
Sous le seul nom de « marguerite » coexistent deux espèces botaniques validées par POWO/Kew : Leucanthemum vulgare Lam., la grande marguerite des prés décrite par Lamarck en 52, et Bellis perennis L., la pâquerette de pelouse décrite par Linné en dans Species Plantarum6. Les deux appartiennent à la famille des Asteraceae, mais à des genres et tribus distincts (Anthemideae pour la marguerite, Astereae pour la pâquerette).
La phytonymie populaire les confond depuis le Moyen Âge. La pâquerette tire son nom français de sa floraison autour de Pâques, attestée par Littré dans son Dictionnaire de la langue française publié entre et 7. La grande marguerite, elle, fleurit plus tard, de mai à octobre, sur des sols pauvres de prairie. Distinguer les deux change tout : le bouquet de marguerites est cueilli sur prairie, la couronne de pâquerettes se tresse sur pelouse.

Comment les distinguer en main
Trois caractères tranchent. La taille d'abord : Leucanthemum vulgare dresse une tige de 30 à 80 cm avec un capitule de 3 à 6 cm, Bellis perennis reste sous 15 cm avec un capitule de 1,5 à 3 cm. Les feuilles ensuite : Leucanthemum porte des feuilles caulinaires alternes et lobées, Bellis forme une rosette basale spatulée, sans tige feuillée. Le rhizome enfin : Leucanthemum colonise par rhizomes traçants, Bellis par stolons courts.
| Caractère | Bellis perennis (pâquerette) | Leucanthemum vulgare (marguerite des prés) |
|---|---|---|
| Auteur, année | Linné, | Lamarck, |
| Tribu | Astereae | Anthemideae |
| Hauteur | 5 à 15 cm | 30 à 80 cm |
| Capitule | 1,5 à 3 cm, ligules souvent rosées | 3 à 6 cm, ligules blanc pur |
| Habitat | Pelouses tondues, parcs urbains | Prairies maigres, talus, friches |
| Floraison FR | Mars à novembre, pic à Pâques | Mai à octobre |
| Hanakotoba JP | 雛菊 (hinagiku), innocence | — |
Quelle est « la marguerite du langage des fleurs » ?
La réponse est double. Pour l'iconographie du bouquet champêtre, du chapeau de paille et du rituel d'effeuillage, c'est Leucanthemum vulgare : c'est elle que Goethe place dans la main de Marguerite, c'est elle que peint Renoir dans ses prairies. Pour le code japonais et la pelouse familière, c'est Bellis perennis : c'est elle qui porte le hanakotoba 雛菊 (hinagiku) et qui se tresse en couronne d'enfance. Les deux marguerites partagent le sème innocence, mais à des échelles différentes, l'une grande et estivale, l'autre petite et pascale.
Une marguerite n'est pas une fleur : capitule et fleurons
Ce que le promeneur appelle « la fleur » d'une marguerite est en réalité une inflorescence composée de dizaines de fleurs miniatures, le capitule, structure caractéristique des Asteraceae documentée par Stace dans New Flora of the British Isles (3e éd., , p. 749)8. Le capitule est un pseudanthium, mot grec pour « fausse fleur », terme technique qui dit l'illusion : un objet qui se comporte comme une fleur unique sans en être une.
Chaque capitule combine deux types de fleurons. En périphérie, les fleurons ligulés portent une longue ligule blanche unique, ce que l'enfant arrache en croyant arracher des pétales. Au centre, les fleurons tubulés jaunes forment un disque dense de petites corolles à cinq lobes soudés. Lee & Prüm ont démontré en dans New Phytologist que ces fleurons centraux exploitent une signalisation optique iridescente invisible à l'œil nu mais détectée par les abeilles9, ce qui explique l'efficacité pollinique du capitule.

Cette désillusion botanique a une conséquence rituelle. Quand l'enfant arrache une « ligule, je l'aime, une ligule, je ne l'aime pas », il interroge en réalité une vingtaine de fleurs qui ont chacune leur sexe, leur ovaire et leur fruit (un akène). Le verdict statistique du jeu dépend de la parité du nombre de fleurons ligulés, qui varie de 13 à 34 chez Leucanthemum vulgare selon la vigueur du pied. Le hasard a un biais : les capitules vigoureux portent plus souvent un nombre impair, ce qui favorise le « il m'aime ».
