
- Comment faire du purin d'ortie ?
- Identifier la bonne espèce
- Fabrication : matériel et ingrédients
- Le calendrier de fermentation
- Classique ou moderne : deux écoles de fermentation
- Quel dosage pour quel usage ?
- Pucerons : le seuil 10 % qui inverse l'effet
- Préventif, pas curatif
- Arbres fruitiers et plantes pérennes
- Que contient vraiment le purin d'ortie ?
- Pourquoi l'ortie et pas une autre plante ?
- Un ordre de grandeur utile
- Le purin d'ortie marche-t-il vraiment ?
- Ce que dit l'étude Garmendia
- La revue critique Chalker-Scott
- Ce que la chimie suggère quand même
- Pourquoi est-il légal en France ?
- Ce que dit l'arrêté
- PNPP contre AMM, quelle différence ?
- Quels pièges éviter ?
- Récipient, dosage, phénologie
- Le purin raté
- Quand cueillir et combien de temps conserver ?
- Calendrier mois par mois
- Combien cueillir ?
- Stockage efficace
- Questions fréquentes
Le , la France a officiellement autorisé la vente du purin d'ortie comme PNPP sous le numéro 2011-01. Quinze ans de zone grise venaient de prendre fin. L'article donne la recette exacte, les doses par usage, ce que la science mesure vraiment dans le seau, le cadre légal et les cultures à éviter.
Comment faire du purin d'ortie ?
Pour faire du purin d'ortie, compter 1 kg de feuilles et tiges fraîches d'Urtica dioica pour 10 L d'eau de pluie, dans un bac non métallique couvert mais non hermétique. Fermentation 7 à 14 jours à 18-22 °C, brassage quotidien, arrêt quand les bulles cessent. La recette vient de l'annexe technique de l'arrêté du (JORF, JORFTEXT000023912654).
La vidéo est animée par Didier (Mon Potager Plaisir), qui présente une recette différente de celle de l'arrêté 2011 : fermentation en bac hermétiquement fermé, un seul brassage après une semaine, orties entières jamais coupées. Il s'appuie sur les enseignements récents d'Eric Petiot, co-auteur de Purin d'ortie et compagnie (, Éditions de Terran), qui aurait révisé sa méthode après quinze ans d'expérimentations comparées. On détaille les deux écoles plus bas.
Identifier la bonne espèce
On cueille la grande ortie, Urtica dioica, reconnaissable à ses tiges à section carrée, ses poils urticants denses et son rhizome traçant (INPN MNHN, cd_nom 128268). Éviter absolument le lamier blanc (Lamium album), très ressemblant mais dépourvu de poils urticants et sans intérêt azoté.
Une autre confusion plus sournoise : la petite ortie Urtica urens, annuelle, plus naine (20-50 cm contre 50-150 cm pour U. dioica), monoïque (fleurs mâles et femelles sur le même pied) et au feuillage plus arrondi. Sa biomasse au m² est inférieure d'un facteur trois à quatre, et son taux d'azote en feuille fraîche tourne autour de 1,5 % contre 2,2 à 3,3 % pour U. dioica (Tela Botanica, BDTFX 70398). Pour un purin réussi, la grande ortie pérenne reste la cible.
Fabrication : matériel et ingrédients
Il faut de l'eau de pluie (non chlorée, peu calcaire), un bac en plastique alimentaire, en bois ou en inox, jamais en fer ni en zinc, un couvercle posé sans être vissé, et un bâton pour brasser. Les gants sont non négociables pendant la cueillette : les trichomes urticants restent actifs plusieurs heures sur la main.
Le calendrier de fermentation

Immerger les feuilles
Plonger 1 kg de feuilles fraîches d'Urtica dioica dans 10 L d'eau de pluie, dans un bac non métallique couvert mais non hermétique. Brasser une première fois.

Surveiller le pic de fermentation
Les bulles forment un pic en surface et une odeur ammoniacale franche apparaît. C'est l'hydrolyse anaérobie qui transforme les protéines de l'ortie en ammonium (NH₄⁺). Brassage quotidien.

