- Qu'est-ce qu'une fleur séchée ?
- Les quatre voies de séchage
- Pourquoi l'obscurité et l'air sec comptent
- Pourquoi ce ne sont pas des fleurs fraîches
- Fleur séchée, stabilisée ou éternelle : quelles différences ?
- Quand préférer la stabilisation
- Quelles fleurs faire sécher ? Les espèces phares
- Quelles fleurs ne pas faire sécher ?
- Pourquoi l'eau interne décide de tout
- Les alternatives pour les corolles délicates
- Quand récolter les fleurs à sécher ?
- Le bon stade par type de fleur
- La règle météo
- Le séchage à l'air : suspendre tête en bas
- Le geste, étape par étape
- Le séchage sous presse : presse à fleurs et herbier
- Du buvard au cadre
- De l'herbier à l'oshibana
- Le gel de silice : sécher par dessiccant
- Réussir l'enfouissement
- La glycérine : conserver un feuillage souple
- Bien doser et surveiller
- Quelle technique de séchage choisir ?
- Combien de temps se conservent les fleurs séchées ?
- Les signes qui annoncent le remplacement
- Comment entretenir des fleurs séchées ?
- Les gestes d'entretien
- Stocker les compositions saisonnières
- Idées déco avec des fleurs séchées
- Quatre compositions à essayer
- Les erreurs courantes du séchage de fleurs
- Questions fréquentes
2 à 4 semaines, tête en bas, dans une pièce sombre et ventilée : c'est tout ce qu'il faut pour transformer un bouquet frais en composition qui tient des années. Sécher une fleur, c'est lui retirer son eau avant que la décomposition ne s'en charge. Quatre voies y mènent, du simple fil tendu au gel de silice qui fige une pivoine en volume. Encore faut-il choisir les bonnes espèces, les récolter au bon stade et les garder à l'abri des UV. Tour d'horizon chiffré : les quatre techniques, les fleurs qui tiennent, celles qui pourrissent, et la durée réelle d'un bouquet une fois sec.
Qu'est-ce qu'une fleur séchée ?
Une fleur séchée est une fleur, une graminée ou une capsule dont on a retiré l'eau pour la stabiliser durablement. Ce retrait d'humidité, la dessiccation, suspend le flétrissement et la décomposition : sans eau libre, ni enzymes ni moisissures ne travaillent plus les tissus2. Quatre voies y conduisent, le séchage à l'air, le séchage sous presse, le séchage par dessiccant au gel de silice, et la conservation par substitution à la glycérine. Selon l'espèce et la méthode, une fleur séchée tient de plusieurs mois à plusieurs années, là où une fleur fraîche fane en une semaine4. On la met en bouquet, en couronne, en cadre-herbier ou en pot-pourri parfumé.
Les quatre voies de séchage
Chaque technique de fleurs séchées agit sur un type de fleur précis, et nommer la bonne évite de gâcher la récolte.
- Séchage à l'air, tête en bas : suspendues en petites bottes dans un local sombre et aéré pendant 2 à 4 semaines, les tiges restent droites car la gravité les empêche de se courber en séchant.
- Gel de silice : la fleur enfouie dans les cristaux, en boîte hermétique pendant 2 à 7 jours, voit sa forme et ses couleurs vives figées, idéal pour rose, pivoine et dahlia que l'air aplatirait.
- Glycérine : tiges immergées dans une solution d'un tiers de glycérine pour deux tiers d'eau tiède, 1 à 3 semaines, ce qui laisse l'eucalyptus et le hêtre souples au lieu de cassants.
- Espèces autoséchantes : immortelle, statice et queue-de-lièvre sèchent à l'air en gardant couleur et forme, grâce à leurs bractées papyracées ou à leur structure de graminée.
Pourquoi l'obscurité et l'air sec comptent
La lumière directe décolore : les rayons ultraviolets dégradent les pigments, d'où le séchage à l'obscurité puis la conservation à l'écart du soleil2. L'humidité, elle, fait moisir. Au-delà de 60 % d'humidité relative, la moisissure s'installe avant que la dessiccation ne s'achève, ce qui exclut salle de bain, cuisine et véranda plein sud. Réunies, ces deux conditions expliquent que des fleurs séchées bien préparées se conservent 1 à 3 ans à l'intérieur, à l'abri du soleil et de l'humidité.