Étymologie : margarita, perle, et Sainte Marguerite d'Antioche
Le mot « marguerite » vient du latin margarita, qui signifie perle, lui-même hérité du grec ancien μαργαρίτης (margaritês), de même sens. Le pivot vers la fleur passe par l'hagiographie chrétienne, et plus précisément par Sainte Marguerite d'Antioche, vierge martyre décapitée vers sous Dioclétien, dont la passio est racontée par Jacques de Voragine dans la Légende dorée vers 10. La sainte tient dans l'iconographie médiévale une croix devant un dragon vaincu, attribut qui fait son succès populaire au Moyen Âge.
Le glissement sémantique s'opère probablement aux XIIIe-XIVe siècles. Le prénom féminin Marguerite devient l'un des plus portés en Europe occidentale (Marguerite de Provence, Marguerite d'Anjou, Marguerite de Valois), et la fleur blanche commune des prairies hérite par métonymie du prénom de la sainte. La Légende dorée circule alors en plus de mille manuscrits, ce qui en fait l'un des best-sellers du Moyen Âge tardif.
L'anglais daisy, en revanche, vient d'un tout autre étymon : du vieil anglais dæges ēage, l'« œil du jour », en référence à la fermeture nocturne des ligules autour du disque jaune central, repris au matin. Trois langues, trois métaphores : la perle latine, l'œil saxon, la sainte chrétienne convergent sur le même capitule blanc à cœur jaune.
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Mythologie : Belides, Vertumne et la déesse Flora
Le nom scientifique Bellis vient de la nymphe Belides, métamorphosée en marguerite pour échapper aux assauts du dieu Vertumne, mythe romain rapporté par Ovide dans les Metamorphoses écrites vers 11. Dans le récit, Belides danse avec ses sœurs dryades dans une prairie ; surprise par Vertumne, dieu des saisons et des vergers, elle invoque sa protectrice Flora qui la transforme en petite fleur blanche pour la dérober au regard du dieu.
Cette étiologie gréco-romaine fonde la double charge symbolique de la marguerite. Du côté de Belides, c'est l'innocence virginale, la pudeur, le refus de la convoitise sexuelle adulte. Du côté de Flora, c'est la complicité féminine entre déesse de la flore et nymphe sauvée, ce qui inscrit la marguerite dans le réseau matriciel des cultes printaniers romains (Floralia, fêtes des 28 avril au 3 mai). Linné, en , ne tire pas son binôme du latin commun bellus (« joli »), mais bien de la nymphe ovidienne, choix de naturaliste lettré du XVIIIe siècle6.
Le pendant nordique convoque Freyja, déesse vane de l'amour et de la fertilité dans l'Edda en prose de Snorri Sturluson ()12 : la marguerite lui est attribuée comme fleur sacrée et, par extension scandinave, comme symbole offert aux jeunes mères pour invoquer une descendance heureuse. Le code germano-scandinave converge donc avec le code méditerranéen sur le sème innocence-fertilité, sans contact textuel direct.
Le pont entre mythologie et floriographie se fait sans rupture. La nymphe ovidienne sauvée de Vertumne par Flora porte déjà l'innocence avant que Charlotte de la Tour ne la code en . La fleur condense vingt siècles d'iconographie féminine pudique, ce qui explique sa stabilité sémantique : le code du XIXe siècle fixe par écrit ce que les peintures et les rituels populaires véhiculaient depuis longtemps.
Couleurs de la marguerite : blanc, rose, jaune, rouge
La palette « naturelle » de la marguerite se limite au blanc à cœur jaune chez Leucanthemum vulgare, le rose et le rouge n'apparaissant qu'avec l'horticulture des XIXe et XXe siècles, principalement via Bellis perennis à ligules teintées et les hybrides du genre Argyranthemum. Greenaway en code déjà la marguerite blanche par innocence, la red daisy par beauty unknown to possessor4.