Attendre le ralentissement
Les bulles ralentissent au brassage et le liquide brunit. Continuer le brassage quotidien et surveiller l'arrêt complet des bulles.

Filtrer et stocker
Plus aucune bulle ne remonte après agitation. Le purin est prêt. Filtrer grossièrement au torchon pour un usage à l'arrosoir, au bas nylon pour le pulvérisateur. Stocker en bidon opaque hermétique.
L'annexe I de l'arrêté cadre la phase active à 3 à 4 jours à 18 °C ; la maturation complète reste une affaire de terrain.
Classique ou moderne : deux écoles de fermentation
La recette détaillée ci-dessus est la version aérobie classique de l'arrêté PNPP : bac couvert non hermétique, brassage quotidien, 7 à 14 jours. Une seconde école, portée depuis les années 2015 par Eric Petiot et relayée par des praticiens comme Didier (Mon Potager Plaisir), défend une fermentation strictement anaérobie : bac fermé hermétiquement, orties entières, un unique brassage après sept jours, maturation d'une à quatre semaines.
L'argument de l'école moderne : un purin qui fermente en présence d'oxygène s'oxyde, et le jus obtenu serait moins efficace, voire contre-productif (selon Didier, il « attirerait maladies et ravageurs »). Le test de la mousse permet de vérifier la maturité sans ouvrir le bac.
| Paramètre | Classique (arrêté 2011) | Moderne (Petiot, 2015+) |
|---|---|---|
| Proportion | 1 kg / 10 L d'eau de pluie | 1 kg / 10 L d'eau de pluie |
| Contenant | Couvert, non hermétique | Hermétiquement fermé |
| Préparation des orties | Feuilles et tiges, coupées possibles | Plantes entières, jamais coupées ni hachées |
| Brassage | Quotidien pendant 7 à 14 jours | Un seul, au bout de 7 jours |
| Température | 18-22 °C | 18-35 °C, idéal 20-25 °C |
| Durée totale | 7 à 14 jours | 1 à 4 semaines selon température |
| Test de maturité | Arrêt des bulles au brassage | Mousse fragile qui disparaît en < 30 s |
| Statut réglementaire | Recette officielle PNPP | Hors cadre réglementaire |
La recette aérobie reste la référence juridique en France : c'est elle qui a été homologuée par l'arrêté du 18 avril 2011 et qui permet la commercialisation des préparations naturelles peu préoccupantes. La version anaérobie n'a pas de validation officielle, mais elle s'appuie sur une pratique terrain revendiquée par l'un des auteurs français de référence. Les deux produisent un extrait fonctionnel ; la version moderne demande moins de travail quotidien et limiterait les risques d'oxydation accidentelle. À chacun de choisir son camp selon ses contraintes et sa confiance dans la source.
Quel dosage pour quel usage ?
Deux dilutions standards couvrent l'essentiel du potager : 10 % en arrosage au pied, 5 % en pulvérisation foliaire. Le purin pur se réserve à la barrière répulsive ponctuelle au sol. Fréquence : une à deux fois par semaine en pleine croissance, stop aux premiers boutons floraux. L'annexe I de l'arrêté PNPP cite explicitement la dilution 1/5 à l'emploi (JORF, 2011).
