Fraisier arraché et posé à plat sur fond neutre, couronne et racines à droite, stolons déroulés vers la gauche portant chacun une plantule fille déjà feuillée

Un fraisier (Fragaria × ananassa) non remontant se plante à 30 à 60 cm sur le rang et ne donne sa première vraie récolte que la deuxième année, alors qu'un remontant conduit serré, à 20 à 30 cm, fructifie dès l'année de plantation1. Autrement dit, le type de plant a déjà fixé votre calendrier de récolte avant que la bêche entre en terre.

Le reste tient à un repère qu'aucun mois du calendrier ne remplace : le sommet de la couronne doit rester à la limite du sol, ni enfoui ni déchaussé2. Reste la quantité, qu'on sous-estime presque toujours au moment de commander : il faut une centaine de plants pour couvrir les besoins d'un foyer de quatre personnes3.

Planter des fraisiers : la réponse en bref

Planter un fraisier (Fragaria × ananassa) consiste à poser un plant acheté en racines nues ou en godet de façon que la terre arrive à mi-hauteur de la couronne3, à une distance qui dépend du type, pendant une fenêtre qui fixe l'année de première fraise. La date pèse plus lourd que la qualité du plant.

Repérer la couronne avant de creuser

La couronne est la pièce à identifier avant tout geste. C'est d'elle que partent les feuilles, les racines et les stolons, ces tiges rampantes que les jardiniers appellent aussi coulants. Trop enfoncée, elle pourrit. Laissée trop haut, ce sont ses racines qui sèchent, et le plant part avec1.

Pourquoi deux plantations ne donnent pas la même année

Un fraisier non remontant ne fructifie qu'à sa deuxième année, un remontant day-neutral dès la première1. C'est cette différence qui explique qu'une plantation d'août donne des fraises au printemps suivant, quand une plantation de mars peut en donner l'été même. Le mois imprimé sur l'étiquette, lui, ne vous apprendra rien là-dessus. Ajoutez le froid : sous 4 °C de sol durable, les couronnes entrent en dormance4.

Comptez les plants avant de mesurer

Environ 100 plants couvrent un foyer de quatre personnes3. Posez ce chiffre avant de sortir le cordeau, puisque c'est lui qui fixe la surface à préparer. La fraise elle-même est un faux-fruit au sens botanique, un réceptacle charnu couvert d'akènes, ce qui n'a aucune conséquence pratique sur la plantation mais explique le vocabulaire des fiches techniques. La fiche botanique complète de l'espèce vit sur notre page fraisier.

Quand planter des fraisiers et jusqu'à quelle date

L'Ohio State University Extension et l'université du New Hampshire recommandent toutes deux le début de printemps, dès que le sol est ressuyé ; la fiche de l'Ohio déconseille même explicitement la plantation d'automne, à cause du déchaussement que provoquent les alternances de gel et de dégel13. Ce sont deux États à hiver rigoureux.

La fiche de Géorgie raisonne sous un hiver doux, et elle tranche dans l'autre sens : en conduite annuelle sur butte, elle installe les plants du 15 septembre au 1er novembre dans le sud et le centre de l'État, l'optimum se situant début octobre2. La fenêtre d'automne n'est donc pas un usage français sans source : c'est la conduite documentée des climats à hiver doux, ce qui décrit la moitié sud de la France. Une date géorgienne ne se recopie pas telle quelle sur un calendrier français. Une fenêtre se ferme sur une condition observable, jamais sur une date.

Cette condition se reconstruit à partir de trois grandeurs mesurées. Les boutons floraux du non remontant se forment début septembre, les couronnes deviennent dormantes quand le sol reste durablement sous 4 °C, et les boutons déjà formés sont endommagés sous 15 °F, soit environ -9 °C4. Un plant mis en terre trop tard n'a plus le temps d'enraciner avant l'arrêt végétatif : il passe l'hiver sans ancrage et se déchausse au premier gel soulevant.