Pourquoi ce ne sont pas des fleurs fraîches
Une fleur séchée se distingue d'une fleur stabilisée : la première est déshydratée, donc mate et cassante, tandis que la seconde a vu sa sève remplacée par une glycérine industrielle et un colorant, ce qui la garde souple et colorée. La rose éternelle, elle, n'est qu'une rose stabilisée vendue sous cloche : aucune des deux n'est réellement éternelle, leur tenue se compte en années comme la fleur séchée. Certaines fleurs charnues, tulipes, lys et orchidées, sèchent mal et sont à écarter. Côté animaux, plusieurs compositions séchées restent à placer hors de portée des chats, qui mâchonnent volontiers les graminées.
Fleur séchée, stabilisée ou éternelle : quelles différences ?
La distinction entre une fleur séchée et ses cousines tient au traitement de l'eau interne. Une fleur séchée perd son eau par dessiccation et devient rigide. Une fleur stabilisée garde sa souplesse parce qu'on remplace sa sève par une stabilisation à base de glycérine et de colorant, tiges immergées 1 à 8 semaines5. La rose éternelle est une rose stabilisée commercialisée à l'unité, le plus souvent sous cloche. Confondre ces trois objets mène aux mauvaises attentes : la stabilisée n'est pas séchée au sens strict, et aucune ne dure indéfiniment2.
| Type | Procédé | Rendu | Durée de vie |
|---|---|---|---|
| Fleur séchée | Eau retirée par dessiccation (air, presse, gel de silice, glycérine) | Mate, cassante, teintes assourdies | 1 à 3 ans |
| Fleur stabilisée | Sève remplacée par une solution glycérine et colorant | Souple au toucher, couleur ravivée, craint l'humidité | 2 à 3 ans et plus |
| Rose éternelle | Rose stabilisée vendue à l'unité, sous cloche | Souple, aspect frais, présentation protégée | 2 à 3 ans et plus |
Quand préférer la stabilisation
La fleur stabilisée garde un aspect frais sans entretien, mais elle ne supporte ni l'humidité ni le plein soleil et coûte nettement plus cher qu'un bouquet séché maison. Pour un feuillage souple et durable réalisé soi-même, la glycérine reste la voie accessible, traitée plus bas.
Quelles fleurs faire sécher ? Les espèces phares
Les meilleures fleurs séchées gardent leur forme et leur couleur sans pourrir : immortelle, statice, lavande, gypsophile, hortensia, achillée, nigelle et graminées comme la queue-de-lièvre figurent en tête. Les immortelles tiennent leur teinte parce que leurs bractées sont déjà sèches et papyracées au moment de la cueillette, presque sans eau à évacuer3. Le tableau des quinze espèces phares croise chaque espèce avec sa couleur sèche, la technique conseillée, le stade de récolte et l'usage6.

| Espèce | Couleur sèche | Technique | Récolte | Usage |
|---|---|---|---|---|
| Statice (Limonium sinuatum) | bleu, violet, rose | Air | Pleine floraison | Bouquet, couleur |
| Immortelle à bractées (Xerochrysum bracteatum) | jaune, orange, rouge | Air | Bouton mi-ouvert | Bouquet |
| Lavande vraie (Lavandula angustifolia) | violet | Air | Avant ouverture des fleurons | Bouquet, pot-pourri |
| Gypsophile (Gypsophila paniculata) | blanc | Air | Pleine floraison | Remplissage léger |
| Hortensia (Hydrangea macrophylla) | rose, bleu, vert | Air sur eau résiduelle | Sépales parcheminés | Couronne, volume |
| Achillée millefeuille (Achillea millefolium) | jaune, blanc, rose | Air | Ombelles pleines | Bouquet |
| Nigelle de Damas (Nigella damascena) | vert, brun (capsule) | Air | Capsules formées | Structure graphique |
| Queue-de-lièvre (Lagurus ovatus) | blanc, beige | Air | Épis pleins, avant graines | Bouquet souple |
| Eucalyptus (Eucalyptus globulus) | vert, gris | Glycérine | Rameaux matures | Feuillage souple |
| Pavot, capsules (Papaver somniferum) | gris, brun | Air sur pied | Capsules sèches | Structure |
| Brize intermédiaire (Briza media) | vert, beige | Air | Épillets formés | Graminée légère |
| Herbe de la pampa (Cortaderia selloana) | blanc, beige | Air | Plumeaux ouverts | Volume (espèce invasive, à contenir) |
| Chardon bleu (Eryngium planum) | bleu | Air | Pleine couleur | Bouquet graphique |
| Immortelle rose (Rhodanthe chlorocephala) | rose, blanc | Air | Bouton ouvert | Bouquet |
| Rose (Rosa) | rouge, rose | Gel de silice | Bouton mi-ouvert | Composition en volume |
La lavande, l'hortensia, le gypsophile, l'achillée et la nigelle disposent chacune d'une fiche détaillée pour la culture et la récolte.