| Couleur | Espèce ou cultivar | Signification | Source code |
|---|---|---|---|
| Blanc | Leucanthemum vulgare, Bellis perennis | Innocence, candeur, fidélité simple | La Tour 1819, Greenaway 1884 |
| Rose | Bellis perennis à ligules teintées, cv. 'Pomponette' | Tendresse, douceur enfantine | Greenaway 1884 |
| Jaune | Anthemis tinctoria, faux-amis (camomille jaune) | Joie modeste, chaleur amicale | Code horticole XXe |
| Rouge | Bellis perennis cv. 'Habanera Red', hybrides horticoles | Beauté ignorée du possesseur | Greenaway 1884 |
| Orange | Argyranthemum cv. orangés | Énergie, optimisme | Code horticole XXe |
| Violet | Erigeron spp. (vergerette, lookalike) | — | Hors marguerite vraie |
Le blanc canonique et le rose horticole
Le blanc reste la couleur de référence, celle qui porte tout le code mariale-pastoral du XIXe siècle. Lee & Prüm en ont montré que cette blancheur perçue masque une signalisation optique complexe à l'œil de l'abeille, le capitule fonctionnant comme une cible visuelle hyperefficace9. Le rose vient ensuite, par sélection horticole de Bellis perennis à pelouse, et porte un code adouci, presque enfantin, qu'on retrouve dans les couronnes printanières des écoles maternelles européennes.

Rouge et jaune : faux amis et hybrides
Le rouge pur n'existe pas chez Leucanthemum. Les « marguerites rouges » de fleuriste sont soit des cultivars de Bellis perennis à ligules pourpres ('Habanera Red', 'Tasso Red'), soit des hybrides horticoles d'Argyranthemum, soit des gerberas (genre Gerbera) vendus à tort sous le nom marguerite, cas le plus fréquent en fleuristerie. Côté jaune, la confusion est encore plus large : Anthemis tinctoria (camomille des teinturiers) et Coleostephus myconis portent localement le nom de « marguerite jaune » sans en être botaniquement.
Pourquoi effeuille-t-on la marguerite : Goethe, Faust et le jeu
Le rituel « il m'aime, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout » a une source littéraire datée : la scène Marthens Garten du Faust I de Goethe, publiée à Tübingen en 1. Marguerite (Gretchen) y effeuille une étoile-marguerite en récitant Er liebt mich, liebt mich nicht, liebt mich (« Il m'aime, ne m'aime pas, m'aime »). C'est l'origine littéraire documentée la plus précoce du jeu en Europe sous cette forme codifiée.
Le rituel binaire allemand traverse alors le Rhin et trouve en français une formule plus baroque : « il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout », qui multiplie les degrés de l'amour pour densifier le suspense. La version française se diffuse au XIXe siècle dans les recueils de jeux d'enfants, puis devient cliché romantique dans la peinture pompier et dans la chanson populaire.

Goethe ne crée pas le jeu en 1808, il le fixe par écrit. Sa scène donne au geste populaire un patronage littéraire majeur, ce qui le légitime dans toute l'Europe romantique.
Pourquoi la marguerite plutôt qu'une autre fleur ? D'abord, son capitule porte un nombre élevé de ligules régulières (13 à 34), ce qui prolonge le suspense bien au-delà d'une corolle à cinq pétales. Ensuite, la fleur est gratuite, abondante en prairie et se cueille sans culpabilité, contrairement au lys ou à la rose. Enfin, l'innocence canonique du symbole accorde le geste à son énonciateur : c'est l'enfant ou l'adolescent qui demande, pas l'amant adulte. Le rituel avait trouvé sa fleur, et Goethe n'a fait que le couronner.
La marguerite au Japon : hanakotoba 雛菊 et l'innocence universelle
Au Japon, le hanakotoba 雛菊 (hinagiku) associe la marguerite-pâquerette à l'innocence, à la foi et à l'espoir, code formalisé sous l'ère Meiji (-) à partir de sources occidentales et chinoises. Le pivot japonais se fait via Bellis perennis, pas Leucanthemum vulgare : seule la petite marguerite a été acclimatée au Japon par les pépinières Yokohama au XIXe siècle, et c'est elle qui porte le sème floral japonais.