Moment de l'annéeFraisier non remontantFraisier remontantRécolte attendue
Fin d'étéUsage français dominant, plant enraciné avant le froidPossible, même logiquePrintemps suivant, récolte complète
Automne, hiver doux15 septembre au 1er novembre en Géorgie, conduite annuelleMême fenêtrePrintemps suivant
Automne, hiver rigoureuxPossible tant que le sol reste au-dessus de 4 °CPossible, même conditionPrintemps suivant, récolte réduite
Cœur de l'hiverCouronnes dormantesCouronnes dormantes
Printemps, sol ressuyéRecommandé par OSU et UNHFenêtre recommandéeDeuxième année ; saison même pour un remontant
Fin de printemps et étéReprise difficileGodet seulement, arrosage suiviFruits l'été suivant
Ce qui reste possible selon le moment de l'année.

Un jardinier belge, normand ou québécois gagne à reporter le triplet de température ci-dessus sur son propre climat plutôt qu'à recopier un mois lu ailleurs. En Nouvelle-Aquitaine, le pic de production française tombe d'avril à mai5 ; sous un hiver plus rude, tout se décale du même nombre de semaines. Notre panorama de que planter en août situe cette fenêtre de fin d'été dans le reste du potager, et nos repères sur les fleurs d'automne couvrent la même saison de mise en terre.

Le calendrier lunaire, lui, ne déplace aucune des trois grandeurs mesurées. Le suivre ne coûte rien tant qu'il ne pousse pas une plantation hors de la fenêtre calculée depuis votre risque de gel.

Remontant ou non remontant, ce que la photopériode décide

Le type d'un fraisier tient à sa réponse à la longueur du jour, une propriété qui n'a rien à voir avec le goût du fruit ou la saison affichée en jardinerie. Un non remontant initie ses boutons floraux en jours courts d'automne et fructifie la deuxième année ; un remontant s'en affranchit et donne dans la saison41.

Le non remontant initie ses boutons en jours courts

Un fraisier non remontant émet ses stolons quand les jours s'allongent, puis forme ses boutons floraux quand ils raccourcissent. Ses boutons sont donc constitués début septembre, bien avant l'hiver, et c'est pour cela qu'ils sont vulnérables : sous environ -9 °C, les boutons déjà formés sont endommagés4. La protection hivernale ne protège pas le feuillage, elle protège une récolte déjà décidée.

Chez le remontant, c'est la chaleur qui commande

Un fraisier remontant fleurit indépendamment de la photopériode, ce qui lui vaut sa récolte étalée. La température reprend alors la main : au-dessus de 85 °F, soit environ 29 °C, un remontant day-neutral cesse de former des boutons floraux4. Beaucoup mettent le creux de production d'août sur le compte d'un arrosage insuffisant ; c'est ce seuil thermique qui en est responsable.

Le contraste entre types day-neutral, junebearing et everbearing est documenté de longue date sur le plan expérimental6, et le contrôle de la floraison des remontants par les jours longs a fait l'objet de travaux dédiés7. Ces deux travaux décrivent le mécanisme physiologique ; les repères de terrain, eux, viennent des fiches d'extension citées plus haut.

Le fraisier des bois, troisième voie

Le fraisier des bois (Fragaria vesca) est une espèce distincte du fraisier de jardin, à petits fruits très parfumés, qui se ressème et stolonise en bordure ou en sous-bois clair. L'appellation quatre-saisons entretient une confusion durable : elle désigne en jardinerie aussi bien cette espèce que les cultivars remontants de Fragaria × ananassa. En rayon, seule l'étiquette botanique tranche.

Racines nues, godet ou plant frigo : reconnaître ce que vous achetez

Trois formes d'achat coexistent en jardinerie, et chacune impose un geste différent : les racines nues se réhydratent et se parent, le godet se dépote avec sa motte, le plant frigo démarre immédiatement13.

Plateaux de fraisiers en godets alignés sur une table de vente, un plant par godet, feuillage encore rougi de l'hiver et jeunes feuilles vertes au centre
Le produit d'achat réel : un plateau de godets tel qu'il se présente en jardinerie, avec la taille du plant lisible par rapport au contenant. Photo : Jnyssen, CC BY-SA 4.0.