Quelles fleurs ne pas faire sécher ?
Toutes les fleurs ne font pas de bonnes fleurs séchées : il faut écarter celles dont les pétales charnus sont gorgés d'eau. Tulipes, lys, orchidées, jacinthes et la plupart des corolles épaisses pourrissent ou s'affaissent avant d'être déshydratées2. Rien de mystérieux là-dedans : un fort taux d'eau interne ralentit la dessiccation, si bien que la moisissure s'installe avant que la fleur ne soit sèche. Là où une immortelle perd quelques grammes d'eau, un lys en garde l'essentiel dans des tissus qui se décomposent à l'air libre.
Pourquoi l'eau interne décide de tout
Une fleur séchée se forme correctement quand la perte d'eau précède l'apparition de moisissure. Plus la corolle est épaisse et hydratée, plus cette course est perdue d'avance à l'air libre. C'est la même logique qui rend les graminées et les bractées si fiables : elles partent déjà presque sèches.
Les alternatives pour les corolles délicates
Certaines fleurs charnues mais précieuses se sauvent par une autre voie. Le gel de silice absorbe l'eau assez vite pour figer une rose ou une pivoine avant qu'elle ne tourne. Le pressage, lui, convient aux corolles fines qui acceptent d'être aplaties, comme la pensée ou la cosmos. Pour une tulipe ou un lys, mieux vaut renoncer au séchage et profiter de la fleur fraîche.
Quand récolter les fleurs à sécher ?
Récoltez par temps sec et ensoleillé, en milieu de matinée, une fois la rosée évaporée, jamais sur un feuillage mouillé1. Le stade compte autant que l'heure : cueillir trop tôt donne des fleurs qui s'affaissent, trop tard des pétales et des graines qui tombent. La plupart des fleurs destinées au séchage se coupent juste avant l'épanouissement complet, quand la couleur est pleine mais la structure encore ferme3. Couper le matin garantit aussi des tiges gorgées qui supporteront mieux les premiers jours de séchage.
Le bon stade par type de fleur
- Lavande : avant l'ouverture des fleurons, quand les épis sont colorés mais fermés, pour garder le parfum et la teinte.
- Hortensia : tard en saison, au stade pétales papier, lorsque les sépales virent au parcheminé sur le pied.
- Graminées (queue-de-lièvre, brize) : avant la montée en graines, sinon les épis s'égrènent au séchage.
- Capsules (pavot, nigelle, allium) : laissées sécher sur pied, récoltées quand elles bruissent.
La règle météo
Deux journées sèches avant la coupe valent mieux qu'une cueillette précipitée. Une fleur récoltée après la pluie ou tôt sur la rosée garde un film d'eau qui amorce la moisissure dès la mise en botte. Le statice et la lavande, eux, tolèrent une cueillette généreuse car ils sèchent vite.
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Le séchage à l'air : suspendre tête en bas
Le séchage à l'air est la méthode de référence pour des fleurs séchées réussies : effeuillez le bas des tiges, liez 5 à 10 tiges en bottes lâches, puis suspendez-les tête en bas dans un local sombre, sec et ventilé, sous 60 % d'humidité relative, pendant 2 à 4 semaines1. Chaque consigne a sa raison mécanique. Tête en bas, les tiges restent droites au lieu de se courber. Dans l'obscurité, les pigments se préservent car les ultraviolets les dégradent. En bottes lâches, l'air circule et évacue l'humidité, ce qui empêche la moisissure de prendre l'avantage sur la dessiccation2.
Le geste, étape par étape
- Effeuiller le bas des tiges et retirer les feuilles abîmées, qui retiennent l'humidité.
- Lier 5 à 10 tiges en bottes lâches avec une ficelle ou un élastique qui se resserre en séchant.
