Potager d'été en juillet : rangées de salades, carottes et choux paillés sous une lumière douce de fin d'après-midi

Juillet, c'est le mois où la majorité des jardiniers lâchent le sécateur et regardent leurs tomates rougir. Erreur de timing. Pendant qu'on récolte les fruits d'été, la fenêtre de semis pour l'arrière-saison s'ouvre brièvement : la plupart des légumes d'automne se mettent en terre entre le 1ᵉʳ et le 31 juillet, pas en septembre. Une carotte semée le 15 juillet se récolte en novembre. Semée fin août, elle ne grossit plus avant les premières gelées. La latence culturale commande tout, et juillet est le mois où ce calcul se fait, sous arrosoir et paillage 1.

Que planter en juillet au potager ?

Le potager de juillet bascule. Les rangs des petits pois finissent, les fèves sont arrachées, les pommes de terre primeur libèrent leurs planches. Sur ces zones nues, neuf espèces de saison fraîche s'installent pour produire d'octobre à mars : laitue d'été, mâche, carotte tardive, navet d'automne, radis d'hiver, brocoli, chou frisé, haricot vert tardif, persil. Toutes partagent une exigence : le sol doit rester frais sous 25 °C en surface, sinon la levée stagne ou la plante monte à graines avant de produire 3.

La logique de juillet inverse celle de mai. En mai, on attend que le sol chauffe pour libérer les gélives — la séquence est détaillée dans le guide que planter en mai selon le type de culture. En juillet, on cherche au contraire à conserver de la fraîcheur dans un sol qui se déshydrate vite. Trois techniques se combinent. La mi-ombre fournie par les tomates et les haricots à rames déjà installés ; le paillage du jardin organique de cinq à sept centimètres dès la levée pour limiter l'échauffement et les pertes d'eau ; l'arrosage à l'arrosoir au pied le soir, jamais à midi en plein soleil, qu'un système d'arrosage automatique au jardin prend le relais pour les départs en vacances.

Le découpage par décade rend le calendrier opérationnel. La première décade (1ᵉʳ-10 juillet) sert aux semis à cycle long : carotte d'hiver, navet d'automne, chou frisé, brocoli. La deuxième décade (11-20 juillet) accueille les semis intermédiaires : haricot vert tardif, radis d'hiver, persil. La troisième décade (21-31 juillet) prend les semis rapides à cycle court : laitue d'été, mâche, première salade d'arrière-saison. Décaler de quinze jours peut transformer une récolte de novembre en une récolte ratée par les premières gelées — un calendrier de semis du potager replace l'observation dans la saison réelle, mois par mois.

1. Laitue d'été (Lactuca sativa)

La laitue d'été est la culture d'enchaînement la plus rentable de juillet. Les variétés résistantes à la montaison comme Reine de Mai, Batavia Blonde, Sucrine ou Lollo Rossa donnent une récolte 30 à 50 jours après semis, soit fin août à mi-septembre selon la variété. Le bon créneau commence dès la première décade pour les pommées, dernière décade pour les laitues à couper.

Plant de laitue (Lactuca sativa) en culture, feuilles tendres, semis estival a mi-ombre pour recolte d'automne
La laitue (Lactuca sativa) semée en juillet exige une exposition mi-ombragée et un sol maintenu frais sous 20 °C en surface.

Le geste critique tient en trois points. On sème à 0,5 cm de profondeur, jamais plus, car les graines de laitue ont besoin de lumière pour germer. On arrose en pluie fine le matin avant ou le soir après . On installe un voile d'ombrage si la température dépasse 28 °C pendant trois jours consécutifs. Sous ces conditions, la levée se déclenche en 5 à 8 jours 4.

L'erreur classique consiste à semer dans une terre brûlée par le soleil de juin. Le sillon doit être arrosé la veille au soir, le semis fait à la fraîche, puis recouvert d'une fine couche de terreau et tassé du dos du râteau. Sans cette préparation, les graines cuisent en surface et la levée plafonne sous 30 %.

2. Mâche (Valerianella locusta)

Rosette de mâche (Valerianella locusta) aux feuilles vertes tendres en arrondi
La mâche (Valerianella locusta) se sème de fin août à octobre pour récolter en rosette tout l'hiver.