Le principe du plant frigo tient au passage par le froid, qui conditionne à la fois la stolonisation et l'initiation florale du fraisier8. Les durées de froid qui circulent en heures, elles, ne renvoient à aucune mesure publiée : jugez un plant frigo sur sa provenance et sur l'état de sa couronne, pas sur un nombre d'heures annoncé au dos du sachet.

Origine du plantCe que vous tenez en mainLe geste qui changeMoment de mise en terre
Racines nuesCouronne sèche et chevelu racinaire nu, sans terreRéhydrater les racines, parer les extrémités noirciesSol ressuyé, hors gel
GodetPlant feuillé dans une motte de terreauDépoter sans casser la motte, griffer le pourtourToute la fenêtre, y compris en saison
Plant frigoCouronne dormante sortie de chambre froidePlanter sans attendre, arroser d'embléeÀ réception, dès la livraison
Plantule fille sur stolonRosette déjà racinée au bout d'un coulantSevrer le stolon une fois les racines prisesDébut d'été, sur le pied mère
Les quatre origines réelles d'un plant de fraisier au jardin, avec le geste propre à chacune.

Le repère de profondeur ne se lit pas de la même façon selon les fiches. Deux d'entre elles recouvrent les racines et la moitié basse de la couronne13, une troisième exige que le sommet de la couronne reste au-dessus du niveau du sol2. L'écart est réel, et c'est au moment du geste qu'il faut le trancher : rendez-vous plus bas, plantoir en main.

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Exposition et sol : où le fraisier produit vraiment

Le fraisier (Fragaria × ananassa) réclame le plein soleil pour le rendement maximal et la meilleure qualité de fruit13. Le sol recherché est sablo-limoneux et bien drainé4, ce qui exclut les fonds de jardin où l'eau stagne après une pluie.

Le pH ne se donne pas en valeur unique mais en plage, parce que trois fiches ne mesurent pas le même sol : 5,8 à 6,5 dans l'Ohio1, 5,8 à 6,2 dans le New Hampshire3, 5 à 7 dans le South Dakota4. Un sol légèrement acide couvre les trois protocoles, et un test de pH à quelques euros vaut mieux qu'un amendement décidé au jugé.

En terre argileuse, la bonne réponse est mécanique plutôt que chimique : plantez en planches surélevées ou sur buttes quand le drainage pose problème1. La butte règle en une après-midi ce qu'un apport de sable réglerait mal en trois saisons. Pour une bordure ombragée où le fraisier de jardin décevrait, le fraisier des bois (Fragaria vesca) reste la seule option cohérente, et notre sélection de fleurs d'été tient les emplacements de plein soleil restants.

Combien de plants prévoir et à quelle distance les espacer

Le réflexe est de commencer par les centimètres. Prenez le problème dans l'autre sens : environ 100 plants pour un foyer de quatre personnes3, et seulement ensuite les distances, 30 à 60 cm sur le rang pour un non remontant1, 20 à 30 cm pour un remontant conduit serré1. Le nombre décide de la surface à préparer ; la distance ne règle que la conduite du rang.

Cent plants pour un foyer de quatre personnes

Cent plants pour quatre personnes, cela paraît beaucoup3. Le chiffre s'explique par le rendement unitaire : l'Ohio State University Extension annonce jusqu'à un quart, soit environ 1,1 L de fruits par plant en première année de fructification, dans les conditions de l'Ohio1. Faites la multiplication et la centaine de pieds redevient une quantité de confiture raisonnable. Sur la densité au mètre carré, en revanche, ces protocoles restent muets.

Serré ou large, tout dépend des stolons

Un non remontant conduit en rang natté se plante large, parce que ses stolons rempliront l'espace. Un remontant se plante serré, parce qu'on limite justement sa stolonisation. Les deux protocoles nord-américains ci-dessous ne mesurent pas le même objet, mais deux conduites différentes. Lisez-les comme une plage de pratiques, surtout pas comme une moyenne à calculer. Vérifiez aussi ce que compte chaque cote : dans le protocole annuel du New Hampshire, les 120 cm sont un entraxe de planches qui inclut environ 60 cm d'allée de passage3.