- Suspendre les bottes corolles vers le bas sur une tringle ou un crochet, dans un local sombre, sec et aéré.
- Attendre 2 à 4 semaines selon l'épaisseur des tiges et l'hygrométrie de la pièce.
- Vérifier que les tiges cassent net et que les fleurs bruissent avant de décrocher.
Le séchage à l'air se décline aussi en variantes express (micro-ondes 2-3 min, four 40-50 °C), à réserver aux fleurs robustes.
Le séchage sous presse : presse à fleurs et herbier
Le séchage sous presse aplatit la fleur entre deux feuilles absorbantes sous un poids, méthode héritée de l'herbier scientifique7. Disposez la fleur ou la feuille entre deux feuilles de papier buvard ou de journal, glissez le tout sous une presse à fleurs ou un gros livre, et laissez 2 à 4 semaines en changeant le papier les premiers jours. La technique convient aux fleurs plates et fines : pensées, violettes, cosmos, fougères. Les herbiers du Muséum national d'Histoire naturelle conservent ainsi des planches vieilles de plusieurs siècles8.
Du buvard au cadre
- Préparer : choisir des fleurs fraîches et plates, sans excès d'eau, et les disposer bien étalées.
- Presser : intercaler papier absorbant et carton, sous un poids régulier, dans un endroit sec.
- Changer le papier : remplacer le buvard à 48 h puis tous les 2 à 3 jours pour évacuer l'humidité.
- Monter : une fois plates et sèches, fixer les fleurs sur papier pour un herbier, un cadre ou un marque-page.
De l'herbier à l'oshibana
L'art japonais de l'oshibana compose des tableaux entiers avec des fleurs pressées, un savoir-faire documenté dès l'époque victorienne en Occident9. Penny Black, dans The Book of Pressed Flowers, en a fait une référence dès 10. Cette filiation relie un geste de débutant, presser une pensée dans un livre, à l'art floral japonais. Un bouquet de fleuriste reçu se sauve d'ailleurs très bien ainsi : pressées sous 2 à 3 jours, ses corolles les plus fines deviennent un souvenir plat et durable.

Le gel de silice : sécher par dessiccant
Le gel de silice sèche les corolles charnues en volume : enfouissez entièrement la fleur, rose, pivoine ou dahlia, dans les cristaux au sein d'une boîte hermétique, et laissez 2 à 7 jours11. Versez le gel de silice délicatement entre les pétales pour soutenir la corolle pendant qu'elle se déshydrate. Toute la différence avec le séchage à l'air se joue sur la vitesse : le dessiccant retire l'eau assez tôt pour figer la forme et la couleur en relief, là où l'air aplatirait la fleur1. Une fois sèches, les billes se réactivent au four à basse température et resservent indéfiniment.
Réussir l'enfouissement
- Tapisser le fond de la boîte de 2 cm de cristaux, poser la fleur tête en haut, tige coupée court.
- Verser le gel autour puis entre les pétales, à la cuillère, sans écraser la corolle.
- Fermer hermétiquement et patienter 2 à 7 jours selon l'épaisseur de la fleur.
- Dégager doucement, épousseter au pinceau souple, puis fixer sur une tige de fleuriste si besoin.
La glycérine : conserver un feuillage souple
La glycérine conserve un feuillage souple par substitution : préparez une solution d'un tiers de glycérine pour deux tiers d'eau tiède, immergez-y les tiges fraîchement coupées et laissez 1 à 3 semaines5. Écrasez le bas des tiges ligneuses pour faciliter l'absorption. La plante aspire la solution, qui remplace peu à peu son eau : eucalyptus, hêtre et chêne restent alors souples et lustrés au lieu de devenir cassants comme au séchage à l'air1. Le procédé est cousin de la stabilisation industrielle, en version maison et sans colorant. Le feuillage est prêt quand les feuilles perlent légèrement et changent de teinte, signe que la glycérine a gagné toute la ramure.
Bien doser et surveiller
- La solution : un tiers de glycérine, deux tiers d'eau tiède, dans un vase étroit et haut.
- Les tiges : recoupées en biais et fendues à la base si elles sont ligneuses.
- Le temps : 1 à 3 semaines, jusqu'à ce que la teinte change et que les feuilles assouplissent.
- L'usage : feuillages de couronne et de bouquet, là où la souplesse évite la casse.