| Usage | Dilution | Fréquence | Cultures cibles |
|---|---|---|---|
| Arrosage au pied (fertilisant) | 10 % (1 L / 9 L d'eau) | 1 fois par semaine | Tomates jeunes, courges, choux, salades |
| Pulvérisation foliaire (élicitation + répulsion) | 5 % | Tous les 10 à 14 jours | Rosiers, fraisiers, cucurbitacées |
| Barrière répulsive au sol | Pur, local | Ponctuel au besoin | Zones à limaces, pieds de rosier |
| Activateur de compost | 10 % | À chaque couche verte | Tas de compost domestique |
| À éviter | — | — | Légumineuses, ail, oignon, poireau |
Pucerons : le seuil 10 % qui inverse l'effet
L'effet répulsif sur puceron suit une logique de seuil. Sous 10 % de dilution en pulvérisation foliaire, le purin éloigne effectivement les Aphidoidea par son odeur ammoniacale et ses composés phénoliques. Au-delà de 20 %, il devient attractif : les sucs phloémiens enrichis en azote disponible offrent justement aux pucerons leur ressource alimentaire favorite. Doser large ne renforce pas l'effet, il l'inverse en quelques jours d'application répétée. Maintenir 5 à 10 % maximum, observation terrain confirmée par les essais SNHF (SNHF Conseil Scientifique, 2012).
Préventif, pas curatif
Le purin agit en préventif : il repousse les ravageurs et stimule les défenses de la plante. Il n'éradique pas une colonie de pucerons déjà installée. Garmendia et al. n'ont mesuré aucun effet significatif de la pulvérisation foliaire sur les ravageurs d'une culture de pomme de terre bio (PeerJ, , e4729). Tester sur 2 ou 3 feuilles avant d'arroser tout le rang : une phytotoxicité se déclenche à 48 h si la solution est trop concentrée.
Arbres fruitiers et plantes pérennes
Sur citronnier, olivier, hibiscus, laurier rose et autres arbustes pérennes, l'apport au sol à 10 % de mars à mi-juin stimule la reprise végétative sans pousser la végétation au détriment des fleurs. Stopper dès la nouaison (formation des jeunes fruits) pour éviter la chute prématurée. En pulvérisation foliaire, rester à 5 % et éviter les heures chaudes en plein été pour les plantes en pot, dont les racines tolèrent moins les concentrations ammoniacales que celles en pleine terre.
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Que contient vraiment le purin d'ortie ?
Peterson et Jensén, à l'Université de Lund, ont mesuré 30 à 40 millimoles d'azote par litre dans un purin frais, majoritairement sous forme ammoniacale NH₄⁺, accompagné de potassium, magnésium, fer et d'oligo-éléments (B, Mn, Zn, Cu, Mo). Après dilution à 10 %, la solution d'arrosage tombe à 0,5 à 2 g d'azote par litre (Biological Agriculture & Horticulture, , DOI 10.1080/01448765.1985.9754444).
Proportions relatives des macro-éléments et oligo-éléments après 7 jours de fermentation
- Azote (N, NH₄⁺)45 %
- Potassium (K)30 %
- Magnésium (Mg)12 %
- Fer (Fe)8 %
- Oligo (B, Mn, Zn, Cu, Mo)5 %
Pourquoi l'ortie et pas une autre plante ?
L'ortie est bioindicatrice de sols riches en azote, phosphore et potassium (Tela Botanica, BDTFX 70396). Elle concentre dans ses feuilles ce que ses rhizomes ont pompé pendant des semaines. Les composés phénoliques et l'acide formique libérés pendant la fermentation expliquent les effets répulsif et éliciteur observés sur puceron et sur aleurode. D'autres préparations comme le purin de prêle (Equisetum arvense) ou la tanaisie (Tanacetum vulgare) couvrent d'autres usages au jardin.

Un ordre de grandeur utile
Garmendia et al. rappellent que l'ortie fraîche titre 2,2 à 3,3 % d'azote en masse, contre 0,005 % dans un purin dilué à 10 %. L'écart est d'un facteur 400 à 600. Le purin reste un apport d'appoint répété, pas un substitut au compost.
Le purin d'ortie marche-t-il vraiment ?
Les études publiées sur l'efficacité du purin d'ortie sont contrastées : Garmendia et al. () ne mesurent aucun effet foliaire significatif sur pomme de terre, tandis que les analyses de composition de Peterson et Jensén () confirment une charge azotée utile à l'arrosage. Chalker-Scott parvient au même verdict sur les extraits fermentés en général : un top-dressing au compost fait aussi bien (WSU Extension, , PDF).