Type de fraisier et conduiteDistance sur le rangDistance entre rangsPremière récolte
Non remontant, rang natté, Ohio12 à 24 pouces, soit 30 à 60 cm36 à 40 pouces, soit 90 à 100 cmDeuxième année
Non remontant, rang natté, New Hampshire18 pouces, soit 45 cm48 à 52 pouces, soit 120 à 130 cmDeuxième année
Remontant day-neutral, Ohio8 à 12 pouces, soit 20 à 30 cm30 à 36 pouces, soit 75 à 90 cmAnnée de plantation
Remontant en annuelle, New Hampshire8 pouces, soit 20 cm4 pieds d'entraxe, soit environ 120 cmAnnée de plantation
Distances lues dans deux protocoles d'extension universitaire.

La largeur du rang, le vrai garde-fou

Une fois les stolons partis, la distance de plantation ne veut plus rien dire : c'est la largeur du rang mature qui tient lieu de densité. Le rang natté ne doit pas dépasser 24 pouces, soit 60 cm de large3. À l'intérieur du rang établi, les plants se retrouvent à 6 à 8 pouces, soit 15 à 20 cm les uns des autres une fois les stolons maîtrisés1.

Au-delà de cette largeur, les fruits du centre restent humides et la pourriture grise (Botrytis cinerea) gagne. C'est aussi pourquoi une distance de plantation citée seule ne veut rien dire tant que la conduite qui va avec n'est pas nommée : les mêmes 45 cm donnent un rang correct en natté et un gâchis de surface en conduite serrée.

Poser la couronne à la bonne hauteur, le geste qui décide de la reprise

Deux fiches d'extension recouvrent les racines et la moitié basse de la couronne13, une troisième pose la limite plus haut encore : le sommet de la couronne reste au-dessus du niveau du sol2. Aucune des trois n'autorise à enterrer le cœur du plant, et aucune ne tolère des racines à l'air.

Fraisier détouré sur fond blanc, racines nues étalées sous la couronne brune d'où partent tous les pétioles, frontière entre racines et couronne parfaitement lisible
La seule limite qui compte, isolée sur fond blanc : là où le chevelu racinaire s'arrête et où commence la couronne. Photo : Mark Hofstetter, CC BY-SA 2.5.

Chacune des deux erreurs tue le plant, mais par un chemin différent. Une couronne enfouie garde le cœur humide en permanence, et c'est la porte d'entrée du dépérissement à Phytophthora cactorum, qui brunit la couronne de l'intérieur. Un plant déchaussé, dont le collet reste au-dessus de la terre, expose ses racines à l'air et sèche en quelques jours de vent.

Prévoyez avant de commencer : les plants en racines nues ou en godet, du compost mûr, un paillage ou un film de plantation, un cordeau, un plantoir et un arrosoir à pomme fine.

Planter un fraisier en pleine terre

Durée totale
Une matinée pour un rang
Difficulté
facile
  1. Parer et réhydrater les racines nues

    Trempez les racines du plant dans l'eau claire le temps qu'elles se réhydratent et reprennent de la souplesse, puis coupez les extrémités noircies. Un plant en godet saute cette étape : dépotez-le et griffez simplement le pourtour de la motte.

  2. Ouvrir un trou plus large que profond

    Creusez un trou assez large pour étaler le chevelu racinaire sans le replier, et assez profond pour que la terre arrive à mi-hauteur de la couronne une fois le plant posé3. Espacez les trous de 30 à 60 cm pour un non remontant, de 20 à 30 cm pour un remontant1.

  3. Positionner la couronne à la limite du sol

    Tenez le plant d'une main, étalez les racines de l'autre, et faites descendre la terre jusqu'à mi-couronne sans jamais recouvrir le cœur. Le sommet de la couronne doit rester visible2.