La mâche est la salade d'hiver par excellence, mais son semis se fait en plein été. Les variétés Verte d'Étampes ou Coquille de Louviers demandent un cycle de 80 à 100 jours, ce qui place la récolte entre octobre et février. Semée après le 15 août, elle ne forme plus de rosettes assez denses avant les premières gelées ; juillet, et surtout sa dernière décade, reste la fenêtre de sécurité.

Le sol idéal est tassé. Contrairement aux autres légumes-feuilles, la mâche apprécie un lit de semence ferme, presque compacté. On sème à la volée sur une planche damée à la batte, puis on recouvre à peine, on plombe et on arrose en pluie. La faculté germinative de la mâche chute au-dessus de 25 °C ; un sol de 20-22 °C reste optimal 3.

La culture associée fonctionne bien. Une mâche semée entre les rangs de carottes de juillet ou sous les haricots à rames profite de l'ombre portée et garde la fraîcheur racinaire nécessaire. À la récolte, les rosettes se coupent au couteau au ras du collet, jamais arrachées, ce qui laisse les plantes voisines reprendre.

3. Carotte tardive (Daucus carota)

La carotte d'hiver et de conservation est la culture stratégique de la première décade de juillet. Les variétés Colmar à cœur rouge, Carentan, de Saint-Valéry demandent 150 à 180 jours du semis à la récolte. Semées entre le 1ᵉʳ et le 10 juillet, elles s'arrachent de fin novembre à février selon la rusticité régionale.

Carottes (Daucus carota) fraichement arrachees du sol, recolte d'hiver issue d'un semis de juillet
Carottes de conservation (Daucus carota). Semis première décade de juillet, récolte de novembre à février selon la région.

Le semis se fait en lignes espacées de 25 à 30 cm, profondeur 0,5 à 1 cm, dans un sol meuble exempt de cailloux qui forceraient les racines à fourcher. On mélange les graines à du sable fin pour répartir le semis, puis on tasse à la planche. La levée prend 14 à 21 jours, ce qui rend l'arrosage régulier indispensable pendant trois semaines 4.

L'éclaircissage intervient à deux stades. Premier passage quand les plants atteignent 5 cm, on garde un plant tous les 3 cm. Deuxième passage trois semaines plus tard, on garde un plant tous les 6 à 8 cm. C'est ce deuxième éclaircissage qui décide du calibre final. Trop serré, les carottes restent fines comme des allumettes ; trop large, elles fendent.

4. Navet d'automne (Brassica rapa)

Racines de navet d'automne (Brassica rapa) fraîchement arrachées, blanches et violacées
Racines de navet d'automne (Brassica rapa) fraîchement arrachées, blanches et violacées

Le navet d'automne reprend la place laissée par les pommes de terre primeur. Les variétés Boule d'Or, de Nancy, Marteau demandent 60 à 80 jours. Un semis dans la première décade de juillet donne une récolte fin septembre à octobre, parfaite avant les premières gelées qui détruiraient les racines exposées.

Le semis se fait en lignes espacées de 25 cm, profondeur 1 cm, sur un sol travaillé peu profondément mais affiné en surface. Le navet réagit mal aux à-coups d'arrosage : un sol qui sèche puis se gorge produit des racines creuses, fendues ou piquantes. L'arrosage régulier tous les 2 à 3 jours pendant les six premières semaines reste la clé de la texture finale.

L'altise est l'ennemie principale du navet semé en pleine chaleur. Le voile anti-insectes posé dès le semis et maintenu jusqu'à la formation des premières vraies feuilles évite les trous criblés sur le feuillage. Un arrosage en pluie en fin de journée perturbe aussi le cycle de l'altise, qui déteste l'humidité foliaire 5.

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5. Radis d'hiver (Raphanus sativus)

Racine longue de radis daikon (Raphanus sativus var. longipinnatus) à peau claire, radis d'hiver
Le daikon (Raphanus sativus var. longipinnatus) se sème en août-septembre pour des racines longues récoltées en hiver.

Le radis d'hiver n'a rien à voir avec le radis rond du printemps. Les variétés Noir long de Paris, Violet de Gournay, Daikon demandent 70 à 100 jours et produisent des racines de 200 à 800 grammes qui se conservent en silo ou en cave jusqu'en mars. Le semis idéal se fait dans la deuxième décade de juillet pour une récolte fin octobre à novembre.