La Société Nationale d'Horticulture de France (SNHF) a conduit en une revue scientifique des macérations d'ortie et conclut à des effets mesurés « nuls, ténus ou aléatoires » selon les conditions expérimentales (SNHF Conseil Scientifique, ). La cohérence des trois revues indépendantes (SNHF, Chalker-Scott, Garmendia) dessine un consensus : le purin d'ortie apporte de l'azote mesurable, mais son effet répulsif ou éliciteur reste difficile à reproduire en essai contrôlé.
Ce que dit l'étude Garmendia
Le protocole combine des pulvérisations foliaires répétées sur des parcelles bio. Résultat négatif sur les trois paramètres mesurés. La limite est explicite : le test n'inclut pas l'apport au sol à 10 %, qui reste la voie principale d'usage du purin chez les jardiniers. À 0,005 % d'azote total, un foliaire seul ne nourrit rien. Il agit, éventuellement, comme éliciteur.
La revue critique Chalker-Scott
« The Myth of Compost Tea Revisited » passe au crible une trentaine d'études. Peu démontrent un bénéfice net des extraits fermentés face à l'eau seule. Le message n'est pas que le purin ne fait rien, mais que ses effets mesurés restent modestes, et qu'un simple épandage de compost sec les reproduit souvent à moindre coût.
Ce que la chimie suggère quand même
À l'arrosoir à 10 %, on apporte 0,5 à 2 g d'azote par litre de solution. Sur 8 à 10 semaines de croissance, cela reste un apport d'appoint cohérent, surtout sur cultures gourmandes. Le purin d'ortie a deux modes d'action distincts qu'il faut cesser de confondre : fertilisant azoté au sol à 10 %, et éliciteur-répulsif foliaire à 5 %. Les études critiques ciblent surtout le second. Le premier tient la route, à condition de répéter les apports.
Pourquoi est-il légal en France ?
Le purin d'ortie est autorisé à la vente et à l'usage en France depuis l'arrêté du , qui l'inscrit sur la liste des PNPP sous le numéro 2011-01. Avant cette date, la vente sans AMM (autorisation de mise sur le marché) pouvait être sanctionnée au titre du Code rural, ce qui avait nourri ce qu'on a appelé « l'affaire du purin d'ortie » à partir de 2006.
L'autorisation de clôt près de cinq ans de tension entre l'administration et les jardiniers amateurs, qui voyaient dans l'ancienne interdiction un excès réglementaire visant un usage traditionnel. Au moment de la publication, la presse généraliste titrait « Le purin d'orties bientôt commercialisé » et décrivait la recette officielle comme une victoire symbolique des praticiens artisanaux.
Ce que dit l'arrêté
« Extrait fermenté d'ortie, obtenu par macération de 1 kg de feuilles et tiges fraîches d'Urtica dioica dans 10 litres d'eau pendant 3 à 4 jours à 18 °C, dilution à 1/5 à l'emploi, pH cible 6,0 à 6,5. »
PNPP contre AMM, quelle différence ?
Une AMM (autorisation de mise sur le marché) encadre un produit phytopharmaceutique via des dossiers d'efficacité et de toxicologie lourds, coûteux, adaptés aux molécules de synthèse. La PNPP, elle, est un régime allégé réservé aux substances naturelles à usage phytopharmaceutique, connues, peu dangereuses. Le purin d'ortie en est le cas fondateur. Aujourd'hui, un jardinier peut l'acheter en jardinerie ou le produire chez lui sans déclaration. La vente en circuit professionnel reste encadrée pour l'étiquetage et la traçabilité (AIDA INERIS, confirmation secondaire de l'arrêté).
Un litre de purin d'ortie prêt à l'emploi se vend environ 6 € en jardinerie française en , rendant la préparation maison économiquement avantageuse au-delà du 3e litre par an.
Quels pièges éviter ?