  4. Tasser autour des racines, pas sur la couronne

    Ramenez la terre et pressez du plat de la main autour du plant, en couronne, pour supprimer les poches d'air le long des racines. Le cœur reste dégagé.

  5. Arroser pour souder la terre aux racines

    Arrosez immédiatement en pluie fine, plant par plant, jusqu'à ce que la terre se referme sur le chevelu. Cet arrosage de reprise n'est pas un apport nutritif, il chasse l'air.

Le même raisonnement de profondeur gouverne d'autres mises en terre d'automne, comme le rappelle notre repère sur planter des bulbes : la cote se lit sur l'organe, jamais sur le contenant.

Paillage, bâche et arrosage des premières semaines

Comptez environ 1 pouce, soit 25 mm par semaine en entretien4. Les deux autres fiches ne publient pas la même plage : 25 à 38 mm par semaine, de mi-juin à mi-août, dans l'Ohio1, 25 à 50 mm par semaine dans le New Hampshire3.

À l'échelle d'une saison de production, le besoin français se chiffre autrement : 300 à 400 mm par pied en climat humide, 600 à 850 mm en climat sec5.

Ces deux grandeurs ne s'additionnent jamais. La première est une consigne d'arrosoir hebdomadaire, la seconde un cumul saisonnier de production. Un jardinier normand et un jardinier provençal lisent le même chiffre hebdomadaire et n'apportent pas la même quantité d'eau sur l'année, et c'est exactement ce que dit l'écart entre 300 et 850 mm.

Besoin en eau d'un pied de fraisier sur une saison

Cumul apporté par pied et par saison de production, selon le climat

Climat humide, bas de plage300 mm
Climat humide, haut de plage400 mm
Climat sec, bas de plage600 mm
Climat sec, haut de plage850 mm
Source : Chambres d'agriculture France, La production de fraise en France (2024, mis à jour 2025).
Pied de fraisier entouré de paille étalée jusqu'au ras des pétioles, cœur laissé dégagé, bande de film plastique noir affleurant sous le feuillage et fruits verts posés sur la paille
La frontière du paillage : la paille arrive sous les pétioles sans recouvrir le cœur, et le film noir affleure dans le même cadre. Photo : Anja Meert, CC BY-SA 4.0.

La paille glissée sous les couronnes isole les fruits de la terre et limite la pourriture grise (Botrytis cinerea) ; recouvrant le cœur, elle produit l'inverse. Le film de plantation, lui, remplit trois fonctions distinctes : il réchauffe le sol au printemps, il tient les fruits propres et il supprime le désherbage sur le rang. Son pas de perçage reproduit la distance de plantation retenue. En climat chaud, un film noir devient une contrainte plutôt qu'un avantage, parce qu'il ajoute de la chaleur là où le remontant en subit déjà trop.

Le paillage d'hiver obéit à une autre logique : 2 à 3 pouces, soit 5 à 7,5 cm de paille sans graines d'adventices posés sur les plants1, retirés quand les températures se maintiennent au-dessus de 20 °F, soit environ -7 °C4.

Ne confondez pas cette épaisseur avec celle du paillage de saison. La même fiche de l'Ohio donne 3 à 4 pouces, soit 7,5 à 10 cm de paille ou de copeaux, mais pour conserver l'humidité autour d'un remontant day-neutral, pas pour passer l'hiver1.

Planter des fraisiers en pot et en jardinière

La seule cote transposable au contenant est l'écartement du remontant conduit serré, 20 à 30 cm entre plants1, soit 20 cm dans le protocole du New Hampshire3. Une jardinière de 60 cm accueille donc deux à trois pieds, pas davantage, et le drainage du bac comptera davantage que son volume.

Pot de fraisiers vu de dessus, plusieurs pieds répartis contre la paroi, terreau sombre dégagé au centre et premières fleurs blanches ouvertes
Vue zénithale : c'est le seul angle qui permet de compter les pieds et de juger la marge de terreau restante. Photo : Shixart1985, CC BY 2.0.