L'eucalyptus traité à la glycérine reste l'un des feuillages les plus prisés en composition, car il garde son tombé sans s'émietter au moindre contact.
Quelle technique de séchage choisir ?
Choisissez selon la fleur et le rendu voulu : volume et couleur appellent le gel de silice, souplesse la glycérine, format plat la presse, et économie le séchage à l'air2. Le séchage à l'air reste le plus simple et gratuit pour les graminées, immortelles et lavandes ; le gel de silice sauve roses et pivoines que l'air aplatirait11 ; la glycérine est faite pour les feuillages5. Le comparatif des quatre techniques résume durée, difficulté, matériel et rendu ; le graphique oppose temps de séchage et durée de conservation.
| Technique | Durée | Difficulté | Matériel | Rendu | Fleurs adaptées |
|---|---|---|---|---|---|
| Séchage à l'air | 2 à 4 semaines | Facile | Ficelle, crochet | Mat, naturel | Graminées, immortelles, lavande |
| Presse | 2 à 4 semaines | Facile | Presse ou livre, buvard | Plat | Pensées, cosmos, fougères |
| Gel de silice | 2 à 7 jours | Moyenne | Dessiccant, boîte hermétique | Volume, couleur vive | Roses, pivoines, dahlias |
| Glycérine | 1 à 3 semaines | Moyenne | Glycérine, eau tiède | Souple, lustré | Eucalyptus, hêtre, chêne |
Le séchage se compte en semaines (gris), la conservation en années (vert) ; le gel de silice sèche le plus vite, la presse conserve le plus longtemps.
Combien de temps se conservent les fleurs séchées ?
Un bouquet séché à l'air se conserve 1 à 3 ans dans une pièce sèche et à l'abri du soleil, et jusqu'à plusieurs années pour les immortelles et les graminées3. Les fleurs passées au gel de silice ou stabilisées à la glycérine tiennent 3 ans et plus, mais craignent l'humidité. La fin de vie ne se devine pas, elle se lit : couleurs passées et grisées par les ultraviolets, tiges et pétales qui s'émiettent au toucher, poussière incrustée que rien ne déloge, taches d'humidité ou de moisissure1. Aucune fleur séchée n'est éternelle, et la remplacer quand elle ternit garde une composition nette.
Les signes qui annoncent le remplacement
- Couleurs grisées : la teinte vire au beige terne, surtout sur les fleurs exposées à la lumière.
- Tiges cassantes : pétales et épis s'émiettent dès qu'on manipule le bouquet.
- Poussière incrustée : un voile gris que le dépoussiérage ne retire plus.
- Taches d'humidité : marbrures sombres ou odeur de moisi, signe d'une pièce trop humide.

Comment entretenir des fleurs séchées ?
L'entretien tient en quelques gestes : dépoussiérez au sèche-cheveux air froid, tête en bas et à faible débit, ou avec un pinceau doux, puis tenez le bouquet hors du plein soleil pour limiter la décoloration1. Les ennemis restent les mêmes qu'au séchage : l'humidité réabsorbée fait moisir, les ultraviolets dégradent les pigments. Deux causes, deux parades simples. Évitez les pièces humides et la lumière directe, et le bouquet traversera les saisons sans s'abîmer.
Les gestes d'entretien
- Dépoussiérer : sèche-cheveux air froid à 30 cm, tête en bas, ou plumeau et pinceau souple, jamais d'eau.
- Fixer les épis fragiles : une fine couche de laque à 30 cm stabilise graminées et plumeaux de pampa qui s'égrènent.
- Tenir à l'ombre : loin d'une fenêtre plein sud, pour préserver les couleurs.
- Éviter l'humidité : ni salle de bain ni cuisine, où la vapeur ramollit les tiges.
Stocker les compositions saisonnières
Une couronne d'automne ou un bouquet de fête se range volontiers entre deux usages. Glissez la composition dans une boîte avec du papier de soie, à plat, à l'abri de la lumière et de l'humidité. Le papier amortit les chocs et absorbe l'humidité résiduelle, ce qui évite l'écrasement des fleurs et les taches d'un hivernage en cave.