Le sol doit être profond. Un radis noir développe une racine de 20 à 30 cm de long ; un sol caillouteux ou tassé en sous-couche force la racine à se tordre. On bêche sur 30 cm avant semis, on affine en surface, on sème en poquets de 3 graines tous les 15 cm sur des rangs espacés de 30 cm. On éclaircit à une plante par poquet après la levée 4.

La culture en interrang fonctionne bien sous des choux ou des poireaux. L'ombre légère évite la déshydratation de surface, et le radis n'entre en concurrence racinaire qu'au-delà de la huitième semaine, quand ses voisins approchent eux-mêmes de la récolte. Cette astuce double quasiment le rendement par mètre carré sur la fin d'été.

6. Brocoli (Brassica oleracea var. italica)

Le brocoli d'automne se sème dans la première décade de juillet pour une récolte fin octobre à décembre. Les variétés Calabrais, De Cicco, Romanesco demandent 90 à 110 jours du semis à la formation de la pomme principale, puis produisent des rejets latéraux pendant 4 à 6 semaines supplémentaires.

Tete de brocoli (Brassica oleracea var. italica) en culture, recolte d'automne issue d'un semis de juillet
Brocoli (Brassica oleracea var. italica). Semis en juillet, repiquage 4-5 semaines plus tard, récolte d'octobre à décembre.

Le semis se fait en godet ou en plaque, pas en pleine terre. La chaleur de juillet rend le semis direct hasardeux, et le repiquage permet de sélectionner les plants les plus vigoureux. On sème 2-3 graines par alvéole, profondeur 1 cm, et on garde le plus vigoureux après la levée. Le repiquage en place intervient 4 à 5 semaines après le semis, sur des plants de 10 à 12 cm 6.

L'espacement définitif compte. Un brocoli a besoin de 60 cm en tous sens pour développer une pomme de calibre correct. Plus serré, les pommes restent petites et les rejets latéraux ne sortent pas. On installe le voile anti-insectes dès le repiquage pour bloquer la piéride du chou, qui dépose ses œufs sur tout brassicacée laissée nue en juillet-août.

7. Chou frisé ou kale (Brassica oleracea var. sabellica)

Feuilles frisées et lacérées de chou kale (Brassica oleracea var. sabellica) au potager d'automne
Feuilles frisées et lacérées de chou kale (Brassica oleracea var. sabellica) au potager d'automne

Le kale est la culture longue par excellence. Semé en juillet, il se récolte de novembre à mars, et les variétés rustiques comme Nero di Toscana, Red Russian, Westländer supportent des gelées jusqu'à -10 °C sans dommage. Le froid améliore même la saveur : les feuilles deviennent plus sucrées après les premières gelées, par accumulation de sucres protecteurs dans les tissus.

Le protocole reprend celui du brocoli. Semis en godet première décade de juillet, repiquage en pleine terre fin juillet à début août, espacement 45 à 60 cm en tous sens. L'arrosage régulier les trois premières semaines après repiquage conditionne l'enracinement. Une fois installé, le kale tolère mieux le manque d'eau que la plupart des brassicacées, ce qui en fait un bon candidat pour les jardins sans système d'arrosage automatique 4.

La récolte se fait feuille à feuille du bas vers le haut, jamais en coupant le pied. Les feuilles extérieures se prélèvent à mesure des besoins, le cœur continue à produire pendant tout l'hiver. Sur un plant bien établi, on peut prélever 80 à 120 feuilles sur l'ensemble de la saison, soit l'équivalent de quatre à six plants de salade.

8. Haricot vert tardif (Phaseolus vulgaris)

Gousses de haricot vert (Phaseolus vulgaris) pendantes sur plant au potager d'été
Le haricot (Phaseolus vulgaris) se sème en place tous les 15 jours pour échelonner la récolte de juillet à septembre.

Le haricot vert se sème jusqu'à la mi-juillet pour une récolte fin septembre à mi-octobre. Au-delà du , le risque de gelée précoce avant maturité augmente fortement dans le quart nord-est de la France. Les variétés naines à cycle court comme Triomphe de Farcy, Contender, Fin de Bagnols demandent 55 à 65 jours du semis à la première récolte.