Quatre erreurs gâchent la plupart des purins ratés : bac métallique qui réagit à l'acide formique, surdosage qui brûle les jeunes racines, confusion d'espèce au moment de cueillir, et apport prolongé jusqu'à la floraison des solanacées. Aucune n'est grave isolément, les quatre ensemble suffisent à conclure « le purin ne marche pas chez moi ».
Récipient, dosage, phénologie
Côté récipient, jamais de fer galvanisé ni de zinc : l'acide formique libéré pendant la fermentation réagit avec le métal et contamine le purin. Plastique alimentaire, bois ou inox uniquement. Sur le dosage foliaire, une pulvérisation pure sur jeune feuillage brûle les tissus en 48 h ; tester sur 2 ou 3 feuilles d'abord, vérifier l'absence de nécrose à 24 h avant de traiter le rang entier.
La confusion d'espèce fait le troisième piège. Le lamier blanc (Lamium album) ressemble à l'ortie sans poils urticants, son purin n'a aucun intérêt azoté, et une identification par photo devant le pied avant coupe suffit à l'écarter. Reste la phénologie, le piège le plus silencieux : continuer les apports d'azote après les premiers boutons floraux bloque la fructification sur tomates, courges, aubergines, poivrons. Une observation terrain documentée par la rédaction Floralens en illustre le piège : sur deux pieds de tomate « Noire de Crimée » traités jusqu'en juin, le feuillage est resté exubérant avec seulement trois fruits. Les pieds stoppés fin mai en ont produit onze.
Le purin raté
Si la surface devient blanchâtre avec un voile moisi, si le liquide reste translucide après 14 jours, ou si l'odeur vire franchement à l'œuf pourri (H₂S), jeter au compost et recommencer. Un bon purin sent l'ammoniac, pas la putréfaction.
Quand cueillir et combien de temps conserver ?
La fenêtre de cueillette optimale court d'avril à juin, avant montée à graine. Le purin fini se conserve 6 à 12 mois dans un bidon opaque, hermétique, stocké au frais et à l'abri de la lumière. Au-delà, l'azote ammoniacal se volatilise et le purin perd en efficacité, sans devenir toxique pour autant. Une seconde coupe est possible en septembre sur les repousses (Tela Botanica, BDTFX 70396).
Calendrier mois par mois
L'usage suit la phénologie des cultures. Mars-avril : démarrage des semis, arrosage à 10 % au pied tous les 15 jours sur jeunes plants de tomate, courge, aubergine, salade. Mai : apport racinaire renforcé sur cultures gourmandes en pleine croissance. Juin : la coupure nette pour les fruits et légumes — tomate, courge, courgette, aubergine — dès apparition des premiers boutons floraux. Juillet et août : maintien des apports sur les cultures non fructifères, salades de coupe, choux pommés, poireaux, plus la pulvérisation foliaire à 5 % en préventif rosier-fraisier. Septembre : fenêtre courte sur les cultures d'arrière-saison, mâche, jeunes choux d'hiver, salades d'automne. Octobre à février : pause, le purin filtré stocké en bidon prend le relais au calendrier annuel du jardin.
Combien cueillir ?
Pour un potager de 30 m², estimer 10 à 20 L de purin dilué sur la saison, soit environ 2 à 4 kg de feuilles fraîches à la récolte initiale. Cueillir les jeunes pousses de 30 à 50 cm, feuilles tendres, avant que les premières fleurs vertes n'apparaissent au nœud. Les vieilles tiges ligneuses libèrent moins d'azote et prolongent la fermentation.
Stockage efficace
Bidon opaque obligatoire : la lumière dégrade les composés phénoliques. Hermétique uniquement après la filtration finale, la fermentation active est alors terminée. Cave, garage ou local frais. À l'ouverture, une odeur ammoniacale est normale ; une odeur d'œuf pourri signale une contamination bactérienne, on jette. Durée réelle raisonnable : 6 mois sans inquiétude, 12 mois avec perte progressive d'efficacité. Stocker au-delà d'un an n'a pas de sens.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il macérer le purin d'ortie ?