Les profondeurs de pot qui circulent dans le commerce sont des usages, pas des valeurs mesurées : aucun des protocoles cités ne publie de cote de contenant. Retenez le principe plutôt que le nombre, un pot profond tient une saison entière, un bac bas oblige à surveiller de près. Le fraisier reste une plante de plein soleil en pot comme en pleine terre1, et un balcon nord ne rattrape rien.

Un volume réduit se traduit directement en fréquence d'arrosage. Les 25 mm hebdomadaires d'entretien valent pour un sol de jardin qui tamponne4 ; un pot exposé sud sèche beaucoup plus vite qu'une planche de pleine terre et se surveille au poids, pas au calendrier. Le contenant apporte aussi son ravageur propre : l'otiorhynque de la vigne (Otiorhynchus sulcatus), dont les larves rongent les racines dans le substrat confiné et font dépérir un pied apparemment sain.

L'année de première récolte ne change pas parce que le plant est en pot. Un non remontant en jardinière attend toujours sa deuxième année, un remontant fructifie dans la saison1 : le choix du type pèse donc plus lourd sur un balcon que sur une planche de potager, où l'on peut se permettre d'attendre.

Fraisiers en hauteur, suspendus ou verticaux : ce qui est vrai

Aucun fraisier ne grimpe. Ce que les étiquettes vendent sous les noms de grimpant, retombant ou suspendu est un port retombant obtenu par les stolons, ces tiges rampantes qui pendent hors du contenant faute de sol où s'enraciner9. Ce sont des appellations commerciales, pas des types botaniques.

Deux paniers suspendus garnis de fibre de coco et plantés de fraisiers, feuillage débordant du bord et fruits pendant dans le vide sous le panier
Le volume de substrat réel d'un panier suspendu, garni de coco : c'est lui qui fixe la contrainte, pas la hauteur du montage. Photo : Michael Garlick, CC BY-SA 2.0.

Gouttière, tour verticale, palette, sac de terreau ou tonneau percé posent tous la même contrainte, et c'est par elle qu'il faut les juger plutôt que matériau par matériau. Le volume de substrat par plant y est plus faible qu'en pleine terre, donc le dessèchement plus rapide et la fréquence d'arrosage plus élevée ; le fraisier y reste une plante de plein soleil, ce que la hauteur ne compense pas1 ; et le contenant gèle de part en part en hiver, là où le sol d'une planche protège les couronnes dormantes sous 4 °C4.

D'où une règle de choix : un montage en hauteur convient au remontant conduit serré, qui donne dans la saison et qu'on remplace facilement, bien plus qu'au non remontant, dont la récolte se joue au printemps suivant et suppose donc de passer l'hiver intact.

Voisins du fraisier et rotation des cultures

Le fraisier (Fragaria × ananassa) se plante de préférence sur une planche qui n'a pas porté de solanacée, et il se cultive au voisinage d'aromatiques et de légumes-feuilles peu concurrents13. Sur cette planche, ce qui poussait là l'an dernier compte davantage que ce qui pousse à côté cette année.

Deux couronnes de fraisier ouvertes dans les mains, celle de gauche ferme et claire avec des pétioles verts, celle de droite entièrement brunie et desséchée par la verticilliose
Deux couronnes ouvertes côte à côte : à gauche un tissu ferme et clair, à droite un cœur entièrement bruni. Photo : Brian Prechtel, USDA Agricultural Research Service, domaine public.

Les mauvais précédents culturaux

La tomate (Solanum lycopersicum) et la pomme de terre (Solanum tuberosum) sont les précédents à éviter, parce qu'elles hébergent la verticilliose (Verticillium dahliae). Aucun des protocoles cités ne chiffre le délai de rotation à respecter : traitez la règle comme une précaution culturale, sans y accrocher un nombre d'années emprunté ailleurs.

Le framboisier, autre Rosaceae

Le framboisier (Rubus idaeus) appartient à la même famille que le fraisier, les Rosaceae, et partage donc une partie de ses pathogènes. Le planter en voisin immédiat ou juste avant une fraiseraie revient à concentrer les hôtes possibles sur une même parcelle, sans bénéfice compensatoire.