Le sol doit avoir dépassé 14 °C, condition rarement problématique en juillet. On sème en poquets de 4-5 graines tous les 30 cm sur des rangs espacés de 50 cm, profondeur 3 cm. La levée prend 7 à 10 jours. L'arrosage régulier devient critique pendant la floraison et la formation des gousses : un stress hydrique à ce stade fait avorter les fleurs et chuter le rendement de 40 à 60 % 3.

Le haricot tardif présente un avantage agronomique souvent ignoré. Comme toutes les légumineuses, il fixe l'azote atmosphérique grâce à ses bactéries symbiotiques racinaires. À la fin de la culture, on coupe la partie aérienne et on laisse les racines en place : le sol gagne 30 à 50 unités d'azote utiles à la culture suivante, généralement un chou ou une salade d'arrière-saison.

9. Pensée bisannuelle et fleurs d'arrière-saison (Viola)

Juillet est aussi le mois des semis de bisannuelles qui fleuriront au printemps suivant. La pensée (Viola × wittrockiana), la pâquerette (Bellis perennis), le myosotis (Myosotis sylvatica), la giroflée (Erysimum cheiri), la digitale (Digitalis purpurea) et la julienne des dames (Hesperis matronalis) se sèment toutes entre le 1ᵉʳ et le 31 juillet pour une floraison de mars à juin 2027 7.

Pensees (Viola wittrockiana) violettes et jaunes en pleine floraison, fleurs bisannuelles semees en juillet pour le printemps suivant
Pensées (Viola × wittrockiana). Semis en juillet, repiquage en septembre, floraison de mars à mai de l'année suivante.

Le semis se fait en pépinière ombragée ou en plaque à godets. On sème 2-3 graines par alvéole, profondeur 0,5 cm, on garde l'humidité constante pendant la levée. Le repiquage en place intervient en septembre, sur des plants de 5 à 8 cm bien enracinés. Cette logique de bisannuelle évite le creux floral de mars-avril, période où les bulbes de printemps n'ont pas encore explosé et où les vivaces dorment encore.

Le cosmos tardif (Cosmos bipinnatus) et le zinnia (Zinnia elegans) admettent aussi un dernier semis en première décade de juillet pour fleurir d'octobre aux premières gelées. C'est l'astuce pour prolonger la floraison estivale d'un mois et demi : un massif planté en mai et complété en juillet fleurit sans interruption jusqu'à fin octobre, contre fin août pour un massif uniquement semé au printemps.

Comment réussir un semis sous la chaleur de juillet ?

La canicule transforme la mécanique du semis. Au-dessus de 28 °C en surface, la levée chute, et au-dessus de 32 °C, la majorité des graines de saison fraîche entrent en dormance thermique. La parade tient en quatre gestes systématiques qui s'enchaînent dans l'ordre.

D'abord, l'arrosage du sillon la veille au soir. On ouvre le sillon, on l'arrose copieusement, on laisse l'eau pénétrer pendant la nuit. Au matin, le fond du sillon est frais et humide, prêt à recevoir les graines. Sans cette étape, l'eau apportée après semis reste en surface et s'évapore en quelques heures sans avoir atteint la zone d'humidité racinaire.

Latence culturale en juillet, du semis à la récolte

Nombre de jours moyens entre semis de juillet et premiere recolte, 9 especes du potager d'arriere-saison

Carotte tardive165 jours
Chou frisé (kale)130 jours
Mâche90 jours
Brocoli100 jours
Navet d'automne70 jours
Radis d'hiver85 jours
Haricot vert60 jours
Persil75 jours
Laitue d'été40 jours
Source : INRAE · Calendrier cultural des espèces maraîchères ; SNHF · Potagers et fruitiers.

Ensuite, l'ombrage temporaire de la zone semée. Un voile P17 posé sur des arceaux, une planche surélevée sur deux briques, ou simplement une cagette en bois renversée pendant les premiers jours après semis maintiennent une température de surface 4 à 6 °C plus basse que le sol nu en plein soleil 2. On retire l'ombrage dès la levée pour éviter l'étiolement.

Troisième geste, l'arrosage du soir en pluie fine. L'arrosoir à pomme fine, jamais le jet plein qui décompacte le sillon. On vise un apport de 5 à 8 litres par mètre carré, deux fois par semaine sur un sol paillé, trois fois par semaine sur un sol nu. Le paillage organique de cinq centimètres posé dès la levée divise par deux les besoins en eau et abaisse de 3 à 5 °C la température du sol.