Idées déco avec des fleurs séchées
Chaque idée déco découle d'une technique : les fleurs séchées à l'air font le bouquet et la couronne, les fleurs pressées font le cadre-herbier, les feuillages à la glycérine assouplissent les couronnes9. Le bouquet ou soliflore mêle graminées, immortelles et plumeaux de pampa pour le volume. La couronne se monte sur un cercle métallique, fleurs liées par petites bottes. Le cadre-herbier ou la cloche en verre met en scène des fleurs pressées. Le pot-pourri, enfin, marie fleurs aromatiques et huiles essentielles pour parfumer une pièce12.

Quatre compositions à essayer
- Bouquet ou soliflore : graminées, immortelles et pampa dans un vase étroit, sans eau.
- Couronne murale : bottes liées sur un cercle métallique, feuillage à la glycérine pour la souplesse.
- Cadre-herbier ou cloche : fleurs pressées fixées sur papier, sous verre, façon oshibana.
- Pot-pourri : lavande, rose et écorces parfumées relevées de quelques gouttes d'huile essentielle.
La couronne et le bouquet de fleurs séchées méritent chacun leur méthode complète : nous les détaillons dans des guides dédiés à venir. Pour un esprit plus sauvage, le bouquet champêtre se prête bien aux graminées et immortelles séchées, et certaines fleurs comestibles séchées parfument aussi bien la déco que la cuisine.
Les erreurs courantes du séchage de fleurs
La plupart des échecs de séchage viennent de l'humidité et de la lumière, jamais d'un manque de chance2. Laisser un bouquet flétrir en vase avant de le sécher condamne la récolte d'avance. Lier des bottes trop serrées empêche l'air de circuler et fait moisir le cœur. Sécher en plein soleil ou derrière une vitre crame les couleurs. Choisir une pièce humide, salle de bain ou cuisine, relance la moisissure1. Chacune de ces erreurs a un correctif simple, listé ci-dessous.
- Sécher un bouquet déjà fané : sécher des fleurs fraîches, coupées le jour même, jamais des tiges flétries en vase.
- Bottes trop serrées : lier 5 à 10 tiges en bottes lâches pour que l'air passe entre elles.
- Plein soleil ou vitre : sécher à l'obscurité, conserver à l'ombre, à l'écart des ultraviolets.
- Pièce humide : viser un local sec et ventilé sous 60 % d'humidité, loin de la salle de bain.
- Récolte mouillée : couper par temps sec, en milieu de matinée, après l'évaporation de la rosée.
- Fleurs trop charnues : renoncer aux tulipes et lys, réserver le gel de silice aux roses et pivoines.
- Décrocher trop tôt : attendre que les tiges cassent net avant de monter la composition.
Questions fréquentes
Comment faire des fleurs séchées ?
Coupez des fleurs fraîches par temps sec, effeuillez le bas des tiges et liez-les en petites bottes lâches de 5 à 10 tiges. Suspendez-les tête en bas dans une pièce sombre, sèche et ventilée, sous 60 % d'humidité, pendant 2 à 4 semaines1. Les fleurs sont prêtes quand les tiges cassent net. Pour les corolles charnues comme la rose, préférez le gel de silice en 2 à 7 jours.
Comment sécher les fleurs d'hortensia ?
L'hortensia (Hydrangea macrophylla) se sèche tard en saison, au stade pétales papier, quand les sépales virent au parcheminé sur le pied. Coupez les têtes par temps sec, laissez un fond d'eau de 2 à 3 cm dans le vase et laissez-le s'évaporer : la fleur sèche lentement sans se froisser, en 2 à 3 semaines3. Cueilli trop tôt, en pleine couleur estivale, l'hortensia s'affaisse au lieu de sécher.
Comment sécher la lavande ?
La lavande (Lavandula angustifolia) se récolte avant l'ouverture des fleurons, quand les épis sont colorés mais encore fermés, pour garder couleur et parfum. Liez-la en petites bottes et suspendez-la tête en bas dans un endroit sombre et aéré pendant 2 à 4 semaines1. Récoltée trop tard, fleurs ouvertes, elle perd ses fleurons au moindre contact. Les épis secs parfument ensuite bouquets et pot-pourris.
Comment coller des fleurs séchées ?
Les fleurs pressées se collent à plat avec une colle blanche transparente appliquée au pinceau fin, ou de la colle en spray pour les surfaces larges. Pour un cadre ou un marque-page, déposez une fine couche au dos de la fleur, pressez sans excès et laissez sécher sous un poids léger10. La colle vinylique convient au papier ; pour une inclusion durable, la résine époxy fige la fleur dans un volume transparent.