Le hanakotoba n'est d'ailleurs pas un système millénaire, contrairement à ce que diffuse l'imaginaire occidental. C'est un montage moderne, contemporain de la floriographie victorienne anglaise et de la version française de La Tour. La convergence n'en est que plus frappante : trois codes floraux indépendants (Paris, Londres, Tokyo), construits chacun pour soi entre et la fin du XIXe siècle, finissent sur le même mot pour la même fleur : innocence.
Côté français, le pendant japonais permet d'ailleurs d'éclairer un point souvent négligé. Quand un fleuriste parisien parle de « marguerite » pour un bouquet champêtre, il vise Leucanthemum vulgare (la grande). Quand il parle de « pâquerette », il vise Bellis perennis (la petite). Le japonais 雛菊 (hinagiku, littéralement « chrysanthème poussin ») ne couvre que la seconde. Cette précision change la lecture du symbole offert : la pâquerette parle d'innocence enfantine, la grande marguerite parle d'innocence pastorale. Pour aller plus loin sur les codes japonais, voir notre dossier hanakotoba.
Toxicité chat et chien : ce qu'il faut savoir avant d'offrir
La marguerite (Bellis perennis et Leucanthemum vulgare) est non toxique pour les humains, les chats et les chiens, contrairement au lys du même bouquet. La fiche ASPCA ne classe ni Bellis ni Leucanthemum vulgare dans la liste des plantes toxiques pour les animaux de compagnie13. C'est un point de différenciation important : la marguerite reste l'une des rares fleurs coupées sans danger pour un foyer félin.
Un bémol cependant. Hostettmann et al. ont démontré en dans Phytochemistry que Bellis perennis contient des saponines triterpéniques (bayogénine, acide astérogénique)14 qui peuvent provoquer une irritation digestive bénigne en cas d'ingestion massive de feuilles fraîches. La sève peut également déclencher chez les sujets prédisposés une dermatite de contact (Compositae dermatitis), réaction allergique partagée par la famille des Asteraceae.
Le verdict pratique pour un foyer avec animaux : un bouquet de marguerites des prés ou de pâquerettes peut décorer le salon, l'eau du vase reste inoffensive, et un chat qui mâchouillerait une ligule ne risque qu'une légère gêne digestive. Peu de bouquets conviennent aussi bien à la chambre d'un nourrisson qu'au salon partagé avec un chat. Côté sécurité, on est à l'opposé strict du lys ou du muguet. Pour une vue plus large des fleurs sûres, voir notre comparatif sur le muguet porte-bonheur.
Quand offrir une marguerite : occasions et symbolique du geste
La marguerite est la fleur de naissance du mois d'avril selon la Society of American Florists, et la fleur des cinquièmes noces, dites « noces de bois », dans la tradition française. Le calendrier anglo-saxon l'attache à avril, ce qui aligne le code de l'innocence sur la saisonnalité : floraison printanière de Bellis à Pâques, début de floraison de Leucanthemum fin avril.
Trois occasions structurent l'usage du geste. Pour une naissance, surtout en avril, la pâquerette ou la marguerite des prés signe le souhait de douceur et de candeur pour l'enfant. Pour une déclaration tendre non passionnelle, la marguerite reste la fleur du premier émoi adolescent, en accord avec la lecture pastorale de Charlotte de la Tour en 3. Pour les noces de bois (cinq ans de mariage), elle célèbre la fidélité simple et la complicité enracinée, en opposition aux fleurs « de luxe » des anniversaires plus tardifs (rose pour les noces de papier, lys pour les noces d'or).
Côté tatouage, la marguerite est devenue depuis les années 2010 l'un des motifs floraux minimalistes les plus demandés, en particulier en version line-art monochrome au poignet ou à la cheville. Le code reste stable : innocence retrouvée, hommage à un enfant, fidélité simple, marqueur de naissance d'avril. Pour situer la marguerite dans le système plus large, voir le panorama du langage des fleurs ou notre liste des 30 significations florales canoniques.
Questions fréquentes sur la signification de la marguerite
Que signifie effeuiller la marguerite ?
Effeuiller la marguerite désigne le rituel divinatoire amoureux « il m'aime, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout », pratiqué en arrachant une à une les ligules périphériques d'un capitule. La source littéraire datée est la scène du jardin de Marthe dans Faust I de Goethe, publié en 1, où Gretchen récite liebt mich, liebt mich nicht.