Quatrième geste, l'éclaircissage rapide. Sur les semis denses (carotte, navet, radis), on intervient dès que les plants ont 2 à 3 cm. Plus on attend, plus les racines s'enchevêtrent et plus l'opération devient traumatisante. Un éclaircissage par temps couvert ou en fin de journée évite le stress hydrique sur les plants conservés.

Comment adapter le calendrier de juillet à votre climat ?

Le calendrier de juillet se décale géographiquement, mais moins qu'en mai. La chaleur estivale uniformise les conditions sur la majeure partie du territoire, et la principale variable devient l'évapotranspiration, comprise entre 4 mm par jour en Bretagne et 8 mm par jour sur le pourtour méditerranéen 2. Cette différence double les besoins en eau d'un même semis selon la région.

RégionFenêtre carotte tardiveFenêtre laitue d'étéEspèce prioritaireContrainte clé
Nord et Bretagne1ᵉʳ-15 juillet15-31 juilletBrocoli, kaleRisque de gelée précoce mi-octobre
Île-de-France et Centre1ᵉʳ-10 juillet10-31 juilletCarotte, navet, kaleCanicule juillet-août, arrosage critique
Sud-Ouest et Aquitaine5-15 juillet15-31 juilletHaricot vert, mâcheSécheresse estivale, mi-ombre indispensable
Sud méditerranéen20-31 juilletfin juillet à début aoûtMâche, laitue d'hiverChaleur extrême, semis sous voile d'ombrage
Montagne (>800 m)1ᵉʳ-5 juillet1ᵉʳ-15 juilletRadis d'hiver, kaleSaison courte, gelée précoce septembre
Profils régionaux pour les semis d'arrière-saison en juillet (fenêtres, contraintes, espèces prioritaires).

En zone méditerranéenne, le décalage vers la fin du mois est systématique. Une carotte semée le 5 juillet à Montpellier germe par 35 °C, lève à 40 % puis grille au stade cotylédon. La même carotte semée le 25 juillet, après le pic de chaleur, lève à 75 % et profite des températures déclinantes d'août pour s'installer correctement. Le calendrier des guides nationaux, calé sur le climat océanique tempéré, mérite donc d'être systématiquement décalé de quinze jours dans le sud.

En altitude, la logique inverse joue. Au-dessus de 800 mètres, la première gelée tombe en moyenne fin septembre, parfois début octobre dans les zones les plus exposées. On avance tous les semis à la première décade de juillet, on privilégie les cycles courts (kale, radis d'hiver, mâche) et on oublie la carotte tardive qui n'aura pas le temps de grossir. Le brocoli à cycle court de 90 jours reste la culture la plus rentable.

Que ne faut-il pas planter en juillet ?

Sept cultures sont contre-indiquées en juillet, leur calage est physiologique. La tomate, le poivron, l'aubergine, la courgette et le concombre ont leur fenêtre de plantation en mai-juin ; semés ou repiqués en juillet, ils n'auront pas le temps de fructifier avant les premières fraîcheurs de septembre qui stoppent leur croissance. Les cultures à cycle long comme l'oignon de stockage, l'échalote et l'ail ont leurs propres créneaux d'automne ou de fin d'hiver.

L'épinard d'été est le grand piège de juillet. Beaucoup de jardiniers le sèment au prétexte qu'il pousse vite : un épinard semé en juillet sous 25 °C monte à graines en 15 à 20 jours sans avoir formé de feuillage exploitable. La photopériode de jours longs et la chaleur déclenchent la photopériode reproductive en quelques jours 1. On attend la fin août pour le vrai semis d'épinard d'automne.

Les fraisiers remontants sont à éviter en juillet pleine canicule. Le moment idéal de plantation se situe entre le 15 août et le 15 septembre, quand le sol garde de la chaleur mais que l'évapotranspiration baisse. Un fraisier planté en juillet à 30 °C subit un stress de reprise majeur, son enracinement reste superficiel, et la production de l'année suivante chute de 40 à 60 %.

Quelles sont les erreurs typiques de juillet ?

Six erreurs reviennent chaque été dans les retours des jardiniers amateurs, et toutes coûtent une saison de récolte d'arrière-saison.