7 à 14 jours selon la température, plus rapide à 22 °C, plus long à 15 °C. Signal d'arrêt : fin des bulles en surface après un brassage. L'annexe de l'arrêté du fixe la phase active à 3 à 4 jours à 18 °C, la maturation complète prend une à deux semaines sur observation terrain (JORF, Légifrance).
Combien de temps se conserve le purin d'ortie filtré ?
6 à 12 mois en bidon plastique opaque hermétique, stocké entre 10 et 15 °C, à l'abri de la lumière. Au-delà, l'azote ammoniacal se volatilise et l'effet fertilisant chute. Trois signaux d'alerte indiquent un purin à jeter : odeur d'œuf pourri (sulfure d'hydrogène, fermentation anaérobie déviée), film moisi blanc ou noir en surface, liquide redevenu translucide.
Peut-on utiliser le purin d'ortie pur ou dilué ?
Non pur pour l'arrosage au pied ni pour la pulvérisation foliaire : risque de brûlure ammoniacale à 48 h. Oui ponctuellement en barrière répulsive au sol autour des cultures sensibles. Dilutions standards : 10 % à l'arrosoir (1 L pour 9 L d'eau), 5 % au pulvérisateur, valeurs dérivées de la dilution 1/5 citée par l'arrêté PNPP 2011-01.
Le purin d'ortie marche-t-il contre les pucerons ?
En préventif, oui : effet répulsif et action éliciteur sur les défenses de la plante. Sur une colonie déjà installée, les données sont minces. Garmendia et al. n'ont pas mesuré d'effet significatif sur les ravageurs de la pomme de terre (PeerJ, , e4729). Alterner avec du savon noir ou un retrait manuel si l'infestation est en cours.
Et contre l'araignée rouge, les thrips ou les cochenilles ?
Aucune étude contrôlée n'a mesuré l'efficacité du purin d'ortie contre l'araignée rouge (Tetranychus urticae) ou les thrips. Pour la cochenille, la référence reste le savon noir associé à l'alcool ménager. Le purin d'ortie en pulvérisation foliaire à 5 % peut compléter ces traitements en stimulant les défenses de la plante (effet éliciteur), mais ne remplace pas un traitement spécifique contre une infestation déclarée.
Purin d'ortie, quand l'utiliser et quand arrêter ?
Dès la plantation jusqu'aux premiers boutons floraux sur tomates, courges, aubergines, poivrons. L'azote ammoniacal pousse la végétation au détriment de la fructification. Stop dès que les fleurs vertes apparaissent. Prendre le relais avec du purin de consoude (Symphytum officinale), plus riche en potassium, pour accompagner la phase floraison-fructification. La consoude joue d'ailleurs un rôle central de bio-accumulateur en jardin-forêt permacole, où elle est coupée trois à quatre fois par an au pied des fruitiers (chop-and-drop).
Quelles plantes ne pas arroser au purin d'ortie ?
Les légumineuses (haricots, pois, fèves) fixent déjà l'azote atmosphérique via leurs nodosités à Rhizobium, un apport supplémentaire est inutile et parfois contre-productif. Les alliacées (ail, oignon, échalote, poireau) détestent l'excès d'azote, qui favorise la pourriture au collet. Les aromatiques méditerranéennes en sol sec (thym, sarriette, romarin) n'en ont pas besoin.
Le purin d'ortie est-il dangereux pour les chats et les chiens ?
Aucune monographie vétérinaire ne classe le purin d'ortie fermenté comme toxique pour les carnivores domestiques. Le risque documenté reste l'irritation des muqueuses par l'ammoniac volatil en bidon ouvert et la dermatite urticante au contact de la plante fraîche. Stocker le bidon hors de portée, rincer la zone traitée à l'eau claire après pulvérisation, et consulter votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire (Capae Ouest, Oniris Nantes) en cas d'ingestion.