Quatre compagnes qui ne concurrencent pas le rang

La bourrache officinale (Borago officinalis) attire les pollinisateurs au moment de la floraison, l'ail cultivé (Allium sativum) occupe les bordures sans concurrencer les racines superficielles du fraisier. La laitue cultivée (Lactuca sativa) et l'épinard (Spinacia oleracea) occupent utilement l'interrang la première année seulement, avant que les stolons ne referment la bande.

Ce qu'on plante après l'arrachage

Après arrachage, évitez de replanter des fraisiers au même endroit et enchaînez sur une famille éloignée : légumineuses, alliacées ou légumes-racines. La planche libérée en fin d'été accueille aussi les mises en terre saisonnières, comme le détaillent nos repères sur les fleurs de printemps.

Renouveler sa fraiseraie par les stolons tous les trois à quatre ans

Une planche de fraisiers donne de bonnes récoltes pendant 3 à 5 ans3, et l'établissement d'une nouvelle plantation est conseillé après 3 à 4 années de fructification pour maintenir le rendement maximal1. Gardez les deux fourchettes côte à côte : en faire une moyenne ne produirait qu'un chiffre que personne n'a mesuré.

Vieille souche de fraisier au redémarrage de printemps, couronne au ras du sol cernée par les feuilles brunes de l'année précédente, une seule pousse verte au centre
L'état qui déclenche le renouvellement : une souche âgée qui ne repart plus que par une pousse centrale, entourée de son propre feuillage mort. Photo : Rasbak, CC BY-SA 3.0.

Le remplacement ne s'achète pas. Chaque pied mère émet des stolons dont les plantules filles s'enracinent là où le coulant touche le sol, un déterminisme physiologique aujourd'hui bien décrit9. Positionnez ces plantules dans la largeur du rang en début d'été, puis éclaircissez dès qu'elles se retrouvent à moins de 6 pouces, soit moins de 15 cm les unes des autres : en deçà, le rang est trop dense et les surnuméraires se suppriment3. Sevrez le stolon une fois les racines prises.

Quelques pieds mères vigoureux suffisent à fournir les plants de remplacement d'une planche courante, puisque chaque pied en produit plusieurs par saison. Le cycle se referme là : la planche neuve entre en production quand l'ancienne sort de sa quatrième année de fructification1.

Questions fréquentes

Quand et comment planter des fraisiers ?

L'Ohio State University Extension, dans sa fiche HYG-1424 de , recommande le début de printemps, dès que le sol n'est plus détrempé1, quand la pratique française privilégie la fin d'été. Posez la couronne de façon que la terre arrive à mi-hauteur3, espacez de 30 à 60 cm un non remontant, arrosez immédiatement pour souder la terre aux racines.

Quelle est la période pour planter les fraises ?

La période utile se définit par une condition, pas par un mois. La South Dakota State University Extension, mise à jour en , situe la formation des boutons floraux du non remontant début septembre et l'entrée en dormance des couronnes sous 4 °C de sol4. Il est trop tard dès que le plant n'a plus le temps d'enraciner avant cet arrêt végétatif.

Quels sont les conseils pour planter des fraisiers ?

Trois contraintes décident du résultat. Visez le plein soleil sur un sol drainé, en planches surélevées si l'eau stagne1, posez la couronne à mi-hauteur sans jamais enterrer le cœur3, puis maintenez le rang natté sous 60 cm de large pour garder les fruits secs3.

Quelle distance entre 2 pieds de fraise ?

Dans cette même fiche HYG-1424 de , l'Ohio State University Extension donne 12 à 24 pouces, soit 30 à 60 cm sur le rang pour un non remontant conduit en rang natté, et 8 à 12 pouces, soit 20 à 30 cm pour un remontant day-neutral1. Le New Hampshire plante à 45 cm dans un protocole voisin3, avec des rangs plus larges.