  1. Semer en plein soleil à midi sur sol sec. Les graines de saison fraîche entrent en dormance thermique sous 32 °C. On sème tôt le matin sur un sillon arrosé la veille, jamais à sur terre poussière 2.
  2. Oublier le paillage après la levée. Un sol nu de 28 °C en surface chauffe à 38 °C sous le soleil de midi, le système racinaire stagne. Cinq centimètres de paillis organique abaissent la température racinaire de 4 à 6 °C et divisent les besoins en eau par deux.
  3. Repiquer des choux sans voile anti-insectes. La piéride du chou et l'altise des crucifères trouvent en juillet leur pic de population. Un voile maille fine de 1,3 mm posé dès le repiquage évite 80 % des dégâts foliaires sans aucun traitement 5.
  4. Attendre août pour semer les bisannuelles. Pensées, myosotis et giroflées doivent être semés en juillet pour avoir le temps de former une rosette assez forte avant l'hiver. Un semis d'août donne des plants chétifs qui fleurissent à peine au printemps suivant.
  5. Arroser le feuillage à la fraîche du soir. L'humidité foliaire qui persiste la nuit favorise l'oïdium et le mildiou sur courges, tomates et brassicacées. On arrose au pied à l'arrosoir, jamais au jet sur les feuilles.
  6. Semer trop dense pour compenser la perte attendue. Un semis triplé n'augmente pas la levée, il augmente la concurrence racinaire des plants qui finissent par lever. L'éclaircissage devient brutal et casse les racines voisines. Mieux vaut semer modérément et compléter au besoin dix jours plus tard.

Pour aller plus loin

Plusieurs sources francophones publient leur propre lecture du calendrier de juillet. Le semencier Vilmorin recense les espèces compatibles avec un semis estival, en privilégiant les variétés à cycle court ou de racines et les repiquages de plants déjà formés plutôt que les espèces longues à maturité. Pour les questions de toxicité — utile quand on cultive en présence d'animaux domestiques — les ressources publiées par l'Ordre national des vétérinaires confirment ou écartent les choix de plantation auprès d'une source professionnelle reconnue.

Questions fréquentes

Que planter en juillet au potager ?

Neuf espèces dominent le calendrier de juillet pour les récoltes d'arrière-saison : laitue d'été, mâche, carotte tardive, navet d'automne, radis d'hiver, brocoli, chou frisé, haricot vert tardif, persil. Toutes demandent un sol maintenu sous 25 °C en surface, un arrosage régulier et un paillage dès la levée. Les variétés à cycle long (carotte 165 jours, kale 130 jours) se sèment dans la première décade de juillet 1.

Peut-on encore semer des carottes en juillet ?

Oui, juillet est même le mois principal pour les carottes de conservation et d'hiver (variétés Colmar, Carentan, de Saint-Valéry). On sème entre le 1ᵉʳ et le 10 juillet pour récolter de novembre à février. La levée demande 14 à 21 jours, ce qui impose un arrosage régulier pendant trois semaines. L'éclaircissage en deux passages décide du calibre final 4.

Quelles fleurs semer en juillet ?

Juillet est le mois des bisannuelles à floraison printanière : pensée, pâquerette, myosotis, giroflée, digitale, julienne des dames. Toutes se sèment en pépinière ombragée puis repiquent en septembre pour fleurir de mars à mai 2027. Le cosmos et le zinnia admettent aussi un dernier semis en première décade de juillet pour fleurir d'octobre aux premières gelées 7.

Comment éviter que les semis grillent en juillet ?

Quatre gestes s'enchaînent : arrosage du sillon la veille au soir pour humidifier le fond, semis à la fraîche le matin avant 8 h, ombrage temporaire par voile P17 ou cagette pendant la levée, paillage organique de 5 cm dès l'apparition des cotylédons. Le paillage seul abaisse la température du sol de 4 à 6 °C et divise par deux les besoins en eau 2.

Que ne pas planter en juillet ?

Sept cultures sont contre-indiquées : tomate, poivron, aubergine, courgette, concombre (fenêtre de plantation en mai-juin, plus le temps de fructifier), épinard d'été (montée à graines en 15 jours sous 25 °C), fraisier remontant (à planter entre le 15 août et le 15 septembre). L'ail et l'oignon de stockage suivent leurs propres calendriers d'automne ou de fin d'hiver 1.