Que signifie la marguerite ?
Que signifie le prénom Marguerite ?
Le prénom Marguerite vient du latin margarita et du grec μαργαρίτης (margaritês), tous deux signifiant « perle ». Le pivot vers la fleur passe par Sainte Marguerite d'Antioche, vierge martyre vers , dont la passio est rapportée par Jacques de Voragine dans la Légende dorée vers 10. Le prénom devient l'un des plus portés en Europe occidentale.
Marguerite ou pâquerette : quelle est la différence ?
Deux espèces botaniques distinctes coexistent sous le nom français « marguerite ». Leucanthemum vulgare Lam., , est la grande marguerite des prés, 30 à 80 cm, capitule de 3 à 6 cm5. Bellis perennis L., , est la pâquerette de pelouse, sous 15 cm, capitule de 1,5 à 3 cm6. Les deux portent le sème innocence.
Comment faire une couronne de fleurs avec des marguerites ?
La couronne traditionnelle de marguerites se tresse avec Bellis perennis sur pelouse fraîche. Cueillir les pâquerettes à tige longue, fendre la tige de chaque fleur près du capitule à l'ongle, et passer la tige de la fleur suivante dans la fente. Continuer jusqu'à fermer le cercle au tour de la tête. La couronne tient quelques heures avant que les capitules ne se referment, repli nocturne typique du genre Bellis.
Faut-il couper les fleurs fanées des marguerites ?
Oui. La taille des capitules fanés (deadheading) prolonge la floraison de Leucanthemum vulgare de plusieurs semaines, en empêchant la plante de mobiliser son énergie vers la production d'akènes. Couper au sécateur juste sous le capitule, à la première paire de feuilles caulinaires. Cette pratique relance l'émission de nouveaux boutons jusqu'aux gelées d'octobre.
Quand fleurissent les marguerites ?
Bellis perennis fleurit de mars à novembre en France, avec un pic à Pâques qui lui vaut son nom de pâquerette7. Leucanthemum vulgare fleurit de mai à octobre, avec un pic en juin-juillet sur les prairies maigres. La floraison combinée des deux espèces couvre toute la belle saison, ce qui explique l'omniprésence du capitule blanc à cœur jaune dans le paysage français.
Combien de temps fleurissent les marguerites ?
Un capitule individuel reste ouvert 8 à 14 jours selon la chaleur et l'humidité, après quoi les fleurons ligulés se replient et les akènes se développent. À l'échelle du pied, Leucanthemum vulgare fleurit en continu de mai à octobre si les capitules fanés sont coupés régulièrement2. Sans taille, la floraison s'épuise en six à huit semaines.
La marguerite est-elle toxique pour les chats et les chiens ?
Non. Bellis perennis et Leucanthemum vulgare ne figurent pas sur la liste des plantes toxiques de l'ASPCA13. Une ingestion massive peut provoquer une irritation digestive bénigne due aux saponines de Bellis14. Attention à ne pas confondre avec Chrysanthemum (chrysanthème), parfois appelé « marguerite d'automne », qui contient des pyréthrines toxiques.
Quelle est la fleur de naissance d'avril ?
La marguerite (daisy) est la fleur de naissance du mois d'avril dans le calendrier symbolique anglo-saxon de la Society of American Florists. La pâquerette (Bellis perennis) est aussi la fleur des cinquièmes noces dites « noces de bois » dans la tradition française. Le code de l'innocence s'aligne sur la saisonnalité printanière de la floraison.
Une marguerite tient au creux de la main : une étoile blanche, un cœur jaune, et derrière cette évidence, une chaîne d'ambiguïtés que peu de fleurs déploient avec autant de profondeur. Deux espèces sous un seul nom. Un capitule qui n'est pas une fleur. Une perle latine devenue prénom de sainte. Une nymphe ovidienne sauvée par Flora. Une scène de Goethe qui fixe le geste enfantin. Un hanakotoba japonais qui converge sans contact avec La Tour. Pour offrir, le geste reste simple et sûr : gratuit en prairie, sans toxicité animale, et le code tient depuis deux siècles. Innocence. Pour prolonger côté symbolique, voir le panorama du langage des fleurs, la signification du muguet ou celle de la pivoine.